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CHAPITRE XI

PRÉDOMINANCE DU STYLE ORIENTAL TYPE DE CORINTHE (première époque)

Le style auquel nous donnons le nom de Corinthe dilTère sensiblement de celui de Khodes ; la décoration y est purement orientale, les motils linéaires n’y ligurent que par exception; de plus, le style de Rhodes olYre un fond clair décoré avec discrétion, tandis que sur les vases de Corinthe les accessoires plus variés sont très nombreux et forment un véritable semis sous lecpiel la couleur de l’cngobe disparaît parfois prcsc[ue entièrement. Aussi ces A'ases sont-ils d’un as|)ect jilus sombre. Les couleurs sont aussi moins nettes, les figures moins bien dégagées, souvent moins soignées; les vases des deux styles se distinguent donc à première vue (i). Nous ado[)tons pour cette classe le nom de Corinthe qui a été longtemps reçu pour l’ensemble des \ases fabricpiés sous l’influence orientale. Cette expression, même réduite au sens Cjue nous lui donnons, n’est juste que^si on la prend jiour désigner un style et non une provenance. Il est certain que les vases di' cette classe sont fréf[uents à Corinthe; on y trouve beaucoup de poteries ordinaires C[ui prouvent que ce genre de décoration y a été général. De très beaux exemplaires ont été découverts dans les colonies corinthiennes, en |>articulicr à Corfou ; enfin, la première fois que ce style, en se translormant, admet des inscriptions, l’alphabet est celui de Corinthe. Il est aussi certain ipie la plupart des exemplaires connus proviennent de pays doriens et que ce stvle est très rare dans les autres contrées de la Grèce.

(1) Toutefois, il est à remarquer qu’ils admettent comme tous les styles beaucoup de variétés.

TYPE DE CORINTHE

Cependant, les mots type dorien auraient l’inconvénient de paraître attribuer à une partie de la race grcccjne nn style particulier, ce tpii serait une hypothèse tout au moins prématurée, tandis que l’expression type de Corinthe, en prenant pour qualilicatif le nom d’une ville, (piand on sait que ces vases se rencontrent sur beaucoup d’autres points, ne peut pas tromper le lecteur; il n’implique aucun système et il a l’avantage de faciliter l’exposition.

Les formes principales, encore lourdes, sont la coupe profonde (sorte de soupière), la pyxis à corps demi-sphérique, le skyphos, l’aryballe, l’alabastre de |)etite et de grande dimension, l’amphore, l’hydrie, l’holmos, etc. Les figures de couleur rouge sombre, violacées, j)lus ou moins vives, sur un fond gris, brun, rougeâtre, reçoivent des retouches à la pointe. La décoration est distribuée en zones superposées, excepté sur les vases de jvetite dimension à panse sphéricjue. La forme la plus fréquente de toutes est l’aryballe qu’on rencontre à ])rofusion. Il paraît (jue dans certains loudvcaux on en a trouvé jusrpi’à deux cents. Les paysans grecs les appellent /.ozox.'jOia , citrouilles, et encore Ils s’imaginent qu’on soidflait dans ces vases [)our en tirer un son plus ou moins musical, en accompagnant les funérailles.

[/ornementation comporte des végétaux, des animaux, des divinités fantasticpics ; enlin nous y voyons les premiers essais de ligure humaine traitée avec indépendance.

La décoration végétale de ces vases se compose surtout de rosaces, de fleurs et de boutons de lotus, de palmettes, et des combinaisons anxc[uclles se prêtent ces trois derniers éléments. La rosace est à pétales larges plutôt qu’allongés, souvent à huit pétales [Arch. Zeit., i883, pl. lo); quelquefois, ce n’est qu’une plaque circulaire de couleur div isée rapidement j)ar des lignes à la pointe (Genick et Fuidwaenglei’, Gr. Kerandk,\A.\X.}i\ 111,3). Une des dispositions de la palmette et du lotus les plus fréquentes, surtout poui‘ les panses de vases, consiste à réunir des boutons et des Heurs symétriques (Genick et Furtvvacngler , pl. XXXX, 4); ainsi deux fleurs se faisant face verticalement, (juatre boutons, un de chaque coté des deux corolles, entre les boutons des feuilles. Comme cet ornement est souvent traité avec négligence, on n’y reconnaît pas toujours à première vue les éléments simples cjui le

TYPE DE CORINTHE

composent; de plus, les motifs végétaux, à force d’être répétés, prennent des formes de convention.

Les animaux sont ceux que nous avons vus dans le chapitre précédent : lion, tigre, taureau, bouc, daim, bélier, cygne, poissons, mais jdus nombreux, par cette seule raison peut-être, que nous possédons une suite plus riche d’exemplaires. Ils présentent aussi des caractères plus variés. Un des sujets les plus Intéressants est le poulpe sur un aryballe du Musée d’Athènes : ce motif très rare est un reste important des plus anciennes céramiques (i). Les combats d’animaux sont nombreux.

