Abasies par akinésie
a. Âhasie paralytique.
Ce symptôme a été exceptionnellement observé dans les lésions organiques, notamment par Cenas (4) (méningite alcoolique avec ostéome de la faux comprimant le lobule paracentral droit) et par Mongour (5) (tumeur du cervelet, tubercule occupant la partie inférieure du vermis médian).
Le plus souvent, c'est un symptôme d'hystérie ou tout au moins de névrose. J'ai déjà parlé (p. 122) de la basophobie ou abasie phobique qu'on observe chez certains
{Archiues générales de Afédecine, 1899, t. I, p. 257), parce que ce n'est pas un verlige ; c'est une maladie, le kubisayari.
(1) Blocq, Archives de Neurologie, 1888, n*" 43 et 44.
(2) Voir l'observation XVII des Maladies de lorientalion et de Véquilibre. p. 35.
(3) Voir mes leçons sur un cas d'hyslérie mâle avec astasie abasie, Leçons de Clinique médicale^ 1" série, p. 131.
(4) Cexas, Loire médicale 18^5 (Revue neurologique^ 18^5, p. 299),
(5) MoxGouR, Société danalomie, 29 octobre 1894.
APPAREIL DE L*0R1ENTATI0N ET DE L^ÉQUILIBRB 257
héiuiplégiques. Les labétiques, eux aussi, peuvent présenter de ces associations névroso-organiques.
Expérimentalement, Luciani(I), après lésion du cervelet chez le singe, a signalé un état très analogue qu'il a appelé t( asthénie, atonie et astasie ». Dans les lésions du cervelet et des centres automatiques de Téquilibration, s'il n'y a pas de paralysie de la motricité volontaire (Laborde, Ferrier, Vulpian, Londe), il y a du moins trouble de Téquilibre par déficit ou akinésie.
h. Paralysies nocturnes ou par occlusion des yeux.
Ce symptôme, d'abord étudié par Duchenne(2), s'observe chez les malades dont Torientation kineslhésique est profondément troublée. Lasègue (3) et plus tard Binet (4), PicK (5), Pitres (6), l'ont bien étudié et analysé.
Les sujets, dans ces cas, no peuvent mouvoir leurs membres que quand ils les regardent et les voient. Quand ils sont surpris par l'obscurité, que leur attention est détournée, qu'on leur fait fermer les yeux, le mouvement s'arrête net, quelque effort que fassent les sujets.
Kinanesthésiques, ils sont désorientés quand ils ne s^orientent pas avec la vue. Différents des tabétiques, ils ne continuent pas le mouvement avec incoordination, ils s'arrêtent : il y a vraiment abasie par occlusion des yeux. Dans le Romberg les voies d'orientation sont seules altérées (cordons postérieurs) et les centres de l'équilibration restés sains continuent lemouvenent, avec erreurs et hésitations,
(1) Luciani, cit. Londe, loco r/7., p. 128.
(2) DuciiENNE, De rélecirisalion localisée, p. 784, observations CLVI et suivantes.
(3) Labègue, Archives générales de Médecine^ 1864 ei Eludes médicales t. I, p. 25.
(4) Binet, Les Alléralions de la personnalité, 1892.
(5) PiCK, Zeitschrift fur Psychologie und Physiologie der Sinnes organe, 1893 (Cit. Henri).
(6) Pitres, Leçons cliniques sur l'hystérie et thypnolisme^ 1891, t. I, p. 109.
GRàSSBT. Les Centres nerveux. M
mais le continuent. Chez les sujets à paralysie nocturne les centres sont, eux aussi, altérés et cette désorientation brusque par l'occlusion des yeux achève de les troubler et le sujet s'immobilise.