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les principaux types de la [)remière subdivision. Ce sont des eliars, de très petite |jroportion, à deux ou à (piati-e elievaux, [)ortant des lioinines tlebout ou à demi couchés ( i ) ; les ligures, les costumes, les ornements, sont assyriens; beaucou[) de détails indicjuent un soin minutieux, bien ([ue ces terres cuites aient été l'abriquées très rapidement. Ce ne sont pas là des œuvres purement assyriennes, ce sont des imitations laites en Phénicie. Un dieu barbu, assis entre deux béliers qui forment les bras de son trône, est plutôt modelé à rimitation de l’Assyrie que de l’Egypte, mais n’est pas non plus nettement assyrien (2). Nous en dirons autant d’une figurine plate, de style évidemment asiatique, un personnage debout, barbu, coiffé d’un bonnet coni(pie (3j. Sur les premières de ces terres cuites les caractères des casques et le nombre des personnages placés sur les chars indifjuent les environs du vu" siècle (4)-
L’imitation assyrienne est à peu pi-ès nulle sui- les exemplaires aujourd’hui connus de la IMiénicie centrale. C’est là un lait qu’il laut se borner à constater, sans en tirer pour le moment aucune conséquence.
L’imitation égyptienne, telle que nous pouvons l’étudiei’ d’après les exenqjlaires (pii ont été découverts dans la Phénicie du nord, appartient à une époque plus récente, à la période de renaissance que l’on rapporte d’ordinaire aux règnes des princes saïtes (viL et vL siècle). Le type principal est une déesse assise sur un trône à dossier, colifée à l’égyptienne ; les yeux longs et droits, le ne/ mince, la bouche et le menton petits, le large et simple développement des traits supéi'ieurs indiquent le modèle que le [4oticr a voulu reproduire. A première vue, on ne reconnaît pas que cette déesse soit assise (5). Le type égyj)llen de cette ligure n’empèchait pas les Phéniciens d’y voir une déesse locale. On sait que, sur la stèle du roi iéhavmélck, que iM . de V ogüé a publiée, la dame de Gébal, Balaat-Gébal, est ligui'ée sous les traits d’Isis (G).
(1) [Voy. Perrot, iùid., pp. !20:2, !203.J (“2) [/bld., p. 199.]
(3) [Ibid., pp. 468, 169.]
(^4) Voy. les reiiiiuques de M. Ileuzey ù cet égard, p. 66. Les cliars de Niniroud, ix' siècle, ne portent que trois hommes; au vir siècle, les chars de Koujoundjik sont montés par (piatre guerriers.
(5) [Perrot, Ibid., p. 472.]
(6) Tète coiffée du voile ou lilafl, surmonté de la double tiare, appelée [iscbent, 11“ l!t6.
TERRES CUITES ORIENTALES
M. H eiizey l’ait jiistemenl une classe à [)arL [jour une série de statuettes qui représentent le dieu Bès plus ou moins semblable au Ptahembryon (i). L’origine égyptienne de cette ligure n’est pas douteuse; mais les Phéniciens se sont approprié ce type de nain grotesque aux formes viriles, âv^po; TruYp.ai'ou , et, de plus, ces terres cuites n’ont pas subi, comme les précédentes, l’influence de l’art saïte.
L’imitation égyptienne est re[)résentée à Tyr et à Sidon par quelques rares exemplaires plus anciens que les statuettes de la Phénicie du nord : petite tête imberbe coiffée à l’égyptienne, style très simple, pres(|ue grossier, mais antérieur à l’époque saïte; ligures de femmes coiffées de même, sur un corps cylindrique modelé à la main. Ces rares morceaux sulfisent à montrer, comme il était naturel de le supposer, que l’influence
de l’Égypte a précédé celle de l’Assyrie (2).
A coté de ces deux séries, l’une assyrienne, l’autre égyptienne, nous trouvons en l^hénicie une suite de statuettes qui reproduisent exactement les costumes, les attitudes, le style de l’archaïsme grec. Il est telle de ces ligurines découvertes dans la Phénicie du nord, dont nous pouvons ra[)procher des exemjjlaires non seidement analogues, mais tout semblables, qui jjroviennent de la Grèce, de la Sicile, de Tltalie. Un des types les mieux connus des archéologues est une femme debout, vêtue d’un pé|>los rabattu en double jusqu’à la taille sur une tunique ionienne. La chevelure est bouclée sui* le front et l’ctombe sur le cou; une main tient une colombe, l’autre relève le |)an de la draperie (3). On a 4 ii lUngtemps dans ces terres cuites des œuvres dues entièrement au génie [jhénicien; le commerce les avait transportées [jartout ; elles avalent été les modèles du premier archaïsme grec. Al. Heuzey examine cette doctrine et n’hésite pas à la rejeter; pour lui, la Phénicie a imité le premier archaïsme grec comme tous les autres styles ([u’elle avait sous les yeux; elle n’a pas fourni jjroprement des modèles à la Grèce. L’archaïsme grec s’est lormé de lui-même, principalement dans les villes hellénicpies d’Asie, sous l’influence des types de l’Assyrie, de la Lydie et de
(1) [Perrot, ibid., p. i'^I.J
(!2) N" Ü19. Cf. Renan, Mission de l*hénicie, pl. xxiv, lig. H; Heuzey, Catalogue, n°“ Voy. aussi n® pl. xii, lig. 1.