A)dmaux à tète humaine et fantastiques. OisccUi à tôle d’Iiomme barbue, Longpérier, Mus. Nap., pl. III, LXIV; Arch. Zeit., 1881, pl. 3. IV. Ce type se voit sur dos cylindres babyloniens, Culliniore, Oriental cijlindcrs, 1842, pl. XXY, n“ 60. L’ouvrage de F. Lajard, Introd. à l'étude du culte de Mithra, en oll’re de nombreux exemples, pl. XXVIII, 11; LIV, II, 2; LXII, 6. Sur les bas-reliefs de Maltai, près de Xinive, deux sièges ont pour support des oiseaux coiffés d’une tiare basse et à tête barbue, Place, Ninive, pl. XLV. A Khorsabad, deux ligures à pattes de grillon et à tète bumaine barbue. Place, pl. LXXVI, f. Ciseau à tète de liou à Persépolis, Flandin et Coste, Voyaqe en Perse, pl. CXXIII, et sur des pierres gravées asiatiipies, Lajard, ]d. XX, XXI, etc. Oiseau à tète d’homme barbue sur une pierre gravée de l’époque classique, King, Antique Gems, Gr. and rom. Gems, }>!. IV, tig. 14. Voyez aussi Journal asiatique, 1846, t. VILp. 280; Perrot, Exploration de la Galatie, jil. LXV et LXVII. Ces deux grandes sculptures ont paru à quelques voyageurs, en particulier à llamilton, représenter des oiseaux à tète humaine. M. Perrot remarque expressément (|u’il y a eu erreur, que ces ligures sont celles de sphin.x. x4u Louvre, ligure chypriote de pierre calcaire, représentant l’oiseau à tète humaine avec une harhe carrée, lleuzey, Cataloque des fujurines antiques de terre cuite du Musée du Louvre, p. 12; Perrot, lUst. de l'Art, l. III, fig. 410. Figurine de hronze, sphinx ^ailé et barhii, tiare cylindrique, barbe conique^ style assyrien, Longpérier, Antiq. de France, 1854, p. 106. Cf. les monnaies d’ilailrumète et de l’empereur Albin (jui était d’IIadrumète, Longpérier, OEuvres, t. Il, p. 308.

Oiseau à tête de femme, sirène eoilTée du polos, Salzmaun, Ccaniros, jd. XXXV; .Micali, Mo)i. ined., pl. V, 3; Arch. Zeit., 1880, jd. 15; Cataloque de vente de la collection Jiammeville, p. 8, n“ 6. Sur l'oiseau à tète de femme, cf. Longpérier, t. 1, p. 275; 111, p. 416. Le polos est une des coilfures les plus ordinaires pour les divinités perses, Flandin et Coste, pl. CLIV, CLV. 11 est porté en Cappadoce par une déesse que l’on croit être Ana’it; bas-reliefs de Ptérium, Perrot, Exploration, }d. XXXVIII cl XLMII. Dans la vallée du Tigre, on le voit à Maltaï sur la tète des jierson-

(1) Collignon, Calai, des vases peints (l'.Mlii'nes, n“ 15',).

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TYPE DE CORINTHE

nages qui s’avancent en procession debout sur des animaux, Place, pl. XLV. Ce polos, très haut, est orné par devant de cornes de taureaux comme les tiares assyriennes. On le remaiajue en particulier sur la lète d’un dieu qui tient la foudre. Il sert aussi de coilfure aux personnages debout sur des animaux, à Bavian , Layard, Mon. of Nineveh, 2° sér. pl. Ll; Perrot, Ilist. de l'Art, t. II, fig. 31 0. Voyez encore une terre cuite de style primitif, trouvée en Bitliynie et publiée ])ar Fellow, .4 Journal icritten darhu/ an excursion bi Asia Minor, 1838,}). 81; un bronze ancien de Scutari, en Albanie, Dumont, Mélanges archéologiques, p. 19. Pierres gravées assyriennes, qui représentent une déesse (Astarté) coilfée du polos surmonté d’une étoile, King, Antique Gems, 1, p. S3. Sur les oiseaux cà tète humaine, cf. Ileuzey, Catal. des figurines antiques, p. 12. M. Ileuzey explique très bien rinlluence qu’a dû avoir sur la formation de ce type, qui est en partie celui des Sirènes et des llarpyes, l’épervier à tète humaine du rituel funéraire égyptien. Cet épervier, image de l’àme ou plutôt du souffle de la vie, a des mains qu’il porte à la bouclie pour boire le filet d’eau sacrée que verse la déesse Ilathor. « Son sexe est celui même du défunt; chez les Grecs, ce type a été féminisé. » 11 ne l’a été complètement qu’eà l’époque où la légende des Sirènes et des llarpyes a été arrêtée; on voit qu’au début il ne l’était pas. Il y aurait aussi à rechercher l’iniluence que les types d’oiseaux à tète humaine, représentés par les artistes de l’Asie Mineure, ont exercée sur l’imagerie et les légendes greojues, et les rapports de ces figures asiatiques avec celles de l’Egypte. Toutefois, l’épervier égyptien suflit à expliquer en partie le caractère funéraire des llarpyes, qui sont représentées en Lycie emportant les âmes des morts (monument de Xanthos, Bayet, Monuments de l’art antique)., et des Sirènes, compagnes de Perséphone. On voit les Sirènes sur nombre de stèles funéraires, en particulier en Atlique. « Le catafalque d’IIépbestion portait des figures creuses représentant des Sirènes, dans lesquelles furent enfermés les chanteurs du thrène funéraire. » Ileuzey, ouv. cité, p. 13. Cf. Perrot, Ilist. de l’Art, t. III, p. 599, 707.

