‹ Les céramiques de la Grèce propre (volume 2)Chapitre 9 sur 48 · I-IGUIÎES IlOUGES · texte numérisé non relu

I-IGUIÎES IlOUGES

12. Fragment découvert par Fauvcl, publié par Brondsteil, d’abord dans la collection Pourtalès, aujouril’hui au musée de Berlin (8). — 13. Trois fragments (9). Procession des dieux; Hermès, dont il ne reste plus que le caducée; Apollon tenant la lyre; Arès (?) armé de la lance. Cette dernière attribution est celle de M. Benndorf. Le per-

(1) Beundorf, pl. iii, lig. D-f*.

(2) Pl. III, fig. 1.

(3) Pl. IV, fig, 1 ; [Klein, Meistersignaturen, p. 48, et le fragment d’une autre plaque semblable, p. 49.]

(4j Pl. V, fig. 4 et t).

(3) Pl. V, lig. 7 et 9. Voy. ci-dessus, p. 11-12.

(6) Pl. V, lig. 7, 9.

(7) Pl. V, lig. 8.

(8) Benndorf, pl. iv, 2; Bründsted, Voyage dans la Grèce, 11, n. xlii, p. 170, 293 ; de Willc, Comptes roidas de l'Acad. des inscrij)!., 1807, j). 163; Dubois, iJescr/ptioa des antiques de M. le comte Citurtalès-Gorgier, n" 133; Panolka, Annales de l' Inst., 1829, p. 292; Utl. Miiller, I/and- Ijuch d. Arcli., s; 371 ; Welckcr, Golterlelire, II, p. 283; Corpus Inscr., IV, 8333; [Furtwaengler, Vasensamrnl . ira Anfiq., n” 2739. Voy. un autre fragment de Nola, à figures rouges, n® 2760. 1

^9) Pl. V, lig. I, 2.

T. II

PEINTURES CERAMIQUES

sonnage est vêtu d’une longue tunique; il porte une épée suspendue au cou; on voit sur la poitrine (juatre serpents (jui paraissent appartenir à l’égide. On reconnaîtra ici beaucoup plutôt Athéna ([u’Arès (1).

La plaque de Pliotiadès-bey, éUidiée d’abord par M. de ^^'ilte (a), qui en possédait seulement une photographie, et par Friederiehs (3), à qui M. le doeteur Kohler en avait envoyé un dessin, a été l’objet, de la part de M. Beniulorl’, d’nn véritable mémoire. Le sujet n’offrant aucune difliculté, c’est à la lecture des inscriptions que s’est surtout applifpié ce savant. Plusieurs de ces textes se comprennent sans j)eine : METEP, AAEb^bE, PATEP, AAEUd^O^. L’interjection oL.oi, hélas! est réj)étée deux fois, sous deux formes différentes, OIMIOI, 01M0$. Les antres inscriptions sont loin d’ètre aussi claires. Sous le lit on voit le mot UOUVTOL sans qu’on |juisse affirmer, contrairement à l’opinion de 31. Benndorf, qn’il ne manque pas une lettre initiale. 31. Benndorf rejette la lecture [6]>.rAuyo;, proposé par 31. de \3’ittc parce (pie le t est certain : mais il propose à tort /.co/cutüç, les deux lambdas ne pouvant faire l’objet d’aucun doute. C’est évidemment jiar le verbe ô>.fjAÛT:(o, (pie s’expli(pie le mot inscrit à cette jilaee, sans que la forme (pie l’artiste avait employée puisse être retrouvée avec ecrtilude. Nous sommes de l’aA is de 31. Benndorf (piand il restitue, dans la juirtie dixjite de la j)laque, le mot MEAEA02.A, dont il reste Eb05A. Cette lecture ingénieuse est justifiée jjar une amjjhore du British 31useuni (4) sur laquelle on lit, jirès d’une joueuse de double flûte, cette meme inscription. La partie droite de la pla(pie est incomplète; mais il est naturel de supposci- (pic l’artiste avait représenté de ce côté et à la tète du lit une joueuse de fh'ite; cette femme, (pii devait faire partie de la scène funèbre, ne se retrouve pas dans le reste de la composition (5).

Lgalement dans la partie droite du tableau, mais au-dessus d’un pér¬

il ! Restes d’inscription sous le bras d’Atliéna HE ; près du caducée 'MÜ.

(“2) Comptes rendus de l' Académie des bcHes-letlres, bSli", p. llU.

(3) Arch. Aiizei<j., 1S()7, p. (39.

(i) Montnn. de l’/nst., Y, ])1. 37.

to) Le mot MEAOZA se retrouve sur deux autres vases que cite M. RenndorL Annales, ISot), p. ii, pl. X, 2; Monum. de l'Insllt., Ylll, pl. ü. [Cette restitution n'est plus soutenable depuis qu on a retrouvé l’angle droit de la phniue, alors disparu. On y voit deux feniines drapées qui sont des j)arcntes et aucune joueuse de tinte (cf. tome I, p. 323). On lit distincte-

DE LA «iltÈEE PROPRE.

