‹ Les céramiques de la Grèce propre (volume 2)Chapitre 30 sur 48 · MIROIR TROUVÉ DANS L’ILE DE CRÈTE · texte numérisé non relu

MIROIR TROUVÉ DANS L’ILE DE CRÈTE

(Extrait de laGazette archéologique, 1876, pp. 107-U0, pl. 27.)

En 1867, j’ai mis sous Icsycux de l’Académie des inscriptions cl belleslettres un miroir trouvé à Corinthe, qui portait, gravées au trait, deux l'emmes voilées. Ce monument fut alors commenté par ÎM. de Witte, qui

en montra toute l’importance (i). Nous possédions, depuis longtemps,

un grand nombre de miroirs étrusques ornés de dessins. Gerhartl avait supposé, avec beaucoup de vraisemblance, que ce mode de décoration avait été emprunté par les Étrusques à la civilisation hellénique; mais Gerhard avait en vain demandé aux voyageurs et aux archéologues un

(1) Comptes rendus de l'Académie des inscript, et belles-lettres, 1867, p. 332; cl’. Revue arc/i., janv. 1868, pp. 89 suiv., et pl. i.

MIROIRS GRECS

miroir trouvé en Grèce, qui {Drouvàt que la décoration au trait sur bronze, pour ces objets de toilette, eût été connue de la civilisation hellénique. Le miroir des femmes voilées répondait à la demande de Gerhard.

La publication faite à cette époque de ce monument par M. de Witte provoqua une lettre de M. Bruyas qui signalait un miroir du Musée de Lyon, resté jusqu’alors inconnu des archéologues, bien qu’il eût été reproduit dans le Catalogue Comarmond (i). Le miroir de Lyon avait été acheté à Corinthe en i844- H représente le Génie des combats de coqs (2).

En 1872, j’ai eu le plaisir de faire dessiner, à Corinthe, le beau miroir de Korinthos et de Levkas qui a été reproduit dans les Monuments publiés par l’Association pour l’encouragement des études grecques en France (1873) (3).

Vers la même époque, le British Muséum acquit trois miroirs, dont je dois la description à M. Newton. Le premier porte une rosace gravée au trait; le second, une bacchante; le troisième, une étoile. Tous les trois sont ornés de reliefs, comme l’est, du reste, également, le miroir de Korinthos et de Levkas (4).

Comme on le voit, il est aujourd’hui démontré que les Grecs ont connu les miroirs gravés au trait. Les preuves découvertes après la mort de Gerhard, qui les avait si vivement cherchées, confirment les conjectures de ce savant.

Le septième miroir (fig. i3), qui fait l’objet de cette courte notice, n’a pas été découvert à Corinthe, mais, d’après les renseignements qu’on me donne et que j’ai lieu de croire certains, dans l’îlc de Crète. Il est en forme de boîte. Le couvercle porte un sujet en relief : une femme assise près de laquelle est un génie ailé, debout, regardant à droite (5). La reproduction, d’après une photographie, altère un peu la beauté de

(1) Sous le n“ 31 "2. Le sujet gravé sur le miroir est tellement réduit dans la vignette que c’est à peine si l’on y reconnaît quelque chose. Quant au style, il est impossible d’en juger.

(2) J. de Witte, le Génie des combats de coqs, dans la lievue arch., 1868, pp. 372 et suiv., pl. XIII. Cf. Comptes rendus de V Académie des inscript, et belles-lettres, 1868, p. 190.

(3) [Cet article est reproduit ci-dessus, pp. 167 et suiv.]. Pour l’historique de la découverte des miroirs grecs gravés, voyez surtout le travail de M. de Witte, les Miroirs chez les anciens, Bruxelles, 1872, et les Monuments grecs, 1873, p. 26 [ci-dessus, p. 167j.

(i) Monuments grecs, 1873, p. 29 [ci-dessus, p. 173, note 4].

(0) [Aphrodite et Éros. Note de la rédaction.]

