‹ Les céramiques de la Grèce propreChapitre 53 sur 94 · F L U EN C E 0 IM E N T A L E · texte numérisé non relu

F L U EN C E 0 IM E N T A L E

genre cjne ceux de l’Assyi-ie. Ce qui les earaclérlsc, c’esl une série de cercles, que le poète peut multiplier à son gré, mais qui sont l’élément essentiel de la composition. Ceux que iM. lîotta a réunis sur la planche i6o sont décorés d’après ce pi'incijje. Homère y indicpie des bossages ronds, hu.ojXry. : le bouclier d’Agamemnon avait vingt de ces d’étain blanc, et un point noir central, iv.sla.vo; -/.'javo-.o. Nous retrouvons ces bossages sur tes bronzes des nécropoles étrusques et sur des disfpies que quelques savants ont regardés comme des produits de la pure Industrie aryenne. Les harnais des chevaux sont ornés de ditïérentes manières, en particnlier de motifs d’ivoire, ôvt'a Xvr/.' èXsW.vti. A Ninive aussi, cette décoration est |jrodigu(‘e sur les harnais et sur les brides. Il y a certainement de grandes difféi-enecs entre les j)crsonnages tics bas-reliefs d’Assyrie et ceux de l’Iliade; l’ampleur du costume, surtout poui* les rois, ne se retrouve pas dans Homère. Les longs cheveux des Achéens, oriOev /.ou.ôojvts:, ne rappellent pas nécessairement la chevelure à étages des Assyriens; nous ne savons jias exactement si les enémides étaient les mêmes chez les deux peuples, les Achéens les attachaient sur le mollet, les Assyriens pres([ue toujours sur le dc^ant de la jambe; le casque remplace tout à fait la tiare, il a une crinière, deux elmiei's, des panaches tpii lui sont propres, TeTpaçzlzpo;, ÏTTTToupoç, (i).

Eidin et surtout, tout est plus libre, plus dégagé dans l’armement grec; mais quels (pie soient ces traits de dissemlilance, les rapjiorts sont évidents, et on les explicpie très bien j^ar un peuple intermédiaire qui a connu les deux civilisations.

Homè re décrit les sièges, les trémes, les escabeaux pour les pieds, les lits de table et les tables mêmes si brièvement (pie nous ne pouvons pas nous ligurer, si nous nous bornons à le lire, ce (prêtaient ces meubles; mais si on remaixpie le très grand rapport ({ue les plus anciennes peintures grecques de ces objets ont avec les représentations de Ninive, on

(1) Les j)arlies du casque destinées à protéger les joues sont iiuli(iuées par l’épithète /aAy.o-n:c£pr,o:. Exemple très précieux de casque grec sur un vase de Mycènes cité p. 5S. Vhjyez aussi Schliemann, Mycènes, |). :211 ; indication du nasal, du couvre-nuquo, de panaches latéraux, d’un cimier d’où part une queue de cheval. Sur les casques assyriens, suivant les époques et sur les casques chypriotes, voyez Heuzey : Sur un pelit vase en forme de tête casquée, Gazette archéologique, l.S.SO, p. tio.

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sera ohli^^é d’admettre que le mobilier homérique et celui des Assyriens, sinon pour la richesse, du moins pour les formes, devaient se ressembler beaucoup.

Les rares bijoux dont parle l’Iliade s’aeeortlcnt avec ce que nous savons de l’orfévrei'ie asiatique; ils s’expliquent souvent par les objets découverts dans les nécropoles les plus anciennes de l’Italie, où l’intluence orientale est évidente à tant d’égards : par exemple, les toûôvxi /.Voî'tiv àpap’jîat, épingles fixées à une attache habilement recourbée, ou encore munies de deux branches, a'jAoî^7iv .îuL'ao'.Tt; les -6^-y.i, sortes de fibules et d’agrafes que l’on rencontre à Géré et ailleurs. Il semble (pie la -ô^Tzr, soit le corps de la fibule; la -epovvî en est l’aiguille, la pointe; elle se réunit à la Tüôp-v) comme, dans la jambe, le péroné se réunit au tibia. Les yJ.r.ih; sont les points de jonction, l’endroit où les deux morceaux de métal s’articulent. Nous avons déjà remarqué les colliers formés de morceaux d’ambre, réunis par un (il d’or et mêlés à des ornements du même métal, ypu'rsov opiy.ov é/cov, p,£Tà r/>v£^Tpot'7iv èesto (i). Nous ne savons pas exactement ce cpie sont les ï^y.y.-y. Tp'yX'/îvy., y/jpôsvTo.; ces boucles d’oreilles ont trois yVôva;; je crois que l’artiste veut désigner trois parties brillantes, sans indiquer des jiierrcs [u'écieuses enchâssées. Un grand nombre de pendants assyriens sont composés de deux tiges d’or se coupant en croix et formant ainsi trois masses principales (2). Plus tard seulement, semble-t-il, les Grecs connurent les boucles d’oreilles à trois pierres apj)clées 'rp'.o'pOyAu.a, TpioTTty., TpiorruL: et rpio-t;. Dans ces vers :