somuii^o qui était placé dcrricrc le lit, on voit le mot 0E0E, ô/iôx (-rlOvi) ; le mot 0E01$ est répété deux fois aii-dessiis de deux l'emmes, Gr,G'!; [-r^hic]. M. Beiindorl' croit (jiie se rap|)orte à la ^'rand’mère du mort; mais il n’explique |)as sulTisamment cette triple répétition, 6r,Gv-. Il est

probable que l’un de ces mots désigne la nourrice, et, selon toute vraisemblance, ce serait celui qui se lit à droite; les deux autres, les aïeules cpii sont j)laeécs entre le jjère et la mère. Au-dessous d’un de ces mots on lit PPOSPATO; à coté de l’autre, OIMO$. M. Benndorr propose de restituer -po; raT[po?]. Il faut remarquer que l’inscription est complète, qu’on distingue très bien O et non P; la restitution est donc, selon nous, lnadmlssil)le (i). Peut-être pensera-t-on au verbe irpoa-aTTw, j'mperye, je fais la lustration funèbre (2). On voit que les inscriptions de cette placpie sont encore bien loin d’ètre toutes comprises. Si l’on excepte le mot MEAEAOSIA, M. Benndort' n’a rien ajouté de certain aux lectures qu’avait données M. de Witte (3).

ment O EUO^A que M. lleydemaun a expliqué depuis comme 0[p]î(v1o<;x pour 0pT,vo':;^7.. Il adopte aussi la lecture y-w/.uTô; .Par/ser .tuO'Aca, 1887, p. 57). j

(I [Cette lecture est ceiiendant admise aujourd’hui par la plupart dos archéologues. Le P est seulement niai fait et assez semhlahle à un 0. Mais il est facile de voir que le peintre a été géné par le peu d’espace qui lui restait enire le rebord de la pla([ue et la tète de la femme.

("2) (Juant au mot incomplet qui est à gauche près de la colonne dtuique, et que -M. Benndorf transcrit en précisant beaucoup trop les caractères Tl^Od, j’inclinerais avec M. do Witte à y reconnaître une répétition du mot UOUVTO^, d’autant plus que le ^ n'est pas certain et (juc la quatrième lettre comportait un trait i)enché.

1^5; Cne première liste des exposUhnis funohres connues par des monuments grecs a été donnée par M. Conze quand il a publié les vases du cap Kolias ; Annales, t. XXX VI, p- 183. M. de Witte, en 1867, a étudié plusieurs de ces représentations; Cnniples rendus de l’Acad. des Inscrlpt., nouv. série, t. III, p. 165. Depuis cette époque, M. Renudorf a publié une liste plus complète encore des expositions, — Fùjures noires. 1, 2. Plaque et frag¬

ments de plaque; Renudorf, pi. 11. — 3, i, 5. ’l’rois grandes amphores découvertes par Gropius et Fauvel près du cap Kolias, aujourd’hui au Musée de Berlin ; de Witte, /. c.; Bulletin de rinst., 1829, p. 126; Monuments inédits de l’insl., t. III, pi. lx; Annales, t. .XY, 1813, p. 276 et suivantes; Gerhard, Amener. Denkm. des Muséums, 111, n"® 1847-19; [ Furtwaengïer, n““ 1887-89J. — 6. Amphore du cap Kolias, découverte en 1863; Monum. inéd., l. c.; Annules, t. .X.VXYI, p. 183. — 7. Yase de la collection de E. Braun; Benndorf, p. 6. — 8. llydrle trouvée à Ccrvelri; collection Campaua, aujourd’hui au Louvre; Achille mort pleuré parles Xéréides ; de Witte, Etude sur les vases peints, p. iti ; Conze, Annales, 1864, p. 188 ; [voy. tome 1, p. 249.] — 9. .ïmphore du Musée du Yatican; Gaylus, Berueil d'anliq., I, 32; Passer!, Bicturx Etruseorum, III, 298. — lU. Lécythus athénien ; Stackelberg, Grueher der IlelL, pI. xxxviii; Panofka, Grieclien und Griechinnen, p. 12, n® 16. .Ajoutez à ces peintures à ligures noires une

,ii PEINTURES CÉRAMIQUES

iM. Bennclorrne paraît pas non plus avoir été licurenx dans les explications nouvelles qu’il propose pour la plaque du chevalier Bi’ondsted. Minerve casquée, recouverte de l’égide, regarde à droite; le personnage de gauche manque; entre Minerve et lui, une ligure ailée dont on voit encore quelque trace. Ce monument, souvent publié, n’est pas encore com|)lètcment expliqué. L’inscription A0HNAIA: (i) paraît être certaine;

