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Centre cortical de la vision

Ferrier qui a tant fait pour Tétude physiologique des localisations cérébrales a d'abord lancé, sur cette question, les expérimentateurs sur une fausse voie, comme CnARcoT a égaré les cliniciens. Il a placé le centre visuel d'abord au pli courbe. Puis, avec Yeo, il Tétend au lobe occipital, continuant à dire que la lésion du pli courbe fait Tamblyopie croisée, tandis que la lésion du lobe occipital fait rhémianopsie. La première partie de cette proposition est complètement abandonnée : la destruction du pli courbe ne fait pas Tamblyopie croisée (pas plus qu'aucun autre point de Técorce). Mais il est vrai de dire que le centre visuel est dans le lobe occipital et que la lésion de ce centre fait Thémianopsie homonyme.

C'est MiJNK qui a établi cette dernière proposition, aujourd'hui classique.

Von Monakow (2) applique à la question la méthode féconde de l'étude des dégénérescences consécutives à l'énucléation d'un œil ou à la destruction de diverses parties des voies optiques. Il place le centre de la vision dans le territoire de la scissure calcarine(fig. 4, p. 45) et dans les deux circonvolutions adjacentes (cunéus et lobe lingual). Plus lard, il étend celte sphère visuelle à la face externe jusqu'au pli courbe.

Henschen limite le centre visuel cortical à la seule scissure calcarine.

(1) Voir, sur ces fibres thalamocorlicalcs, Probst, Archiv fCtr Psychiatrie und Servenkrankheilerij lUOl {Revue neurologique, 11H)2; p. 136). (2; Voir ViALET, thèse cilée, 18U3.

Il est plus étendu pour ViALET : région delà face interne, limitée, en avant par la scissure perpendiculaire interne, en haut par le bord supérieur de Thémisphère, en bas par le bord inférieur de la 3« occipitale, en arrière par le lobe occipital. Bbissaud admet aussi une zone plus étendue.

En somme, le centre de la zone visuelle corticale semble être la scissure calcarine, comme la scissure de Rolando est le centre sensitivomoteur général (1). Cette zone corticale visuelle (2) comprend Técorce de cette scissure et ses lèvres (3) : le cuneus (O4) et le lobe lingual (O5).

Je renvoie (pour ne pas la scinder) au paragraphe clinique Tétude du centre maculaire et de la subdivision du centre cortical en secteurs.

La destruction, pathologique (4) ou expérimentale de ce centre entraine Thémianopsie homonyme, c'est-à-dire la perte de la vue dans la moitié correspondante des deux rétines. Or, ce qui fait Tunité et Texistence individuelle d'un nerf, c'est Tunité et l'individualité de son centre. On voit que nulle part, dans aucun des points de Thémisphère, il n'y a un centre pour le nerf optique gauche ; nulle part dans un hémisphère, on ne trouve réunies les fibres d'une rétine entière, mais dans chaque hémisphère sont réunies, en un centre bien défini, les fibres des moitiés homonymes des deux rétines.

C est ce qui m'a fait dire (5) que les nerfs ojptiques nexis-

(1) Les scissures qui, pour Tanatomiste, séparent les lobes, paraissent être devrais centres pour le physiologiste et le clinicien ; les lobes n*ayant aucune individualité fonctionnelle.

(2) Chez ranimai, le centre cortical de la vision peut, après destruction, être suppléé par le centre du côté opposé, la destruction de ce dernier aggrave ou fait reparaître le trouble visuel atténué ou disparu (Luciam-Hitzig, Nearologisches Cenlralblali^ 1902, p. 43-1).

(3) C'est la conclusion de Gallemaerts (Académie Royale de médecine de Belgique, 1902, Reuue neurologique, 1902, p. 1028) après Texamen de 5 cerveaux de sujets atteints d'atrophie optique unilatérale à la suite d'énucléation ou d'atrophie du globe oculaire.

(4) Voir, plus loin, le paragragraphe consacré à l'hémianopsie. (5; Le chiasma oculomotcur (semidécussation de Toculomoteur

tent pas comme unités physiologiques et cliniques ; seule la nécessité d'entrer dans le môme orbite rappproche dans le môme trou optique des fibres des deux nerfs hémioptiques (et môme des fibres centrifuges) en un seul tronc que Ton appelle improprement nerf optique. Il existe uniquement deux nerfs hémioptiques (l),.dont le trajet est schématiquement représenté sur la figure 41 (p. 344).

On peut dire que la distribution du centre visuel est segmentaire comme celle des autres centres corticaux déjà étudiés (p. 89). Seulement chaque segment (droit, gauche) est formé de deux parties disjointes: une moitié (droite, gauche) de chacune des deux rétines.

L'hémisphère droit voit ainsi^ par Vhémioptique droit et avec les deux yeux^ les objets placés dans la moitié gauche du champ visuel ; et l'hémisphère gauche voit, par rhémioptique gauche et avec les deux yeux, les objets placés dans la moitié droite du champ visuel.

C'est l'application à la vision de cette loi générale que chaque hémisphère préside aux fonctions de la moitié opposée du corps. Seulement, pour les yeux, la ligne médiane du corps se bifurque et passe au milieu des deux globes oculaires et chaque hémisphère voity avec les deux yeux, du côté opposé comme il sent du côté opposé et meut le côté opposé.

Ce centre visuel cortical (neurone supérieur ou central

commun), Revue neurologique, 18î>7, p. 321 et Leçons de Clinique médicale, 3* série, p. 502.

Il) D*éminents physiologistes ont donné leur adhésion à celte manière de voir. Hedon (Précis de Physiologie, cité, p. 573 et 574) : « en âommc, on comprend que, pour ce qui concerne les centres nerveux... au point de vua sensoriel, il existe deux nerfs hémioptiques » elMoRAT {Traité cité, p. 612) : « il existe un nerf hémioptique droit qui est en connexion avec les hémirétines droites et un nerf hémioptique gauche qui est en connexion avec les hémirétines gauches ». Pierre Bonmer rappelle dans son dernier livre {Le Sens des allitudes, 1904, p. 74) que, dès 1893, il a énoncé cette manière de voir qui, dit-il, « est aujourd'hui généralement acceptée ».

du nerf hémioptique) a d'ailleurs son indépendance vasculaire.

L'artère occipitale, et plus spécialement son troisième rameau, est Tartère de la sphère visuelle corticale (von MoNAKOw). Or, cette artère occipitale vient de la cérébrale postérieure, laquelle vient, par le tronc basilaire, des artères vertébrales, branches de la sousclavière.

C est une origine vasculaire toute différente de celle des cérébrales antérieure et moyenne, qui viennent delà carotide interne et qui sont les artères des lobes antérieur et moyen (régions psychique et psychomotrice), l'hexagone de WiLLis établissant d'ailleurs des communications entre ces diverses sources artérielles.

Voies sensitiTes générales

La sensibilité générale de l'œil est tributaire du trijumeau dont on connaît le trajet.

Premier neurone : ganglion de Casser ; deuxième neurone (premier de relais) : noyaux de la protubérance. De là, les fibres vont dans le pédoncule, rejoignent les autres fibres sensitives de la moitié opposée du corps et pénètrent dans la capsule interne pour aboutir finalement à la zone périrolandique : troisième neurone central.

Nous utiliserons plus loin ces données, soit pour interpréter Tamblyopie capsulaire de certains malades, soit pour expliquer certains réflexes palpébraux.

350 CHAPITRE OUATRIÈME

Amblyopie. 1. Amblyopie directe par lésion du nerf optique.—

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