(;-i) [Perrot, ihid., p. 201. |
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l’Egypte, et SLirtoul [)ai’ le libre développement du génie national. Les anciennes théories à ce sujet se précisent et se rapprochent de la vérité à mesure que la science fait des progrès. Il semble être acquis aujourd’hui que, si les Grecs ont emprunté aux Asiatiques un certain nombre de procédés techniques, et aussi plusieurs des motifs de pure décoration qui ont été dominants jusque vers le vi® siècle, ils n’ont guère dû qu’à eux-mêmes ce qui est le propre de leur art. Dans la représentation de la figure humaine, dès qu’ils s’y exercent, ils n’imitent pas, ils inventent. On le voit par les pierres gravées des Cyelades, par les vases de style géométrique athénien sur lesquels l’homme est dessiné, par les plus anciennes statues; les défauts mêmes, si nombreux et si grossiers qu’ils soient, sont la marque d’un génie original. Il ne faut pas oid:)ller l’antiquité certaine d’un art national, dès les temps les plus reculés, dans les pays grecs. Dès le xv® siècle, l’esprit de la race s’y appliquait certainement et avec une grande liberté, comme nous l’apprennent les vases de Santorin; plus tard, à àlycènes, une grande partie de tous les objets que les fouilles ont fait découvrir sont les produits d’une industrie locale. Celte longue préparation a précédé l’art proprement dit, qui ne commence guère qu’au vu'" siècle. Supposer que la Phénicie a créé l’art grec archaïque est une hypothèse qu’on ne peut défendre par aucun argument. Tout paraît prouver qu’un art propre aux Phéniciens n’a jajnais existé; ce peuple n’a rien inventé, il a tout imité, et cela sous
toutes les dominations qu’il a subies, depuis les conquêtes de l’Égypte et de l’Assyrie jusqu’à celle des Macédoniens et des Ilomains. Il excellait à copier; nous n’avons pas un seul indice qui le montre créant une forme artistique qui lui soit personnelle (r). Ce serait dans cette série d’imitations plusieurs fois séculaires qu’il faudrait placer une chose merveilleuse, l’invention du type plastique qui, en si peu d’années, est devenu, chez les Grecs, la forme parfaite de l’art. Il suffit, croyons-nous, d’envisager le problème avec celte netteté, pour ([u’il soit impossible de donner aux Phéniciens ce rôle privilégié.
Qu’ on regarde ces statuettes trouvées en Phénicie : le nez est droit, le menton saillant et fort; la bouche placée très haut, le sourire exagéré.
(1) [Voy. la conclusion du livre de .M. Perrot, Illsl. de l'art, t. III, pp. SSII et suiv.]
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rappellent les Éginètes; les yeux se relèvent vers les tempes; on reconnaît le type grec, quelquefois Interprété par un Oriental, tandis que, sur nombre de spécimens d’imitation assyrienne, l’artiste i-ejjrésentc les yeux horizontaux on plutôt légèrement abaissés. Les essais poui- draper avec élégance les plis ne se voient plus dans la vallée du Tigre et de l’Euphrate, depuis les statues de Goudéa; l’Assyrie n’a rien tenté en ce genre. Les auteurs des statuettes y mettent, au contraire, tout leur soin. Le costume même n’est celui ni de Ninive, ni de l’Egypte, ni de la Phénicie; c’est le costume grec, le péplos, la tunique, l’iiémidiploïdion. Que te polos soit assyrien et clialdéen , que certains détails secondaires rappellent les œuvres orientales, que, dans les attitudes hiératicpies, surtout aux origines, nous devions faire une part à l’imitation des moflèles asiatiques, nous n’en disconvenons pas; mais, avant tout, ces types sont helléniques, et c’est ce qui importe.
Ainsi la Phénicie s’est étudiée à reproduire les premières œuvres de l’archaïsme grec comme elle avait copié auparavant les statues de l’Assyrie et de l’Egypte. Les plus anciens spécimens de cette imitation se sont rencontrés jus({u’ici dans la Phénicie du centre; on y a trouvé quelques statuettes qui, sans être encore nettemen t grecques, ne sont déjà plus ni assyriennes ni égyptienues (iP 235). Les exemplaires découverts au nord sont plus nombreux et mieux conservés : femme assise sur un trône à dossier earré, coil'fée du polos, quelquefois tenant nu oiseau; lemme dehoul, les bras collés au corps, un pied placé devant l’autre; la chevelure tombe sur les épaules en masses striées horizontalement, par-devant elle se divise en (piatre longues tresses; les jjieds poi’tent la chaussure recourbée, dite persique. Nous possédons plusieurs variétés de cette représentation, (pil est le prototype de l’Aphrodite grecque de style éginétique. Rien n’empèchait les Phéniciens de donner a ces imitations le nom de leurs divinités nationales. Ces statuettes appartiennent d’ordinaire au \f siècle (i).
q) A la lin de la série phénicienne et hors rang, n«“ ^io-iol, M. ilenzey place quelques figurines d origine inconnue : femmes nues, faisant le double geste des déesses nourrices et des divinités génératrices; travail barbare. Une de ces statuettes porte autour du cou des caractères grecs dont le sens nous échappe [Perrot, iôid., p. 557], détail qui se retrouve sur des teires cuites gauloises; cf. E. Lurtius, Arch. Zeitung, 1860, p. (LJ. Terres cuites du même genre à Chypre; rinlluence babylonienne ne paraît pas être contestable.