des plaques funéraires et une amphore atlique do Rerlin; Furlwaengler, o/j. n”* 1811, 39ç)i).] — Figures rouges. 11. Grande amphore du cap Kolias, aujourd’hui au Varvakeion; Monum. inéd., VIII, pl. v, — Ui. Vase célèbre d’Archémoros au Musée de Naples; Overbeck, Jleroeugallerie, pl.iv, :i; Gerhard, .Akad. Ahhandlungen, 1, p. I i, pl. i. — [Ajoutez i\ ces peintures à figures rouges une hydrie attique de Rerlin iFurUvaengler, op. /., n" '■2832) et un loutrophore inédit du Louvre.] IS-Ki. Lécylhus athéniens. M. Benndorf en signale quatre; Papasliotis, Archæol. Anzeig., 1846, p. 140; Pervanoglou, id., 1864, p. 208; Ileydemann, pl. xn, fig. 12. Cette scène est aujourd’hui très fréquente sur les lécythus athéniens à fond blanc et à peintures de couleurs variées. La collection Rhousopoulos en possède de beaux spécimens. [Voy. le tome I, jd. xxxii, et E. Pottier, Élude sur les lécglkes blancs attiques, pp. 12-13, où sont décrites neuf représentations de la -nrpilOîai.? sur des lécythes blancs.] M. Benndorf indique encore une représentation funéraire trouvée près de Pestum et publiée par M. Minervini, liullet. AÉpolitano, III, 9, p. 132, et surtout uu fragment de stèle conservé au Varvakeion et que j’ai décrit on 1869 : Bas-rel'ief funèbre du cabinet de M. Brunei de Presle, p. 7 IRec. arcli., 1869, ii, p. 237]. Ce dernier monument, dont je compte prochainement publier le dessin, est précieux; il représente une déposition au tombeau [Rev. arch., 1872, ii, p. 339.] Il doit être rapproché de deux vases inédits conservés au Varvakeion et qui reproduisent la même scène [voy. le tome I, pl. xxvii-xxix.] Seulement, sur les vases, les personnages qui tiennent le cadavre sont des génies ailés. Il faut ajouter à cette liste un relief du Tlieselon; Annules, X.XXIll, p. 321; Ras-relief funèbre du cabinel de .M. de Presle, p. 8. 11 est surprenant que M. Benndorf ne fasse pas mention des vases athéniens d’ancien style sur lesquels on voit souvent la TïpôO^aiç [voy. tome I, pp. 97-99]. Les archéologues, il y a cinquante ans, admettaient comme un axiome que les Grecs avaient évité avec soin les représentations de la mort. Cette idée explique toute la doctrine exposée par Friedlænder dans son traité, remarquable cependant. De operibus anaghjphis in nionumentis sepulcralibus græcis, 18 46. On voit qu’il ne faut pas se lutter de se prononcer d’une façon générale sur ce que les Grecs ont aimé ou évité. Dans tous les temps, en Attique, les artistes ont reproduit des scènes funèbres. Les archéologues ont longtemps cru le contraire : c’est ce qui donne quelque intérêt à la note qui précède. Ne lisons-nous pas sur une stèle funéraire cette inscription métrique, qui eût paru d’une explication si difficile à Winckelmann et à son école?

’.Vvûpôç àTcrj(j;6'.iJ.évoio pàzo; xaxôv Èv6d5s xstpiai.

(Keil, Annales, XXXVI, p. 197.)

(1) Les deux ou trois points qui suivent les mots AOHN Al A sont un signe de ponctuation fréquent dans l'épigraphie grecque; les tablettes des héliastes en offrent des exemples, de même (pie les inscriptions sur vases. [M. Furlwaengler, op. L, n“ 2759, fait remarquer aussi qu’il s’agit d’un signe de ponctuation et non d’un I. 11 explique la figure ailée comme uue Niké.j

io

on llL ensuite h4>A . . . iAI. Benndorf propose AGHNAIAl h45A[I2;;TIAN ANE©H1<EN], restitution impossible, ear ’AÔvivaîa est au nominatif. 11 cite un vase inédit sur lequel on Ht [T]ic>îaç àvê0vi-4£v. Ce monument, dont j’ai le dessin sous les yeux, est à Athènes; il appartient à M. Finlay; on y voit inerve debout, tournée vers une colonne sur laquelle est un jjersonnage accroupi (i). Dans le ehamp on lit en effet AQHNAIA, puis ZrL^[drn;]\<A- AOSI; sur le piédestal de la colonne je déchiffre III AS; et en dessous [AjNEeHl<EN. Cette œnochoé (20 centimètres de hauteur) est précieuse; les figures sont rouges sur fond noir. On y reconnaît un procédé de fab rication très soigné et propre à l’Attique. Mais, si l’on excepte l’inscription A0HNAIA, je ne vois jkis quel rapport offre cette représentation avec la plaque de Brondsted.

Cette plaque, selon nous, doit être rapprochée de la riche série des ex-voto à Minerve conservés sur l’Acropole et presque tous dessinés, soit par Le Bas, soit par d’autres archéologues. L’artiste avait représenté Miner^c, puis une ou deux divinités : les noms étaient inscrits, selon l’usage, au-dessus des figui'cs et séjjarés par trois points superposés. Minerve était associée ici à entre eux volait la ^Hc-

toirc. Iris ou un de ces génies ailés qui, sur les vases, symbolisent les sentiments des |)ersonnagcs. Cette explication, qui est de beaucoup la plus simple, a poui’ elle ce fait que les Athéniens appelaient parfois Minerve 'Hçai^TL. Une inscription publiée par le P/ii/istor, I, p. 198 (2), mentionne, dans une phrase incomplète, cette divinité . . . t?,i ’A0r,vài 'HoaicTT'Iau Mésycliius fait mention de ce surnom (3).

Ces critiques, toutes de détail,, ne peuvent faire méconnaître l’intérêt de cette partie tlu recueil de iM. Benndorf. Sans oïdjliei- (juc nous ap|n‘enons à y connaîti’c un genre de monuments à [)eine signalé avant cette

(1) [Ce vase est actuellement au Louvre; il a été publié par AL Benndorf dans sa troisième livraison, pi. 31, 1, ([ui transcrit A0ENA1A. Les lettres placées dans le champ sont aujourd’hui fort effacées et })res(iue invisibles; celles du piédestal do la colonne, au trait Jaune sur fond blanc, sont plus nettes.]

{-2) Base tétragonale ; troisième face, ligne i; archontat de l’ytbodotos, 3 13 avant J.-C. Voyez Pk'tl., t. 1, p. l!)i, les remarques de M. Koumanoudis; [la môme dans le Cori>. inscr. attic. II, 114; Dittenberger, Syllogn inscript., n” 333, lig. "21.]

(3) Sur Athéna et lléphaistos, voyez l’ausanias, 111, xviii, et Lucien, De dumo, .\xvii : llépbaistos poursuit .Athéna.