Oiseau à tète de quadrupède, tète de lion ou de tigre. Double oiseau à une seule tète de lion, Salzmann, [>1. XLI. Deux sphinx à une seule tête, Micali, Monumenti ined., pl. I, fig. 25 et 26.

Ouadriqiède ailé, à tète d’homme barbue, sur un vase de Chypre, Perrot, Ilist. de l'Art, t. III, p. 707, fig. 519. (7e tyjie procède de la figure bien connue du taureau ailé assyrien à tète criiomme barbue.

Griffons. Grillon avec cygne, Micali, Mon. ined., pl. Y, 5; grilfons avec Sirènes, sphinx, etc. Id., pl. XLIII, i. Sur ce type dans l’art égyptien, assyrien et grec archaïque, cf. Furtwaenglcr, lironzefunde aus Olgmpia, p. 48-67. .V Bahylone, sur une amulette de hronze de style très ancien, Mus. Nap., jd. I, fig. 4; à Maltaï, où il paraît être aptère et où il porte des divinités debout. Place, Ninive., pl. XLV. Autre exemple, même plaucbe, où il entre dans la décoration d’un siège sur leijuel est assise une déesse. A Ninive, en particulier dans le i)alais de iNimroud, Layard, Xinevcli and its remains, t. II, p. 459. En Phénicie, nombreux exem{)les , Mus. Nap., pl. XXI, fig. 4; X\II1, fig. 3. Su r les coupes de travail phénicien, découvertes à Cbyi)re, en particulier le tyj)e jiublié })ar M. Layard, 2“ série, pl. LX, (jui rapiielle

TYPE DE GüRIiNTIIE.

loul, a fait celui d une cou[ie de Lainaoa, au Louvre. Exemples uonibreiix à Persépolis el sur les cylindres asiatiques. King, AntKpte Clrms, T. p. 135; Cesiiola, Cijjniis, pl. XXXI, trésor de Curium, pierres gravées assyrieimes; Perrot. ///.sV. de l'Art, t. III, lig. 425, 462. A Myoènes, très allongé, tel (ju’il se voit souvent sur les vases peints d’ancien style, Schliemann, Mykenæ, fig. 272; Milchhœfer, Anfduye d. hunst , p. 6. (Jrillons sur des œufs d’autruche, trouvés avec des gourdes égyptiennes du temps des Saïtes, Micali, Mon. incd. pl. VII; Perrot, Hist. de l’Art, t. III, fig. 625, 628. Crillons passant, de style très ancien, sur un trépied h Vulci, Micali, id., pl. VIII, fig. 6, et aussi de longs dragons ailés sur le linteau d’une chambre du palais de Sennaehérib, des deux côtés d’un vase à deux anses, Smith, Assyrian discoveries, pp. 146, 308, 429; Perrot, Ilist. de l’Art, t. 11, p. 218.

Divinités ailées. Nérée à ailes reccuiuillées, le corps terminé par une ou par deux queues de poisson, Salzmann, pl. XXXI; iMicali, Mon. ined., pl. XLIII, 1; (lerhard, Akadeni. Abhandlinajen, 2“ partie, pl. XLA I. Le dieu-poisson assyrien, Oannès ou lia gon, n’a pas d’ordinaire une double queue; Layard, Discoveries, p. 343, 350; Almeveh, t. II, p. 466; Perrot, Ilist. de l’Art, t. Il, fig- 9. Femme ailée courant, lvr,p probablement, Arck. Zeil., 1881, pl. 3, i et ni; cette femme se voit sur les pierres gravées asiatiques, Micali, Monurnenti ined., ]d. 1, bg- 21; Ouseley. Travels in varions contries of the East, t. I, p. 137, jd. XXL n°® 16, 17. Xombreux exemples en Étrurie, Micali, Mon. per serv. alla storia , pl. XXVII, XXIX; Mus. Etrusc. Vatic., t. II, pl. XCl, 4.

Homme à ailes recoijuillées marchant ou un genou en terre, Salzmann, pl. XL; Micali, Mon. ined., pl. XLIII, 2. Comme type du même genre quelques pierres asiatiques, Micali, .)lon. ined., pl. I, fig. 1; génie à quatre ailes, [)l. XXX VL 1; pl. LIV, 3; Mon. per serv. alla storia, pl. XXII.

Artémis persique tenant deux oiseaux ou deux quadriqièdes. Plaques d’or de Camiros, Salzmann, pl. I; brique estampée de Mycènes, de Witte, Sur yuelques antiquités rapp. de la Grèce, 1866; femme tenant deux animaux, Micali, Monurnenti per .serv. alla storia, pl. XXL fig. 2 et 5, LXXXIII, I ; femme à ailes recoquillées, tenant deux lions, llaoul-Rochctte, Hercule assyrien, pl. VI, 1; pierre gravée, femme à ailes recoquillées entre deux lions, Micali, Monunienti, pl. 1, 3, 23; cylindre gravé de Salamiue, à Clivpce, Perrot, Ilist. de l'Art, t. III, fig. 429. Sur l’ensemble de ces re[)résentations, cf. l’article de Gerhard, Arch. Zeit. 1851, p. 177 et suiv. M. Collignon a noté à Athènes, au musée de la Soc. archéologique, une petite plaque ronde en terrecuite estampée, avec une représentation très archaïque de l’Artémis persique.

