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Symplômcs uvïnaires

Nous passerons successivement en revue les hypercrinies, les hypocrinies et les paracrinies.

a. Vliypercrinic tinnaire {i) {polijurie) est observée dans des névroses, après des lésions périphériques, des lésions raésocéphaliques et des lésions cérébrales.

La polyurie émotive et hystérique (5) est classique (urine nerveuse à faible densité) ; on la constate aussi après certaines crises d'épilepsie, dans la névropathie desarlhri-

(1) Dejcring, !oco cit.^ p. 1117.

(2j Gal'che« el Barbe, Traité de Médecine el de Thérapeutique de Brouardel et Gilbert, t. III, 1897, p. 817.

(3j Voir IIallopeau ei Apekt, loco cil , p. 705; Dejerine, toco cit.^ p. 1117; Gal'ciieii et Barbe, loco cit., p, 817.

(4) Voir Hallopeau el Apert» /oco cit., p. 644; Dejerine, /oco ci7., p. 1(K)C; JEA^s^:LME, Polyurie, Traité de Médecine el de Thérapeutique de Brouardel el Gilbert, l. V, p. 516; Cuffeh, Polyurie, Nouveau Dictionnaire de Médecine et Chirunjie pratiques, t. XXIX, 1880, p. 59. — Voir aussi les thèses de mes collègues Kiener (Strasbourg, 1866) et Granel (Montpellier) et la Th^se d'agrégation de Lancereaux,

(5j Voir SoioiEs, Arrhioea de Xeurologie, l. XXVIIl, 1804, p. 448 el .Iean Abadie, Ibidem,, t. IX, 1900, p. 193 ; Brisï*aud, Presse médicale, 1897; (iiLLKs DE LA ToLRETTE ct Gkokges Gasnk, Hystéric, Traité de Médecine el de Thérapeutique de Brouardel et Gilbert, t. X.

tiques (Mayet). Enfin c'est au môme groupe qu'on peut rattacher la plupart des cas de polyurie essentielle.

Cette polyurie essenlielle (1) a été séparée du diabète insipide par Robert Willis qui Ta étudiée sous le nom d'anazoturie. On Tobserve uniquement chez les nerveux et les dégénérés (2).

Claude Bernard a produit expérimentalement la polyurie par lésion périphérique en sectionnant le grand splanchnique. Elle survient également « à la suite de la section du sympathique thoracique et de l'ablation des ganglions thoracique supérieur ou cervical inférieur ». Laignel LavASTiNE (3) cite un cas de polyurie (sans autopsie) dans lequel on peut invoquer la pathogénie splanchniquc.

Au groupe des causes périphériques se rattachent les polyuries réflexes, se développant après des lésions des voies d'excrétion urinaire, des kystes de Tovaire (Perroud), etc.

Le groupe des polyuries par lésion mésocéphalique est certainement le plus important.

Expérimentalemeût Claude Bernard a déterminé la polyurie par la piqûre du plancher du quatrième ventricule (chez le lapin) entre les racines des pneumogastriques et celles des acoustiques. Kahler (1885) a provoqué « des lésions bulbaires sur le lapin en injectant quelques gouttes d'une solution de nitrate d'argent ; il arriva ainsi à établir que les lésions atteignant la partie caudale du pont et la partie ouverte de la moelle allongée, surtout dans le voisinage du corps rcstiforme, provoquaient une polyurie simple, avec polydipsie, sans que ces troubles retentissent d'ailleurs sur Tétat de santé de Tanimal » (4).

(1) Voir Jeanselmr, loco cit.y p. 552 el Soloues, Manuel de Afédecine de Dehove el Achard, t. l.

(2} Voir Dlbost, La Polyurie chez les dégénérés, Uièse de Paris, 1889 et GuiNON, Névroses urinaires de Venfance, thèse de Paris, 1889.

(3) LAiCfNEL Lavastink, loco ciLj p. 275.

(4) Dejerine, loco cil.i p. 1066.

602 CIIAPITRK SIXIÈME

Cliniquement, on trouvera des documents surlapolyurie par lésion mésocéphaliquc dans les ouvrages de Lance- REAux, Ebstein, ctc. DiEULAFOY (1) a réuni et bien étudié tous les faits de diabète (insipide ou sucré) par traumatisme, surtout crânien: il ne conclut pas à Torigine mésocéphalique de Taltération qu'il ne localise pas.

De Jonge (2) a publié un cas de diabète sucré avec tumeur de la moelle allongée. Hallopeau et Apert citent (p. 645 en note) deux cas de Hayem de polyurie avec dégénérescence gélaliniforme deTépendyme du quatrième ventricule et des parties sousjacentes, liée à une hyperplasie connective.

C'est Ollivier (3) qui a étudié cliniquement la polyurie par lésion cérébrale (hémorrhagie). Après les ictus hémisphériques, Turine monterait comme la courbe thermique de Charcot.

