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courbés, et surtout la croix terminée à chacjue branclic par deux enroulements symétricpies, motif fréquent à Rhodes (i). Ce style se rencontre également à AIllo (2). Il est facile enfin devoir toute la ressemblance (pi’il offre avec la décoration des poteries de Phalère. Un lébès d’Athènes, rapporté par Burgon, représente deux lions se faisant face; la queue se termine en pointe de lance ; ils lèvent chacun une patte au-dessus d’une Heur à volutes et à pétales; dans le champ, croix gammées, croix à extrémités recourbées, croix à branches recourbées trois fois à angles droits, ornements formés de losanges réunis en forme de 8 avec point central ; sur le rebord stries, sur les anses écailles ou dessins imbriqués ; de la bande qui fait le tour du col, à l’extérieur, peudent en triangles des flots et des ellipses ; à la partie inférieure, méandre élémentaire et rosac(^ en forme d’étoile qui enveloppe la base du vase (3). On verra plus loin (chap. XIT et XV) les ressemblances que le st\le de Rhodes oifre avec d’autres poteries, en particulier avec les vases à reliefs et avec ceux du type de Milo (4). .l’ajouterai que plusieurs vases du British Muséum dont l’origine est inconnue, mais qui sont entrés au musée alors (pi’on ne faisait pas encore de fouilles à Rhodes, reproduisent tout à fait le style
q) [L’auleur a signalé encore dans ses noies une grande amphore de Géré à tond clair, avec deux bandes d’animaux, qui se trouve au Cabinet des Médailles (11° 177 C et qui est tout à fait dans le style de Rhodes. — E. P.]
(ip Sur une œnoeboé de Civila-Yecchia, voir Type de Milo, troisième partie.
(3) Birch, Histonj of ancient potlenj, L 1, p. "237, lig. 123, Londres, I.So.S; p. LSt, lig. 125, Londres, LS73. [Comparez avec une bydrie du Louvre, représentant le même sujet, Mus. Campana, XV, lo; Areh. Ze'd., 18S1, pl. 10, 1. — E. P.]
I p qi faut noter aussi la ressemblance de ce style de Rhodes avec les vases anciens attribués à la fabrique de la Cyrénaïque. Cf. Puebstein, Andiaolog. Zedung, 18.S1, p. 221, 210, pl. 10, 11, 13; Milcbbœfer, Die Aufauge der A'uust, j). 170. M. Ravel lapprocbe également du style de Rhodes et de Milo un curieux vase de style très ancien (lue nous avons trouvé, M. Reinacb et moi, dans les fouilles de la nécropole de Myrina; cf. JiulleLln de correspondance hellénique, 1881, pl. YH, p. 500 et suiv. La figure humaine, un buste d’homme vu de prolil avec un œil énorme et une barbiche pointue, les deux mains élevées dans l’attitude de la prière, y est déjà traitée avec une naïve liberté ; le fond est clair, comme à Rhodes, avec une ornementation en Heurs de lotus, croix gammées, méandres et rosaces qui rappelle beaucoup la céramique ancienne des îles. Elle devait être répandue sur toute cette côte d'.Vsie Mineure, car M. Ramsay a trouvé dans la même région un fragment de style semblable, représentant une tête de sphinx vue de face [Journal of hellenir Studios, 1881, p. 301). M. Rayet range encore dans la même catégorie une œnoeboé trouvée à Pbanagoria, sur la côte du Bosphore Cimmérien. Toutes ces observations conlirment ce que dit l’auteur sur la grande expansion de ce type. — E. P.j
TYPE DE RHODES
auquel nous donnons le nom de cette île. Comme il était natui*el de le supposer, la période d’association du style ^géométrique et du style oriental n’a pas été propre à un pays grec, mais commune à tous (i).
La variété des types que présente le style de Rhodes, les qualités d’exécution dont témoignent les sujets qu’il conserve, prouvent que ce style a diii'é longtemps. Nous le retrouvons même à une époque plus récente, mais en général sensiblement altéré. Le British Muséum possède plusieurs amphores de ce genre de couleur claire, décorées sur le col de larges méandres, sur la |)anse de grandes volutes : l’un de ces vases |)orte un homme nu courant ; sur d’autres exemplaires on voit un oiseau, un chien saisissant un lièvre. Une très petite amphore de cette catégorie conserve l’inscription NIKO gravée à la pointe. Ces vases ont été découvciTs à côté de poteries à figures noires et à figures rouges, quel- (pieldis dans les mêmes tombeaux. L’amphore qui porte un homme nu courant était dans la même séjndture (|u’une coupe à fond blanc décoi’ée de figures noires (Hermès). Nous verrons tlans un autre chapitre le style de Rhodes associé à des inscriptions, sur un |)inax représentant Hector et ôlénélas combattant sur le corps d’Eiqdiorbe ( Caniiros, pl. LUI).