ORNES DE FIGURES AU TRAIT

rorighial; toutefois le style n’indique pas une époque antérieure à la fin du iv' siècle avant notre ère, ou au commencement du iiU siècle.

Le second disque conserve, à l’intérieur, un sujet au trait (fig. i/j). Un génie ailé, marchant à gauche, porte de la main gauche, qui est repliée sur la poitrine, une amphore; de la main droite, qui est étendue^ un situliis d’une forme élégante dont on trouve encore des spécimens dans

Fifi. 1.9.

les nécropoles helléniques. Ce génie paraît être complètement nu ; une chaîne de petits anneaux j)asse sur l’épaule droite et décore la poitrine. T>ies cheveux, rejetés derrière la tête, sont travaillés avec une grande finesse. Le sol est figuré par des lignes ondulées, semblables à celles qu’on remarque sur les miroirs des femmes voilées et de Korinthos. Le style général de la gravure est empreint d’une certaine raideur qui ne se retrouve pas sur les miroirs purement grecs que j’ai pu étudiera loisir.

Je ne connais pas de miroir étruscpie qui permette d’expliquer avec certitude celui que je signale. D’après les analogies, que tous les archéologues se rappelleront, on reconnaîtra peut-être ici un génie de la toi-

MIROIRS GRECS

Iclle OU du bain jDortaut des aüributs caractéristiques, comme les femmes ailées et tes génies de l’Ktrurie tiennent l’alabastron et l’épingle, symbole du rôle qu’ils remplissent près des déesses et des mortelles qu’ils accompagnent. Le miroir ccxliii de Gerhard nous montre une femme qui tient un sifii/us et qui a près d’elle un grand vase. Ce sujet, bien que d’un travail très médiocre, doit être rapproché de celui que nous décrivons. Voyez encore pl. ccxvi (génie ailé de la toilette), pl. clxxxi, xli, xl, et plusieurs figures des j)lanches xxxi à xxxvi.

Quel que soit le sens du sujet représenté, le monument est précieux. Non seulement il vient enrichir une série encore très peu nombreuse et qui n’existait pas, il y a quelques années, celle des miroirs grecs gravés au trait, mais il nous faut reconnaître pour ces miroirs, par ce nouvel exemple, un style remarquable, très différent de celui qui avait été reconnu à Corinthe (i).

(I) [On a exposé en vente, le I ! avril 1876, un miroir de travail grec sur lequel on distingue encore les vestiges d’une tête de femme de profil, gravée au trait, et qui se détachait originairement sur le fond par un placage d’argent. Voy. la description de ce miroir, sous le n® 77, dans le catalogue de vente rédigé par M. Fr. Lenormant. — Note de la rédaction.]

ORNES DE FIGURES AU TRAIT

Je me borne à ces quelques remarques, me réservant d’cLuclicr par la suite en détail, et avec les commentaires auxfjucls il doit donner lieu, le miroir que j’ai seulement voulu, pour le moment, signaler aux archéologues (i).

(Extrait du Bulletin de Correspondance hellénir/tie , I (1877), pp. t08-H").) vtxà xaTOTTTpa, àpyatfAoytîf/i rharpiS')) Tr,v (pi'XoVjyi/.-riv rr^o'kri'^ to’j

’EÔvi/.ou IIy,v£77tcrTrji;,io'j èttI tou ;7.y.6r,[xaTo; xr,; àpyscifAoyia; uto K. A. Mulcovà,

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Ce mémoire a le mérite d’ètre le travail le plus complet que nous possédions sur les miroirs grecs. Les miroirs étrusques sont connus depuis longtemps; ceux qui ont été faits dans les pays grecs ne commencent à être étudiés que depuis quelques années. La dissertation se compose d’une préface, qui traite du sujet en général, et de cinq chapitres : 1. M iroirs ornés de dessins au trait. — IL Manches et pieds de miroirs. — 111. Couvercles à reliefs. — IV. Aliroirs qui portent des inscriptions grecques. — V. Miroirs sans figures.

