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CONTRACTION

Fléchisseurs de la cuisse sur le bassin.

Muscles du genou et du cou de pied.

RELACHEMENT

Extenseurs de la cuisse -sur le bassin.

Extenseurs du tho* rax sur le bassin.

Cette action de contraction stérile, de fixation active, peut être le but même de l'impulsion corticale et peut s'exercer sur un muscle à tous ses degrés de longueur. Nous pouvons immobiliser, volontairement et avec force, tous nos muscles à une longueur quelconque, voir même à leur maximum de longueur (1).

C'est cette action qu'exerçait Milon de Crotone, et avec une grande force, quand, sans écraser une orange ou une grenade qu'il tenait dans la main, il immobilisait. ses doigts sur le fruit avec une énergie telle que plusieurs hommes

(1) Chauveau el Laulamé ont étudié physiologiquement cet étal de contraclion statique volontaire des muscles. Journal de Physiologie et de Pathologie générale, 1901, l. 1, p. ir>7.

APPAREIL SENSITIVOMOTEUR GÉNÉRAL ii3

réunis ne pouvaient la vaincre et lui faire ouvrir la main. L'intensité de cette action motrice de stabilisation ou de fixation est ce que Barthez (1) appelait la force de silualion fixe (2).

2. Tout en étudiant spécialement, dans le précédent paragraphe, Faction nerveuse motrice volontaire^ nous avons dû, dans l'analyse d'un mouvement complexe, parler de Faction de stabilisation qui, dans ce cas, est une action automatique, ou un élément automatique d'une action volontaire complexe. Il faut maintenant analyser plus particulièrement cette action nerveuse motrice automatique et pour cela indiquer Vappareil nerveux central du tonus,

II est contradictoire dans les termes de dire qu'il y a du mouvement dans le repos. Mais on peut bien dire que dans le repos il y a un certain geiire de contraction musculaire qui constiiue le tonus (3).

Au début, le tonus a été considéré comme un réflexe exclusivement médullaire : cette conception est trop étroite (4). Mais il ne faut pas nier le centre médullaire du tonus: les faits cliniques avec hypertonie quand la moelle est séparée du cerveau ou quand certaines parties de la moelle sont atteintes par lésion (du faisceau pyramidal) le prouvent.

Crocq considère comme « exclusivement cortical » le centre du tonus des muscles volontaires. C'est une autre

{\) Barthez, Nouveaux Eléments de la Science de V homme ^ 2* édilion, 1806, 1. 1, p. 131 et suiv. Notes, p. 128.

(2) « Nous appelons ainsi (force de situation fixe), après Barthez, la force que chacun de nous a d'arrôtcr un muscle à la longueur qu'il veut et de le fixer là avec énergie » {Leçons sur les Maladies du Système nerveux^ t. II, 1879, p. 517). Voir aussi mon article de la Revue scientifique, 1904, p. 33 (2* semestre).

^3) -Voir ; Crocq, Physiologie et Pathologie du tonus musculaire, des réflexes el de la contracture. Rapport au Congrès de Limoges, août 1901.

(4) Voir ma communication au Congrès de Limoges. Revue neurologique, 1901, p. 806, et Leçons de Clinique médicale, 4« série, p. 112. Grasset. Les Centres nerveux* 8

ill ' CH.VPITBE PREMTEIl

exagéralioh que dclruîsent les faits dont je yiensde parler. Mais il né faut pas nier non plus le centre cortical du tonus :

Faction do la volonté et Taclion de certaines lésions du

neurone cortical supérieur sur lo tonus le démontrent positivement.

Enfin il y a aussi un centre du tonus, intermédiaire, dans les noyaux de la base et du mésocéphale (pont, noyau rouge, cervelet). La démonstration (1) de ce centre me paraît être établie par ce fait que la lés'on du faisceau pyramidal ne se révèle pas de la môme manière quand elle porte sur la portion cérébrale et quand elle porte sur la portion spinale de ce faisceau : Thypertonie et la contracture permanente sont le symptôme de cette dernière portion. Il y a donc dans celte région basilaire un centre du tonus, centre dont Faction inhibitrice paraît passer dans la portion spinale du faisceau pyramidal et dont Taction dynamogène passe ailleurs. Cette action dynamogène passerait par le faisceau cérébellospinal descendant (s'il existe) ou par le faisceau rubrospinal (pcépyramidal) ou par tout autre. Van Gehuch- TEN place dans le noyau rouge Je centre des rédexes tendineux. Ceci est contesté et est en effet peut-être trop étroit. Mais Crocq montre bien que « chez Thomme, les centres des réflexes tendineux sont basilaires ». Or, en clinique, les réflexes tendineux suivent parallèlement l'état du tonus.