PEINTURES CEHAMIOUES

publication, nous y trouvons : i” des types remarquables de la peinture noire sur fond ronge dans la Grèce propre; 2" plusieurs noms d’artistes. Quant à la longue dissertation de l’auteur sur l’usage des plaques peintes et des tableaux dans l’antiquité, nous ne croyons pas qu’elle repose sur des données précises. M. Benndorf réunit des textes nomlîi’cux relatifs aux rivage; et reprend plusieurs des questions qui furent discutées autrefois par Raoul Rochette et J^ctronne. La j)lnpart de ces textes ne se rapportent pas aux tablettes de terre cuite, mais aux plaques si variées de bois, de métal, de marbre, sur lesquelles on pouvait peindre. Il n’est nullement nécessaire de demander à ces tablettes céramiques ce qu’elles ne |)cuvent nous apprendre. On peignait sur des rectangles de terre cuite comme sui* des vases: le fait n’a rien que de naturel. Plusieurs vases portent de petits carrés peints, qui semblent représenter des tablettes de ce genre (i). Ces tables étaient des ex-volo tantôt funéraires, tantôt consacrés aux dieux. Ces monuments, d’un usage moins fréquent que les vases, témoignaient de plus de soin et d’une ])lus grande habileté chez, les artistes qui les décoraient; les spécimens décoin erts paraissent démontrer ce fait, qu’il est, du reste, facile de comprendre. \ oilà, semble-t-il, ce qui résulte de certain de l’étude, peut-être troj) détaillée, à laquelle s’est livré M. Renndorf.

Pour achexer l’étude des œuvres de la seconde époque, publiées par MM. Ileydemaiin et Renndorf, nous dexons examiner deux groupes de monuments : le premier comprend les lécvthus; le second, des vases de différentes formes. H faut, de plus, rattacher à cette classe les [ilus anciens vases à ngnres noires sur fond blanc, souvent dessinés au trait et connus sous le nom de vases de Locres.

LécytJtus. — Les lécythus de petite dimension, à figures noires, sont les vases qu’on trouve le plus fréquemment dans les sépultures grecques. On les néglige d’ordinaire parce qu’ils présentent des sujets peu variés

il) Haoiil-Hoclielle, Peintures antiques, p. iOl et suiv., avait déjà donné une liste des monuments sur lesquels on voit ces petits tableaux. M. Benndorf complète ce catalogue, p. lo, et reproduit par le dessin plusieurs exemples de ces peintures; cf. pl. ix, amphore à ligure rouge de la collection de Munich (Otto Jahn, ouv. cité, n” 51; hermès, autel et colonne; entre l’hermès et la colonne, petit tableau); lécythus du Musée de Palerme trouvé à Terranova (d’Ondes Reggio, Ballet, Siciüano, I, p. 79, ligure gravée par M. Benndorf sur la couverture de son recueil).

et ([ue le travail en est presque toujours inécliocre. iM. Meyclemanu a pensé fpi’ils méritaient d’étre étudiés avee soin ; il en repi’oduit dix ; il en décrit un beaucoup plus grand nombre. Ces vases offrent un intérêt tout particulier; ils ont un caractère sépulcral bien marqué. Le lécy- Ihus, comme nous le savons par des textes précis, était essentiellement lunéraire. Aujourd’hui, cpiand on fouille un tombeau, il est rare de ne pas V rencontrer un ou plusieurs de ces vases. Les tombes les j)lus modestes en renferment; dans les fosses où l’on a jeté les os et les cendres, ils se trouvent mêlés aux restes du bûcher. Les représentations (pi’ils conservent se rapportent le jjlus souvent aux idées que les anciens se faisaient de l’autre vie. Nous avons donc là un précieux commentaire des rares passages des auteurs où il est |)arlé de l’existence de l’amc ajjrès la mort. Les plus imparfaites de ces j)cintures n’ont pas moins de prix que les autres : elles font com|:)rendre les croyances populaires.

La scène la plus fréquemment représentée, en Grèce, sur ces vases, est le retour de Déméter, accompagnée de sa hile. ]\L Heydemann n'a pas dessiné ce sujet, (pii est depuis trop longtemps connu et (pi’on retrouve tous les jours, mais (pii nous montre quelle place tenaient les doctrines enseignées à Ideusis dans les préoccupations des Grees. ^’iennent ensuite les mythes de Dionysos, les scènes bacliiipies (pii décorent un très grand nombre de monuments, enfin les représentations des divinités delphi(pies. Ci's sujets étaient également tro[) lamiliers aux archéologues pour être reproduits à nouveau.

M. Heydemann s’est proposé deux objets : il a décrit des lécylhus (pii [jrésentent des paidicularités intéressantes ( i ) ; il a montré ([iic ces vases conservent des scènes qui sont figurées en Italie sur des monuments beaucoup plus rcmaixpiablcs et souvent d’un art achevé; il a fait, autant

il ) PI. V, fig. 3, Herciilti ot le lion de Némée; temme à droite assise sur mi ocladias; gauche, personnage nii, peut-être lolaos. Fig. i, Hercule terrassant le sanglier d’Erymanthe. Fig. O, Hercule chez Pholos, en présence d’Athéiia et d’un centaure. Fig d, la lutte pour le trépied entre Hercule et .\pollon ; à droite et à gauche, l'emine sur des ocladias. Fig. 7, oiseau phalli(pie volant vers une femme assise sur un ocladias; adroite, un vieillard \êtu d’une longue tunique et d’un manteau assiste à la scène (cf. Benndorf, pl. xii, lig. i). 1*1. vi, lig. i’, 3, Thétis et Pelée. Pl. vin, lig. i, cheval ailé portant un cavalier et marchant à gauche entre deux rhahdophores nus. Fig. .Actéou dévoré parles chiens; deux femmes regardent, l’une à droite, l’autre à gauche.

