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Nysiagmus horizontal

Le nystagmiLS (2) est le tremblement conjugué des yeux. On a décrit un nystagmus unilatéral (Neust^etter (3), Al- DRicii (4) qui paraît être un nystagmus bilatéral modifié (Neust.etter) ou être de cause périphérique.

Le nystagmus horizontal est le tremblement des oculogyres latéraux. Ce tremblement est ou intentionnel, dans les mouvements (mouvements nystagmiformes de certains auteurs) ou au repos (nystagmus proprement dil).

Quoi qu'on en ait dit, le nystagmus n'est pas le symptôme propre d'une maladie (comme la sclérose en plaques) ou de plusieurs. Comme tous les symptômes nerveux qui sont toujours l'expression d'une fonction troublée, le nystagmus est un symptôme de siège de lésion," siège que la sclérose en plaques, la maladie de Fhiedreich peuvent réaliser plus souvent que d'autres affections.

Ce siège est d'ailleurs encore mal défini : il paraît comprendre surtout les tubercules quadrijumeaux, les couches optiques, les corps resliformes et le cervelet (5). Il faut y joindre aussi les centres labyrinlhiques (0).

(1) KoRMLow, Deulsches Zeilschrifl fur Nervenheilkunde, 1903, t. XXIII, p. 417.

(2) Voir : Mayet, loco cit., l. H, p. 59 ; Dejcrine, loco cit., p. 1144 ; Debove ol AciiARD, Manuel de diagnostic médical, 1900, t. II.

(3) Nei'st.ïtteh, Archiv fur Augenheilkunde, 1898 {Jahresberichl liber Neurologie and Psychiatrie, 1899, p. 443).

{i) \Lm\icn, American Journal of Ihe médical Sciences, l^SO {Jahresberichl uber Neurologie und Psychiatrie, 1900, p. 348).

(5) Voir le travail cité de Thomas et le rapport de Duret au Congres de Chirurgie, 1903 (Revue neurologique, 1903, p. 951 et 953).

(0) Voir : Pierre Bonmer, Revue neurologique, 1895, p. 674 ;

4. Paralysies nucléaires et périphériques des oculomoteurs. La lésion siégeant en d{i\g. 46), dans les neurones méso-

céphaliques inférieurs C, origine réelle dea nerfs périphériques (III et VI paires) entraîne des paralysies non conjuguées. Ce sont les paralysies nucléaires des oculomoteurs. Ce groupe de symptômes (qui appartient d*ailleurs plutôt à la périphérie qu'aux centres) est connu et analysé depuis longtemps. Je n*y insiste pas. C'est la symptomatologie partielle ou totale de Toculomoteur externe et de Toculomoteur commun.

5. Paralysies compliquées des hémioculomoleui^ {ou des oculomoteurs) et d'autres nerfs crmiietis : paralysies alternes.

J'ai déjà parlé (p. 124^ et fig. 10, p. 125) des paralysies alternes simples (type Millard Gubler) : paralysie du facial d'un côté, des membres de l'autre.

Dans ce syndrome Millard Ourler il y a des variétés suivant que le facial est seul paralysé du côté opposé aux membres ou que d'autres nerfs crâniens sont également atteints.

Ainsi on voit assez souvent Toculomoteur externe paralysé du même côté que le facial. J'en ai publié un cas en 1878 avec autopsie (1); Raymond (2) et Adam Wizel (3) en ont aussi donné des exemples.

Il y a un autre syndrome de paralysie alterne motrice, caractérisé par une hémiplégie vulgaire (face comprise) d'un côlé et la paralysie d'un ou plusieurs oculomoteurs de l'autre. C'est le syndrome de Gubler Weber (4). La lésion siège alors au niveau du bord supérieur de la protubérance

Hertzfeld, yeurolofjisches Cenlralblait, 1900, p. 539 et Deulsches medicinische Wochenschrifl, 1901 (Jahresbericht iiber Neurologie und Psychiatrie, 1900, p. 251 et 1901, p. 261).

(1) Montpellier médical, t. XL, p. 323 et t. XLI, p. 57.

^2) Raymond, Clinique des Maladies du Système nerveux, t. III, p. 112,

|3; Adam Wizel, Hevue neurologique, 1895, p. 313.

(4) CiiAncciT (1881} l'a appelé syndrome de Wlder; mais d'Astros (1891) a montré que Glulku l'avait décrit quatre ans avant Wediùr .

392 GHAPITIIE QUATRIÈME

OU dans le pédoncule : syndrome protubéranliel supérieur ou pédonculoprolubérantiel (1).

Dans cerlains cas de ce syndrome, c'est Toculomotciir externe (2) ou les III et VI paires ensemble (3) qui font Talternance avec rhémiplégie des membres.

Dans le type ordinaire, c'est Toculomoteur commun qui fait Talternance (4).