M. Mylonas fait (page lo) un bon historique des découvertes successives de miroirs grecs décorés au trait. Ces miroirs sont assez connus des archéologues pour que nous puissions nous borner à en donner le catalogue sommaire. Pour plus de détails, outre le mémoire de M. Mylonas, voyez de Witte, Les Mmjirs chez les anciens, Bruxelles, 1872, pp. 22 et sulv.; Monuments (jrecs puh/iés par T Association pmir L encouragement des études greajues en France, 1878, Miroirs grecs ornés de figures au trait, p. 26 [ci-dessus, pp. 167 et suiv.], et les remarques de h riedericlîs, lierlins antike Bildicerke, tome 11, pp. 18 et suivantes.

(1) [Le curieux miroir signalé à l’attenlion des archéologues par M. Dumont est entré au British .Muséum, et c’est grâce à l’obligeance de M. Ch. Newton, conservateur des monuments antiques de ce Musée, que nous pouvons en offrir un dessin fidele à nos lecteurs. [Note de la 7'édaction.] [Cf. Arch. Zeilung, 187C, p. 10. On croit la provenance de Crète douteuse et l’on suppose que le miroir vient de Corinthe. — E. P. J

T. II

1. Deux femmes dansant, Corinthe; [aujourd’hui au Louvre]. — 2. Génie des combats de coqs, Corinthe; aujourd’hui à Lyon. — 3. KôpivOo; et Aeu/.xç, Corinthe; [aujourd’hui au Louvre]. — 4. Athéna tenant un bouclier et une lance, Corinthe. — 5. Victoire, Athènes. — 6. Rosace, Corinthe; aujourd’hui au British Muséum. — 7. Ménade dansant, Corinthe; même musée. — 8. Étoile, Corinthe; même musée. — 9. Génie ailé tenant des attributs de toilette, Crète (?); même musée. — 10. Eros tenant une lyre et une fleur; aujourd’hui à Londres. — Il faut ajouter à cette liste un miroir, exposé en vente à Paris, le il avril 1876, et sur lequel on distingue une tête de profil, gravée an trait et se détachant sur le fond par un placage d’argent (1). Il semble aussi que l’on puisse considérer comme l’œuvre d’un ouvrier grec le miroir de l’ancienne collection Muret que M. Mylonas décrit sous le n° 33. C’est un travail médiocre et qui n’appartient pas à la bonne époque de l’art; mais il porte le nom d’un graveur ’AT:oXkS.ç. L’authenticité du dessin et celle de la signature ne sont pas douteuses, comme l’a fait remarquer M. de Witte (2). Ce miroir représente Thésée et le Minotaure.

Le n° 5, comme l’indique du reste M. Mylonas, donne un exemple gree de gravure sur bronze, mais n’est pas un miroir. La placpie gravée supporte une sorte de meuble qu’on a trouvé plusieurs fois dans les tombeaux de l’Attique. Ce génie ailé féminin, vêtu d’une longue robe et portant divers objets de toilette, est intéressant; il doit être rapproehé du n“ 9 et des représentations du même genre qui se rencontrent frécjuemment en Étrurie. Il est important de noter toutes les ressemblances, sinon de style, tout au moins de sujet, c{ue présentent les miroirs étruscpies et les miroirs grecs. Le n“ g, décrit en 1876 dans les Comptes rendus de l’Académie des inscriptions, a depuis été gravé dans la Gazette archéologique de MM. de Witte et Lenormant, 1876, pl. 27 [cidessus, p. rgS]. Le iL 10 appartient à cette époque où le style ancien de 1 art grec se rapproche beaucoup du style ancien de l’Étrurie, sans cjue la distinction de provenance soit toujours facile à marquer. Il n’est pas évident que Gerhard en regardant le n“ 10 comme étrusque se soit trompé, ainsi que le dit Fricderichs, our. cité, p. 20 (3).

Le chapitre ii décrit neuf pieds de miroirs cpii représentent en général une femme. Quatre de ces pieds sont reproduits par des gravures qui

(1) Académie des inscriptions, Comptes rendus, 1876, p. 14-4, remarque de M. de Witte.