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T^es terre.s cuites phéniciennes doivent encore donner lieu à quelques remarques d’un caractère général. Après la mission de M. llenan, qui a si profondément remué le sol en tous sens, il est peu probable qu’on trouve beaucoup de ces statuettes à Tyr et à Sidon. Elles ne paraissent j)as avoir été d’un usage très fréquent; les Phéniciens préféraient la terre émaillée, qu’ils excellaient à fabriquer et qui était un objet plus fructueux d’exportation (i). Les figurines aux brillants reflets, les ivoires, les 1)1 'on/.es, la verrerie, étaient pour eux des objets de commerce bien [)lutbt que les simples terres cuites.
Dans le pays meme, les terres cuites avaient souvent un sens funéraire. On les plaçait dans les tombeaux; les unes étaient des divinités, les autres faisaient cortège au mort. Cette dernière signification, croyonsnous, est celle qu’ont les chars et les cavaliers dans les sépultures; ils rappelaient l’idée d’escorte. Ils se trouvent sculptés à Chypre sur un sarcophage (2); on les volt souvent, en Ktrurie, j)lacé.s à l’intérieur ou h l’extérieur des tombeaux. Dans l’explication des terres cuites funéraires, il faut tenir grand compte des rapprochements qu’il est permis de faire avec les scènes représentées sur les sarcophages; bien que ceux-ci soient souvent d’éjjoque beaucoup plus récente, ils conservent la dernière forme d’une idée très ancienne. Le musée de Berlin possède des figurines de d’anagre qu’il a été possible de grouper de manière à représenter le rapt de Pei’séphoné par ITadès, celui d’Hélène par Thésée (3); c’est là un genre de scènes que l’art gréco-romain a souvent reproduit sur le marbre des tombeaux et qui, à Tanagre et à Borne, avait le même sens. .Ainsi, dans bien des cas. crovons-nous, les tableaux j)eints à l’intérieur des grottes sépulcrales, sculptés sur les sarco|)hages grecs et gréco-romains, moulés ou scul[)tés sur les urnes étrusques, ont pour origine les idées mêmes qui, à une autre épo([ue et dans d’autres pays, faisaient choisir des terres cuites de tel ou tel groiq)e pour les placer autour du moi't ou sur sa séj)ullurc.
Ainsi que l’étude (pic M. Tleuzey a faite le j)remlcr, et si heureusemenl, du développimumt de l’art chaldécn, la théorie ipi il propose
(1) [Voy. Perrot, iOid., pp. (i7 i et suiv.]
("2) Gesnola, Cyprm, p. 2ot), pl. xiv; [Perrot, ihid., pp. 202, 200.]
(.0) [E. Gurtiiis, Zwei Giebelyriippcu ans Taïuujia, 1878. j
TERRES CUITES ORIENTALES
pour expliquer le style areliaïque grec en Phénicie est une des parties capitales de son livre. Elle contredit beaucoup des idées reçues jusqu’ici, mais il no manquera pas de la fortifier par de nouvelles preuves. La présence, sur des points nombreux et éloignés les uns des autres, de statuettes tout à fait semblables, quand la terre n’est pas la même, mais provient de gisements locaux qu’il est facile de reconnaître, paraît pouvoir s’expliquer jiar le commeree des moules. Il serait naturel que des marchands aussi actifs que les Phéniciens eussent transporté des moules qu’ils vendaient au potiers (i); ce négoce leur eût plus rapporté que la vente de simples terres cuites, et il rendrait compte de bien des similitudes. 11 serait important aussi, pour les memes types, de bien constater la différence des argiles. Prenons, par exemple, la statuette (pie M. de Longpérier ajjpelle le prototype phénicien de l’Aphrodite greccpie (2). Le musée d’Athènes en jjossède au moins deux exemplaires trouvés en Béotie; au musée de Naples, il en existe un autre qui vient de Ciimes (3). M. Ileuzey en publie un troisième, de Rhodes, où ils sont IVéquents. Poui’ ceux que j’ai vus, il m’a paru cpie la terre rougeâtre était la même. Il faudrait savoir exactement ce cpil en est par l’analyse de l’argile et par l’examen au microscope des cristaux qu’elle renferme.
Dans un pays comme la Phénicie, où l’art national ne suit pas un développement régulier, et en l’absence de découvertes qui aient donné des monuments à dates certaines, il est difficile de rapporter à des épocpies précises les terres cuites cpie nous avons énumérées. Les diverses hypothèses proposées, aussi bien pour ces figurines que pour les objets de bronze et de marbre, ne sont, en général, soutenues (|ue par des raisons très faibles. 11 est certain f|ue des objets dont le style est d’imitation peuvent avoir été fabriqués durant de très longues périodes. Voici, par exemple, le dieu Bès ; on a trouvé dans le palais de Sargon, (jul est de la tin du vuU siècle, une terre vitreuse qui le représente; mais il ligure sur des monnaies phéniciennes frappées au vP siècle (4). Les
(1) Siu’ le cüinincrce des moules, voy. Ileuzey, Catalogue, pp. 193, 194’, mais pour une époque relativement récente.
(i) Musée Napol/'un lll, pl. xxvi.
(3) Voy. ci-dessus, p. 23, en note.
[i] De Luyiies, Choix de médailles greegues, 1810, pl. xii, 3.
