IL, X.XIII
(3) Je ne sais si on peut trouver le rapport du bronze à l’or dans le passage où Glaucus
échange ses armes contre celles de Diomède : ÉvO' a\j-t r'/.a'jxw Kpovio-rj; èçsaîto Zsûs, |
Ttpôs Tuô£iÔT|V At.ou.T|6îa ~vjyz' aaîiêîv j ypuaea yaAxstiüv, sxaTÔaèo'.’ ÈvvîxêoCojv. IL, VI, 231. On peut accorder plus ou moins d’importance à ce texte; du moins ne paraît-il pas indiquer que l’or eût une valeur relativement faible.
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navigations, vx-j-jt/tlitToc, très bon ouvrier, xoX’jr^aè^oc^oç, it était un sujet d’admiration. Il apportait des milliers de parures, aupia àOipjxaTa. Les Sidoniennes excellaient à broder, à orner les péplos ; Paris en avait amené à Troie; elles savaient faire de brillants ouvrages, ày>.aà é'pya (i); les Garieiincs et les iMéoniennes, — ce sont toujours des Orientales, — teignaient l’ivoire à l’aide de la pourj^re; mais surtout Sidon était riche en bronze, elle forgeait beaucoup d’objets variés, xoÀVi,
des agralcs, -ôpizx;, des fibules, yyxy.Kir'x.; ()’ D.lxxç, des anneaux, •/.aXuza;, des colliers, opjzou; (2). Les marchands apportaient sur les côtes des chargements de tous ces objets pour la vente quotidienne; pour des achet(uirs d’exception, ils avaient des cuii'asses, des armes de prix. Mais ces marins si industrieux étaient aussi la terreur des Grecs. On les appelait tzoIu-xa-xIoi^ les hommes très fins, ceux qui savaient tromper, x-x-r?Ax £irLT£ç, ceux qui exploitaient, dévoraient, TpwzTai, et qui faisaient une foule de maux aux hommes ; riT0£v àv-zp £Ùhoç, | Tpw/.Tz;,
0; tajVkx xxyS àvOpto-orav £copy£i (3). Le Phénicien avait quelques-uns des caractères du juif du moyen âge, mais il était puissant et appartenait à un l']tat [‘égulier. l^armi tons les récits de l’antiquité qui nous montrent comment il agissait avec les Grecs, celui que fait Eumée de l’enlèvement de sa nourrice, bien que très connu, est si vrai et met si bien sous nos yeux la réalité, qu’il est peut-être permis de le rapporter ici.
Le |)ère d’ Eumée, Ctésios, était le principal notable de Syros, île petite, mais cpil nourrissait des bœufs, des brebis, possédait des vignes, du blé, et comptait deux centres de population. La maison du roi était haute; elle as ait une grande pièce où se tenaient les femmes, diverses dé|)endances, et sur le devant une sorte de péristyle orné de tables, où Ctésios s’asseyait pour boire avec les autres notables. C’était là qu’ils se concertaient avant de se rendre à la réunion du peuple. Un jour arrivèrent à Svros, sur des vaisseaux noirs, des Phéniciens. Eumée leur donne les épithètes ordinaires; ils apportaient toute une cargaison de petits objets, des parures, une pacotille. Ctésios avait une esclave de Sidon que
(1) Od., .XV, ils.
f"2) //., XVHl, KM). Homère parle d’Héphaistos ; il prête à un dieu ce que font les Phéniciens.
(;i) Od., XIY, 28S; XV, 116.
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(les Taphions lui avaient vendue; cette femme, en lavant au bord de la mer, |)rès des vaisseaux, lit connaissance avec ses compatriotes, qui lui proposèrent de la ramener dans la maison de son père, le riche Arybante; ils ne voulaient que rcmmenei* pour la vendre un bon prix. Le projet n’était pas facile à exécuter; il fut convenu que les Phéniciens n’auraient pas l’air d’avoir remarqué la servante, mais qu’ils la préviendraient au jour du départ. Ils restèrent une année à Syros, vendant des bracelets, des colliers, des bagues, prenant en échange des produits qu’Homère ne détaille pas, ce sont surtout des vivres, jiioTov tcoIIv, probablement du blé, des peaux, tout cequerîle j)roduisait; le bateau en était rempli. Le moment du départ étant venu, ils envolent un messager à la servante; cet homme rusé, vient offrir chez Ctésios un collier foi'iné d’or et de morceaux d’ambre, comme nous en trouvons encore quelquefois dans les tombeaux. T^es femmes de la maison et la maîtresse prennent <( dans les mains » le bijou, le retournent dans tous les sens, et, dit Homère, « le regardent des yeux » ; on j)arie du prix. Cependant le marchand a fait conqjrendre à la servante qu’elle doit se rendre au bateau; elle sort avec le petit b]umée, non sans emporter trois coujjes ; (juelques heures après, les Phéniciens avalent disparu. A|)rès six jours la nouii-ice mourait; ils vinrent à Ithaque, où ils vendirent Eumée. Tel était dans bien des cas le commerce phénicien; il se faisait à loisir et longuement; il consistait à échanger des œuM’cs manufacturées contre des produits naturels; il était dans les habitudes du temps; s’il inspirait de la défiance, si les Grecs devaient craindre d’ètre enlevés comme esclaves, il est visible cependant qu’il était régulier et considéré comme tel. Ceux qui ont enlevé Eumée ont vécu librement durant une année entière dans le port de Syros; ils sont jjassés bien des fois devant le péristyle sous lequel Ctésios buvait et dissertait avec les notables; ni le peuple ni les rois n’ont pressé ces étrangers de reprendre la mer.
