‹ Les centres nerveuxChapitre 169 sur 208 · HUTCHINSON · texte numérisé non relu

HUTCHINSON

Brissaud et Meige (1) montrent que « la combinaison de Tacromégalie et du gigantisme est bien loin d'être un fait de hasard, une rencontre fortuite de deux états pathologiques ». Ils relèvent les similitudes symptomatiques entre les acromégaliques et les géants ; notent que l'hypertrophie de la pituitaire a été observée (Dana) dix fois sur douze chez des géants. Enfin ils concluent : « le gigantisme et Tacromégalie sont une seule et même maladie ; ou, du moins, s'il s'agit de deux maladies nosographiquement différentes, la même cause semble provoquer Tuneel l'autre et en diriger révolution. Dans celle-ci comme dans celle-là, rhypertrophie primitive du squelette et Thypertrophie secondaire des parties molles se produisent dans un laps de temps déterminé, puis le processus ostéogénique s'arrête. Si cette période de temps pendant laquelle Texubérance de l'ossature s'accomplit appartient à Tadolescence et à la jeunesse, le résultat est le gigantisme et non Tacromégalie. Si elle appartient à l'âge adulte, c'est-à-dire à une époque de la vie où la stature est depuis longtemps déjà un fait acquis, le résultat est l'acromégalie. Si enfin, après

(1) Bhissud cl IIbnuy Meige, Journal de Médecine cl Chirurgie pratiques^ 25 janvier 1895.

avoir appartenu au temps de la jeunesse pendant laquelle la taille continue de s'accroître, elle empiète sur le temps où Ton est homme fait, en d'autres termes sur la phase de Texistence qui ne comporte plus de développement ostéogénique, le résultat est la combinaison de Tacromégalie et du gigantisme ».

Après les travaux de Sternberg (1894-1895) et de Lam- BERG (1896), Pierre Marie (1) et Brissaud (2) défendent leurs manières de voir respectives. Puis viennent les publications de Tamburini (1897), Sternberg (3) (1897). Pierre Marie et Brissaud discutent encore à la Société de Neurologie (3 mai 1900)^à propos d'un cas d'AciiARD et Loeper. Henry Meige a repris (1902) l'étude entière de la question et développé les considérations indiquées plus haut.

Enfin Launois et Pierre Roy (4) ont publié l'autopsie du malade d'AcuARD et Loeper (5). C'est un géant acromégalique à tumeur hypophysaire. Ils le rapprochent des anciens géants avec dilatation de la selle turcique(TARUFFi, 1877 ; CuNNiNGHAM 189.1 ; Sternberg 1897; Tamburini 1897; HiNSDALE 1898) et des géants récents avec hypertrophie du corps pituitaire (Dana 1893 ; Woods Hutchinson 1895 ; Dallemagne 1895 ; Buday et Jangso 1898 ; Caselli 1900) et concluent avec Woods Hutchinson que l'hypertrophie du corps pituitaire est la base pathologique commune du gigantisme et de Tacromégalie, expressions différentes d'un môme état morbide (6).

11 faut aussi distinguer Tacromégalie de la macrodac-

(1) Pierre Marie, Société médicale des hôpitaux, l mai 1896.

(2) Brissaud, Ibidem, 15 mai 1896. Voir aussi Brissaud et Henry Meige, Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1897, p. 374.

(3) Sternberg, article Akromégalie, Specielle Pathologie und Thérapie von Nolhnagely t. VII, 1897.

(4) Launois et Pierre Roy, Société de Neurologie, 15 janvier 1903. Revue neurologique^ 1903, p. 92.

(5) Aciiard et Loeper, Nouvelle Iconographie de la Salpéirière^

(6; Hutchinson, New-York médical Journal, juillet 1900. |

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tylie (1) qui est une autre forme de gigantisme local, caractérisée par des doigts monstres.

A Tacromégalie il faut opposer Vacrohypoplasie (2): raccourcissement des extrémités (mains, pieds, nez, maxillaire supérieur), non seulement au sens absolu, mais encore relativement au reste de Tindividu rabougri.

Enfin il faut aussi distinguer Tacromégalie de rostéùaythropathie hypertrophiante pneumique (3), qui ne paraît pas être une maladie d'origine nerveuse.

Voici le tableau différentiel établi par Rauzier (4).

(1) Voir : Fisciicn, Deutsche Zeitschriff far Chirurgie, 1880, t. XII. p. 10. — Planchv, Lyon médical, 1897, p. 372. — Bornet, Académie de Médecine, 19 février 1901 cl Presse médicale, 1901, p. 117. —Félix Le JARS, Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière, 1903, p. 37. — Cayla. Ibidem, p. 41. — Sattler, Wiener klinische Bundschauy 1902, p. -14 {lievue neurologique, 1902, p. 738j.

(2) (liAflAZZA, Gazzella degli ospedali e délie cliniche, 1904, p. 37 (Revue neurologique, 1904, p. 551).

(3) Pierre Marie, Revue de Médecine, ianvïev 1S90.

(4) Rauzier, Ibidem, janvier 1891 (histoire, avec autopsie, d'un malade de mon service). — Voir aussi : Decloux et Lippmann, Société médicale des hôpitaux, 1902, p. 80 {Revue neurologique, 1902, p. 738) ; SiTTA, Casopis ceskychlekaru, 1901 {Ibidem, 1902, p. 948).

Tableau XXVI

ACROMÉGALIE

4* Grosses mains courtaudes et capitonuées; doii^ts uniformément hypertrophiés ; proportions des divers segments digitaux bien conservées, ongles petits et aplatis.

2* Volume énorme de la région carpométacarpiennc (main en battoir).

3» Hypertrophie du poignet inconstante et proportionnelle, lorsqu'elle existe, à celle de la main, sans déformation aucune.

4* Marnes difrérences, un peu moins accentuées pourtant, dans l'aspect des pieds.

5* Les lésions portant également sur les os et lés tissus mous.

(i* Cyphose constante portant sur la région ccrvicodorsale supérieure.

?• Hypertrophie énorme et exa-

f aération des courbures du maxilaire inférieur.

8« Etiologie inconnue.

OSTROARTHROPATHIE HYPBRTROPHIANTK PNEUMiQUE

1« Mains déformées ; doigts très élargis ; renflement de la phalangette en baguette de tambour (en battant de cloche pour le pouce), ongles très élargis, allongés et recourbés, striés et fendillés.

S* Région carpométacarpiennc à peu près normale (a peine un peu d'hypertrophie de la tête des métacarpiens).

3» Déformationénormedu poignet, qui est élargi, tuméfié, et fait une volumineuse saillie au-dessous de la face dorsale de la main.

4*> Mêmes différences, un peu moins accentuées pourtant dans l'aspect des pieds.

5« Les altérations n'intéressent que le système osseux, les epiphyses en particulier, au voisinage de certaines articulations. Les parties molles se prêtent simplement a l'augmentation du volume des os.

Il peut exister un certain degré d'œdème.

6* Cyphose inconstante et tardive, portant sur les régions dorsale inrérieure et lombaire ; scoliose fréquente.

7" Maxillaire inférieur indemne.

Ëpaississement inconstant des bords alvéolaire et postérieur du maxillaire supérieur.

8" Origine pneumique.

Sur le dernier point du tableau (etiologie) et pour en diminuer Timporlance, Kmppel et Vigoirolx (1) ont décrit dos symptômes d'acromégalie dans Tangiocholite chronique et rinsuifisance hépatique ; on peut les rapprocher des doigts carrés des cirrhoses (Gilhert et Lereboillet).

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