KT GUECO-ORIENTALKS.
loi
exemjjlaircs qu’on voit dans les colleclions de Sardaigne ne peuvent |)as remonter beaucoup plus haut, si on adopte, comme cela est vraisemblable, l’année 53o comme l’époque jirobable de rétablissement des Carthaginois dans cette île. IM. de Cesnola a publié un sarcophage sur lecpiel le dieu Bès est représenté ])lusieurs fois (i) et qui est d’une époque plus récente, peut-être de trois siècles. 11 n’y a pas d’argumeut incontestable à tirer du grand torse ra|)porté par M. Guillaume Key de Sarepta; rien ne prouve qu’il soit flu x" siècle (2). Aussi bien est-il diffieile d’attribuer avec certitude à la même époque, comme on l’a voulu, un des sarcophages de Sidon que nous devons à la mission de jM. Kenan (3). Les incertitudes ne sont même pas entièrement dissipées pour le sarcophage d’Kschinounazar, que IM. le duc de Luynes jdace vers 672 et iM. Schlottmann vers 387 (4). Quand on attribue au vi“ siècle les figurines (femmes assises) qui repi’oduisent le style des statues des Branchides, il reste à expliquer comment, au temps d’Apriès (bqq-jfiq), les Phéniciens modelaient des œuvres si différentes, et d’un art déjà si avancé, dont nous avons un spécimen dans un petit vase en forme de tète casquée qui est au T. ouvre (5). D’une façon générale, voici, je crois, ce (pi’il est j)Ossible d’admettre : les terres cuites de style pseudo-assyrien sont les plus anciennes; l’influence assyrienne ne peut pas avoir été considéralde avant la conquête d’Assour-nazir-habal, au ix® siècle. I^e IX® siècle est la date que l’on pro|)ose avec le plus de vraisemblance ])our plusieurs des |)olds à inscriptions phéniciennes troinés à Ninlve, et c’est aussi l’époque j)robable de beaucoup de coupes, de travail en partie phénicien, découvertes dans le jjalais nord-ouest de Ximroud. Ces coupes prouvent les relations des Ninivites et des Phéniciens; mais l’ornementation y est surtout égyptienne; l’imitation assyrienne, pour cette classe d’objets, se serait produite parlasulte. Les figurines pseudo-
(1) Cesnola, Cyprus, pi. xv.
['2) I.onypérici’, Masce ynpoléon Ul, pl. xviii. M. de Longpérier cite une sardoine portant le nom d’.Vbibal, père d’Hiram, et représentant un torse du même genre; cf. de Luynes, Xitinismnllque des satrapies, 184-9, pl. xiii, fig. I, p- <>9.
(3) Longpérier, ibid., pl. xvii.
(4) Longpérier, Musée Aapvléon ///, pl. xvi; ('orp. luser. séant., pl. iii, p. 9.
(5) Heuzey, Cataloyue, p. GO; (iazelte archêoloyniuc, 1880, p. 14o; Mem. de la Soc. des anttç. de P'rance, 1877, p. 80.
T. II
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égyptiennes que nous possédons sont ordinairement pins récentes (i); elles gardent la trace de l’art saïte. Ce style s’est prolongé très tard, puisque M. licnan en a retrouvé des exemples à côté de vases à figures ronges, d’nn lécytlie blanc et de terres cuites grecques de l’époque macédonienne (2). L’imitation de l’archaïsme grec doit commencer à la fin du viU siècle. En fixant ces dates approximatives pour le début de chaque période, nous sommes forcé d’admettre que des statuettes de même tvpe ont pu être et même ont été certainement fabriquées à des éjjoques très diftérentes (3).
CIIYlMtE
L’étude méthodique des antiquités chypriotes ne remonte pas à beaucoup plus de vingt ans, si l’on excepte les médailles sur lesquelles nous avions depuis longtemps de sérieux travaux. Les voyages de iM. Guillaume Ley, en 18G0, ceux de M. de N^ogüé, en 1862, nous ont procuré un grand nombre de monuments. Plus tard les fouilles de M. Lang ont surtout enrichi le British Mn.seum. Tout récemment nous avons dù aux explorations du général Palma de Gesnola une belle suite de découvertes. L’ouvrage où il décrit les objets qu’il a trouvés date de 1877 i/\).
Les progrès des études égyjjtologiques et de l’assyriologie ont beaucoup contribué, dans ces dernières années, à éclairer l’histoire de Chypre, en nous faisant connaître avec |)lus de |n*écislon les différentes éj)0(|ues où l’île a été occupée par les Asiatiques et par les h]gyptiens; mais le tait qui nous a le mieux aidés à comprendre les indications c|ue nous devions aux historiens classiques et aux monuments figurés, est le déchiflrement de l’alphabet chypriote, auquel George Smith a eu une
(Ij Cependant nous avons pu signaler, à Tyr et à Sidon, quelques rares exemples qui prouvent 1 existence, ou Phénicie, d un premier style pseudo-égyptien avant l’époque où a dominé le style pseudo-assyrien.
(!2) Renan, Mission de l^hénicie, pp. 47o, tSo et suivantes.
(d) [Sur cette persistance des types archaïques à une époque relativement récente, cf. Pottier et Reinach, Nécropole de Mijrina, pp. 154-155, 3St)-387, 461.]
(b Ciiprns, lins ancienî ciliés, lom/is and leniples, John Murray, London, 1S77. [Sur Chvpre. voy. la bibliographie citée au tome I, p. 199.]