Il faut enfin signaler le groupe intéressant des poly unies provoquées, toxiques et médicamenteuses, par les diurétiquesj qui agissent par le système nerveux soit en modifiant la tension artérielle (digitale, ergot) soit en excitant les nerfs sécréteurs (alcool) (4).

h. L'hypocrinie urinaire (5) {oliguriey anurie) a été expérimentalement réalisée par Vulpian quand, complétant Texpérience de Claude Bernard, il a faradisé le bout périphérique du grand splanchnique coupé. On a encore Tanurie quand on cautérise le plancher du quatrième ventri-

(1) DiEL'LAFOY, Clinique médicale de VHôlel-Dieu de PariSy 3* série, 1900, p. 142.

(2) De Jonc.e, Archiv fur Psychiatrie und Neruenkrankheilen, t. XIII, p. 3 (Archives de Neurologie, 1884, t. VllI, p. 333).

(3) Ollivier, Archives de Physiologie normale el pathologique, 1876.

(4) Voir CuFFER, loco cit., p. 64 cIMorat, Traité cité, p. 432.

(5) Voir CcFFEH, loco cit., p. 62 ; Doyon, Traité cité, 1. 1, p. 429.

APPAaF.lL CENTRAL DES SÉCRÉTIONS 603

cule OU quand on sectionne la moelle vers la partie inférieurede la région cervicale. « L'anuriepeutôtre provoquée par voie réflexe, par des excitations, touchant soit le rein, soit d'autres organes. La seule mise à nu du rein arrête momentanément la sécrétion (Claude Bernard). » « Goetzl a constaté que si on adapte d'un côté à Turetère un robinet, l'écoulement par l'autre rein cesse lorsque le robinet est fermé, c'est-à-dire lorsque la pression augmente dans le rein correspondant, puis reprend après. >

Cliniquementy l'oligurie et l'anurie (qu'il ne faut pas confondre avec la rétention, vésicaleou urelérale, d'urine), s'observent classiquement dans l'hystérie, avec (ou sans) vomissements pouvant contenir de l'urée. Dans ces cas, l'urine est très pauvre et a une faible densité ; ce qui la différencie de l'urine, par simple concentration aqueuse, des asystoliques, cardiaques, etc.

L'anurie est encore souvent réflexe (1), par exemple à la suite de rengagement d'un calcul dans un uretère (Guyon, Albarhan, Donnadieu, Ciiapotot, Israël, Bourgeois, Brand). On a cependant soutenu que l'anurie ne peut survenir dans ces conditions que si le second rein était déjà malade. Un anurique, a dit Legueu (1895) est un individu qui, la veille, vivait avec un seul rein. Ceci est surtout vrai de Tanurie persistante. Mais l'anurie transitoire peut parfaitement être produite par réflexe parti d'un seul uretère. On a vu encore de ces anuries transitoires réflexes dans la colique néphrétique ou après des instillations vésicales au nitrate d'argent. ^ Le môme réflexe inhibitoire peut compliquer les divers états qui s'accompagnent d'un shok nerveux intense, grands traumatismes, brûlures étendues, intoxications, perforations et occlusions intestinales suivies de péritonite suraiguë. »

c. Dans les paracvinies urinaires on peut comprendre

(I) Voir Jea.xselme, loco ciL^ t. V, p. 561 et Doyon, loco cit.^ t. I, p. -129.

les modirications qualitatives dei'urine, telles que Talbuminurie, la phosphalurie, Tazolurie, rhématurie, d'origine nerveuse.

a. VuLPiAN a montré que la section du grand splanchnique entraîne Valbuminurie par le rein correspondant. • Claide Bernard avait déjà obtenu le même effet par la piqûre du quatrième ventricule. Schiff, Brown Sequard ont vérifié ces faits et étendu la région dont la lésion produit Talbuminurie. Cette région comprendrait le pont de Varole, les pédoncules... d'une manière générale, lemésocéphale.

Cliniquement, Glbler cite un cas de même ordre dans son mémoire sur Thémiplégie alterne ; Magnan, Desnos, LiouviLLE... rapportent des faits d'hémorrhagie de la protubérance avec albuminurie. Ollivier, étudiant Tapoplexie dès le début des accidents, à Ivry,dans un hospice de vieillards, constate que Talbuminurie est beaucoup plus fréquente qu'on ne le croit et peut correspondre à des lésions cérébrales siégeant partout ailleurs que dans le mésocéphale. Il institue des expériences dans lesquelles il produit des lésions dans les hémisphères chez le lapin et développe ainsi l'albuminurie, quoique le mésocéphale soit intact. Elle apparaît en général rapidement après Taltaque, au moment de la dépression thermométrique notée par Charcot et serait un signe pronostique fâcheux.

D'après Hi:ppert, toute attaque d'épilepsie serait suivie d'une albuminurie notable transitoire ; Fiori (1), Halla- GER (2) ont également constaté la fréquence de l'albuminurie. D'après Voisin et PÉitON (3), l'albuminurie postparoxystique s'observerait dans la moitié des cas d'accès isolés

(1) Fioiu, liai, med., 1881 {Archives de Neurologie, t IV, 1882, p. 224).