iS

PEINTURES CERAMIQUES

que possible, le eatalogue des seènes qui déeorent ees vases eoinmiins. Les variantes qu’il a signalées sont curieuses, mais elles n’ont pas d’ordinaire un intérêt général; il est évident que cette imagerie, en traitant des sujets si populaires, devait ])rendre la plus grande liberté, et que souvent les variantes n’ont d’autre raison que le caprice ou le hasard. Ce qui est plus important, dans la pénurie où nous sommes en Grèce de beaux vases grecs à figures noires, c’est de montrer que les sujets fréquents en Italie se retrouvent en Grèce sur ces poteries modestes et si négligées, l^our l’bistoire des idées morales et des rapports des céramiques entre elles, il est presque indifférent que les figures soient grossières ou soignées, pourvu que les artistes aient voulu reproduire les mêmes sujets. La démonstration que |)crmet de faire l’ouvrage de M. Heydemann est complète et décisive.

C’était là certainement un des j)lus grands profits qu’on pouvait tirer de l’étude des lécythus. Toutefois il reste à entreprendre, à l’égard de ces monuments, un travail important qui n’a pas encore été tenté et qui, jusqu’ici, il est vrai, est resté impossible. Il faudrait, par des journaux de fouilles bien rédigés, constater quelles sont les scènes qui se trouvent dans les mêmes séj)ultures, quels sont les mythes fpie la piété ])opulalre réunissait dans les mêmes tombeaux, quels sont ceux qui étaient propres à chaque i)ays. J’ai pu suivre, en 187a, des excavations faites près d’Athènes. Chaque sépulture a donné cinq ou six lécythus qui représentaient tous uniformément des seènes se rapportant à un culte [)articulier. Ces coïncidences ne peuvent s’expliquer par le hasard seul. Les mêmes fouilles ont permis de vérifier, par des preuves incontestables, un fait que bien des archéologues admettent depuis bien longtemps, mais (pi’ll n’est pas moins intéressant de constater une fois de plus. Le lécythus vulgaire athénien, si grossier, si dépourvu de toute valeur d’art, s’est trouvé associé, dans les tombeaux, à des tablettes d’ancien style et à des vases d’un travail excpiis qui appartiennent à la plus belle époque de l’art. La tradition, si puissante chez les Grecs, conservait ces iormes raides et imparfaites, ce dessin qui parfois est à peine intelligible, dans un temps où la céramique produisait des merveilles. On j)laeait près du mort une œnochoé qui était un chef-d’œuvre et cette poterie qui ne valait pas deux oboles. Peut-être est-ce là pour nous lînc

DE LA r.RECE PIIOPRE.

raison d’éLiiclier avec plus de soin encoi'c ces peintures dont le caractère hiératique est évident.

Vases divers. — Les vases divers on les iVaginents qui se rapportent à cette période dans les deux ouvrages sont presque tous dignes d’attention.

On a vu que le vase François devait, selon toute vraisemblance, provenir d’un atelier de la Grèce propre. :M. Benndorfa retrouvé un IVaginent (pii, jjonr le style, rappelle tout à fait le chef-d’œuvre d’Ergotimos. Bien que ce morceau soit ])eu considérable, le fait est Important; il permet d’espérer d’autres découvertes du même genre, mais plus décisives (i).

La ([uestion de savoir à quelle époque la peinture noire a été abandonnée est une des jilus controversées (pie comportent les études céramiques. On sait, par les amphores panathénaïques trouvées à Benga/1, (pie, jusqu’au temps d’Alexandre, cette peinture était en usage; mais ces vases semblent indiquer une grande décadence de l’art (2). xM. Benndorf publie (3) deux fragments sur lesquels on volt des guerriers nus traités avec toute la jicrfection et le genre de beauté que nous sommes habitués à ne chercher que sur les vases à peinture rouge. Ces figures, ici, sont noires; elles prouvent donc que, dans la Grèce propre, ce procédé de décoration a été employé pour des œuvres ([ui n’avaient rien d’arehaïcpie et on l’artiste s’inspirait des plus belles formes consacrées par le grand art.

Un morceau de vase rcjiroduit par la planche X dn recueil de ÎM. lîenndorf, est remarquable. Il est le plus ancien document que nous ait laissé l’histoire de l’éphébie. On y voit un personnage debout, vêtu d’une tunique. L’inscription, (jui est incomplète, laisse encore lire L.fEYON- TOZ EYPYKAEIAOY, qu’il faut restituer [ ■/O'ju.’/iJts’jovto; Eùpu/./.eèLu . Lc COSmète Lurykleldès ne figure pas dans les listes des magistrats éphé-

(I ) 1*1. XI, (ig. ’) ol (i.

(“2) Ch. Lenorinant, /feoiie arch., t. Y, p. 230; t. Yl, }i. 37; de Widc, Klude sur les vases peints,]). 0,et surtout la coniniuiiicatidn de ce .savant à l’Acailémie des belles-loUres, C'o/a/j/e.'? rendus, ISO, S. [Voy. le lonic 1, p.OoO; Rayet et Collignou, Ccramit/ue grcct/uc, p. 138.]

(3) 1*1. XI, lig. I et 2.

T. II

PEINTURES CERAMIQUES

biques telles que j’ai essayé de les établir clans un récent travail (i); il est de beaucoup antérieur à la cxxii® olympiade, époque où nous commençons à reconstituer le catalogue de ces dignitaires. Le fragment appartenait à un grand vase, sans doute à une amphore, qui était donnée comme récompense à celui des jeunes gens du collège qui l’avait emporté sur ses camarades (2).