ET ÜUEGÜ-OIIIENTALES.
si “niiule purl (i). Il est acquis aujourd’liui que la masse du |)euj)l(', à (diypce parlait le grec.
L’histoire de Chypre nous présente une race d’origine grecque, qui reçoit de bonne heure des colonies phéniciennes, peut-être dès le xv® sièele. L’île est soumise, en même temps que la Phénicie, par l’Égypte; Sargon la conquiert au vin" sièele; les princes saïtes l’occupent au milieu du m" siècle; elle est ensuite incorporée à l’empire perse et eomprise dans la province des peuples de Ja mer, dont elle lait partie, à peu près sans interrujition, jusqu’à la conquête d’Alexandre. De courtes révoltes, comme eelle de l’année 5o4 on l’hégémonie d’Évagoras(39i à 3y4), ut? sont C[ue des incidents de peu de durée. \ oilà donc un peuple de langue grecque, mêlé d’éléments étrangers, surtout de Ilamathites el de Hittites, c[ui a subi, jjendant plus fie cinq siècles, des maîtres asiatiques, et ces siècles sont ceux où la jiartie restée libre de la race grecque a plus |)articulièrement développé les qualités c[ui lui sont propres, (^nel f[ue tnt le nom du maître, qu’il lut roi de Ainive ou cpi’il régnât en lêgypte, cette domination était phénicienne, vî twv (l>QiviV.tov âp/fl, comme dit justement Isocratc (2); les Phéniciens seuls avaient des Hottes et pouvaient tirer parti des l'ichesses de l’île (3).
(^ue la race greccpie n’ait pas disparu au milieu de ces iinasions sans cesse répétées, c’est ce qu’attestent de nombreux témoignages depuis le temps où la légende mettait (ihypre en relation avec les héros de V Utade, depuis les aèdes auxfpiels on attribuait les K-j-pia/.à, jusqu’au ('chypriote Zénon cpii loncla l’école stoïcienne; c’est ce (|ue prouvent mieux encore les inscriptions nouvellement déchibrées. On pourrait tlire a priori f[ue le développement tie l’industi’ie et de l’art dans cette île, comme celui de toute la civilisation, a été à la lois grec et asiati({ue, (pi’ancun [lays grec n’a dù snbir da\antage l’iidlucncc de l’Orient. Oette iniluence, jointe an caractèi-e mêlé de la race, paraît être la raison |)Our laipielle le génie
(1) Bréal, Journal dos Snrauls, août et septeinl)re 1S77.
(i2) Isocrnte, Evofjoras, 138.
(3) Cette étude des caractères générau.x de riiistoire de Chyi)re est laite avec heaucoiip de soin par M. Heuzey, pp. 113 et suiv. Voy. aussi M. l’errot, llevue des lieux Mondes; L lie de etn/pre, son rôle dans l'Insioire (E'' décembre 1878; E'' février et 15 mai 1873), et le tome III de son J/isloire de l'art.
TERRES CUITES ORIENTALES
Iielléniqtie n’a jamais été complètement maître de lui chez les Chypriotes.
T. es terres euites de Chypre doivent représenter les différents états de civilisation par lesquels l’île a passé. M. Heuzey l’a montré avec précision. Forcé d’entreprendre de très longues reeherches pour distinguer les origines de ehaeun de ces petits monuments et faire, sur ee sujet, un travail d’ensemble qui n’avait jamais été entrepris, il a adopté une classifieation dans laquelle rentrent tous les objets qu’il déerit : C anciennes fabriques de l’intérieur; 9.” ancienne fabrique locale de Kittion; 3“ fabrique grecque de Kittion: 4" fabrique de basse époque gréco-ehypriote . Prolitant des faits précis que 31. Heuzey a établis, nous croyons pouvoir proposer les séries suivantes pour les plus anciens exem|)laires :
terres cuites jîrimitives de travail très imparfait. Influence oi'ientale; 2." influence pseudo-assyrienne; nous entendons par là l’action cjue l’Assyrie a exercée non directement, mais par l’intermédiaire de la Phénicie; 3“ influence pseudo-égyptienne; 4” archaïsme grec. Les figurines plus récentes, qui sont souvent très remarquables, appartiennent au style hiératique, au grand style de la fin du iv*^ siècle et du début du iii" siècle, et à la décadence grecque.
Au point où nous sommes arrivés dans l’étude de la céramoplastique, c’est surtout aux quatre j)remièrcs séries que nous devons nous arrêter. Bien que les figurines de la première classe se soient rencontrées principalement à Dali et à Alambra, celles de la deuxième et de la troisième à Kittion et les dernières également à Kittion, ces tvpes se trouveront dans toute l’île; les fouilles de M. de Cesnola suffisent à le faire jîrévoir. On sait que les types qui caractérisent les différentes séries de la céramique peinte de Chypre ont été découverts aussi à peu près sur tous les points de l’île. 11 y aura évidemment toujours des détails qui permettront de distinguer un certain nombre de fabriques locales. Nous ne parlons ici cpie des caractères généraux.
i" Sf///e primitif. — Les centres principaux de découvertes sont jusqu ici Dali, dans l’intérieur de l’île (Idalion), Alambra près de Dali, Athléno, Amathontc, Gourion, Paphos, les environs d’Aipeia (l’ancienne position de Soli), Salamis, la pointe du Garpas, les salines près de Kittion. La terre est, en général, grossière, mêlée de graviers; elle a subi une forte cuisson; a Alambra, elle est rouge foncé et lustrée; à
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Kltlion, rose et assez semblable, bien que moins pure, à l’argile line employée, clans ee eentre de fabrication, [)Our les œuvres soignées; dans la plupart des autres villes, grise ou jaunâtre.