A ce dernier type appartient le syndrome de Benedikt qui, disent Gilles de la TouRETTEct Jean Charcot, « n'est autre que le syndrome de Weber auquel s'ajoute du tremblement ». D'astros a bien montré qu'il y a deux types symptomatiques extrêmes : le Weber ordinaire dans lequel rhémiplégie et la paralysie oculomotrice sont complètes et totales et la lésion porte sur l'étage inférieur du pédoncule ; le Benedikt dans lequel les paralysies son t. incomplètes et peuvent s'accompagner de tremblement et la lésion porte sur l'étage supérieur du pédoncule et n'agit d'abord que par compression et excitation sur les fibres pyramidales.

De ce type Benedikt (1889), dénommé par Charcot,

(1) Sur le syndrome de Gibleh Weber, voir les XVIII et XIX le(;ons de Biussaud (t. I), les faits de Lacolh (Revue neurologique^ 1893, p. 348», SouguEs et Bonnes {ibidem^ 1896, p. 666) et les mémoires de d'Asthos {lievue de Médecine, 1894) et de Lacour {Revue internationale de médecine et de chirurgie, 1895). Charcot {.ircfiives de Neurologie, 1891), Gi^iMAiD cl HKMLiNr.KR [Rcvue neurologtque, 1897, p. 332) ont décrit ce svndromc dans riivslérie. Voir aussi sur ce dernier point, la thèse de M"" Sophie Polchowsky, Montpellier, 1902, n' 15.

(2) ^'oir : Graix, De la paralgsie du moteur oculaire externe avec déviation conjuguée, thèse de Paris, 1878, observation XI, p. ?2 ; Raymond, Clinique citée, t. I, p. 367.

(3; Voir Haymond, Clinique citée, t. II, p. 680.

(4) Voir le fait de Touche, Société de Neurologie, 18 avril 1901 et 9 janvier 1902. Revue neurologique, 1901, p. 41 7 et 1902, p. fô. Raymond a publié {Clinique citée, t. VI, p. 411) un fait de Weber complexe, dans lequel la III paire, primitivement atteinte du côté opposé aux membres, fut ensuite paralysée des deux côtés (autopsie); Lenoble et Ai'BiNEAC (Société de Neurologie, 5 décembre 1903, Revue neurologique, 1904, p. 12) : un cas de paralysie alterne (facial et oculojnoteur commun par tubercules pédonculoprotubéranliels).

d'Astros cite des observations d'ARciiAMBAULT (1877), de HENocHetGRAwiTz(1883),deMENDEL(1885),deRAMEY(1885), de BouvERET et Chapotot (1892), de Charcot et de Gilles DE LA Tourette et Jean Charcot (1900), de Raviard et AussET (1900) et une observation personnelle (1).

J'ai attiré l'attention (1900) sur un nouveau type de paralysie alterne, dans lequel le nerf qui fait la paralysie alterne avec les membres n'est pas un oculomoteur mais un hémioculomoleur dextrogyrc ou levogyre. J'ai observé (2) un malade qui avait à gauche une hémiplégie des membres et à droite une paralysie du facial total, de l'hypoglosse et du dextrogyre et j'ai donné à ce syndrome le nom de lype FoviLLE (3), le premier cas publié me paraissant appartenir àcet auteur (4) (1858).

J'ai réuni neuf cas semblables au mien, publiés par FoviLLE (1858), Broadbent (5) (1872), Hallopeau (6) (1876) Parinaud (7) (1883), Bristowe (8) (1891), Jolly (9) (1894), Raymond (10) (trois cas : 1897, 1898, 1901).

(1) d'Astros et Hawthorn, Socîélé de Neurologie, 17 avril 1902. Hevue neurologique, 1902, p. 377. Faitnouveau avec autopsie et Biblio* graphie complète du syndrome de Benedikt.

(2) Un lype spécial de paralysie alterne motrice (type Foville) : paralysie des membres d'un côté, du facial total et de l'hémioculomoteur rotateur des yeuxdelautre. Société de Neurologie, 5 juillet 1900. Revue neurologique, 1900, p. 586.

(3) ('.oLLET accepte ce nom et celte description du syndrome de FoviLLE dans son Précis de Pathologie interne [190^, 3* ôdil.,p. 118;.

(4) Foville, Société anatomique, 1858. Citai. Ghaux, loco cil., observation II.

(5) Broadbent, Médical Times and Gazelle, 1872, observation VIII de Gralx, loco ciL,p. 49.

(6) Hallopeau, Archives de Physiologie, 1876, observation V de GnAUX, loco cit., p. 32.

(7) Parinaud, mémoire cité de 1883. Observation I, p. 152.

(8) Bristowe, Brain,}H9\. Citât. Raymond, Clinique des Maladies du Système nerveux, t. II, p. 692.