Donc, Tappareil nerveux du tonus est formé de trois étages de centres, reliés entre eux et avec la périphérie par des voies centripètes et des voies centrifuges.

1<* Premier étage [médullaire). — Cellules des cornes antérieures de la moelle et leurs analogues au bulbe (origine dite réelle des nerfs crâniens moteurs). — Voies centripètes et centrifuges déjà décrites dans l'appareil sensitivomoteur.

(1) Voir plus loin notre élude des contractures dans ce même chapitre, B. V. 1.

APPARRIL^SE^'SmVOMOUùUa GENERAL 145

2*» Deuxième étage (basilaire), — Ganglions basilaires et mésocéphaliques (noyaux du pont, noyau rouge, cervelet). — Voies centripètes déjà décrites, plus les voies kinesthésiques diverses (générales el sensorielles) que nous décrirons dans Tappareil de l'orientation et de Téquilibre. Voies centrifuges : faisceau pyramidal et faisceau prépyramidal ou rubrospinal.

3* Troisième étage {cortical). — ^ Ecorce cérébrale. — Voies décrites soit pour l'appareil sensitivomoteur soit pour l'appareil de rorientation et de l'équilibre.

Les centres principaux du tonus sont les centres basilaires {du deuxième étage). Ce sont les centres du tonus automaiique hahitueL

3. Je n'ai plus qu'un dernier point à indiquer. Tous les appareils nerveux fonctionnent toujours à la fois dans le sens centripète el dans le sens centrifuge. 11 n'y a pas d'appareil exclusivement centripète ou exclusivement centrifuge dans son fonctionnement.

L'appareil nerveux moteur ne fonctionne pas dans le sens exclusivement centrifuge. Il y a une solidarité fonctionnelle étroite entre les voies sensilives (1) et les voies motrices de l'appareil sensitivomoteur général.

Non seulement les racines postérieures ont une influence sur lexcitabilité des racines antérieures, comme le prouvent les expériences de IIarless, Cyon, Dastre, Marcacci, Belmondo et Oddi (2) ; mais encore les racines postérieures ont une influence sur Texcitabilité de Técorce (Tomasim) (3).

(1) Dans ces voies sensilives \\ faul comprendre les voies kinesthésiques dont je renvoie l'élude au chapitre de rorientation el de réquilibre.

i?; Mon AT, loeo c/7., p. 1.V6.

(3; MoRAT, loco cil , p. 5r)l. — Je reviendrai sur cette question' à propos de Tataxie au paragraphe séméiologie du chapitre de l'Equiiibralion.

B. — SÉMÉIOLOGIE ET DIAGNOSTIC DU SIÈGE DES LÉSIONS DE L'APPAREIL NERVEUX SENSITIVOMOTEUR CENTRAL

Paralysies. Hémiplégie. — i. Distribution de la paralysie aux membres. — 2. Analyse clinique et procédés d'exploration. •— 3 a) langue; à) facial; c) paralysie alterne; d) muscles à fonctions bilatérales synergiques. — 4. Réflexes et tonus. — 5. Mouyements associés et imités ; parakinésies. — 6. Topographie craniocérébrale.

Des trois types classiques de paralysie, la monoplégie, (à distribution de nerf périphérique) ne nous appartient pas, la paraplégie sera mieux étudiée au diagnostic en hauteur des lésions médullaires ; ici doit être analysée l'hémiplégie.

1 . V hémiplégie croisée est le premier symptôme classique habituel d'une lésion destructive de l'appareil encéphalique sensitivomoteur (ramollissement ou hémorrhagie).

Car, depuis Galien, on sait que les lésions d'un hémisphère ont un effet croisé. Les faits exceptionnels, bien et récemment observés, sont très rares. On peut les expliquer par des anomalies dans l'entrecroisement des pyramides ou mieux par d'autres lésions passées inaperçues. Les lésions méningées peuvent entraîner plus facilement une hémiplégie directe. Bochefontaine et Duret l'ont démontré expérimentalement; certains faits cliniques s'expliquent de même.

En règle générale Vhémiplégie indique une lésion dans Vhémisphère opposé.

Quand l'hémiplégie est partielle, la lésion est plutôt corticale ou sous-corticale, les centres moteurs étant séparés

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