Corps d’hommes à tète d’animal. Lue amphore de Camiros. Longpérier, Mus. Nap., pl. LIX, représente un homme à tête de lièvre, dans l’atlitiule de la course. M. de Longpérier, dans sa notice, cite le chaton d’une bague d’or (collection Camiama), sur leijuel Hercule saisit un lièvre ailé à jambes humaines; il rapproche aOpo:, nom du lièvre (Suidas), de adpîc, air. Sur un cylindre d’hématite deux hommes à tète de lièvre ticimont chacun un lièvre, Lajard, Introduction à l'étude du culte de Mithra, pl. XXIX, 1 , aujourd’hui au Cabinet des Antiques. Le lièvre figure sur un certain nombre de pièces gravées asiatiques; voir en particulier Lajard, pl. XL, lig. 1 et 9. Cylindre assyrien,

TYPE DE COHINTHE.

divinité toniuit un lièvre, Cesnola, Cjjprus, pl. XXXI, tig. 7. Pour les coupes gravées de Nimroiid, voir j)lus haut, p. llo, 18; 116, 21 ; 117, 30“; 118, 30^^ (1).

Une amphore do la collection Campana représente un homme à tête de lion^ recouvert d’une cuirasse, Musée Nup., pl. LIX. En Assyrie, personnage cà tète de lion, vêtu d'une courte tuni(pie et toujours dans une attitude menaçante. Musée Nop., 1. 1. ; Eayard, The uwuuuï. of Nineveh, pl. LXXXII; Nineeeh and ils rernuins, t. 11, p. 463, et l)(scoveries,\\. 462, etc. A Ptérium, has-reliefs de la grande enceinte, deux hommes, l’im à tète de chien, l’autre à tète de lion; tous deux ont deux ailes, l’une baissée, l'autre relevée, Perrot, Exploration de la Galatie, pl. XL VIII, pp. 334 et 358. En Etrurie, homme à tète de chien (?), Micali, Mon. per serv. alla storia, ]d. XXII. A Chypre, statuette de jderre calcaire, tète de bumf sur nu corjis d'homme, Cesnola. Ci/piais, p. 51; statue deCiolgos, homme tenant à la main une tète de bœuf dont il peut se couvrir la tête et la figure, ilndeni, p. 160. Si l'on excepte le Miiiotaure, les figures de fleuves a tète de taureau (Achéloüs), le type assyrien bien connu de l'homme à tète de pernoctère, le dieu Xisroch et quelques autres divinités à tète de lion (Perrot, Hist. de T Art, II, fig. 6, 7, 8; Botta, J/ou. de Xlnire, pl. LXXIV, EXXV, CLVIII; Eayard, Monuni., pl. XXXVI, etc.), les rcqu'ésentations du corps humain surmonté d’une tête d’animal sont assez rares dans l’art grec primitif et chez les Asiatiques (2) ; mais on sait combien elhvs sont fréipu'iites en Egypte.

Tersuniuujes empruntés à lu vie réelle. Ils commencent à paraître sur cette classe de vases. Ce sont surtout des hommes, h peine indiqués, portant le bouclier rond qui justilic exactement l'expression bomériijue xo.f’/ipoTri; « qui couvre l’homme ». On ne voit qu’une largo tache ronde au-dessus de laquelle jiasse la tète, et qui est portée par deux lignes qui sont les })ieds. Mus. Etrusc. Vaticano, t. Il, pl. XCI, n" 2. Des cavaliers aussi sommairement traités et des femmes dansant le ‘/,opo; complètent cet ordre de reiirésentation , Mus. Nup., pl. LXV. Ces ligures sont moins bien traitées et beaucoup moins bien arrêtées que celles des animaux fantastiques et des dieux ailés; c’est (|ue cos dernières représentations sont empruntées à un art étranger qui en fournissait des types nettement déterminés.

Atliqiii’. — Les vases tle celte classe sont rares juscjii’ici en Al tique. Le musée d’ Athènes possède de ce genre un kotylos et un arylndle trouvés à Phalère, une py.xis (pii provient de Képliisia (3).

;lj liai chasse au lièvre est un sujet qui reste important sur les monmnents grecs archaïques; cf. Loscheke, Arch. Zeit. 1881, p. 33 et suiv., pl. 5; Furtwaengler, id., 1883, p. l.'ib, pl. 10. — E. P.J

^2) jM. l’errot, Hlsi. de l'Art, 111, p. 605-606, lig. 413, 411, cite deux statuettes de pierre calcaire, trouvées à Chypre, qui représentent un homme cà tète de grenouille et un homme à tête de bœuf. On trouvera aussi dans Kékulé, Tcrracotlen von Sicilien, pl. LU, des terrescuites représentant des hommes à tête de grenouille. — E. P.|

(3) Collignon, Cal(dogite des rases peints, n“ 127, deux Sirènes se faisant face; n" 177, Sirènes, cygnes et |)ersonnages dansant; n“ 164, guerriers marchant, aryballe trouvé àl’halèrc.

TYPE DE CORINTHE

Presque tous les autres vases de ee style ont été a])portés du Péloponnèse ou de la Béotie et des Cyclades.

