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IV. — Résumé général

B. SemÉIOLOGIE et diagnostic du SIEGE DES LÉSIONS DE l'aPPAREIL

NERVEUX central DU LANGAGE

I. Aphasies et paraphasses. 4. Variétés cliniques d'aphasie. a) aphasies polygonales: et) aphasie motrice; j!3) agraphie; y) cécité verbale; $) surdité verbale; b) aphasies . souspolygonales; c) aphasies suspolygonales; d) aphasies transpolygonales. 2. Les paraphasies. 3. Rapports de Tamnésie et des aphasies. Â. Suppléance des centres altérés ou détruits.

II. — Anarthries et dysarthries 4. Lésions bulbaires. 2. Lésions protubérantielles. 3. Lésions cérébelleuses. Â. Lésions pédonculaires. 5. Lésions capsulaires. 6. Lésions corticales.

PréaEibale physiologique. Langage volontaire et langage automatique. Schéma du langage.

Le tangage étant une fonction propre à Thomme (du moins au degré de perfectionnement que nous envisageons), sa physiologie et son anatomie vivante ne peuvent être déterminées que par la clinique.

Cette physiologie peut ôtre synthétisée en quelques mots avec un schéma (fig. 14) calqué sur le schéma général des centres automatiques supérieurs

(Gg- !)•

Le langage est la faculté que possède rhommc d'exprimer sa pensée par des signes (parole, écriture, mimique) : faculias signu' trix de Kant, faculté symbolique de Finkel- BURG. Voici sur le schéma (Gg. 14) un exemple complet de conversation.

Un mot ou une phrase (venu de l'extérieur) pénètre par l'oreille a, arrive par aX au centre auditif A des symboles ou centre des symboles auditifs, où s'entassent et restent les images auditives des mots, des airs, de la musique. De là, par AO, l'impression va dans le centre de Tidéation O (1) ;

Fig. 14. — Schéma du langage.

(1) C'est le centre I du schéma de BaisëAUD. Grasset. Les Gonln'S nerveux.

là, l'impression auditive est devenue idée ; là est la mémoire des idées. Là, en 0, le sujet conçoit l'idée de la réponse à faire à la question posée ; il élabore sa réponse et Tenvoie, par OM, en M, centre des images motrices des mots, des symboles parlés. De M, l'impression centrifuge va, par Mm, à la bouche m, où se fait Texpression, Tarticulalion du mot.

Si le sujet parle spontanément, sans être interrogé, O actionne directement M et m.

Si rimpression auditive doit actionner récriture, si on doit répondre par écrit à une question posée oralement, elle suit la même voie centripète aAO, de O, va par OE, en E, centre des images motrices graphiques (ou des symboles écrits) ; puis, de E, le mot objectivé va, par Ee, en c à la main droite qui trace les caractères voulus.

Si le sujet écrit spontanément, 0 actionne directement E et e.

Le même raisonnement se ferait pour l'expression mimique (par gestes) dont je n'ai pas voulu compliquer le schéma.

L'impression excitatrice centripète peut se faire par la vue, au lieu de se faire par l'oreille (lecture, dessin, musique écrite). Elle va alors de l'œil v, par vV, au centre visuel des symboles V; de V, elle passe par VO, en 0, provoque ridée et va produire la réponse écrite en Ee ou parlée en Mm.

Dans tous les cas précédents intervient le centre 0, c'està-dire le psychisme conscient et volontaire. Il y a aussi un langage automatique, pour lequel 0 n'est pas compris dans le circuit.

Ainsi, si le sujet répète ce qu'on lui dit, sans être obligé de comprendre et d'élaborer une idée personnelle (écholalie, langage de perroquet), le circuit est a A Mm ; s'il écrit sous la dictée, le circuit est aAEe ; s'il lit à haute voix, le circuit est vVMm (0 ne sera dans le circuit que si on fait attention à ce qu'on lit, si on ne lit pas automatiquement);

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s'il copie une page écrite (sans cherchera comprendre), le circuit est vVEe.

