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Suppléance des centres du langage altérés ou détruits

Une aphasie peut guérir sans que la lésion disparaisse (2). Dans ce cas, il y a eu suppléance, soit par la région similaire du côté opposé, soit par les parties voisines du même hémisphère. C'est la base du traitement physiologique (3) des aphasies : le rôle du médecin consiste à aider et àhAter la formation de ces suppléances, et cela en entraînant et en éduquant les parties saines.

Ainsi pour le premier et le deuxième groupes (aphasies polygonales et souspolygonales), on réapprendra à parler par Fouïe, la vue, la mimique et récriture dans la lésion de M ; en le faisant écrire (sous la dictée ou en copiant] avec les images auditives ou visuelles dans la lésion de E ; dans la lésion de V, on lui réapprendra à lire, en se servant surtout de A, mais aussi de M et de E ; enfin, dans la lésion de A, on le rééduquera, comme un sourd-mucl avec des images visuelles, etc.

Dans les aphasies suspolygonales du troisième groupe, on a à sa disposition tout le langage automatique du sujet pour lui réapprendre à faire intervenir sa conscience et sa volonté : on tâchera de lui apprendre peu à peu à ne plus être un perroquet ou un écho.

(1^ Voir nolarament Sollier, Le Problème de la mémoire, 1900, p. 24.

(2) Voir, par exemple, le fait de Difou» avec autopsie, Société anatomique, 1896, Revue neurologique, 1896, p. 634.

(3) Voir mon traitement de Taphasie in Traité de thérapeutique appliquée d'Albert Hobin, 18î)8, fascicule XIV, p. 179.

Au contraire, dans les aphasies transpolygonales du quatrième groupe, c'est le langage automatique qu'on habituera le sujet à retrouver, en utilisant ses directions volontaires et conscientes restées intactes.

Anarthries et dysarthries. — 1. Lésions bulbaires. —2. Lésions protabérantielles. — 3. Lésions cérébelleuses. — 4. Lésions pédoncolaires. — 5. Lésions capsnlaires. — 6. Lésions corticales.

Les idées étant pensées en O et réalisées en mots en M du polygone, on les articule pour les exprimer à Textérieur. Le groupe des troubles de Tarticulation (anarthries et dysarthries) est bien moins important que celui des aphasies parce qu'il correspond à la lésion des voies centrifuges du langage et qu'il constitue en somme un trouble de motricité ordinaire.

L'appareil central de l'articulation des mots s'étend depuis Técorce (opercule rolandique : centres de la langue, des lèvres et du larynx) jusqu'aux noyaux bulbaires de Thypoglosse, du facial, et du spinal.

Pour commencer par les cas les plus nets et les mieux séparés des aphasies, nous irons de bas en haut dans la revue du siège des lésions.

i. Lésions bulbaires.

Le type de ce groupe est la paralysie labioglossolaryngée de DucHENNE, poliencéphalite inférieure chronique : lésion destructive progressive chronique des noyaux bulbaires (origine réelle) du facial, du spinal et de Thypoglosse.

La paralysie de la langue empêche de prononcer les consonnes palatines ou dentales (r, 1, s, g, k, d, t, sont prononcées comme ch) et les voyelles e et i ; la langue est embarrassée et la parole épaisse. La paralysie du voile du

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palais rend la voix nasillarde et empêche de prononcer b, f qui deviennent m, v (à moins qu'on ne pince le nez du sujet). La paralysie de Torbiculaire des lèvres empêche de prononcer o et u et les labiales p, b, m, n, k, c, t. Quand les trois paralysies sont superposées, les malades ne peuvent plus dire que a ou poussent un grognement inintelligible. L'aphonie peut s y joindre par la paralysie des muscles intrinsèques du larynx.

Le môme syndrome s'observe quand Taltération des mêmes noyaux fait partie d'une maladie plus étendue, comme Tatrophie musculaire progressive, la sclérose latérale amyotrophique, la sclérose en plaques.

On observe encore, mais moins aisément, des troubles analogues dans la paralysie bulbaire aiguë (Leyden) ou poliencéphalite aiguë, dans Thémorrhagie, le ramollissement, la compression et les tumeurs du bulbe.

Dans la paralysie bulbospinale asthénique de Erb (1), « la voix est nasonnée et même nasillarde, traînante. Lorsqu'on fait causer le malade, les premières paroles sont généralement intelligibles, mais les suivantes sont bredouillées et confuses, la voyelle a est celle qui généralement est le mieux prononcée. Par suite de la propagation du processus aux muscles laryngés, la voix est faible, enrouée, gutturale ; on peut noter de l'aphonie complète ; la parole peut être entrecoupée par de fréquentes aspirations traduisant l'insuffisance d'occlusion de la glotte (2) ».

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