Corinthe. — l^es vases provenant direetcinent de Corinthe, d’une terre le |)lus souvent grise, résistante, Incn travaillée, élégants de tonne, sont très iiondDreux. La panse est surchargée de ligures; les accessoires, surtout les rosaces, en lorinent les niotils prineijjaux. Les anses [>ortant aux points d’attache des tètes en relie!' de style ancien ne sont pas rares. Cette laljrlcation eérandupie a^ait atteint à Corinthe la perleetion (i).

Béotie. — Pour cette partie de la Grèce, c’est surtout à Tanagi'C que ees vases se sont i‘encoidrés en grand nombre. Les aryballcs s’y comptent par centaines, en particulier au ÎMusée de Tanagre et à celui de la Société arehéologitjue d’z\thènes (2); on y voit aussi des coupes, des skyphoi et quclcjues vases jjlus grands. Cd'pJtp'PS'iiRs, mais jjIus rai’cment, proviennent de Thèbcs. La tei-re et le tlcssin sont également reconnaissables. Avec un peu d’expéiâenee, on ne saurait s’y tromper. La terre, en général, est grise ou rougeâtre, dure, moins bien épurée qu’à Bhodes, à àlilo et à Coianthe; le dessin est sec, maladroit et lourd; les jndtes sont souvent terminées par un trait etiilé en demiccrele ; la couleur est inégalement dlstriljiiée sur les ligures. Le tond est peu chargé de rosaces; les traits à la pointe, marqués rapidement, ont une régularité géométrique qui suit mal les formes et les contours; les inexactitudes grossières sont nombreuses; les formes mêmes, suidout pour les coupes, témoignent d’inhabileté ou de négligence.

(1) Au Musée de hi Société archéologique dWthènes, parmi les vases dont l'origine corinthienne est certaine, œnochoés à tond plat, à col étroit et à bec trihdjé; l'orme de la lig. 'il de la pl. I du Cnlolonuc des vases peints de M. Eollignon. Plusieurs zones ; zone j»rincipale décorée d’animaux, bouc broutant, lion passant, tigre, bélier; semis de rosaces très rapprochées; travail soigné. Cf. Collignon, n” 135. Le môme Musée possède toute une collection de vases do cette forme avec une ou deux zones décorées de figures : femme debout entre deux sphinx; de cba([ue côté, à gauche, lion et taureau; à droite, tigre et cygne; seconde zone. Sirène, tigres, boucs; personnage vêtu d'une tuniciue courte, le genou droit en terre, tenant de la main droite une lance, le corps tourné à gauche, la tète à droite. Cf. Collignon, n“^ 136-117 et n°® I8i-1!»0. [Au Musée de Berlin, vases de ce genre, acquis comme venant de Corinthe; Furtwangler, CnHect. Saùütiro/f, pl. XIATl, 3, 3; Vasensnmnil. iniAntiquarium, pp. P2 à 17, pp. 106 à 133, pp. 1000 à 1001, nombreux spécimens.]

(2) Cf. Collignon, Catnlop. des vases peints, p. 21; Bayet, Catalop. Collecl., p[). 3cS-3!); llaussoullicr, Quoniodo scpulcra Tanaprxi deeoraverint, pp. .S1-(S2.

TYPE DE CORINTHE

Cjjciades. — On trouve à ^lilo surtout des petits aryballes en très grand nomljre. Ils sont d’une terre fine, Ijien épurée, grise et dure. La palinette formée de fleurs et de l^outons de lotus en est l’ornementation ordinaire. M. Fouqué a examiné an microscope une lamelle provenant d’un de ces aryballes; il n’y a constaté aucun élément microsco]nque qui fut certainement de iMilo.

li/iodes. — Cette île donne aussi tous les jours des aryballes et des alabastres de jietite dimension. La collection du Loinrc en ce genre est remarquable (i).

Corfou. — Le type de Gorfou se rapproche beaucoup de celui de Corinthe et de Rhodes; il est très soigné; les vases sont de grande dimension. Des exenqdaires de ce type sont conservés au IMusée de l’île et au Brilish iMuseum (2). La terre est de deux natures : dans les deux cas, fine, ])Oussiéreuse, très bien épurée; une première classe est i'ormée de vases d’une teri'e gris-clair, en général à dessins noirs; une seconde, de vases d’une terre rose-orange, à ligures rouge sombre. Ces deux (erres s’entament facilement à l’ongle et au couteau. On obtient

(M Pi’incipaux aryljalles rhodiens du Louvre : Sinii)le.s bandes. — Palmettes et entrelacs.

— Personnage aile marchant à droite. — Sphinx h ailes recoquillées. — Tète entre deux oiseaux. — quadrupèdes paissant, semis de rosaces. — Poissons. — Oiseau. — Sanglier, lion. — Tète d'animal sur deux corps do lions. — Palmette entre deux oiseaux. — Tète d’homme casijué. — Double palmette entre deux sphinx. — Lion au repos. — Homme dansant devant un trépied. ■ — Eavaliers. — Hommes armés.

Alabastres : Simples bandes. — Rosaces et -iialmettcs. — Génie anguipède volant. — Lions o|)posés dos à dos, les deux queues réunie'^. — Sirène aux ailes éployées. — Tète de Méduse. — Poisson entre deux lions. — Oiseau, sorle d’oie, entre deux lions. — Artémis persique tenant deux oies. — Génie ailé volant et, près de lui, oies.