Deux vases très intéressants doivent encore trouver place ici comme spécimens d’une Aariété de ce style qui n’est re|)résentée encore que par de rares exemj.)laires ; ce sont deux œnoclioés, l’une à forte |)anse et à col court, l’autre à col allongé et à panse })lus mince (2). On dit (jue la ju'emière provient de l’Archipel; j’ai mi autrefois la seconde au Pirée; elle avait certainement été trouvée dans les pays grecs, peut-être à Santorin :
i® Fond jaune brun. Figures noires ; à l’attache du col, tresse; au-dessous couronne de pales pétales. Premier registre, griffon à tète d’aigle (3), à corps de lion, muni de deux ailes recocpiillées, enti'C une oie et un cerf paissant. Deuxième registre, deux (uu'fs paissant et un daim. Entre ces deux legistres et au-dessous du second, ruban décoré d’ornements en forme d’S. Dans le chamji exactement les mêmes motifs
(1) Voy. encore llirschl'eld, Annal/) 187f2, p. 170.
("2) Forster, A/inali, 1<S69, p. 172; Mo/in/ncnti, IX, pl. V.
(3) .M. Forster rappelle le mol ypO.;- désignant un vase, Athénée, XI, 596, F.
TYPE DE RHODES
que sur les vases de Fihodes, croix: recourbée càiix (juatre extrémités, rosaces, triangles recoupés, etc. Si ce vase n’a pas été lait à Rhodes, il a du moins tous les caractères de la céramique de cette île (conqRircr avec ('amiros, pl. XLIII).
iMème couleur de fond; figures brun clair ; retouches \ iolettcs. Le col a la forme d’un bec d’oiseau ouvert : des points, des cercles et des ornements imbriqués imitent des plumes; un rub.aii le traverse dans la longueur et se termine par une palmette. Sur la panse, premier registre, trois métojjcs séparées par des rubans qui portent des losanges. Dans les métopes deux chevaux [jaissant, marqués sur la croiqm de l’ornement en forme d’S ; panthère dévorant un cerf; le cerf est d’une exécution très imparfaite. Sur le sol grands triangles recoupés. Audessous de ce registre, bande occupée par une tresse et à droite et à gauche par des parallélogrammes égaux, .symétriques et vertieaux, qui ne tiennent qu’une partie de la largeur et cjui s’emboîtent les uns dans les autres en laissant entre eux un espace vide. Deuxième registre : enroulements réunis deux à deux et i)ortant une [)almcttc. A la base sorte d’étoiles à rayons aigus (i).
