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Mal perforant

Dénommé, mais mal compris par Vésignie d'Abbeville, le mal perforant plantaire a été d'abord étudié et décrit par Nelaton(1)(1852).

C'est un durillon indolore qui se développe sur un point du pied qui appuie sur le sol, s'ulcère ensuite et la lésion atteint jusqu'à l'os. Au niveau et au voisinage de l'ulcération (MoRATct Duplay) (2) la sensibilité est abolie ou diminuée ; on trouve aussi divers autres troubles trophiqueé tout autour.

On trouve le mal perforant ailleurs qu'à la plante du pied. Il y a un mal dorsal des orteils (Dubrueil) (3), un mal perforant palmaire (4), un mal perforant buccal (5) et même un mal perforant viscéral (perforations des valvules aortiques, de la trachée, de Tœsophage, intestin) (6).

En tête des maladies du système nerveux dans lesquelles on observe le mal perforant il faut mettre le tabès (7) ; et

(1) Nelaton, Vésignié, Gazelle des hôpilaux^ 1852.

(2) Duplay et Morat, Archives de Médecine, 1873.

(3) Dubrueil, Gazelle des hôpilaux, 1870. Bernard (thèse de Paris 1874, n« 329) a cité un cas dans lequel on constata à la fois le mal dorsal et le mal planlaire.

(4) Terrillon, Société de Chirurgie, 22 avril 1885 ; Pêraire, Archives générales de Médecine, 188G, p. 188.

(5) Baudet, Du mal perforant buccal, thèse de Paris, 1898. Ciiom- PRET, Archives générales de Médecine, 1903, t. II, p. 3009 et Revue de Slomalologie, 1903, p. 475. Rodier et Capdepont, Société de Stomalologie, 16 février et 19 octobre 1903 {Revue neurologique, 1904, p. 382).

(6) Les classiques trouvent abusive cette extension du mot « mal perforant » (Aciiard et Lêvi, Dejerine...}

(7) Ball etTuiBiERGE, Congrès de Londres^ 1881 ; Lassalle, iVon/pellier médical, 1890; Chipault, Gazette des hôpitaux, 1891, p. 765...

ensuite la paralysie générale (1) (Lancereaux), la maladie de Friedreich (Gascuel), la paralysie infantile (Despbés), la syringomyélie, la lèpre, la paralysie agitante, les fractures anciennes de la colonne vertébrale, les tumeurs des vertèbres, le mal de Pott, le spina bifida (2)...

Mieux que la théorie mécanique (Leplat, Sedillot, FoLLiN, Després, Tillaux) et la théorie vaaculaire (Pean, DoLBEAu) qui visent un élément pathogénique vrai, mais sont insuffisantes, la théorie névritique (Duplay et Morat) explique mieux la plupart des symptômes du mal perforani et est aujourd'hui généralement adoptée. Les succès de l'élongationdu nerf (Nussbaum, Chipault) constituent un argument de plus en faveur de cette théorie névritique (3).

En somme, autant et plus pour le mal perforant que pour le décubitus, il faut admettre une action trophique du système nerveux dont la localisation est déterminée par la cause mécanique sur un terrain dont la défense est diminuée par les troubles sensitifs.

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