(2) Arch. Anzeirj., 1867, p. 96 ; [Arc/c Zeit., 1862, p. 302, pl. 146, n“ 2.]

(3) [On trouvera plus loin, dans la notice de la pl. xxxi, des additions à la liste des miroirs gravés.]

ORNES DE FIGURES AU TRAIT

permetLcnt d’en reconnaître le style. Ces œuvres ont une réelle valeur pour l’histoire de l’art. Les exemplaires que l’auteur a fait dessiner ont le mérite de représenter trois époques différentes de la plastique. Dans un récent article (i), publié dans la revue 6 llacvacrGo;, 1877, p. Sq, M. Mylonas fait remarquer qu’il faut ajouter à cette liste un pied de miroir, trouvé à Sunium, qu’a donné récemment la Gazette archéologique de MM. de Wltte et Lenormant, IP année, p. i4o. J’ai vu en 1876 le dessin d’un pied du même ^enre qui venait d’être découvert en Attlque. Il s’en faut toutefois que les monuments de cette classe soient seulement au nombre de onze (2).

Les miroirs grecs ornés de reliefs, eh. ni, forment une série assez riche (3).

20. Femme sur un cheval. Varvakeion. Étudié et reproduit par la gravure dans l’article de M. Mylonas cité plus haut (4). — 21. Athéna assise sur un rocher; la main droite porte l’égide, la main gauche est appuyée sur un bouclier et tient une lance. Cf. Gerhard, Etriisk. Spiegel, III, pl. 241. Varvakeion. — 22. Aphrodite assise sur un rocher; devant elle, Fros; derrière elle, oiseau qui paraît être un cygne. Miroir trouvé à Kiapharapi en Attique. Varvakeion. — 23. Miroir très endommagé. Aphrodite et Fros. Trouvé à Tanagre. Varvakeion. — 24. Pan barbu, dansant, cherche à saisir une Ménade qui tient un tympanum. Trouvé à Mégare. Collection particulière à Athènes. — 25. Tête de Dionysos de face. Trouvé à Sami dansfile de Céphalonie, publié

par Stackelberg, Graeher der flellenen, pl. vu. — 26. Miroir conservé au musée de rUniversité de Breslau. L’auteur n’en donne pas la description et renvoie à Forster, Die Hochzeit des Zens und der liera, Breslau, 1867. — 27. Silène ivre, Ménade et Fros. Trouvé à Corinthe, publié par M. de AVitte, Gazette des Beaux-Arts, t. XXI, p. 121. Ce beau miroir offre une particularité intéressante. La manière dont le Silène porte la Ménade est celle qu’on a remarquée surmn grand nombre de terres cuites qui représentent une femme en portant une autre, groupes que M. Ileuzey a récemment étudiés (5). La femme qui est portée appuie un genou sur la hanche de l’autre. J’ai vu récemment à Athènes une terre cuite de l’art le plus fin (provenant de Tanagre?) qui reproduit le mouvement même que l’artiste a figuré sur ce miroir. Un jeune faune tient

(1) KaTOTîTpov àvÉxôOTOv è'xTUTtov tp£pov èirl to'j Ttoqj-x-o; TiapaaiaTiv. Ce luiroir Cst le n® 20 (lu présent mémoire.

(2) [Sur ce genre de bronzes, voy. la notice des pl. xxxii et suiv.l

(3) [Pour les compléments à celte liste, voy. la notice de la pl. xxxi.]

(1) Hapvxcaôî, 1877, p. 39.

(o) [Gazette des Beaux-Arts, septembre 1875 ; Figurines antiques du Musée du Louvre; p. 20,

pl. XXXIII.]

