‹ Les céramiques de la Grèce propreChapitre 65 sur 94 · COFFRE DE CYPSÉLUS · texte numérisé non relu

COFFRE DE CYPSÉLUS

sans nom du colïre de Cypsélus, et porte le jeune Alcméon (’A)aaai.'cov Trxî"; yjavo;). Tout à fait derrière est (jui tient un collier ( tôv ô'py.ov ïyyjoy.). Plus

loin, Amphiaraos monte dans son char; Paton y est déjà, tenant une bagnette d’une main, de l’antre les rênes (Bxtcov r^è, o: ŸiVooya tm ’Ap.oiapyho, -a; te r,via; twv itt-wv /.al ry, /sipl ï-/z\ rfi hiov. loy/r,'/}. Il est probable (jue Pausanias a pris pour une lance la baguette (/.évTpov) de l’aurigi'. Amphiaraos a le pied gauche sur le char et se retourne vers sa maison, l’épée nue à la main ( ’AgoiapaM îlÈ o piv twv Troc^wv iriêéêrr/.sv y/V; tou app.aTo;’ to Qt’oo: ()à Èysi yup.vùv, /.al è; tyjV ’KpepuAcv sttIv £-£TTpap,p.£vo:, îçavôp.avô; ts ûtto ToO O'jp.o’j, £/.£Lvr,ç [p.07.1.:] àv y.-oGyé'i^iy.i ['•^o/,£l]). La peinture commente cn^ dernier passage; Lriphylc est derrière ses enfants qui li-vent les mains et supplient .\mpbiaraos d’épargner leur mère.

On \ oil ({lie h's ternies inèiiK'S de Pausanias s’a])|)ll(|uenL a\ee une entière t'xactitnde à cette jieintnre corinthienne trouvée à Géré. Snr ce vase, comme sni* le colTrc, des jeux foui suite' à cette scène. Ceux du colTrc sont lieaucoiijj |)lus com|)li([ués ; nous n’avons sur la kélèhé (|ue la course des chars a\(‘(' les trc{jieds |)ro|)Osès comme prix et trois juges; mais ici la rcssemhlance est beaucoup moins exacte, bit'ii que jdusicurs des noms soient ceux memes du colTre. Ce f[uc nous voulons remarquer sculeiru'iil , c’esi la réunion des deux seèni's sur ces deux monuments (i).

Pausanias est I rès bref; cependant ce (ju’il dit de ch.'Ujue tableau peut le {dus souvent s’a(){di({ucr avec exaetitude aux (leintures de vases ({ui rcqn'éscnteut les mêmes s('èncs. « Thétis encore jeune lillc est saisie {lar Pélée; de la main de Thétis s’élance un ser{)cnt sur Pélée (o.). » xNous ne dirions {^las autrement pour décrire un grand nombre de vases (3). Nous

(1) Deux autres vases, également de style corinthien, réunissent le départ d’.\inphiaraos et des jeux : r amphore de Munich, Utto Jahn, ]asensrun))ilt(H{/ zu München, n» 151; Micali, Storia, pl. XGV ; 2" amphore du musée de Florence, Inghirami, Pilture di vasi lillill, 1835, pl. CCCl, CCCllI-VH. Cf. Robert, Annali, 1871, pp. 100 et suiv.

(2) [Id., 18, 5. llc-OLYiVai 3È -al Héti; TaoOivo;, Ixudjivzzy.'. Oî aûrf,; 11yi),£'j;, /.al ir.o rr,; /.s'.pô; TYjÇ ("Rtioo; o'ÿ'.; stiI tôv IlYp.ia â'îvlv ôp|j.(ôv.J

(3) Cf. par exemple Ingliirami, l*iU. d. vas. etrnsc., IV, pl. CtjCLX.XàlI; O. Jahn, \ asensaininl. zu München, n”® -180,807 (Millingen, Peint, de vases, pl. 1\ , 5, (J\eibeck, lie) . (juller., pl. A'Ill, 5); llcydcmann, Vasensamml. zu Neapel., n” 2121 i^Schulz, Die Ainazonenvase von /{uun, Leipzig, 1851; Quaranta, Annali civili del regno delle Une Sicilic, 1812, p. 129; 1813, p. 51; Gargiulo, RaccoUa, tV, 51-50), 2038 [Monwnenti deW Inst., I, pl. XXXVH; Overhcck, Saejenkr., VllI, 1); Rare. Cutn., 207 (Fiorelli, Vasi Cuin., pl. IX, 1; Rull. Aaj)., Aouv. sér., V, to, 12); Collignon, Calai, des vases d’ Athènes, iC* 328, 329 qieydeniann, Criech. Vasenhdd.,

COFFHl*: DE CYP SÉ LUS.