Les plus nombreuses de ces ligurines ont été trouvées dans des tombeaux et ont un caractère funéraire incontestable; rjuelcjues-unes proviennent des ruines des temples; celles de Ivittion, d’un vaste dépôt où l’on jjaraît avoir versé les offrandes cpi’on enlevait d’un sanctuaire cpiand il était trop rempli.
La technique est très simple; les plus grossières de ces statuettes sont modelées à la main en forme de de la galette, on j)asse au cône
allonge, au 'oy.vov, d ab(^rd plein, puis évidé, /.lovosiffè; ayxlay. ; certaines parties sont estampées, pare.xemple le visage; rusage de l’ébauchoir est très sommaire; ([uehjues statuettes sont modelées en forme de vases et portent une anse. Sur un grand nombre d’exemplaires, de larges bandes bistrées ornent le corps et le costume ; des traits de même couleur, mais plus fins, précisent le détail des figurines. On trouve des statuettes pleines, à revers plat, fabricpiées dans un moule, et aussi des morceaux d’assez grande proportion sans re\ers plat, ipii ne s’explicpient cjuc par le procédé du moulage en creux.
I.,es sujets principaux sont les suivants : i" Femmes : macpiette plate, figure primitive de femme nue, en général, tenant un enfant ; oreilles démesurées, nez de même, yeux ronds, jambes allongées (i); la macpiette s’arrondit et arrive à Ibrmer un cylindre. Fxenqjle de double cylindre : femme nue relevant les deux mains sur les seins (a). h]xemplaircs ornés, d’un art déjà plus avancé (3) : feinine portant un diadème, des fleurons et un collier; les deux mains ouvertes sortent brusc[uenient de la colonne (n“^ i6-2o du Catalofuie de 31. Heuzey); liydrophore, soutenant un enfant; femme élevant les mains, tenant des instruments de musiipie. 2" Hommes, en forme de çoavov ou de cône, beaucoup plus rares que les femmes ; personnage coiffé «^lu bonnet cliy[)riote, serrant dans ses bras un oiseau; buste de guerrier; cavalier; cavalier conduisant deux chevaux (n“* 47-49) cf paraissant nicnei' un cheval à deux tètes; jiaysan assis
(1) Heuzey, Figu7'ines du Louvi'e, pl. iv, fig. 5 et (i.
("2) Cesnola, Ci/prus, pl. vi.
(3) Fujurinas du Louvre, pl. ix, fig. 5; exemplaire remarquable, lig. 4.
TERIiES CUITES ORIENTALES
sur un cheval (i); guerriers casqués tenant une lance, un bouelier; beaueoup appartenaient à des groupes qui représentaient un char; chars montés par deux guerriers; eliars de transports. 3“ Sujets divers : sirènes ou harpies dans une maison qui paraît être un tombeau; centaures; oiseaux; tètes d’animaux, souvent sur des cônes; masques, oseilla (2), etc.
Le sens général de ces petites ligures est facile à reconnaître; les cavaliers, les guerriers, les chai's, sont des images de la vie réelle que l’on mettait dans les tombeaux. AI. de Gesnola a vu dans une sépulture une suite de ces terres cuites encore en place, un cortège d’hommes, de femmes, accompagné d’ànes, de mulets, une véritable théorie (3). Cet usage s’explique par l’idée même qui a fait que les anciens ont souvent décoré les chambres funéraires des images de la vie; c’est toujours, à Chypre, comme chez tant d’autres peuples, l’ombre du mort entourée des figures du monde qu’il a quitté. AI. Heuzey rappelle heureusement iei la tradition grecque ([ui voulait que Rinyras, sollicité de s’associer à Agamemnon, lui ait envoyé des soldats et une flotte de terre cuite, y/;îvou; avf^pa;, ocrpaMvov ctoLùv, comme si la légende se fut inspirée des mille figurines que fabriquait l’île de Chypre (4). Un beau sarcophage d’Ainathonle représente, sur les deux grands côtés, une théorie, des chars, des eavallers, des hommes ai-més (5); sur les deux bas-côtés, on voit une déesse nue (pii se jiressc les seins, (piatre fois i-épétée, et quatre fois aussi le dieu Bès. Ainsi la sculpture extérieure d’un tombeau explique une lois de plus les figurines {|ue l’on disposait à l’intérieur. Il est impossible de ne [las reconnaître la déesse cpie nous avons vue à Babylone dans toutes les statuettes (fiiypriotes (pii la rap[)ellent si exactement, depuis les œuvres les plus enfantines, jus(pi’à des i-eprésentations déjà surehargées d’ornements et d’un art assez avancé. Une autre preuve de riniluence oiâentale se constate dans ces statuettes cpii se rapprochent
(1) Voy. à ce sujet, Georges Colonna (^jeccaldi, Monuments nntiques (te Chypre, ouvrage publié par le frère de l’auleur, p. 130. i'2) N"* 5!2-50; !21-:27; 8“2-83 du Catalogue.
(3) Heuzey, Catalogue, p. 143.