Vases dits de Loeres. — Les plus anciens vases dits de Locres se rattachent à cette période (3). Ils sont assez fréc{uents en Attic|Lie et à Corinthe. Le plus intéressant de ceux cpie MAL Benndorf et Heydemann ont publiés représente une femme ailée, vêtue d’une longue robe; elle regarde à droite et étend les deux mains vers une urne posée sur un socle (4). AL Heydemann remarque à côté du personnage quelques traces d’inscriptions; il croit jjouvoii- lire les lettres H[e]05. J’ai examiné ce vase avec soin; je pense, comme AL Benndorf, que l’inscription est indéehiffrable et cjue peut-être il n’y faut reconnaître cjue des traits j)eints au hasard. AL Heydemann, partant du nom de l’Aurore, dit cjue l’urne lunéraire est celle de Alemuon; AL Benncloi’f se borne à ajjjDeler le j)ersonnage ailé une \ ictoire. 11 est bien j)lus jirobable que nous

(1) E.ssai ÿto' lu cln-onolujile des archontes athéniens postérieurs à ta CXAIE uli/inpiade, et sur la succession des magistrats éphébigncs, Paris, Uidol, in-S".

(:2) Voici la liste des autres vases à ligures noires dessinés par M. Heydemann. — PI. III, fig- 1- Hydrie. 'lIpaxlT,; àva-a'jôixcvo;, Hercule à demi couché sur un lit devant la table rectangulaire; à droite lolaos (pii tient la massue, à gauche Athéna, ces deux personnages assis sur des ocladias; derrière .\théna, Dionysos également assis sur un siège du même genre. Cette hydrie rappelle celle (jui fut trouvée à Vulci et qui représente la même scène avec quelques variantes; Micali, Monum., 1833, pl. 89. — PI. Ill, fig. 2. Skyphos. Athéna assise et Hercule jouant de la lyre, debout; ces deux personnages regardent à droite; Hermès assis regarde à gauche; les sièges ne sont pas des ocladias, mais des sortes d’escabeaux massifs. Représentation d’IIercule Musagète, Ulpay.Ar,; — Pl. IV, fig. U, U. Hercule

combattant l’hydre en présence d’Athéna. — Pl. V, fig. 1. OEnochoé. 'Hpac/.).-?;? MoacayÉTYi;, debout, jouant do la lyre, regardant à droite; en face du demi-dieu Athéna également debout. Pl. VI, fig. 1. Thétis et Pelée entre deux femmes. — Pl. VHI, fig. 1. Sorte de cruche. Ulysse, sous le bélier, j)asse devant Polyphénie, assis à terre, nu et tenant une massue de la main gauche.

(3) \oyez troisième époque, «uses à figures ronges, pour les changements qui modifièrent ce style.

{i} Benndorf, pl. XXIH, fig. 2; Heydemann, pl. V, fig. 2; fCollignon, Catalogue des vases peints du Mus. de la Soc. arch., n“ 380.]

DE LA GHÈCE PROPRE

avons sons les yeux un Génie funèl)re réininin. Alais, pour démontrer cette opinion, il faudrait que les vases du style de Locrcs trouvés en Grèce fussent mieux connus.

Dans la pénurie où nous sommes de ce genre de monuments pour ce |)avs (i), la liste de ceux que j’ai fait dessiner comme inédits, en Attique et à Corinthe, offrira quelque intérêt (2).

1. Lécythus, Varvakeion, hauteur 0”, 27. Sept figures. Trois liommes nus en jettent à la mer deux autres qu’ils tiennent par des cordes. Un homme assis regarde la scène; demi-vaisseau où l’on voit un prisonnier lié [)ar les mains; dauphin et poulpe marin qui indiquent la mer. Au-dessus de la scène, bande ornée d’une grecque. Dessin soigné (3). — 2. Lécythus, Varvak., hauteur de la ligure, 0“,06. l'iphèbe marchant à droite, regardant à gauche, tenant un bouclier rond et une lance de la main gauche, un casque de la main droite; couvert d’une tunique et d’une cuirasse. Le reste du vase est occupé par quatre palmettes élégantes. Travail soigné (4). — 3. Lécythus, collection Rendis, à Corinthe; hauteur de la figure, 0”,06. Ephèbe nu regardant à droite ; la chlamyde est rejetée sur l’épaule, de la main droite il tient une boule ou une balle, de la main gauche un long bâton ; à droite grand socle qui paraît être rectangulaire. Lettres tout autour du personnage, mais n’oil'rant pour moi, jusqu’ici, aucun sens (o). — 4. Lécythus, Varvak. Dénie ailé, masculin, nu, volant à droite; il tient une lyre et une pattire. Rinceaux élégants. Dessin de la bonne époque, hauteur de la figure, 0“,11 (6). — 5. Lécythus, Varvak. [Collignon, Cataloriae des Vases peints de la Soc. arc/)., 11” 372]. Femme assise, vêtue d’une tunique à manches flottantes, regardant à droite, tenant une guirlande au-dessus d’une corbeille; hanhuir de la figure, 0"',06. — 6. Alabastron; collection Rendis. Personnage regardant à droite enveloppé d’un ample manteau, tenant un bâton; au centre un autel; Zeus regardant à gauche étend une patère, signe de la libation qu’il re(;oit; hauteur des figures, 0”,8o. — 7. Lécythus, collection Philémon, à Athènes. Génie ailé volant cà droite', nu, masculin. De la main gauche il tient un oiseau, de la main droite une branche végétale. Hauteur de la figure, 0“,06. — 8. Lécythus, Varvak., hauteur 0'“,20. j Collignon, 11“ 381]. Génie dé[)loyant deux grandes ailes, enveloppé d’un ample manteau qui recouvre la tunique, marchant à droite. — 9. Lécythus, Varvak., hauteur 0”, 20. |Collignon, n" 392]. Femme

(1) Voyez encore Beiindorf, pl. .\IX. lig. 3; lécythus à fond blanc et à figure noire an trait; une Victoire ailée, vêtue, tenant une torche, marche â droite. Inscription NlbE.