fin faisant dans les peintures d’Homère la part de la fiction, il est possible de se figurer l’industrie qu’il avait sous les yeux. Nous avons vu ce que d(3nnalt l’art national, et condjien il était j)eu avancé. Ce sont les produits phéniciens et chypriotes ou (jii’ll décrit ou (pii lui tournissent les moyens d’inventer des œu\ rcs merveilleuses surtout cptand
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il pai’lc des métaux (i). l^es armes, l’épée, lecouleau, jxzyatpa, qu’on
porte près du ;'/po:, ne diffèrent pas beaucoup de ceux que nous rcmar- ([uons sur les bas-reliefs de Ninive. Les rois d’Ass} rie, comme ceux de l’Iliade, ont sur les épaules un lar^c baudrier, T£).a;.».cov, qui supporte l’épée; dans la ceinture, une ou plusieurs armes courtes. Les poignées sont en ivoire et travaillées, le Iburreau, /.oTveoc, en ivoire ou en métal |)récienx, est orné comme la |K)ignée. Ce sont des détails qn’IIomèi-e n’oublie pas et (pie les sculpteurs de Ninive ont soin d’indiquer. L’ivoire était employé jiour les manches, /.w-'/t, d’un grand nombre d’objets, même pour les clefs. A Nini\e comme en (irèce, les combattants se servent de char. Ils ont de grands boucliers, des casques, des lances, des masses d’armes. A Ninive, Ijcaucoujj de soldats, surtout les archers, portent une longue colle formée de plaques métallicpies disposées sur six ou huit rangs; c’est là, si je ne me tronque, ce chiton de bronze qui méritait aux soldats l’épithète de /ocXxo/Lcovs;. l.cs Achéens sont le Aoco; /7.ax,o/i,'t(ov (2). Je ne crois j)as que le mot ait tout à fait le sens de /y. wpr,L qui désigne surtout ceux cpii ont des cuirasses. Le chiton est |>lus long, il tomlie sur les jambes, et les bas-reliefs de Khorsabad ou de Nimroud expliquent très bien l’Iliade. On peut considérer comme une onivre en grande partie réelle la cuirasse d’Agamemnon. Klle était lormée de dix zones, wj.rA, d’nn métal noir, [X£>.avo; /.uavoio, de douze zones d’or et de vingt zones d’étain, ■/.T.aaiTiowj-, de cliacpie C(Mé, trois serpents élevaient la tète vers le col de la cuirasse, semblables à l’arcen-ciel. Nous aNons là une armure en forme de chiton, jilus brillante que celle des ’A/atol yaAx.oyL(ov£;; l’or en oeeupe le milieu et brille ainsi sur la poitrine; les lames d’étain tombent jusqu’aux genoux; c’est la partie la plus longue. Les boucliers achéens sont tout à fait du même
(1) Les métaux, l’or, l’argeut, le cuivre, relectruiu, rjA/rpov, l’étaiu, y.y.nni-irjo;, Livoire, èli'fx;, cl le y.'javo;, substance doul les caractères sont encore indécis, mais qui devait être bleue, venaient de l’Asie. Les Grecs de ce temps connaissaient le fer; ils l’employaient surtout i\ l’agriculture, ou pour fabriquer des objets d’usage journalier. .4 Ninive, M. Place a trouvé des quantités de fer considérables; on a constaté la présence de fer dans les plus anciennes tombes de Cbaldée, en particulier à Warka. La Gbaldéo paraît en avoir fait usage avant l’Egypte; cependant il semble (pie pour les Assyriens, comme pour les Grecs, le bronze surtout servait faire les armes.
Ç2) Homère donne aussi celle épithète aux Troyens, aux Béotiens, aux Grélois.