JJ moi US Giii-:cs

de la sorte sur la hanche et sur l’épaule une jeune femme (1). — 27'’. Tête de femme de profd, probablement Aphrodite. Trouvé à Corinthe; aujourd’hui au musée de Berlin. — 28. Pan et Ménade; la Ménade tient un pÔTTrpov, sorte de tambourin. Trouvé à Corinthe; aujourd’hui au musée de Berlin. — 29. Dionysos jeune, s’appuyant sur Eros, marchant à droite. Devant eux, femme jouant de la lyre. Travail ordinaire. Gerhard, Etrush. Spiegel, p. 87, pl. xxi, 3, considère ce miroir comme étrusque ; plusieurs détails rappellent certainement l’art italo-grec (2). — 30. Deux Ménades : provenance inconnue ; aujourd’hui au musée de Berlin. — 31 . Ulysse enlevant le Palladium ; musée de Berlin. — 32. Hermès et Aphrodite. Hermès nu, tenant le caducée et assis sur un rocher, regarde Aphrodite qui est assise en face, également sur un rocher et qui tient de la main gauche un mii’oir. Entre eux deux, Eros les ailes déployées et portant une bandelette. Trouvé récemment en Grèce. — 33. Aphrodite assise sur un siège très simple serre sur son sein le jeune Eros et le couvre de caresses. Miroir d’un très beau travail, trouvé dans la Bussie méridionale; Stephani, Comptes rendus, 186o, p. 161, pl. v, n" 1 (3). — 34. Tète d’Aphrodite. Trouvé à Mégare; aujourd’hui à l’Ermitage; Stephani, /. /.

Dans le chapitre i, l’auteur cite d’autres reliefs qui décorent le couvercle de miroirs dont la partie intérieure est ornée au trait. — 1. Le couvercle du miroir de KôpivOo; et de Ae'j/.aç, femme voilée. — 2 à 4. Les couvercles de trois miroirs du British Muséum : tête d’Aphrodite en relief; Aphrodite présentant un mas({ue à Eros qui se retourne; femme faisant un sacrilice. Monuments grecs, 1873, p. 29 [ci-dessus, p. 173, note 4]. — 5. Le couvercle du miroir qui porte à l’intérieur un génie de la toilette au trait; Aphrodite et Eros. Gazette archéologique, 1876, pl. 27 [ci-dessus, p. 19o]. Rapprochez de ce bas-relief celui qui a été publié par M. Stephani, voyez plus haut n“ 33.

Pendant que la dissertation de M. Mylonas s’imprimait, la Gazette archéologique, 1876, p. 69, pl. XIX, publiait l’admirable miroir de Ganymède enlevé par l'aigle (4), et V Archaeologische Zeitung, 1876, p. 8, pl. i, un miroir qui représente Hercule combattant une Amazone. Ce dernier sujet a été étudié par M. Klügmann avec une compétence toute particulière.

Comme on le volt par eeUe énumération, qui est forcément incomplète, nous connaissons au moins vingt-trois miroirs grecs ornés de

(1) Le miroir qui est publié par M. DilLhey dans VArch. Zeit., « Pan et Séléné », 1875, p. 74, pl. vu, est celui que M. de Witte a donné dans la Gazette des Beaux-Arts.

(2) [M. Furtwaengler le considère aussi comme étrusque; Collection Sabouroff, notice de la pl. cxLvii, note 3. Le Musée du Louvre possède un couvercle de miroir à relief qui représente le môme sujet (Salle des bronzes, n“ 7182) ; mais on ignore quelle en est la provenance exacte, probablement l'Italie.]

(3) Voyez encore les Comptes rendus, 1869, p. 143 f.

(4) [11 a été publié de nouveau par M. Furtwaengler, dans la Collection Sabouroff, pl. cxlvii. L auteur contredit la provenance indiquée par M. de Witte (Corinthe) et croit savoir qu’il vient d’Ampbissa, en Locride.]

ORNÉS DE FIGURES AU TRAIT

reliefs, et on remarquera que l’auteur a dû ajourner en partie les reelierelies personnelles qu’il se propose de faire dans les musées de l’Europe. Il s’eu est remis aux iudieations de eatalogues peu nombreux. Il u’a pu étudier ni les eolleetious d’Italie, ni celles de Londres. La liste est surtout complète pour Berlin et pour le A'arvakeion. De plus il ne lui a pas été toujours possible de connaître les monuments qui sont passés à Athènes dans les mains des amateurs.