(2) [Voy. la notice que j’ai consacrée aux types dits de Locres dans le tome I, pp. 370-372. ]

(3) rCe vase est reproduit dans le tome I, pl. xxin.J

(4) [Voy. le tome 1, pl. xi, 2.]

03) [Voy. le tome I, pl. xi, 3]. Cf. Heydemann, />/e Vasensnnmüumicn des .Museo nazionnle zn .\ea/)e/, n“ 2872; inscription /tt,cxv (probablement pour y.rr^zx-)) ao'. txv c'g.pxv (l'pz'.pav). Cf. de Witte, .Mon. dell’ Inst. 11, p. 112; Raoul-Rochette, ./oiini. des Saennls, 1823, p. 483.

(0) [Voy. le tome I, pl. xi, 1.;

PEINTURES CERAMIQUES

fuyant à droite, regardant à gauche; de la main droite elle tient sa tunique; elle étend le bras gauche comme si elle parlait à un [»ersoniiage qui la poursuit. — 10. Lécythus, collection Tripos, à Corinthe, hauteur O"*, 18. Lutte d’IIercule et de Nérée (I). Nérée tient un dauphin; une femme qui s’enfuit à gauche porte le même attribut. Dessin soigné (2). — 11. Lécythus, collection particulière à Athènes; hauteur 0"',20. Déméter sur un quadrige marchant à droite, précédée d’Hermès; derrière le char, personnage peu visible qui joue de la lyre. Scène fréquente sur les lécythus à fond rouge. — 12. Athènes, collection particulière; fragment de lécythus. Femme apportant une handelette sur un autel, hAAOSi. — 13. Athènes, Vorvak., fragment de lécythus [Collignon, n“ 378]. Femme apportant une.corbeille qu’elle tient au-dessus d’une table rectangulaire sur laquelle on voit des guirlandes de feuillage. Inscription KAAO^ ^NIAON [rectifié NIKON par M. Collignon]. Inscription incomplète; rapprocher ce vase du numéi'O 12. — 1-4. Athènes, Varvak. [Collignon, n" 379. j Alahastron orné de palmettes élégantes. Autour du col, inscription à la peinture noire HOPAISiKAUOSÜN Al . Les inscriptions sont encoi'e très rares sur les monuments de cette classe (3). — 15. Athènes, Varvak., lécythus, hauteur 0“,2o [Collignon, n" 383]. Cocher monté sur un char, vêtu d’une longue robe ornée de petites croi.v au trait; char tà quatre chevaux; au second plan Athéna casquée, tenant la lance; «à droite, personnage assis sur un diphros. Lettres dans le champ qui me |)araissent être iudéchilfrables : entre le cocher et Athéna KCO, derrière Athéna K>0 et au-dessous 0)r, entre les personnages assis et les chevaux SO#J. — 16. Lécythus, même musée, hauteur 0“,lo [Collignon, n"361]. Sphinx accroupi que regarde (Edipe vieux, appuyé sur un hàton (4). — 17. Lécythus, même musée, hauteur 0“,19 [Collignon, n” 375]. Deux Satyres, l’un portant une coupe dans laquelle s’élève une llamme, l’autre une amphore ([u’il tient sur l’épaule. Entre ces deux figures, inscription dont il reste les lettres AA.- — 18. Même musée, hauteur 0“,18, fond gris. [Collignon, n“ 384 1. Homme nu, tenant deux flèches ou deux lances, conduisant un cheval, précédé d’un autre personnage (}ui porte également deux lances. Au-dessus du cheval KAAOS. — 19. Même musée, hauteur 0'",19. [Collignon, n" 264.[ Minerve casquée, sur un char, tenant une lance. Hercule, armé de la lance et du bouclier béotien, frappe une Amazone coiffée du bonnet phrygien et tirant de 1 arc. — 20. Lécythus, musée de l’Acropole, hauteur O^jlG. Femme ailée volant à droite, tenant une couronne au-dessus d’une table de forme rectangu-

(1) Scène fréquente, dont une des plus belles reproductions se voit sur l’hydrie de Timagoras, an musée Napoléon III.

(2) .Mémo sujet sur un skyphos à figures noires; collection particulière à Corinthe. Quatre Néréides; Nérée ne tient pas le dauphin; son corps en queue de poisson se termine par un cioissant comme sur le lécythus de la collection Tripos. Beau travail.

(3) Voyez encore lU" 15, 17, 18.

( ij Au musee de 1 Acropole, môme repiafsentation sur un lécythus de même style. [Cf. Collignon, n““ 362, 363. Un lécythe inédit du Louvre, appartenant à la même classe, représente le Sphinx tenant dans ses griffes un homme mort; un homme debout et drapé semble lui parler; derrière lui un éphèbe appuyé sur un bâton.]

