Le syndrome de la moelle cervicale
Il ne reste plus pour la moelle cerxncale que la portion qui répond aux trois premières vertèbres cervicales et donne naissance aux quatre premières paires cervicales.
La ligne de démarcation supérieure, entre le domaine sensitif de ce segment et celui du trijumeau (1), suit le bord inférieur du maxillaire inférieur et le bord postérieur de sa branche montante, passe en avant de l'oreille et va tout droit sur le sommet de la tête rejoindre la môme ligne du côté opposé. Dans ce domaine sensitif du plexus cervical, la partie postérieure est innervée par les branches postérieures (sousoccipi taies) des deux premiers nerfs cervicaux et la partie antérieure par les branches antérieures des quatre premiers cervicaux.
Le tableau XI (p. 175) en résume les troubles moteurs et sensitifs, d'après Testlt pour la molilité, d'après Wichmann pour la sensibilité.
En mettant le sujet dans la position classique, la tête pendante (la nuque et l'occiput en avant), le plexus cervical donne deux bandes de sensibilité, l'une antérieure (région occipitale et nuque), l'autre postérieure (oreille, partie antérieure du cou).
Les douleurs sont ; 1^ du torticolis douloureux, des douleurs à la nuque et à l'occiput en collier; 2<> le long du phrénique (à la base de la poitrine ou dans l'épaule avec points douloureux au niveau des insertions costales du diaphragme — 7« à 10* côte — , au cou en avant du scalène
(1) Voir la i\g. 4Sr» de la p. 57G du l. II du Traité d'Anaiomie de Testut, 3* édit., 18W.
appàheil sensitivomoteur général
Tableau XI
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SYMPTOMES MOTEURS
Branche antérieure : grand droit antérieur, long du cou. scalène postérieur, diaphragme, angulaire de Tomoplate, trapèze.
Branche postérieure : muscles spinaux.
Branche antérieure : grand droit antérieur, long du cou, soushyoïdiens, scalène postérieur, angulaire de Tomoplate, trapèze.
Branche postérieure : grand complexus, muscles spinaux.
Branche antérieure: grand droit antérieur, long du cou, sternocléidomastoîdien, génio hyoïdiens, sous-hyoidiens.
Branche postérieure : grand oblique, grand complexus, splenius, petit complexus.
Branche antérieure : petit et grand droits antérieurs, géniohyoidiens, sous-hyoIdiens.
Branche postérieure : grand et petit droits postérieurs, grand et petit obliques, grand complexus.
SYMPTOMES SENSITIFS
Lésions transverses totales rapidement mortelles par paralysie du phrénique et des intercostaux.
Dans les compressions lentes ou les lésions partielles, anesthésie de tout le tronc et des quatre membres jusqu'à la nuque, pouvant môme s'étendre jusqu'à la tête et à la face.
antérieur, en arrière au niveau des apophyses épineuses, des 3* et4« cervicales) (1).
Pour la molilité, la moelle cervicale préside : 1® aux divers mouvements de la tète sur le tronc (flexion, rotation, extension) ; 2o à la motilité du diaphragme (phrénique). Les symptômes d'excitation ou de paralysie du premier gi'oupe musculaire sont faciles à prévoir : convulsions (tics) ou paralysies de la rotation, de la flexion et de l'extension de
(1) Mayet, TraiUde Diagnostic médical el de Séméioloyie^ 1898,1. 1, p, 53G.
la tôte. Quant à la paralysie du diaphragme, Dughenne en a établi magistralement les symptômes.
Dans rinspiration, Tépigastre et les hypocondres se dépriment au lieu, de se dilater, en même temps que le thorax augmente de volume et inversement pendant l'expiration. S*il y a simple parésie, le phénomène n'apparaît que dans les respirations grandes ou agitées ; si la paralysie est unilatérale, il se produit d'un seul côté. En même temps la respiration est plus fréquente, surtout au moindre effort pour marcher ou parler, ou à la moindre impression. Tous les muscles inspirateurs extraordinaires entrent alors en jeu ; la face rougit et le malade étouffe. La voix est faible , et la plus légère émission de son entraîne de Tessoufflement. L'expectoration est difficile ou impossible. La défécation exige de grands efforts et se fait avec beaucoup de peine.
II. Le syndrome bulbaire est décrit, dans ses traits essentiels, par Dughenne dans le tableau qu'il a donné (1860) de la paralysie labioglossolaryngée (1) : c'est une affection paralytique qui envahit successivement les muscles de la langue, ceux du voile du palais et l'orbiculaire des lèvres ; qui produit conséquemment des troubles progressifs dans l'articulation des mots et dans la déglutition; qui, à une période avancée, se complique de troubles de la respiration ; dans laquelle enfin les sujets succombent ou à l'impossibilité de s'alimenter ou dans une syncope.
Si, au lieu de cette polioencéphalite inférieure (vraiment bulbaire), on a la polioeiicéphalUe supérieure (bulboprolubérantielle), le syndrome bulbaire ci-dessus est complété par l'ophtalmoplégie nucléaire, que nous retrouverons au chapitre de la vision.
Le syndrome bulbaire peut aussi se compliquer par en
' (1) Sous le nom primitif de paralysie progressive de la langue, des lèvres el du voile du palais.
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bas el présenter une paralysie des muscles de la nuque, et même des muscles des membres. C'est ce qui arrive notamment dans la paralysie bulbaire asthénique (1), qui a été signalée et étudiée par Erb (1878), Goldflam (1893) et Victor Ballet (2) (1898).
Dans les lésions en foyer, le môme syndrome bulbaire est très rapide à la fois dans son début et dans sa terminaison.
12. Les syndromes supérieurs sont simplement indiqués ici, ayant élé ou devant ôtre décrits ailleurs.
a. Le syndrome protubérantiel et pédonculaire sera analysé dans le chapitre de la vision dans Tétude synthétique des paralysies alternes ;
b. Le syndrome basilaire a déjà été étudié dans ce môme chapitre (p. 141) à propos des anesthésies capsulothalamiques et sera complété un peu plus loin (B. V. 5) à propos des crises de rire et de pleurer spasmodiques.
c. Le syndrome cortical a déjà été étudié dans ce môme chapitre(p. 116 et 143) avec les paralysies et les anesthésies corticales et sera complété un peu plus loin (B. V. 3) à propos de Tépilepsie jacksonienne.
Les hyperkinéûes. i. Contractures : a) contractures permanentes par lésion destractiye ; b) contractures transitoires par lésion irritative. 2. Mouvements prs et posthémiplégiques. 3. Epilepsie jacksonienne. 4. Convulsions bulboprotubérantielles. 5. Rire et pleurer spasmodiques ; séméiologie de la mimique faciale et de Texpression émotive.