Les inscriptions grecques sur miroirs sont encore très rares. La plus Intéressante jusqu’ici est celle du miroir de KoptvOo; et de kvr/J.z.

[35. Miroir portant la signature ’ Kr.rjXky.', sttoisi, citée ci-dessus, p. 200j. — 36. L’objet de forme circulaire qui porte l’inscription Gaoî; irojTïîpfot; me paraît, comme à

M. Mylonas, être un disque et non un miroir. — 37. Miroir qui n’a pu être retrouvé [THKAAE .PlbAACü; cf. ci-dessus, p. 171, note 3.] — 38. J’ignore également ce qu’est devenu ce miroir dont Gerhard donne l’inscription : ’AyiGwvo; N'j;x(pai; vrfh.

Il ne portait pas de sujet gravé. — 39. Inscription fausse sur un miroir qui est conservé à Athènes, au Ministère des cultes. RZeov'/i/,-/; ’Api'7Tâp-/o’j Ilat'j'jTpxTO'j ripo/Aaoj; yuvr,.

Pour se rendre compte des progrès qu’a faits l’étude des miroirs grecs depuis quelques années, il suffit de rapprocher le catalogue donné par iM. Mylonas, catalogne qui compte Sq numéros, de celui qu’a publié en i868 M. Benndorf, Arch. Zeit., p. 79, et qui comprend seulement neuf miroirs. Depjuis la mort de Gerhard, il a été démontré c{ue les Grecs avalent connu pour les miroirs les formes et les procédés de décoration que nous avions si souvent rencontrés chez les Etiaisques. La (juestlon ne fait plus l’objet d’un doute. Seulement les miroirs comme les vases peints sont beaucoup plus nombreiux en Etrurie que dans les pcays grecs. Il faut maintenant par une étude attentive arriver à une doctrine précise sur les miroirs grecs. Cette tâche est encore difficile, les recherches sont trop récentes, les exemplaires trop rares, et ces quelques exemplaires n’ont pu être comparés assez exactement avec ceux qn’on ti'ouve en Etrurie.

Si l’on possède peu de miroirs grecs, il y a à cela deux raisons principales : on ne les a pas suffisamment recherchés, puis les nécroj)olcs des Grecs étaient en général moins ornées, moins lâches que celles des Etrusques. Le nombre des miroirs grecs sera toujours, selon toute vraisemblance, moindre que celui des miroirs étrusques.

MIROIRS GRECS

Les vases peints trouvés en Etrurie sont presque tous de travail grec. Les miroirs ornés au trait, au contraire, sont de travail gréco-italiote ou étrusque (i). L’imitation des Grecs est évidente, mais cette imitation est faite par des artistes ou par des ouvriers locaux, et l’esprit national a sur la composition des scènes et môme sur le choix des sujets une influence qu’on ne remarque pas au même point pour les peintures céramiques. Les dessins étrusques sur bronze, si beaux qu’ils soient, ne peuvent être pris pour l’œuvre d’une main grecque.

Les rapports de style pour ces sortes de décorations peuvent surtout être constatés au début et à la fin de la période durant laquelle les Étrusques et les Grecs ont pratiqué le dessin au trait sur bronze, c’est-àdire pour les œuvres qui appartiennent au vi® siècle et au début du v% et pour quelques-unes de celles qui marquent les commencements de l’art

greco-romain.

