‹ Les Cèpes dans leurs Rapports avec l'AlimentationChapitre 22 sur 25 · COUR · texte numérisé non relu

COUR

aucun accident grave. Une indigestion avec vomissements et diarrhée, des coliques et une purgation énergique seront le châtiment éventuel de celui qui aura fait un repas par trop copieux de cèpes mal choisis ou aura mangé des espèces par elles-mêmes indigestes et par surcroît mal préparées.

“Cette conclusion de notre étude paraitra peut-être au premier abord bien contraire aux idées classiques, aussi sommes nous heureux, en terminant, de nous appuyer sur l'opinion de deux maîtres les plus autorisés.

M. le Professeur Florence, dans ses lecons de mycologie faites à la Faculté, est d'avis que: «dansl'état actuel de la question. il convient par prudence de s'abstenir d’une façon générale, de tout champignon à tube bleuissant à l’air et aussi de tous ceux qui sont marqués de rouge soit sur les pores, soit sur le pied. Cette formule convient à l’appréciation essentiellement simpliste du vulgaire, mais celte restriction faite, il n’est pas loin d'estimer qu'elle est trop exclusive dans sa concision : en effet, étant en excursion mycologique dans la région dufsud-ouest de la France, où les bolets abondent au point que de nombreuses voitures portent tous les matins les cèpes bordelaises aux fabriques de conserves, et que ces champignons servent de base en automne à l'alimentation des populations pauvres, il se livra à une enquête dans la région d’'Uzerche, afin de connaître les empoisonemennts qui avaient dû s'y produire depuis la guerre (1870) ; on ne lui en signala qu’un, où 3 personnes furent sérieusementindisposées; mais ne moururent pas. Il en fut d'autant plus étonné, qu’il constatait en

ses excursions, le nombre si considérable de bolets à spores rouges mêlés avec le B. edulis, et bien que les paysans sachent très bien distinguer ces «culs rouges » des cèpes bordelais, il lui sembla bien difficite d’admettre qu'en tant d’années il n’y ait eu qu’une seule fois une substitution faite. »

D'autre part, M. le Professeur Viallare de Dijon, bien connu par sa Flore de la Bourgogne et ses livres mycologiques, lui a affirmé que jamais il n'avait entendu parler d'un seul empoisonnement par des bolets quelconques.

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