DE FABRICATION GRECQUE
J’ai expliqué dans V Introduction du premier volume comrnent nous avons été amenés à insérer dans les planches des Céramiques quelques monuments d’une autre matière, tels que des bronzes et des marbres. C’est la conséquence du plan primitif que l’auteur avait adopté et qui devait donner le résultat de ses recherches au sujet des produits industriels fabriqués en Grèce même. Dans ce cadre prenaient place naturellement des œuvres d’art plus importantes que les vases et les terres cuites. Un grand nombre de dessins avaient été faits par M. Chaplain d’après les petits bronzes du Musée delà Société archéologique, d’après les reliefs funéraires et les bustes du Musée Central. Les gravures de quelques planches furent dès cette époque exécutées par M. Jules Jacquet; parmi elles figiu'aient des miroirs et des portraits de cosmètes. Une fois le plan changé et les Céraniiques mises au premier rang, les monuments de bronze et de marbre n’avaient plus de raison d’être introduits dans l’ouvrage et il est probable que, si l’auteur avait vécu, il les aurait définitivement écartés, en se réservant de les pnblier ailleurs. Je n’ai pu user de la même liberté, songeant avant tout cà utiliser l’ensemble des documents rassemblés par M. Dumont. C’est pourquoi j’ai fait rentrer dans ces Mélanqes archéologiques les articles de l’auteur relatifs aux bronzes et aux marbres, en les plaçant comme une sorte d’appendice à la suite des vases et des terres cuites.
M. lUiyet divise en deux classes les miroirs grecs (1). Jusqu’au milieu du v® siècle, ce sont des disques de bronze, polis d’un coté, ornés de l’autre de cercles concentriques et montés sur un pied dont la partie principale est formée par une statuette d’Aphrodite. Cette statuette est elle-même portée sur une base. Les miroirs n’étaient pas destinés à être tenus à la main ; pour s’en servir, on les posait devant soi sur une
(1) Monuments de l'art antique, notice de la pi. 22, p. 2.
MIROIRS TROUVÉS EN O REGI-
table. Le plus souvent le pourtour du disque est uni; mais quelquefois, sur la tranche du bord, sont posés de petits animaux, coqs, lièvres, chiens, qui rompent runiformité de cette longue ligne circulaire.
A partir de 440 environ, la mode change (1). Le miroir devient alors une plaque ronde, sans support ni poignée, dont le côté poli est souvent argenté et l’autre orné d’une gravure au trait. Il est enfermé dans une boite à charnière dont le couvercle supérieur est en général décoré d’une applique en relief. Celte nouvelle forme présentait un double avantage : le miroir était plus portatif et le poli délicat de la surface rélléchissante se trouvait protégé.
A ces observations de M. Rayet j’ajouterai quelques remarques au sujet des variantes qui, en dehors de ces deux types généraux, s’introduisent dans la fabrication des miroirs. 1° Antérieurement au miroir posé debout, les Grecs paraissent avoir fait usage du miroir à poignée en forme de statuette terminée par un simple anneau de suspension, type qui remonte au vi' siècle (cf. plus loin notre n“ 16 dans la liste des Pieds de miroirs). 2° Dans certains cas, le disque est supporté, non plus par une statuette en ronde-bosse, mais par une plaque de métal estampée et décorée de personnages en relief. Les spécimens que l’on peut citer appartiennent aussi à l’art archaïque (n'"* 10, 36) (2). 3“ On trouve à la fin du iv° siècle et au iii° une simplilication du miroir rond sans pied ni poignée. La boîte à couvercle est supprimée. Le disque porte du côté poli une gravure au trait qui n’empêchait pas le visage de la personne de se rélléchir dedans. L’autre côté est orné d’une applique en relief : c’est généralement une simple tête vue de face ou de profil, un mascaron, la figure de Silène ou d’une autre divinité.
Pour respecter la chronologie, nous devrions nous occuper d’abord dos pieds de miroir en forme de femmes drapées, ensuite des miroirs à gravures et à reliefs. Le numérotage fait pour les planches nous impose un ordre dilférent; mais on n’oubliera pas la place respective de ces deux catégories.