r('rons la inciiie rcM)iai (|iie pour le sujet suivant ; « Les sœurs de Méduse (|ui oui des ailes poursuivent Lersée volant ( i ). >»

Une des liabiludes des potiers était de re|)résenter, à coté de scènes j)récises, des combats qui n’a\'aicnt [)as un sens parliciil ier ; l’auteur du colTre de Gypsélus n’y a jjas manqué, il a eiselé une l'encontre anonyme, des t'anlassins, des ca\aliers et des chars. Lausanias cherche longuement à (piel événement historiipie il tant raj)|)orler cette représentation; il discute les opinions (d se décide pfiur l’arrivéi* d(' iMélas, ancêtre (h* Cvpséhis, sur le territoire d’Alitès, chef de tiorinlhe (aj. Comme on le conslate sou\ent aussi sur les vases, à enté (!(' parties traitées a^('C un soin particulier, il (ui est d’autres (pie l’artiste a décorées pour ik' |)as laisser de ^ides (>1 qui sont moins claires. C’est ce (pii arri\(‘ ici pour la ciiupih'ine lace (pii est le couvercle du colTri' : Llyss(' et (arcé, des centaures et une procession th' chars, d’autres c(‘nlaures attaipiés par Hercule. Ihiusanias a (piehpie doute sur le sens des sujets (3). Il serait peut-être [lossible de trouser (liins les légi'udes gri'cfpies, cpii sont toutes si étroitement apparentées (Mitre elles, les inovcns de donner une ('erlaine unité d’ensemble à toul(‘ cette c(un})ositIon. Mais ce serait, crovons-nous, cluM'cher cc' (pie l’artiste n’a pas voulu. SI (piehpies sujets s(‘ rapporti'ut avec jirécision au\ mythes du Léloponêse, les lableaiiv en gém-ral ont été juxtaposés ^elon le ca[>rlce du ciseleur. Il les trouvait dans les habitudes de l’époipic; il les [ilacait les uns au[)rês des antres; ces tableaux étaient (h'jà lixés par la tradition dans leurs parties principales. Ibdhykiês d('

|)1. VI, I j, iON (Lenndorf. (iricch. u. Sir\l. Vmenh., pi. etc. Sur les peintures de vases

on voit nn lion s’élaïu'anl contre INdée pour d(d'endre 'thétis plus souvent que le serpenl.

(I) [Id., IN, O. Ai. o: âOîAoal -vioi -îtô'j-îvrjv llso-rix O'.t.V/.o'j'Txî îI'îi.. (It. par

o.xemple 0. Jahn, VascusautntL zu M/'/nclie)t, n" ni (Micali, Mun. iaed., l i, 3), (ild [Gerhard, .Ic.ser/. Vaseith., 7S). !U0 (Gerhard, h/., Sü, ;î, t) ; lleydeinann, ]'asensrunml. zu NeopeL, n*' 17(17 (.1/ms. Borh., .\III , a7-alt); l)iun(jnt, Motnanenta Grecs, 187(S, pl. II; Loscheke, Arc/i. Zeit., 1881, pl. lll, IV, V; Fnrlwangler, \rch. Zeil., 1882, pl. IX, X. Notons encore, comme su jet de rapprochement curieux avec le texte de l’ausanias, un vase peint de style archaïque représentant Phinens délivré des llai'iiyes par les lils de Borée, Monumenli, X, pl. Ylll.

(^2) [Id., 18, 8.]

Gî) ;id., ut, 7.]

COFPItE DE CYPSÉLUS.

Magnésie, un peu plus taial (ô^o av. J.-C.), eu reprendra l)eaueouj) |)Our déeorei-le Iroue d’Apollon Aniyeléeu (i); nous les retrouverons jusqu’au

et au siècle. II s’est produit ici uii lait digue de reuiartpie et rpii u’est point isolé dans l’Iiistoire de l’art grec : les luéiues sujets ont été réj)étés à l’iuliui avec des ^ariaules de eo]U|)Osiliou peu iuiporlautes. L’iuiuiohilité de la peinture liyzautiue, (pii rej^rcjcluit aetuelleiueuL a\ee la plus lidèle exactitude des modèles l'oriués diquiis cU's siècles, (piel([ues-uns même depuis l’époque des mosaï(|ues de l{aveuu(‘, u’est (pie l’excès d’uiu' disposition très marquée de res[)rit grec; la grande ('pocjne a perl'ectiouiié les mêmes sujets et a clicrelié à les Iraiter toujours avec ])lus de talent, sans changer heaueoiip ni la composillou ni les alliliides; l’art byzantin a gardé la (ixllé des types mi perdant le désir du [irogrès.