TŸ;ai. -TTXp’ ElvaETïç ^àlxï’jov ôaîôïAa teoAAcx,

lIôpTxa; TE, yvajATETix; 0' EAixa:;, y.d'Auxaç te xal opp-ouç (3).

nous savons ce ([ue sont les -ôp-at. et les opp.oi, les fibules et les colliers; pour le scholiaste, les yva|A7TTaî sont des pendants d (treilles ou des l)racelets, èvcotix, 'j/énia; le mot Da; ludique plus (pi’uu simple cercle, une spirale ; <éest la forme fréquente des bracelets sur les bas-reliefs assyriens. Kuslathc émet l’opinion que jjar les /.xW.s; Homère entend des

(1) Od.^ XV, i(!0. Opaov... yp'JTSOV, T| A£XTpOI.TI.V ÈEpxÉVOV, y.éU.ov (ü^. (hl, XVIIl, !293.

(^l Botta, pl. IHl.

(3) II., XVIIl, 400. 11 s'agit dos travau.v d’Héphaistos, retiré durant neuf ans près d’Eurynoino et de 'l'hclis.

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bagues semblables à des bouLons de rose : £;7.<psp£Î:; cette expli¬

cation n’olTre pas une idée nette; un autre commentateur exprime une opinion plus sérieuse : /p-j-rà; -ripiyvar, w; olov Gco>/;viV/.oijç, al; rspis-

yovTxi, corps long et creu.x, sorte de petits tuyaux dans lesquels on serre les cheveux ; ce sont des sjnrales métalliques de til léger qu’on trouve souvent dans les tombeaux et qui ont un diamètre si étroit qu’on m' peut y reconnaître des bracelets (i). Les archéologues en ont longtemps Ignoré l’usage ; mais lAIM, Castellani ont vu une de ces xâW; homériques ([iii enserrait encore une toufl'e de cheveux. Ces sortes d’objets sont nombreux dans les musées. Hésiode, décrivant la stephanè de Pandore (2), dit qu’Héphaistos y ht des bêtes marines ; A7.uL.A7. -rAlk Oxoaa î^£'767.t, I /.vwfL.).’, 017’ r,T7£tpo; mXlà Toey-ei OxXa-7'77.. Si ce détail n’était pas isolé, il serait d’un grand intérêt et pourrait être rapproché utilement des objets récemment découverts qui portent des octa]>odes et des coquillages; nous aurions un texte classique pour commenter les vases et les bijoux dont l’ornementation est à la lois florale et marine; mais il est jmssible, ce passage étant unique, qu’il ne faille voir ici qu’uiu' ex[)ression générale, les bêtes de la terre et de la mer.

Pour la technique des métaux, onremar([ue : 1" l’usage des apphhpies; 2" remj)lol des clous; S"* les ciselures et les Incrustations; 4” h\ décoration végétale. L’or qu’Homêre répand à profusion est ordinairement appliqué en feuilles très minces; des jjhujues de bronze recouvrent les murs; c’est suidout la partie extérieure et visible que décrit le poète, on voit qu’il néglige le siqjport, la partie résistante. L’usage des appliques à cette époque était général ; les métaux précieux trouvés à .Mvcênes sont presc[ue toujours en feuilles minces, souvent ornées de dessins. Des appliques plus épaisses se sont rencontrées en grand nombre à (L‘ré. Le trésor d’Atréc, si vi’aiment il était recouvert de bronze, ne serait pas une exception; les chambres et les murs qui dans l’Iliade ont reçu un revêtement de métal, aAa'i, [)euvent très bien ne

pas être des fictions rpii n’aient aucun rapport avec la réalité (3).

(I) Hesycllill-S, KâA’j;, a-jo'.'fi, ao^lr^'r.ny.o;.

Ç2) l'heiH/., 578.

(3) Paus., Il, 23, 7, .XxAx.oj; OâAaij.o; à Argos.

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Le clou r,>.o; paraît partout dans Homère; les épées, les couteaux, yava, les sîègcs, Ics sccptrcs, sont àpy'jpôr,Xoi OU oiit dcs clous d’or. Les coupes mêmes reçoivent des clous ; rL'Tra:... ÿrp’jGetot; 'riAoiTi xerapyivov. C’est la preuve (jue l’art de tondre et de souder les métaux est tout au moins encore impartait. Le témoignage d’Homère est d’accord avec un certain nombre d’objets précieux où il est visible que la soudure est tout à tait iusutfisante et cpi’il a tallu recourir à des moyens moins savants. Homère cependant parle d’un merveilleux ouvrier (pii coule l’or autour de l’argent, ypurrov TOpiysisTai àpy'jp:o; d s’agit d’un cratère d’argent dont les lèvres sont décorées d’or (i). (Sal/.mann, Camiros, pl. 2.)