q) M. Murray [Rev. arch., décembre 1S8"2, p. 312 et suiv.), (jiii a sous les yeux les vases dTalysos et ceux de Gamiros, ne croit pas qu'ils soient d’une antiquité très dillérente. 11 est frappé des qualités d’exécution que présente l’ornementation d’ialysos; il y remarque la rosace, ({ui, il est vrai, ne se trouve jusqu’iei que deux fois, sur le vase n" 8 de notre planche 111 et sur un exemplaire récemment trouvé en Crète; il faut reconnaitre qu’elle n’est pas d’un usage fréquent, mais (jiie selon toute vraisemblance on en trouvera encore d’autres exemples pour des époques où elle n’était pas devenue un motif général île décoration. M. Murray est frappé de la forme ‘J de la planche 111; il ne la croit pas très ancienne. Nous avons noté (p. -li; qu’elle existe dans la collection de Santorin, et iju'elle se retrouve en Egypte. 11 observe que le potier d'ialysos soignait le devant du vase et négligeait au contraire la partie opposée, ce qui se voit souvent à l’époque gréco-orientale; il trouve dans ces rapprochements l’indice que les deux époques ne sont pas éloignées. 11 y a trace de cette tendance dans la décoration de Santorin dont les autres caractères offrent des sujets de rapprochement si nombreux, et souvent une complète similitude avec le style d'ialysos. M. Murray signale enfin des objets trouvés à lalysos; sur une gemme de cristal est gravé un taureau près d’un palmier, travail d'une industrie très avancée; une petite figure en ivoire représente une femme dans le style des Rranebides; nne petite chèvre de bronze parait être du même temps ; une pilte de verre porte un sphinx. .Mais, depuis que nous commençons à connaître la sculpture de la Chaldée et de la Babylonie, il faut une grande réserve dans les conjectures que l’on fait sur la date d’imivres souvent remarquables; en Assyrie surtout, l’art a reproduit de bonne heure, avec une étonnante vérité, les animaux. Le scarabée d’.Xméno-
TYPE DE RHODES
phis III n’est pas, d’api'ès M. Murray, un argument pour fixer une date, et il a tout à fait raison ; ces sortes d’objets étaient souvent fabriqués longtemps après l’époque où avaient régné le? pharaons dont ils conservaient les noms. Nous avons à Camiros des scarabées ornés du cartouche de ïoutbmès III; quelques-uns gardent des traces de dorure, ce qui semble indiquer qu’ils servaient comme ornements. M. Heuzey [Catalogue des figurines de terre cuite du Louvre, p. 213) cite un scarabée de Khoufou ou Chéops (IV^ dynastie, époque des Pyramides) qui, d’après le témoignage de Salzrnann [Rev. arch., N. S., t. VIII, p. 1), a été trouvé dans un tombeau de Camiros dont tout le contenu est au Louvre : ce sont des coupes noires, des vases à fond clair avec zones d’animaux, des idoles de terre cuite qui n’indiquent pas une époque plus reculée que celle de beaucoup d'autres tombes rhodiennes. La vérité est que nous n’avons aucun document qui permette de dire l’époque h laquelle appartiennent les vases d’Ialysos; nous ne pouvons déterminer qu’une date relative, et encore bien plutôt pour la place qu’occupe ce style dans l’histoire générale de la céramique, que pour tel ou tel vase et même pour telle ou telle série de vases trouvés dans un lieu particulier. Or il est évident que le type d’Ialysos appartient au style floral et marin : à cet égard il n’y a aucun doute ; c’est là un caractère général qui domine toutes les observations de détail. Est-il postérieur au style de Santorin? .le crois qu’on n’en peut pas douter (cf. p. 46). Est-il antérieur au style de Mycènes? La difficulté, à cet égard, provient de ce que nous avons un véritable musée provenant des fouilles de Mycènes et seulement quelques objets d'Ialysos. M. Murray sait mieux que personne que les signes essentiels du type d’Ialysos, la pieuvre et la pourpre, les végétaux aquatiques, sont très rares à Camiros, qu’il est impossible de les concevoir comme des éléments du style oriental et géométrique de l’ile de Rhodes. Je ne puis citer qu’un seul exemple précis de ces motifs de décoration à Camiros : une amphore du Rritish Muséum porte sur le col la pieuvre; le reste de la décoration est formée d’écailles semblables à celles de la lig. 13. |il. HL C’est là un document d’une grande valeur, mais ce n’est qu’une exception.
[M. Helbig, Rus hornerische Epos, p. 38, adopte la classification de l’auteur et place les vases d'Ialysos entre le gi'oupe de Santorin et celui de Mycènes, mais plus près de ce dernier. M. Rayet, Céramique grecque, p. 12 et suiv., p. 47 et suiv., établit aussi une grande différence de date entre les poteries d’Ialysos et celles do Camiros. 11 rapproche les premières des groupes de Cnossos, de Mycènes, de Tiryntbe, d’Orchomène, et y voit les premiers essais de la céramique grecque, se form;inL en dehors de toute inlluence asiatique. Au contraire, il rapporte les vases de Camiros à la période d’influence orientale qui s’exerce surtout dans les îles, à une époque voisine du VIH'’ et du VIL siècle.
Je ue puis que signaler brièvement, à la fin de ce chapitre, les vases de Rhodes qui sont au Musée de Berlin et dont la description vient de paraître, au moment où le présent fascicule était sous presse, dans le catalogue de M. Furtwaengler, Beschreihung der Vnsensammtung im Aniiquarium, Berlin, 1885, n"® 293 à 301. — E. P. J