Grands alabastres ; Bandes verticales et horizontales. — Palmettes autour d’une rosace.

— Simples palmettes. — Ornements imbriques.

Grandes anqjbores ; Plusieurs zones, dont une d’animaux, une autre de rosaces.

OEnochoés à tond plat et à goulot long : Palmettes et animaux. — Dieux et animaux.

[Pour les aryballes et œnoeboés du môme genre, ti'ouvés à Gumiros, v. Salzmann, pl. XXXI (Nérée;, pl. XXXH (zones d'animaux;, pl. XXXV (sphinx avec polos), pl. XL (dieu ailé), pl. XLl (deux sphinx à une seule tètej, etc.; Gurlitt, Arrhu^al. Epitji-. Millheil. ans. Œslerreic/i, 1, p. ; Eurtwiingler, l. c., pp. lld, IKi, 117, 119, 1)21, 122, 128, 128, 129, 130.]

eJi Gi.dlection ^yoodhousc. Pour la céramiipie de Corfou, cf. Orioli, dans la Gazette des Ètats-l nh des !le.‘< Iniiieintes, 1813, n“® GfiS, 689. 673; 1816. n”'* 7 i, 77, 78, 83; Mustoxidi, Crar., p. 271 et suivantes; Aic/i. Zeit. .\nz. 1866, p. 269, lettre de M. Newton; 1868, p. 76, article de M. Hercher; Yischci’, Archæol. luid Epigraph. ans Korkijra, Bâle, 1851; Riemann, Recherches arrhéal. sur les des Ioniennes. L Corfou, p. 22, 29, o2,-5i., 55, 57.

TYPE DE CORINTHE

une poussière très fine en passant légèrement une lame à la surface. Ce sont là des caractères précis et d’autant plus dignes de remarque que les deux gisements d’où proviennent ces terres ont servi dans l’antiquité pour les tuiles et les grandes jarres dont nous avons fie nondireux exemples, et qu’ils existent encore, en particulier aux lieux apj)elés Kastradhis et àlandouki (cf. Ilicmann, Corfou^ jd. I).

Sicile. — A Sélinonte, les deux nécropoles de Calera et de Bagliazzo ont tlonné de nombreux vases de ce style, surtout aryballes et alahastres ; celle de àlaniealiinga ne paraît pas en contenir. Le tyj)e corinthien se renconti'c à àlégara Hyblæa, à Géla, colonie l'iiodienne et erétoise, à Aérai, colonie de Syracuse; on en a quelques exemples au îMiisée de Païenne. .Jusqu’ici il est rare à Agrigente et à SN racuse, où on ne peut ce|)cndant manquer fie le trouver (i). Les motifs fie décoration sont exactement ceux fie Corinthe et fie Bliodes (2).

( P, [Ou en a li'ouve, en effet, dans la nécropole de Fnsco, à Syracuse; v. lettre de iM. Mauceri à M. lleibi”'. Aminli, t. XLL\, 1877, p. 37-o8, pl. AR, iF" fi, 11, 13, Kl, I7, ; CD, ip* “l,

("2') J’extrais les détails qui suivent d’un mémoire encore inédit de M. Ilaussoullier, qui, en 1877, a visité toute la Sicile. poui‘ y recueillir des l'enseignements sur les cérami(jues tie File :

Mégarn Hijhlæn. colonie de Jlégare ' \'11P siècle, 728). .\ryljalles ronds et à C(d élancé au Musée de Palerme, tout à fait semblables à ceux d’.Acrai. — Sélinonte (VIP siècle, (128j, colonie de Mégara Hyblæa; nécropole de Calera tout près de la ville, de Ragliazzu plus au nord; à l’ouest, sur la rive droite du Sélinos, nécropole de Manicalnnga; ces cimetières ont été explorés de 186.3 à 1872 parM. Cavallari. Les deux premiers ont donné des vases de style corinthien : aryballes, alabastres, amphores, skyphoi, pyxis, bouteilles à longcid, vases annulaires, vases en forme de soupière à couvercle; dimensions, lælite et moyenne grandeur. Palniettes, Heurs et boutons de lotus; animaux oialinaires; oiseau à tète de lion ou de panthère; zones d’animaux; vases nombreux à Païenne, a Trapani, à Castelvclrano. — (lélu. colonie rhodienne (690). .\rgilo blanchâtre, ordinairement line et légère; il semblerait (pi'elle diffère de celle de Sélinonte. Vases nombreux au Musée de Palerme et à Terranova dans des collections partienlières. Mêmes formes, mêmes décorations en général qu'à Sélinonte. — Agrigente, colonie de Géla (.382). Vases aux Musées de Palerme et de Girgenti, de Syracuse, de ïermini Imei'cse; style corinthien rarement représenté; petites amphores et aryballes à col fdaneé. La terre n'a pas donné lieu à des observations particulières. 11 est remarquable qu’on possède une assez belle suite de lécythes et d’amjdioros d’.\grigente à ligures noires. — Sgraense, colonie des Chalcidiens, puis des Corinthiens ( 734). Nous avons très peu de vases de Syi'acuse, probahlernent faute de fouilles suffisantes (voir cei>endant la note précédente). Type corinthien ordinaire. — Aei-ai, colonie de Syracuse (664). Musée de Païenne, collections Indica, Ferla, Castellucio, etc.; nombreux cxemi)les de style corinthien. .Argile très légère (pii distingue ces vases de ceux qui précèilent. GEnochoés et ulpés de grande dimensiun. — Cainnrina, colonie île Syracuse (399). Collections Spadaro, Paccllo, Musées de Palerme et de Syra-