Le procédé ordinaire pour décorer les armes et les meubles est l’applique ou l’incrustation ; on fixe, ordinairement dans ou sur le bois, du métal, de l’ivoire, de l’ambre. C’est ainsi cju’Ulysse décore son lit, cpie sont ornés les sièges, les tables, les épées, les couteaux. Cette tonne de l’art paraît avoir été une des premières c[uc les Grecs employèrent pour représenter des scènes ligurécs ; à détaut d’objets conservés dans les collections, nous pourrions du moins rappeler le cottre de Cypselus, que décrit Pausanias (2).

Homère appelle les cratères et les lébés de métal avOeycievre;. Il ne se tùt pas servi d’une autre expression s’il eut voulu désigner toute une série de vases grecs de stylo oriental ipii sont décorés de rosaces, de teuilles et de boutons de lotus. Lu général, les grands récipients de bron/.e d’une époque reculée (pie possèdent nos musées, à côté des fleurs, portent des animaux asiati(pies, mais ce n’est pas une raison pour refuser d’admettre (jue les cratères liomérl(pies aient été surtout ornés des fleurs de l’Orient; la connalssanee que nous avons du développement de ce style nous permet de prendre l’adjectif àvO£[7.Ô£i!: dans le sens propre, au lieu de ne voir dans ce mot (pi’unc métaphore pour in(li(pier la beauté luxuriante.

(1) //., .\I, 1)33. Od., YI, 232; IV, (515. Voy. p. lil, bijoux lydiens; à Mycènes, bijoux asiatiques coulés: bijoux décorés de figures géométriques, travaillés souvent au repoussé.

(2) (3n sait riisago (pi'ont fait de rinscrustation les Assyriens. Des ivoires de Nimroud étaient décorés de ])ièces de verre. Des morceaux d’argent, d’or, d’ivoire étaient incrustés dans les montants d’un trône de bronze qui vient de Van, à Londres. Epées de .Mycènes, p. 15(i.

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nous faisons de 1 industrie en Grèce à cette époque; elles sont peu nombreuses, elles reproduisent les types que nous connaissons par les découvertes archéologiques; par suite elles ressemblent déjà bcaucoiq) aux formes que développera l’époque classique. Il faut laisser de côté Vr}.rA-

ly.tvôo; et 1 àn/Jj', L’àiraij.tvôo; jiaraît avoir été une grande cuve jiour les bains; un homme y entrait tout entier, soit qu’il s’y tînt debout, soit qu’il piit s’y asseoir; tout auprès on plaçait un trépied qui donnait de l’eau chaude. L’épithètc ordinaire de l’àGaaivOo; est s’jçsGTr,, ce qui peut indiquer un récipient de pierre (i). est l’outre qui revient si souvent sur les

monuments assyriens et qui paraît avoir été d’un usage tout à fait prédominant en Asie àlineure; la fréquence de l’à^y-ô; dans toutes les scènes qui représentent des expéditions et des captifs est telle qu’on y trouve très peu de formes de vases de terre ou de métal. Dans Homère, l’xcr/.ô; est fait de jieau de chèvre ou de peau de bœuf (a); il est l'csté dans les habitudes de l’Orient grec, fœ /.'.rrrrJê'.ov (3), coupe en bois de lierre, l’à'av-.ov (4), où on recevait le sang des victimes ( j), sont rarement cités, et du reste n’avaient pas de forme ipil leur fût jiropre. Le nom du ).r,y.'jGo; paraît dans l’Odvssée, où il désigne une burette à huile; de même celui du Gx.-j'poç, sorte de coupe ((3), et du cotyle, y.oT’jXr,, petit vase où l’enfant |)auvre mouille ses lèx res à la table du riche dédaigneux (y) ; je ne crois pas qu’on trouve dans Homère le canthare, la lékané, l’alabastron, l’aryballe, l’hydrie, la cylix, le stamnos, la jiélékè, l’olj^è, le kyathos, le potérion. Les formes sont encore très simples; quehpies mots suffisent pour les désigner; les expressions d’Homère ont de plus un sens assez général où il serait difficile de reconnaîtredoujours des variétés de détail; ce sont ces variétés f[ui, par la suite, introduiront dans l’usage un grand

il) //., .V, 57(i; Od., III, 168; IV, 49, ItîH; 381. Homère parle d’àGxatvOo', d’argent, œ/., IV, 128. Les Grecs, les Orientaux, les Chypriotes, les Étrusques ont fabriqué de bonne heure de vastes récipients de terre cuite dont nos musées possèdent des spécimens.

(2) //., III, 2i7; Od., \T, 78; .X, 19.

(3) Od., XIV, 78, 112; XVI, 52; ôéttx; xî'î'i'.vov, àypoT'./ôv, une anse, aôvwTov, dit le schijliaste.

(i) Od., III, 4 il, aTtaç ÀcYÔ[/.£vov.

(5) L’aAswov est plus souvent nommé que le ■/j.n'-Æwi et l’av-viov.

(6) VI, 79, 215; XIV, 1 12. Une seule fois.

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