(4) R. 1 16; cl'. Iliade A7, 20, et le coimneutaire d'Eustatlie; Pline, llist. 7uU., VH, lvii, 4. (,3) Gesnola, Cyprus, pl. xiv.
beaucoup de la Diane d’Kphèse. On a remarqué aussi les figures sur les cônes ou en forme à'osnlla, qui doivent être comparées aux exemplaires trouvés dans la Mésopotamie. Les rapports avec l’Orient soni évidents; d’autre j)art, les harpies, les centaui-es, nous ramènent aux traditions grecques; les petites figures à peine ébauchées qui lèvent au ciel des bras semblables à deux cornes se retrouvent à Mycènes et à lalysos; les divinités en forme de colonne, les galettes mal découpées qui représentent des dieux, l’usage d’estamper la figure sur des terres cuites dont le corps n’est pas dégrossi, se voient non seulement à Chypre, mais dans tous les pays grecs.
Que l’on étudie les terres cuites ou les vases de Chypre très anciens, on y trouve à chaque instant des formes et des motifs (jui rappellent ou l’Asie ou les premières industries de la Grèce, meme celles d’Ialysos, de Mycènes et de Santorin. .te ne sais si l’on citerait un seul objet chypriote dont on puisse dire qu’aucun analogue ne s’est rencontré hors de l’île de Chypre. Cetleîle a subi l’influence de toutes les anciennes civilisations qui se sont développées dans l’orient de la Méditerranée. Elle n’exj)li(pie pas ces industi'ies et ces arts, comme on l’a cru ; au contraire, l’archéologie chypriote s’explifjue par toutes ces influences. Ihtrmi les rapprochements auxquels donne lieu la céramique chypriote, le plus intéressant et celui dont il est le moins facile de rendre compte est la similitude de vases en forme d’animanx trouvés à la fois à Dali et à Hissarlik, comme s’il y avait eu une anticpie j)arenté entre des pcujdes séparés [)ar de si vastes espaces. Ce qui ajoute à l’inq^ortance de ce fait, c’est (|ue la forme pi’cmière de cesdypes a été connue des Etrustpies, qui l’ont ensuite très heureusement développée, sans (pie nous puissions faire autre chose pour le moment que de constater ces l’cssemblances.
Si exagérés (jiic soient les types des personnages modelés en terre cuite, c’est surtout la figure grecque qu’on y reconnaît plutôt encore que les traits orientaux. Le nez long et droit, la tète |)ctite, le menton fort, sont des caractères (pii distinguent les Hellènes; il est difficile de ne pas les retroiner sur les images grossièi-es de ces cavaliers (ju’il faut rapjirocher des figures jieintes sur des vases de Mycènes et sur des vases athéniens de style géométrique. Les divinités, (pii sont surtout des femmes, n’offrent pas avec la même netteté les caractères de la race. T.,a
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part de rimitatioii étrangère y est, croyons-nous, beaucoup plus grande; elles gardent davantage les traits des modèles que les potiers avaient sous les yeux. 11 est aussi probable que des croyances hiératiques limitaient la liberté des ouvriers et des artistes.
Beaucoup de ces figurines (i), et des plus grossières, ont été trouvées, en particulier à Alambra, avec des vases de style aussi primitif, qui ne sont guère ornés que de traits à la pointe. Un cavalier provient d’un tombeau de Castroulla, près de la pointe du Carpas (2). Tout le mobilier de cette sépulture est au Louvre ; ce sont des poteries décorées de traits et de peintures au calame, qui représentent des dessins d’enfant et sont une œuvre de début plutôt qu’une imitation. Nous pouvons admettre cpie les vases du style géométrique de Chypre et les plus anciennes terres cuites sont du même temps. iM. Heu/.ey, cpii a étudié d’une manièi'e spéciale l’armement des Asiatiques, et, en particulier, les casques assyriens (3), remarque ’que le casque, qui n’est qu’un timbre conique, se voit, au ix*" siècle, tà Ninive et est assez rare à Chypre, tandis qu’on y l'encontre plus souvent les casques munis de pièces fixes qui couvrent les oreilles. Cette dernière forme nous reporte au viU et an vU siècle (4). Ces dates sont anciennes; mais il ne faut pas oublier que des fragments du style le plus grossier se sont rencontrés dans le dépôt de Rittion près de morceaux d’un art avancé. iM. Heuzey a fait, à cet égard, une enquête complète (5). En outre, certains usages se sont conservés à Cliypre plus longtemps que dans le reste de la Grèce. A répofjue de leur première révolte contre les Perses, les Chypriotes se servaient encore de chars pour la guerre (6). Tl faut tenir compte de ces faits, pour ne pas toujours attribuer une trop hante antiquité à ces terres cultes, quand les preuves jiositivcs font défaut.
fl) Nous savons par des moules trouvés à Chypre que la fabrication était locale; ce qu’il était du reste facile de sup})Oser.
(^2) Heuzey, Càlalofjue, p. 153.
(3) Gazette archéolocj.^ 1880, p. 143, pl. xxviii.
(4) Ihid., pp. 151-152; le cavalier qui conduit un second cheval de rechange se voit sur les bas-reliefs assyriens du ix® siècle.
(3) Surtout au sujet de la collection de M. de Maricourt, un des premiers qui ait exploré ce dépôt.
(0) Hérodote, V, cxiii.