Iciin* (1). — 21. Lécythus, même musée, hauteur 0“',18. Eplièbe près d'une stèle à j)almette; il lève les bras. — 22. Lécylbus, même musée, hauteur 0“,16. Femme vêtue d’une longue robe, ailée et volant à droite. File tient deux patères. — 23. Lécytbus, Varvak., hauteur 0“,20. [Collignon, n” 369. J Guerrier armé de la lanee, marchant à droite dans l’attitude de l’attaque; la chlamyde recouvre le bras gauche, qui est porté en avant.

Ce catalogue, où j’ai es.sayc de réunir les types principaux des vases de cette elasse qui se voient en Grèee dans les collections privées ou j)ubliques, permet de se l'aire une idée de ces monuments. Il est tout d’abord certain que la dénomination des vases dv Locres ne |)eut être conservée. Ges jjrodults céramlf|uc.s sont pins nombreux aux environs d’Athènes que dans la Grande Grèce. On les trouve aussi à Corinthe. Toutefois ce [)rocédé paraît avoir été d’un usage beaucoiqj moins fréquent que la peinture noire sur fond rouge. On l’a, en général, employé pour des œuvres soignées. La forme la plus ordinaire des vases de ce groupe, en Grèce, est l’alabastron et surtout le lécythus. Quant aux sujets, il n’y avait pas de règle précise ; on peignait ainsi des scènes variées. Il semble cependant que le caractère de ces représentations, quand elles étaient peintes sur des lécythus, fut surtout religieux ou funéraire (2).

Essai de classification. — Si l’on voulait composer une étude d’ensemble sur les vases de la Grèce propre, on aurait quelque peine à trouver une division simple pour les produits de cette période. Les différences entre les objets qui se rapportent à chaque temps ne sont pas toujours nettement marquées. Il faudrait à la fois grouper les monuments selon les analogies de forme, les ressemblances de fabri([uc, et

(!) Sur ce vase elles trois suivants, les figures ne sont pas noires, mais de couleur jaune pâle. Toutefois le style général rappelle tout à fait les monuments qui précèdent. [Sur l’introduction de la polychromie dans ce genre de peintures, voy. le tome 1, p. 371.]

(2) On possède un assez grand nombre de belles coupes où les figures noires sont tracées sur fond blanc. Mais, jusqu’ici, ces vases se sont rencontrés surtout en Italie. [Cf. le tome 1, chap. XIX.] Voyez la section suivante et Otto Jahn, Calnl<)(juo. cité, n“ 208, cylix découverte à Egine et représentant l’enlèvement d’Europe; Benndorf, coupe conservée sur l’.Vcropole, jtl. XI, fig. 3; Hercule combattant une .Amazone [KJAAO$ et au-dessus de l’.Amazone la lettre N qui rappelle les noms lO.'jasvr, et ’.AvT'.iTtri ; Fiorelli, Notizia dei vasi rhivenuti n Curna,

pi. vm.

PEINTURES CÉRAMIQUES

.Si

selon les périodes auxquelles ils appartieuueuL En tenant compte de ces trois principes de classiticalion, il serait possible de présenter un tableau de riiistoire ilc la céramique à cette époque.

1 . — I^es vases anciens sur lesquels on retrouve les bandes d’animaux du style corinthien et des personnages, sont Iréquents en Etrurie, mais rares en Grèce. Ils doivent évidemment former une première classe. Dans ce genre, le musée de l’Acropole possède quelques beaux exemplaires, par exemple des amphores très simples, dont la haute antiquité est certaine. L’une d’elles porte sur le col une tète de prolil regardant à gauche, sur la panse un cygne entre deux gazelles (hauteur 35 centimètres). Les couleurs sont sans éclat; l’exécution a été rapide et maladroite. Une seconde amphore offre comme décoration un coq de haute taille entre deux personnages enveloppés d’un manteau (hauteur 24 centimètres) (1). Le procédé d’exécution est le même.

2. • — On trouve aussi dans cette collection des fragments de grands vases beaucouj) plus linis. Un de ces fragments porte un buste de jMiner\c de pi'olil, malheureusement incomplet; la tète et le cou mesuraient de 5 à 6 centimètres de hauteur, ce qui indique une poterie de li'ès grande dimension. L’exécution est large, mais le détail n’est pas soigné; le blanc et le rouge relèvent les teintes noires (2).

3. — Il faudrait réserver une classe particulière pour les peintures traitées dansle style du vase François. L’im|)ortan(;e de ce monument expliquerait celte subdivision spéciale (3).

4. — La quatrième classe comporterait tous les [produits céramiques de petite proportion, pyxis, skyphos, coupes, etc., qui portent des figures très anciennes, d’un art tout primitif, surchargées de couleurs voyantes, de rouge, de blanc, de violet, et cpil représentent surtout des processions. De curieux spécimens de cette classe, qui n’ont qu’une valeur d’art secondaire, se voient dans les musées d’ Xthènes.

(1) Le revers est endommagé; deux personnages regardant à droite, un troisième regardant à gauche. Même musée de rAcroi)oIe, lécythus à figures noires, ()“,24 ; co([ sur un piédestal, regardant a droite entre deux rhabdophores, chien à côté du personnage qui est à droite.

{i) Ce fragmenta 0“,I4 sur 0“,I0. La largeur du corps, aux épaules, était de 0“,1I à 0®,L2. On ne peut savoir si 1 artiste avait représenté le buste ou la déesse tout entière.

(3) Voyez plus haut, p. 49, vases divers.

DE LA GRECE l’RÜPKE.

5. — Les poteries où la ligure noire est traitée avec la perfection qu’on ne retrouve d’ordinaire que sur les peintures rouges sont encore peu nombreuses. Nous en avons cependant des exemples qui méritent de former un groupe particulier (i).

Les divisions suivantes n’ont pas besoin d’ètre justifiées.

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