‹ Les céramiques de la Grèce propre (volume 2)Chapitre 8 sur 48 · VASES A FOAD ROI GE ET A FIGURES ADIRES · texte numérisé non relu

VASES A FOAD ROI GE ET A FIGURES ADIRES

Parmi les monuments de eette classe réunis dans ces deux recueils, la première place appartient aux placpies de terre cuite.

Plaijues de terre cuite. — Rien ne montre mieux combien les recherches d’archéologie figurée laites en Grèce ont été, jusqu’ici, incertaines, que la rapidité avec laquelle s’enrichissent certaines classes de monuments dès qu’une fois les antiquaires se mettent à les reeueilllr avec quelque persévérance. Ce ne sont pas les objets précieux qui ont fait défaut, c’est un peu d’activité et de patience pour les trouver. Quelques exemples récents méritent d’ètre cités. Jusqu’en i8G8 nous ne possédions aucun miroir grec orné de dessins au trait. Gerhard était jiersuadé ipi’il en devait exister, que les Grecs, meme dans ce genre de travail, avalent fourni des modèles aux Etrusques. Gerhard était dans le vrai. Peu de temps après la mort de ce savant, en i8()8, un miroir représentant deux danseuses fut découvert à Corinthe. A peine était-11 publié que le musée de Lyon envoyait à M. de Witte le calque

et acquis par le British Muséum; en 1872 on en mit enfin au jour un sixième, ipii porte deux inscriptions grecques et qui, par la noblesse du style et la sûreté de l’exécution, est une véritable merveille. Ainsi moins de quatre années ont sufli pour constituer une classe de monuments dont l’existence auparavant était encore incertaine. En 1868 nous ne jjossédions que trois mesures grecques de capacité qui eussent été jaugées. La connaissance de ces sortes de mesures parut ulile ])our le jirogi-ès des études de métrologie; elles furent recherchées avec soin. Le nombre en est aujourd’hui de vingt. Fauvcl avait découvert, au début du siècle, une plaque peinte qui fut publiée par le chevalier Brond-

niquos. U faudrait alors ajouter un neuvième groupe à notre essai de classification. Toutefois, .M. de Witte dit que M. Salzmann a trouvé à Camiros des fragments de ces poteries. [l'Jlud^s sur tes vases peints, p. I"2“2.) [Voy. le tome I, p. 186.]

•iO

PEINTURES CERAMIQUES

Steel. Ce monument est resté unique jusqu’en 1867. A eette époque, Photiaclès-bey, ministre de la Porte en Grèce, acquit quelques morceaux d’une plaque à fond rouge et à figures noires. A force de patience il parvint, sinon à compléter entièrement le tableau, du moins à en retrouver la plus grande partie. Cette plaque, photographiée et soumise aux principaux archéologues de l’Europe, leur parut d’un intérêt exceptionnel. Aujourd’hui M. Benndorf fait connaître treize plaques du même genre, toutes incomplètes, il est vrai, mais dont le sujet est le plus souvent facile à retrouver. C’est donc à ce savant que revient l’honneur d’avoir créé cette partie nouvelle des études céramographiques.

La courte liste suivante donnera une idée de ces monuments encore si peu connus, qui portent des peintures noires. J’y joins deux tableaux à figures rouges pour ne pas séparer des produits céramiques qui ont la même forme et qui appartiennent à la même classe.

riGlRES NOIRES.

1 . Plaque connue soüs le nom de Photiadès-bey, premier possesseur de ce monument (1), trouvée au cap Kolias près d’Athènes. Elle représente une exposition funèbre. — 2. Six fragments d’une plaque, trouvée à Athènes, qui portait une représentation du même genre (2). On y reconnaît encore le lit funèbre : à droite, à la tête du lit, femme vêtue d’une longue robe flottante; derrière, femme qui porte les mains à la tête en signe de désespoir; à gauche, autre personnage. Cette plaque est plus grande que la précédente. La femme placée derrière le lit devait avoir de 20 à 2o centimètres de hauteur, tandis que, sur le monument de Photiadès-bey, les personnages les plus grands ne mesurent pas plus de 12 centimètres (3). — 3. Fragment d’une ])laque qui devait avoir les dimensions de celles de Photiadès-bey. Exposition du mort; pleureuse devant le lit funèbre; sœur ou fille du mort (4). — 4. Quatre frag-

(1) Benndorf, pl. 1. [Cette plaque est actuellement au Louvre; voy. le tome I, pp. 323 et idO.]

(2) Benndorf, pl. 11.

(3) [On a trouvé à Athènes, en 1872, une série de plaques du même genre, de grandes dimensions, qui devaient être encastrées dans les parois du tombeau et former une double frise. Elles sont actuellement au Musée de Berlin (Furtwaengler, Vasensamml . im Antiquariwn, n“® 18II-I82G); M. Collignon compte en donner des croquis dans la Gazelle archéolo- (jiqae, 1888. On y reconnaît une scène de Ttp<jOîc;i;, la réunion des femmes et des enfants pleurant dans le gynécée, puis l’èxcfopa du mort. J

(il Pl. Il, fig. 7.

meiils (1) (l’iinc plaque représentant Hercule et lolaos sur un quadrige; derrière le quadrige Athéna regarde le demi-dieu. Scène connue sous le nom A'Apolhéose d'IIercule. lolaos porte le cascjue athénien; Hercule, la peau de lion. Les cheveu.x sont frisés et forment boucles comme sur les monuments de style ancien. La chlamyde d’Iolaos et la robe d’Athéna portent pour ornements trois points groupés en triangle et des petites ci’oix. Une grecque faisait le tour de la plaque. — 5. Fragment r2). Plaque décorée d’une grecque, quadrige. On ne voit plus que six pieds de chevaux. — 6. Ouatre fragments. Athéna sur un char devant lequel est Hermès. Grec([ue autour de la plaque. Signature de Skythès (3). — 7, 8. Deux petits fragments représentant chacun une tète de femme regardant à droite (4). — 9. Fragment portant le nom de l’artiste Paséas (5). — 10. Deux fragments sans figure sur lesquels on lit OTPOn |y.iovj, TDOPA [lov], elles lettres TAN P ', tablette votive en l’hon-

neur d’une victoire (6). — 11. Fragment d’une plaque dont le sujet est méconnaissable (7).

I Cette série de plaques à figures noires s’est enrichie depuis de nombreux documents. Outre les plaques funéraires de Berlin et la seconde œuvre de Skythès, on peut citer la peinture d’Euphilétos (Klein, op. L, p. 49), les ex-voto corinthiens dont le musée de Berlin possède un nombre considérable et le musée du Louvre quehiues exemplaires (voy. tome I, p. 242), les fragments trouvés dans les fouilles récentes de l'Acropole [Èphéméris archéolog., 1886, pl. 8), etc.)

Page 1