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que les parents prennent sur la terre en l’honneur dn mort (i). Ici les statuettes accoudées, qui sont placées près de la tête du mort, surtout si l’on remarque combien elles ressemblent aux figures chaldéennes que nous avons décrites précédemment, paraissent bien être la divinité dont nous n’avons pas fixé le nom et qui sans doute en avait plusieurs. Nous savons qn’il était d’usage à Babylone de mettre les statues des divinités à table (2). Au sommet de la tour à sept étages était un lit sur lequel on supposait que Bel venait se reposer devant une table d’or. On connaît les lectisternes de la religion étrusque et ceux des Bomalns, sans qu’il soit possible de montrer quels sont au juste les rapports des usages babyloniens et des usages italiens. Une figurine de Hlllah est étendue dans une litière comme les images des dieux (jue l’on jjortait à Borne i» lecticis. Servius marque que cette habitude se retrouvait en Égypte et chez, les Phéniciens de Carthage (3). Ce sont d’antiques rassemblances que nous constatons sans pouvoir encore en indiquer ni l’origine ni la raison.
l.a série des cônes creux surmontés de bustes grossiers est d’un grand intérêt; ces bustes représentent des divinités locales, la déesse nue aux cheveux noués en croissant, la femme tenant un enfant, des cynocéphales, des têtes de béliers. Des objets semblables se retrouvent à Chypre; nous en avons un exemple qui provient de Ninive. Ils étaient })ercés à mi-hauteur pour être sus|)endus. 11 faut rappeler ici les cônes grecs si fréquents dans les tombeaux, également percés, mais au sommet, et dont le sens funéraire est incontestable, bien qu’ils n’aient pas encore été expliqués d’une façon complètement satisfaisante. L’opinion la plus vraisemblable y voit des offrandes aux morts, des images de gâteaux, en forme de pyramides, qui figuraient dans les repas funèbres, comme le montrent les bas-reliefs (4). Que cette forme fut, chez les Grecs, le reste d’une tradition ancienne et orientale, qu’autrefois ces cônes aient eu une valeur religieuse plus précise, c’est ce qu’il est permis de suj)poser. Les stèles phéniciennes conservent des figures où un corps
(1) [Sur cette question, voy. Pottier et Reinach, Nécropole de Mi/rina, pp. 437 et suiv.].
(2) Hérodote, I, clxxxi, clxxxii.
(3) Ad. Æneid., VI, (13; Augustin, Civ. Dei, II, iii.
(i) [Voy. Nécropole de Myrina, pp. 247 et suiv. |
ET r.REEO-OFUENTALES.
pyramidal est surmonté d’une tète, et l’ou eonuaît les nombreux textes relatifs aux idoles eoniques.
Les masques de petite dimension, femmes, jeunes fdles, figures barbues, j)araissent se rattaeher à un usage très ancien , à l’habitude de recouvrir d’étoffes, de métal ou d’une autre matière, la figure des morts, comme nous savons, par exemple, que le faisaient les Egyptiens. Le Britisit Muséum possède un masque d’or d’assez basse é|)oque trouvé à Ninive. Le Louvre en conserve un autre qui provient de Syi'ie. Delaporte dit que, dans les tombeaux de Ilillah, il a remarqué des feuilles d’or très minces qui devaient avoir été appliquées sur des figures. Les masques en or que iM. Scbliemanu a découverts dans les tombeaux de Mvcènes sont bien connus (i). Comme on le voit, pour les baiKjuets des dieux, des héros et des morts, pour les lectisternes, pour l’usage de promener les statues en litière, aussi bien que pour les divinités de Ibrme conique, les masques funéraires, et l’habitude d’articuler les membres des petites idoles, nous constatons un fond d’idées communes à l’Asie et au monde classique, et cela dans toute l’étendue de la période historique que nous pouvons étudier, si longue que nous la supposions, depuis l’époque des tombeaux de Alycènes jusqu’à la fin de l’empire romain.
PHENICIE
Les terres cuites phéniciennes sont encore très peu nombreuses; le Loum’C en possède environ soixante qui provieniicut des fouilles de AL Eeretié, des voyages de AL de Saulcy, et surtout de l’exploration de AL Renan (1862). 11 faut y ajouter des exemplaires carthaginois entrés au Alusée à la suite des missions de AIAI. Daux (1862) et Héron de Villefosse (18^4) et par la générosité de AL Villedon.
L’étude de la terre permet de reconnaître trois origines nettement différentes : r la Ehénicie septentrionale, Tortose (Antaradus), Amrit (Alarathusj : terre fine, assez bien préparée, douce au toucher, d’une couleur orangée tirant plus ou moins sur le rouge, travail soigné, emploi
(I) Voy. l’ouvrage <ie .M. ManiuXovï, An like (lesic ht shebne und Sepnlkrahnnsken, Vienne, 1878.
TERRES CUITES ORIENTALES
an moins partiel du moule, moulnges en creux; 2° la Phénicie centrale, Sidon : pâte épaisse et dure, d’un rose pfde ou jaune rosâtre, travail sommaire, façonnage à la main, moule simple, double moule (nous avons très peu d’exemples provenant de Tyr; ils suffisent cependant à montrer que le mode de fabrication y était le même qu’à Sidon); 3" Carthage : terre rouge, granuleuse, mal préparée.
T.,a série carthaginoise existe à peine; la plupart des figurines de cette provenance sont des imitations de l’art grec déjà avancé, pour ne pas parler des œuvres gréco-romaines ; bustes de déesses coiffées du polos, fragments de statuettes drapées. Victoires ou Tris, Aphrodite marine sur un dauphin, etc. Comme spécimen de l’ancienne fabrique, le I^ouvre possède une précieuse figurine estampée dans un moule à une seule pièce, « rappelant en petit la forme des sarcophages » (hauteur, o"’,i5) (1), et siu-tout un très beau masque, de proportion demi-nature. I^iC type est celui des couvercles de momies; la chevelure tombe des deux côtés en masses épaisses (2); le travail est à la fois égyptien et asiatique. Deux masques du même genre, provenant de Sardaigne, sont au British Muséum : une tète de femme coiffée à l’égyptienne et une face grimaçante (3).
Ijes vingt statuettes ou fragments qui représentent au I^ouvre la l^hénicie centrale ont ])eaucoup moins d’importance que les exemplaires de la l^hénicie septentiaonale : nous en rappellerons plus loin les types principaux en étudiant les statuettes de Mai'athus et d’Antaradus.
Tœs terres cuites de la Phénicie septentrionale se subdivisent en trois séries j)rincipales ; i " l’influence assyrienne; 2“ l’influence égyptienne; 3" l’influence de l’archaïsme grec.
]M. de I.iongpérler, dans le Musée Nupo/éo?i III, pl. xx et xxui, a publié
(1) Heiizey, Catalogue, p. 101.
(2) Longpérier, Arad. des inscr. et belles-lettres, 1871, p. 206; [Perrot, flist. de l’art, III, p. i6.1.]
(3) [Perrot, ibid., j). -iOo]. M. Ileuzey place à coté do ce masque deux aryballes ; run rejjrésente une tête casquée, image gréco-égyptienne d’un guerrier grec, du temps d’Apriès (599-560) (Corinthe?) ; l’autre une tête d’IIorcule, ligure égyptienne ornée de la peau de lion, conformément au type que Pisandre de Camiros arrêta, dit-on, au vii° siècle (Strabon, p. 688) ; ce vase aurait été trouvé entre Halicarnasse et Mylasa ; Heuzey, Gazette archéologique, 1880, p. 115; [Perrot, ibid., p. 676.]