On reconnaîtra, je crois, de plus en plus cette parenté des deux arts au début, non seulement pour les miroirs ornés au trait, mais pour les pieds en forme de statues. A ce point de vue il y a lieu d’examiner avec soin un grand nombre de bronzes italo-grecs qui sont des pieds de miroirs dont le véritable sens n’a pas été remarqué, et qui de plus appartiennent à l’art hellénique. La collection Borgia, au musée de Naples, en particulier, en offre plusieurs exemples. Le pied de miroir publié par Gerhard, pl. 243 A, est aussi bien grec qu’étrusque. Ces comparaisons seront plus faciles encore quand nous aurons le dessin des bronzes de style ancien que M. Carapanos vient de découvrir récemment en Epire. Le même travail doit être fait pour les miroirs en forme de boîtes et à reliefs, bien ([u’ici le mérite d’art soit d’ordinaire beaucoup moindre. Toutelois les archéologues ont à se garder de prendre sûrement pour grec tout ce cpii leur est donné comme trouvé en Grèce. Il faut des témoignages incontestables pour se décider, quand le style n’est pas une garantie SLilfisante.

11 est évident, d’après ces très courtes remarques, que les miroirs grecs doivent désormais former une partie spéciale de l’archéologie clas-

(1) [Voy. l’étude de M. Marllia sur les miroirs étrusques dans son livre, l'Arl étrusque, Paris, 1889, pp. 512 et suiv.]

ORNÉS DE FIGURES AU TRAIT

sique. Pour qu’un tel sujet soit bien étudié, il importe avant tout de faire le catalogue le plus complet et le plus précis qu’il est possible, et par suite de soumettre à un nouvel examen beaucoup de monuments qui ont été mal décrits ou qui même n’ont jamais été signalés qu’en passant. Ce qui est arrivé pour le miroir de Lyon, qui est resté plus de vingt ans inconnu et qui offre cependant un réel intérêt, est un argument dont la valeur ne saurait être contestée. Dans un catalogue de ce genre la technique mérite surtout une grande attention; les miroirs en forme de boît(‘s, ornés de reliefs, gravés au trait, supportés par un pied, doivent être examinés à ce point de vue avec l’esprit de détail le plus minutieux et comparés aux œuvres étrusques, afin de voir en quoi ils en diffèrent et par quels caractères ils leur ressemblent. Les simples disques qui ne portent pas de figures ne sauraient être négligés. Ils sont très nombreux en Attlcjue. Il est à souhaiter cpie nous ayons pour ces miroirs des planches cjui en donnent tous les détails, ainsi c[ue l’a fait Gerhard pour les produits semblables de l’industrie italo-greccjue. Les préoccupations de technique sont plus importantes pour un tel catalogne que l’explication des sujets, qui rentre dans l’archéologie générale et qui ne peut éclairer la question particulière des miroirs. Ce sont du reste ces observations précises sur des objets de petites dimensions qui nous Instruiront le plus sûrement sur les rapports de l’Etrurie et delà Grèce.

Ce catalogue une fois fait, l’auteur sera amené à démontrer l’importance des miroirs pour l’histoire de l’art. Ces meubles de toilette nous ont conservé quelques-unes des plus belles statuettes de bronze que nous ait laissées la grande période de l’hellénisme ; ils nous permettent de suivre la transformation du style en nous montrant, dans une classe bien définie d’objets, les développements de principes qui se translorment jusqu’à ce cpi’ils aient atteint la perfection; celte étude sera d’autant plus instruetive fjue nous avons des types bien conservés pour les époques les plus importantes. Ce second chapitre donnera lieu à une classification par ordre chronologique. Alors seulement il sera vraiment utile de eliercher le sens des sujets, d’expliquer ce que sont les statues qui portent les disques des miroirs, quelle en est l’origine, t|uelles préférences guidaient les ouvriers dans le choix des sujets qu’ils représentaient en relief ou au trait, s’ils imitaient des œuvres célèbres, quelle différence d’esprit

MIROIRS GRECS

le génie étrusque et le génie grec ont portée dans le choix des scènes, et, s’il est possible, quelles ont été les principales fabriques. Ici, comme dans toutes les questions d’archéologie, on est tenté d’aborder au début des problèmes qui excitent le plus vivement la curiosité, et cependant ces problèmes, si l’on suit la vraie méthode, ne peuvent venir qu’en dernier lieu.

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