TYPE DE CORINTHE

Italie. — Les provinces méridionales possèdent de ces vases; mais je ne crois pas qu’ils soient très nombreux, pnisc[ne le musée de Naples n’en a |)as plus de deux cents (i). Dans l’ancienne Etrurie, au contraii’e, ils sont l'récpients et de tonies formes, bien que les petites }jro[)ortions dominent; on en troine surtout à \ ulci, à Géré, à ^^éies et à Tarquinies (2). Ils deviennent plus rares à mesure (pi’on s’avance vers le nord; le musée de Florence en possède seulement une vingtaine.

A fpielle époque peut-on ra|)|)orter la fabrication de ce genre de céramique pour lequel Corinthe fut évidemment un centi'e important, mais (jui était très répandu, comme on le voit, dans tous les [)avs grecs?

Le grand nombre de ces vases à Acrai, qui fut fondée au milieu du VIL- siècle, et à Sélinonte, qui est plus récente de près de quarante ans, sendjle prouver (pie ce stvie était en usage au \1L et au \ L siècle. A Sélinonte, la nécropole ipii est le plus jirès de la ville, et qui jiaraît être contemporaine de la fondation de la ville, a donné beaueoiq) de ces

dise. M. Ilaussoiillier n’a pas vu à Camarina de vases de style corintliien, mais il ii’a pas pu visiter, à Cataue, le musée Biscari (jui renferme un grand nombre de vases découverts à Camarina. — Leontinl, colonie de Syracuse 1^730). Aucune fouille régulière. Uu exemple de style corinthien au Musée de Païenne. — Pour Iliméra et Licata, nous n’avons (|ue des renseignements insuffisants.

(1) [Heydcmann, ]'nsensamml. Mus. Nnzionnle Neapel, n*^® 106 <à 32 i et pass'nti.]

(2i Collection Cainjiana, au Louvre. Nombreux exemples du style corinthien tel qu’il se trouve en Italie: 1° Aryballes. Palmettes; bandes circulaires; sirène; soldats marchant; chasse au sanglier ; sanglier et lion ; deuxcoqsdes deux cotés d'une rosace ; chouette ; cheval; oiseau volant, type des monnaies de Sicyone. quelques ('xomi)laires d'un dessin très lin, type (|ui se trouve à Rhodes; d’autres ligures d’un noir franc sur fond gris. — 2" Formes de l’alabastre, petites dimensions. Palmette entre deux co(is; lièvre entre deux lions; lion accroupi au milieu de rosaces; deux lions il une seule tète; sphinx coilfé du polos; Artémis persique tenant deux oies. Proportions plus grandes de l’alabastre ; Artémis coiffée <ln polos, munie de deux ailes rccoquillées ; oiseau à tète de femme entre deux lions; oiseau entre deux griffons. — 3° ( (Enochoés longues. Trois et quatre bandes d’animaux. — i" Crandes amphores. Tresses; ornements imbriqués et bandes d'animaux. Plusieurs exemplaires où l’ornement imbriqué lient une grande place. Détails particuliers de couleur et de facture, fond rouge et fond gris.

î Vases deVulci, de Corneto et de Nola, au Musée de Berlin, Furtwangler, /. c., pp. lOii à 147. Vases trouvés à Bonn?, IhtUetlino Coumiiss. couiuninale (h. ftouia, 1878, p. (îi, pl. VI-\111, iF* 1, 2, 4 ; Cf. 1873, pl. Vl-VlII.]

TYPE DE CORINTHE

vaso.s. Nous ne savons pas cxacleincnt clans cjnelle sitiialion ont été déeoineiTs les wascs c[ni peo^ icnnenl, de la nécropole de Corlon, on est aujonrd’lini le tombeau de Ménécralc (i). Cependant, il résnlle des exposés d’Orioli cpi’ils étaient en <’rand nombre, et on peut les considérer comme contem|jorains de ee tombeau (2). L’inscription de ÎMénécrate, écrite de droite à i^auclnp appartient, autant c|Li’on en })ent je^cr, aux enviro)]s de rolvm|)iade /jO'’ (3), c’est-à-dire à la fin dn VIL et an début du ^ L siècle.

ILinflucncc orientale est |)rédominante dans cette céramicpu'. Nous donnons à la fin de ce chapiti’C (lîg. 3c)), comme spécimen caractéi'isticpu' de la décoration, une pal mette empruntée à nn arvballe de Corinthe cjui est tout à t'ait conforme à ce cpie nous connaissons du style asiaticpic et cpii montre bien l’habileté de main et la précision cpie les céramistes de cette é[)ocpce ap|)ortaient dans l’exécution des ornements de ce genre, devenus un modèle courant dans les ateliers. La tresse même, cpii est un motif tout à lait oriental, se retrouve avec les mêmes ornements de Heurs et de bout(^us de lotus sur deux petits lécvthes, d’une exéentiou i“emarcpiable, cpii appartiennent pour le sujet au tyiie corinthien de deuxième époque (chap. X\ Ij, mais cpi’on peut citer ici pour le fini et l’élégance des éléments décoratifs empruntés à l’Orient (4).