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2" S/tj/e p.sTNflo-assi/ru’/i. — Nous avons tléjà vu riiifhience de l’Assyrie dans le eostunie eL dans l’armenienl. Une petite statuette, n® 28, représente un dieu assyrien dans une chapelle; il porte la tiare ortiée de cornes. La seule présence d’une série pseudo-assyrienne dans la céramoplastique phénicienne suttirait à nous avertir qu’il y a lien d’ouvrir ici une classe spéciale pour des objets de niêine style, d’origine chypriote.
Les grandes statues on l’imitation assyrienne est évidente sont nombreuses à Chypre; elles ont un air de parenté facile à reconnaître avec toute une série de terres cuites phéniciennes; de plus, on commence à trouver en Phénicie des tètes de statues semblables à celles qui ont été découvertes à Chypre depuis vingt ans. Le nez arqué, les yeux longs et droits, la bouche qui, contrairement aux habitudes orientales, s’essaye à sourire; une haute coiffure qui rappelle la tiare, mais qui est [)lutot un bonnet élevé dont la pointe retombe en arrière; une tunique longue, sur laquelle un petit manteau est jeté obliquement; la chevelure cpii s’aplatit derrière la nuque et n’est pas toujours ornée de boucles sur le front; la barbe disposée en masse simple ou divisée en éventail : la lèvre supérieure nue : tels sont quelques-uns des caractères de cet art qui, à première vue, rappelle Ninive. Si on l’examine de plus près, on voit qu’il subit déjà l’influence du goût plus simple et plus élégant de l’Egypte, et qu’il faut y faire aussi une part assez grande à des idées personnelles et indépendantes qu’il est naturel d’attribuer aux Chypriotes.
3“ St)//e pseudo-égyptien. — Les grandes statues de style égyptien sont fréquentes à Chypre. Le psehent, l’uræus, la demi-nudité de la poitrine chargée de colliers, les ceintures, le menton rasé, le nez droit, les veux très longs, les caractérisent. Toutefois le jjschent n’a pas toujours la forme consacrée par la religion égyptienne; il est rapetissé et même renqjlacé par le bonnet conique; les lèvres sont relevées par un sourire qui est tout à fait grec; la ligure a parfois une expression que nous ne voyons nulle j)art en Ivgypte. Ici encore l’imitation n’est pas complète; les motlèles sont des œuvres du temps des Saïtes, mais reproduits a\ec une certaine liberté.
Les terres cuites de cette classe sont plus nombreuses (pie celles de la série précédente. Elles |)roviennent surtout de Kittion et reproduisent
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en "énéral des types que nous connaissons déjà pae la Phénicie, mais qui, ici, sont moulés en terre chypriote. Nous citerons surtout la Icmme coiffée à l’ég\ j)tienne (i), assise la main appuyée sur le ventre, en signe de grossesse; une série de l'eprésentations du dieu Bès; un fi\agment de coi'ps vêtu d’une sorte de schenti. iVl. Heu/ey ratlache à cette classe un groupe (pii représente trois femmes, dont l’une tient un poupon, fia même scène traitée en pierre calcaire est pins précise et permet de reconnaître un accouchement, n“ io5.
Ÿ Archdisme grec. — Le Louvre possède plusieurs têtes en pierre calcaii'c qui montrent l’archaïsme grec à Chy|>rc. T^c menton osseux et fort, la bouche très rapprochée du nez, retroussée par le sourire forcé (pi’on apjiellc éginéticpic, et les yeux relevés aussi vers les tempes avec une oliliquité exagérée, dernier caractère que nous avons déjà plusieurs fois dénoncé comme atti'ihué faussement à la tradition orientale, font l’intérêt de ces exemples encore rares. Cette série est représentée dans la céramicjue de (ihvpre comme dans celle de la Phénicie. La planche xiv en reproduit un beau s|)écimen, une tèt(‘ de femme trouvée à Rittion. l^es types |)rincipau\ sont des déesses mères on nourrices debout, une déesse courotro|)he assise, Ajihrodite vêtue du péplos, relevant sa robe d’une main et de l’autre tenant un fruit. Il est probable que l’on trouvera à Chypre la pUqiart des autres sujets qui sont fréquents en Phénicie et à Hhodes.
Nous ariâvons maintenant au beau slvic grec; les excmjilaires en sont très nombreux et jiresque tous proviennent de Rittion. « Le style chyjiriote, dit M. Henzey, n’est en somme, comme l’ancien style étrusque, qu’ une branche de l’archaïsme grec (2). » C’^es œuvres, cpii sont évidemment greccpies, gardent toujours un air particulier, facile à reconnaître, comme la marcpie d’un sang mêlé d’éléments orientaux; elles sont d’une grande valeur au point de vue de l’art et de la religion. M. Ileuzey les étudie à ces deux points de Mie, en les rapprochant des tyjies de même genre trouvés dans le reste de la Grèce. Bien (pie nous ne puissions pas nous arrêter en détail à cette série, nous devons cependant citer un fait
(1) Figurines du Louvre, pl. vi, li^^ 5 et »i. ("i) Catalogue, p. 133.
Itil
très iiiléressaiit (|iie signale M. lienzey ; la présence à Chypi’e (rnn groupe dont nn second exemplaire a été trouvé aiitreTois en (irèce par Stackelberg, comme si des moules pris du meme relie!' avaienl servi à la fois en Grèce et à Ivittion (ij.