(2) IIallageh, Nordisk. med. Arkiu^ 1890 [Revue des Sciences médicales, l XXXVI, p. 220).

(3) Voisin el Peron, Archives de NearologiCy sep*. 1892 et janvier

et dans tous les cas d'élal de mal épileptiquc. Il esl bon d'être prévenu de cela pour éviter une confusion avec Téciampsie (Tyson) (1). Pierre Marie a pensé à une névrose du grand sympathique dans certains cas d'albuminurie orthostatique (Laignel Lavastine).

p. LesAnglais ont particulièrement insisté sur l'augmentation desphoaphates urinairesdans les maladies cérébrales,

Bence Jones note cet accroissement dans des cas d'encéphalitespontanéeou traumatique ; Sutherland dans des paroxysmes de manie aiguë ; Beale dans les périodes aiguës des maladies cérébrales. Ce dernier signale un accroissement progressif dans un casd'encéphalile chronique.

L'augmentation des phosphates est d'ailleurs toujours constatée dans des maladies à paroxysmes, avec agitation» grands mouvements musculaires. L'élimination des phosphates peut être due à cela. Hammond a constaté qu'un exercice violent produit quelquefois les mêmes résultats. Mendel a vu au contraire les phosphates diminuer dans les maladies cérébrales, quand on comparait le malade à un sujet sain placé dans les mêmes conditions d'alimentation (2)...

Dans l'hystérie, Gilles de laTourettecI Cathelineau (3) ont montré que, dans les périodes de crise, les phosphates sont diminués; mais il y a inversion dans le rapport normal des phosphates alcalins aux phosphates terreux : ce rapport, normalement de 3 à 1, tombe à 2 pour 1, 1 pour! et même au-dessous. Divers auteurs et moi-même (4) avons constaté

(1) Tvj^oN, Med, News, 31 octobre 1891. Voir aussi Lannois et Mazet, Li/o/i médical^ 16 juillet 1899 et Société des Sciences médicales de Lyon, avril 1900 et Galante» Riforma niedica, avril 1898.

(2) Voir Potain, Cerveau, Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales,

(3) Gilles de la Toirette el Cathelineau, Académie des Sciences, 14 avril 1890 ; Société de Biologie, 7 avril 1897 ; Progrès médical, 1888, 1889, 1890 et 1892.

(4} Leçons de Clinique médicale, 1" série, p. 513.

606 CHAPITRE SIXIBMS

des faits analogues. Voisin, Royer, Poels lescot au con* traire discutés. Bosc(l)adnielquerinversiondesphosphales peut faire défaut dans la crise d'hystérie et exister au contraire très nettement après les attaques épilepliformes. Seulement dans ce dernier cas tous les autres termes de la formule urinaire seraient normaux.

Mairet (2) a démontré que les attaques ei l'état de mal épileptique augmentent Télimination de Tacide phosphorique. Laillier (3) a obtenu des résultats très comparables. FÉRÉ (4) et Voisin (5) ont sou tenu, contre Gilles de la Tou- RETTE (6), que rinversion s'observe dans les deux névroses (7)...

On pourrait dire d'ailleurs que cette question (comme toutes celles de ce paragraphe) appartient plutôt au chapitre suivant de l'action trophique du système nerveux.

y. Mairet a également signalé Thyperélimination de Tazote (azoiurie) après les attaques et dans Tétat de mai épilèptiques. « Le système nerveux central, dit Jeanselme, semble intervenir dans la production de l'urée, en excitant ou ralentissant les transformations chimiques. Mais nous ignorons à peu près totalement par quel mécanisme il agit sur Turopoièse. p

4. L7iema^wrienévropathiqueet vasomotrice (8) (Latour, Gendrin, Parrot, Lancereaux) a été déterminée expérimentalement (Vulpian) par la section des branches du

(1; Bosc, Société de Biologie^ 7 mai et 23 juillet 1892. (2) Mairet, Académie des S'JÎenceSy 4 et 11 août 1884 ei Archives de Neurologie, 1885, t. IX, p. 232 et 360. (3} Laillieh, Académie des Sciences, 6 octobre 1884.

(4) FÉRÉ, Société de Biologie^ mars-avril 1892.

(5) Voisin, Ibidem, 23 avril 1892.

(G) Gilles de la Tourette, Ibidem^ 9 avril 1892.

(7) Voir encore Voulgre, Élimination des phosphates dans les maladies nerveuses, thèse de Lyon, 18^4.

(8) Voir Mayet, loco cit., t. II, p. 720.

APPAREIL CENTRAL DBS SECRETIONS 607

plexufl rénal. On Tobserve à la suite d'émotions vives, dans rhystiérie, après des lésions du bulbe ou du plancher du quatrième ventricule...

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