Ici se (iréseiite iiiu' (pu'stioii (pie nous lu' pouvons résoudre avc'c précision : à (piel moment lurent lixés pour la première lois tous ces sujets mytliologi(pies qui vécurent aussi longtemps (pu' l’art grec? Ixutre la poésie li()méri(pie cpii eu crée* une graïuh' partie et I’omim'c du mu'" ou du mP siècle ({ul nous les moiilri' |)Our la première lois reproduits par la plasti(pie, les renseignements nous maiKpieiit; mais c’est déjà beaucoup (pic de })OuvoIr prouver avec une grandi' vraisemblance (pii' ces types étaient connus deux cents années an moins avant la naissance du grand art, et sur ce jioint je ne crois pas (pi’il |)ulsse y avoir aucun douti'. Au moment où le colTre de (Apséliis lut sculpté, les représentations orientales, cpii n’ont pas de' répngnanee pour les types elTrayants et laids, étaient très répandues dans tous les J7ays grecs. x\ons les voyons sur cette œuvre de sculpture comme sur les vases d'ancien style. La AUr, ('t T’Aiîc/.-'a (2), les magiciennes, la diseordi' (’Epi;), reconnaissable à ses traits rejioussants, la fatalité (Kr,p) aux (h'iits aiguës et aux doigts recourbés, la peur (fprjêo;), iMédiise et ses scenrs, les llarpyes, sont des personnifications grecipics créées à l’image des figures asiatlipu's. iélles devaient peu différer des hommes et des femmes ailées (pu* représéntent les [dus anciennes poteri('s di' Lorinthc et de Ithodes. Comnu'

(1) [l'aus., Itl, IX, 9.]

(2) |(lna retrouvé ce sujet sur une peinture de vase; Brunn, .\uove Mumoi'le deH' IttsI.. 11, p. dx;y pl. IV, t. — E. P. J

COFFRE DE CYFSELUS.

CCS poteries, le cofTrc de Cypséhis jjortail des génies à doid)le (jueiie de poisson et le cheval ailé, probablement aux ailes recocjuillées, des bronzes phéniciens. Pausanias fait à ce sujet une réflexion intéressante. Il décrit une Artémis fjue nous recouuaissons aisément; il ne sait pour- ([uoi elle est ailée, pouiapioi elle tient de la main droite une panthère, de la main gauche un lion (i ). Nous (pii connaissons une peinture de vase très ancienne de Santorin ou de Mllo (chap. \\ , p. 2i4), les plaques d’or de Camiros, la phupie de bronze d’t.Mympie, la bricpie estampée trouvée à Mvcènes, le vase de (illtias (vase François) et tant d’autres exemples, sui'lout eu Ktrurie (2), nous sommes moins incertains cpie le pérlégète et de plus nous sa^ons (pie (xdte rc'présentation \ient de Babyloue (d de rOrient où elle est très l'récpieiite. Il est facile de voir, par l’embarras même' de Pausanias, ipu' cette forme d’Artémis avait disparu entièrement de l’art classicpie, et ou [jeiit croire aussi (pic de son temps les savants les plus curieux — il était certes de ceux-là — n’avaient aucun moven de Noir des xases d’ancien stvie.

Ihi dernier caractère (pii montix' jilus conqjlète encore la ressemblance du coffre et des vases est l’usage constant des inscriptions. Clu'upu' tigure est accomjiagnée d’j-typaaaaTa (pii en disent Ir nom; sans cette jirécautlon la [dupart seraient incompréhensibles; Hercule, les sœurs de Méduse, (juehpies types très nets seuls peinent s’en [lasser. Les attributs sont rares, selon les usages que gardera l’art de la bonne épo(pie; le dessin en est imparfait. Aussi, (piaud le si'cours des inscriptions manque, Pausanias ne s’asenture [las; il signale uiu' vieille femme sans nom viTi; ^/i) (3); ailleurs il a soin de maiapier (pu* l’inscription lait défaut (xa'jTVi; T/i; yuvaiy.o; èîrtypaaua gèv a— sgt'.v ryt; sxti) (4)- l^OUr le (milN'ercle, ce (pil en r(Mi(l si incertaine l’explication, c’est (pie les noms des personnages ne sont pas écrits; de même pour la bataille. Nous constatons aussi par ces inscriptions (pie l’artiste re|U“ésentait à céité des héros connus des personnages secondaires, peut-être de sou invention. Tel

(1) Id., V, 1!Ç ;i. ’WijZZ'v.; oà or/, olox jy’ o-o) zôyt.) -zéyjyx; syo'jxi

[J.ÎV y.x'iyz'. Tràpoa/.iv, Os xwv ysiooiv Asovra.

(2) V. plus haut, p. 177, 1811.

(3j [Id., 17, 7].

(i) [Id., 17, 2.]

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