Le langage automatique et le langage volontaire sont tellement indépendants qu'on peutles mettre en jeu simultanément, mais distinctement.: ainsi^ on cause en copiant, en dessinant ; on joue delà musique écrite en parlant d'autre chose.

Cette indépendance des deux langages apparaît aussi dans l'éducation et dans leur développement successif. L'enfant n'a d'abord que ses centres automatiques (ou à peu près) : il répète les mots qu'il entend sans les comprendre ; il meuble ainsi son centre A et son centre M d'images auditives et d'images motrices des mots. Puis, il communique peu à peu à O qui se développe à son lour^ fait de plus en plus intervenir O dans son langage et finit par parler spontanément pour son compte ; il intervient alors par son psychisme personnel dans les réponses (1).

De même, quand il apprend à lire et à écrire, il lit tout haut par uVMm ou copie par uVEe, puis écrit sous la dictée aAEeou récite ce qu'on lui apprend oralement aAMm. Puis il fait graduellement intervenir 0 davantage et alors comprend ce qu'il dit, ce qu il écrit ou ce qu'il récite.

Plus tard encore, O forme et développe l'activilé psychique inférieure qui devient, à elle seule, capable de beaucoup de choses. C'est ainsi qu'on arrive non seulement à lire ou à écrire, mais à jouer du piano ou à dessiner automatiquement, sans l'intervention de O.

Cette indépendance des centres automatiques et des centres volontaires du langage est encore démontrée soit par des étals physiologiques comme la distraction, le sommeil et les rêves, soit par des états extraphysiologiques

(l) Martin W. Barr [The Journal of nervoiis and mental Disease, 1898. Revue neurologique, 1898, p. 365} a publié rhisloire d'un idiot de 22 ans qui avait rinlelligence d'un enfant de 5 ans et qui s'élait arn^té k l'écholalie comme développement du langage.

(hypnotisme, écriture automatique des médiums (1), soit par des états pathologiques : tout ce que je dirai plus loin des aphasies esta la fois une application et une démonstration de ces manières de voir.

II faut également se rappeler que chacun de ces centres polygonaux, représenté par un point, est en réalité fort complexe. Ainsi, en A, il faut distinguer les mois, la musique, les diverses langues ; en V, les mois écrits, imprimés, le dessin, la peinture, la musique écrite ; en M, les mots parlés, diverses langues, le chant, Tinlonation (2) ; en E, les mots à écrire, le dessin, la musique à écrire...

De plus, chaque sujet a un tempérament polygonal différent et ces divers centres sont plus ou moins développés et ont plus ou moins d'importance, suivant que le sujet est auditif, visuel, moteur ou graphique.

Dejerine n'admet pas les tempéraments différents et cherche à « établir Tintirae union et la subordination des centres, suivant un ordre toujours le même chez tous les individus et créé par l'éducation (3) ». Il est bon en effet de corriger la notion deCnARcoT, un peu trop absolue, par cette idée de la solidarité des centres chez tout le monde. Mais il me paraît rester vrai qu'en fait (de naissance ou par éducation) les centres prédominants ne$ont pas les mêmes chez chacun.

Il faut remarquer aussi (Pitres) que l'éducation développe des connexions spéciales entre les centres polygonaux. « Ce sont celles qui se forment par les associations mnémotechniques et qui déterminent, dans la récitation, la numération et le chant, des entraînements tout à fait imprévus de la parole. »

(1) Voirie Spiritisme devant la science^ 1903, 2« édition.

(2) Voir BiussAUD, Leçons sur les Maladies nerveuses^ 1895, t. I, p. 521.

(3) Dejerine, loco cil,, p. 394 et 425.

Centres sapériears : mental et automatiques spéciaux, i. Centre supérieur mental 0. — 2. Centres automatiques spéciaux: a) centre moteur M du langage parlé ; b) centre moteur E du langage écrit; c) centre visuel Y des mots ; d, centre auditif A des mots; e) Tinsulade Reil. —3. Centres généraux.

1. J'ai déjà dit (p. 42} que' le centre supérieur mental 0 est démontré physiologiquement, mais que .son siège anaiomique est encore inconnu. Nous le plaçons hypothéliquement dans Técorce des circonvolutions préfrontales.

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