Sur ces vases les figures, en particulier les divinités, ra|)pelhmt tout à fait l’Orient; elles diffèrent des tvjies cpie la période classicpie préférera. cpii ne donneront aux divinités cpie des ailes élégantes, au lieu d’ailes aux formes tortueuses et recoquillées, et qui embelliront même la tète de IMécluse. La plupart des animaux qui sont représentés ici n’étaient pas familiers aux Grecs, surtout les lions, les tigres, les jianthères ; c’est l’importation étrangère cpii leur a permis de les connaître. ]je caractère d’imitation de cette céramicpie est, de tonies les manières, évidente, et juscpi’aux moindres détails de la disposition, tout raj>])elle

(1) [Rouf les détails .sur le tombeau de Ménécrate, cl'. Arcli. Ze/l. 1818, p. 38U, et Riemann, Coi'f'mt, p. 30, pl. ':2. — E. R. J

(:2) [Résumé des articles d’ürioli sur la nécropole dans Riemann, l. c., p. '24 et suiv. — E. P.]

(3) Kirchholl', Sludien, p. 79 et suivantes.

(4) Arck. Zeit. 1883, pl. 10, 1 et 2.

TYPE DE CORINTHE

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rOricnt. Nous avons retrouvé (]iiel»{iies-uiis des modèles (|ue les Grees ont eus sous les yeux, ou tout au moins plusieurs des types qui proeèdent de ces modèles. Il reste beaucoup à faire : le sens et l’origine vraie tle la |)lupart de ces conce[)tions bizarres nous échappent; nous sommes loin de savoir la part des emprunts que les Assyriens ont faits aux Chaldéens, les Perses aux Assyriens, ce (pii est jihénicien dans ces créations et ce ([ui remonte juscpi’à l’Egypte. Nous ne faisons qu’entrevoir le rôle (pie ces conceptions ont eu dans la religion greccpie |jrimitivc. Il y a là toute une période de l’histoire de l’art et des cro^ances dont nous pressentons l’importance , sans jiouvoir arriNcr à des théories bien précises.

H paraît certain ([ue ces représentations ligiirées d’origine étrangère ont été tout à fait prédominantes, au moment même où rindustric greeipie faisait (h''jà de sérieux progrès. TjCs médailles les ont adoptées; la force d(' la tradition, (pii a toujours été si grande chez h's Grecs, les y a conservées. G’est ce ipii cxjdiipie, dans la numlsmati(pie greccpie, le grand nombre de tyiies monétaires (pii sont orientaux, la Gorgone, les oiseaux à deux corps et à une tète, le griffon, le sjdiinx, tons ees animaux à ailes recocpiillées, (pil ressemblent si visiblement aux basreliefs et aux bronzes phéniciens (i).

Nous avons la preuve positive cpie ces vases ont été fabri(piés ius(pi’au \ P siècle; jiendant toute la durée de ce siècle, ils ont été associés à des \ases corinthiens de style plus beau et |)lus récent (2).

(1) Cf. de Luynes, C/iaix de incdailles grecques, pl. 1, !2, 3, o; IX, I, S, 9, Ki; pl. .XII, etc.

[On les retrouve non seulement dans les régions citées par l’auteur, mais un peu partout, en Asie-Mineure, on Troade, en Crimée, mémo sur le territoire de la Ravière. Cf. Helbig, Das lioiiio'isrlie E/jos, p. 3i; Arch. Zeit., 1878, p. 133; 1883, p. loi; Compte rendu Cornmiss. imp. Snint-Cétersh.. 1870-71, pl. i. Sur le type proto-corinthien en général, cf. FurtwiewiAev, Bronzefunde von Olipupia, p. il. 51; Arrh. Zeil., 1883, p. 153 et suiv.; Lôschcke, id.. 1881 , p. i i, note -i 1 , 17 et suiv.; llelbig, Ilnlikerin d. Poehene, p. 81 et suiv.; Annal/, 1877, j). iO(i. Il faut remarrpier (pie M. Dumont classe ici sous le nom de proto-corinthien une catégorie assez restreinte d’objets, où les ornements orientaux et les figures d'animaux ou de divinités jouent seuls le premier rôle. L’étude sur les vases de style corinthien à ligures humaines est réservée iiour le chapitre XVl, sous le nom de type corlnlhlen de deuxième epo/pie. Nous ne croyons [las que l’auteur veuille indicpicr par là une différence sensible de date, car il est certain que les vases qui font l’objet du présent chapitre n’ont pas tous été fabriipiés'à une époipie différente des vases corinthiens à figures humaines; mais son inten-

TYPE DE COHINTIIE.

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lion est sans doute de marquer par cette division la marche progressive que la fabrication a dû suivre logiquement : décor de rosaces, palmettes, etc.; figures d'animaux empruntés à l’Orient, griffons, sphinx, lions, etc.; figures de divinités asiatiques, sircucs, génies auguipèdes et ailés, Artémis porsiquo, etc., enfin première apparition de la ligure humaine et réelle. — E. P.]

Fig. — Détail J'aryballe corinthien.

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