(9) Jolly, Neurologisches Centralhlatt, 1894, Citai. Raymond, ibidem, p. 674.

(10) Raymond, Clinique citée, t. III, p. 167 ; t. IV, p. 64 et t. VI, p. 436.

Certains auteurs ont voulu confondre celte paralysie conjuguée avec la paralysie du seul droit externe et n'ont vu dans la paralysie du droit interne opposé qu'une conséquence secondaire et accessoire de la paralysie du droit externe.

Ainsi Raymond (1) professe que, dans ces cas, Toculomoteur externe seul est paralysé. Quant à Tautre œil (celui dont le droit interne ne fonctionne pas), il « restera immobile, comme s'il était paralysé » ; et Tauteur ajoute : « cette paralysie, vous le comprenez bien maintenant^ est purement apparente *.

Je ne vois pas bien pourquoi cette paralysie n'est qu' « apparente ». Il y a paralysie du nerf rotateur entier à droite ou à gauche ; voilà le fait clinique brut. Et ce fait clinique diffère des cas dans lesquels Toculomoteur externe seul est paralysé d'un côté. Cardans ce dernier cas il y a strabisme et diplopie, tandis que dans le premier cas il n'y a ni l'un ni l'autre, il y a paralysie et déviation conjuguées.

A cette différence symptomatique correspond aussi une différence anatomique, un siège différent de lésion (fig. 45 .et 4(), p. 365 et 366). Quand l'oculomoteur externe est seul atteint, la lésion siège au-dessous du centre supranucléaire sur les nerfs dissociés ; quand l'hémioculomoteur est paralysé, la lésion siège au niveau ou au-dessus du centre supranucléaire.

Donc, de par la symptomatologie et de par le siège de la lésion, ce type Foville de paralysie alterne a bien une existence distincte. C'est le troisième type de Mayet (2).

Dans tous ces faits (type Foville du Millard Guhler) le fa-cial et Vhèmioculomoteur sont paralysés d'un côté et les tnevibres sont paralysés de Vautre.

Au même groupe appartiennent des faits à lésion plus restreinte (qui ne sont plus de la paralysie alterne), dans

(1) Raymond, C/m/ryue ciléc, l. H, p. 6%. (2; Maylt, loco cil., t. I, p.72Get 740.

lesquels le facial et rhémioculomoleur sont paralysés du même côté, les membres restant intacts. Tels ceux dé Wer- NicKE (1) (1877), Croiin (2) (1883), Mierzejewsky et Rosenbach(3)(1885).

Ce groupe de faits éclaire Y entrecroisement des hémioculomoteurs.

Les faits de Prévost (4) et de Poumeau (5) montrent qu'une lésion de la couche supérieure du pédoncule entraîne une paralysie croisée du rotateur des yeux : Thémioculomoteur n'a pas encore traversé la ligne médiane. Les faits de type Foville que nous venons d'étudier prouvent que l'hémioculomoteur traverse la ligne médiane, comme le facial, dans la protubérance, bien au-dessus du point où le faisceau pyramidal des membres s'entrecroise.

On peut préciser encore davantage et montrer que rhémioculomoleur s'entrecroise auant ie/adaL La lésion peut en effet porter sur l'hémioculomoteur déjà entrecroisé et sur le facial et lesnerfs des membres non encore entrecroisés. Dans ces cas (symptôme de Gubler Weber) il y a hémiplégie (membres et face) d'un côté et paralysie de l'oculogyre de l'autre : type Foville du Gubler Weber.

J'ai trouvé trois observations établissant la chose ; elles sont dues à Desnos (6) (1873), Fereol (7) (1873) et Richards (8) (1880).

(1) Wernicke, Archiv fur Psychiatrie und Nervenkrankheilen^ 1877. Cilat. Raymond, loco cil., t. II, p. 692.

(2) Crohn, Archiv fur Kinder heilkunde, 1883. Citai. Raymond, /6i- (/em, p. 6*J2.

(3) Mierzejewsky et Rosenbach, Neurologisches Cenlralbiatl, 1885, Citât. Raymond, Ibidem^ p. 694.

(4) Prévost, Uièse de Paris, 1866. Cilat. d'AsTROS, loco cil., p. 35.

(5) PouMEAi:, thèse de Paris, 1866. Citai. d'AsTRos, Ibidem, p. 139.

(6) Desnos, Société médicale des hôpitaux^ 1873, observation III de Graux, loco c//., p. 20.

(7) Fereol, Société médicale des hôpitaux^lSlZ. Observation IV de Graux, Ibidem^ p. 29.

(8) RiCKARDS, Brilish médical Journal, 1886, Citât. d'AsTROS, loco cit,, p. 18,

Ces en l recroisements successifs de l'hémioculomoteur, du facial et des nerfs des membres sont résumés dans le lableaù suivant el la figure 48.

Tableau XVIII.

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