LES INSCRIPTIONS
TYPE CORINTHIEN ( DEII.K I KM K Kl'Oy U k).
Lc,'^ inscriplions mai-qiic'iil un nouveau progrès dans l’Iiisloire de la eérainique ; elles ])araisseiit en inènie lenq)s (pie la figure humaine Iraitée lihremenL D’après les exenqiles (pie nous a\ons, on peut croire (pie le premier potier qui s’éloigna des modèles orientaux pour représenter des personnages dessinés à l’imitation (U* ceux ipi’il avait sous l('s yeux, éeri\ it prescpie aussi t(')t à coté du dessin le nom des hommes ou des dieux, ou même des animaux et des objets ipi’il a\ait ^ouhl représenler (i) : la jirécaution était nécessaii’e, car ee nom seul pouvait donner une clarté sul'lisaiite à son intention. Les vasi's tes plus imparlaits de celte noiivi'lle série (àiit des inscriptions; nous savons ]:)ar le colfre de tApsélus (ehap. "1 ([ue l’emploi des lettri's pour expliquer les scènes figurées riMinanle jiiscpi’aux en\ irons du mii'' siècle. Ainsi le.s inscriptions et h's figures traitées librement ont paru sur les vases à peu |)rès dans le même tciiqis.
IjR figure humaine ne prend d’abord (pi’iine très l'aible place: l’ornementation orientale occiqie de beaucoup la jjliis grande [lartie du \ase. Lette figure est de pelitt* pia^portion, mêlée à des rosaces, à des palmettes et aux animaux ordinaires ; elle devient ensuite plus importante. Pour classer les vases de cette é|joque, où les variétés d’écoh' (d la dil-
(I) [Elion, //isl. I (I. OÜTw; àpx àréyvoj; -ÿ ''mx, cÔ7t,- zT.'.-'rjy.oi'.y toj: --py.-
oiy.:' TO'jTO fio’j:, zy.zy/o '(r-zo;, to'jto OîvOpov.]
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IV'iTiice d’Iiabileté chez les potiers peuvent souvent tromper, le plus sûr est j)eut-ètre de considérer l’importance de la ligure par l’apport au mode ancien de décoration.
D’ajU'ès les vases cpie nous possédons, ce changement se l’ait alors que !(' style corinthien simple (chap. XI) est tout à fait développé. C’est à ce style (pie la ligure vient s’ajouter. Pour bien suivre ce progrès, la méthode la plus simple nous {laraît être de rappeler les principaux: exemplaires des vases de cette classe (i). Une courte description suffira j>our suggérer des nmiarques de détail. Dans la liste cpii suit, j’ai fait entrer une pyxis dont la provenance précise est inconnue, deux aryhallcs d’Egine et d(‘ Cairysto (h’uhée), une bouteille à long col de Kleonai (Argolide), une coupe d’Argos. On verra jjIus loin quelles raisons nous avons de croire que ces poteries ajipartiennent à la fabrique de Corinthe. Il est à |)cinc besoin d’ajouter (jue pour la terre, le fond fin tableau (d la couleur des peintures, cn^s vases rc'produiscnt tous les caractères (pie nous avons essavé de préciser au chapitre XI.
1" Pyxis à couvercle : panse spliéroïilale; origine inconnne (h. 0,l i), collection de Wilte (“2). Sur le couvercle (puUorze hoplites ; sur la pause nue zone occupée par deux hommes à pied et huit cavaliers; eu haut, frise de godroiis enfermée eu haut et eu bas entre trois rangs de perles; en bas, six rangs de perles (d une zone de denticules. Sous le pied, cimj cercles concontri(|ues ava^c perles. Reprises au trait soignées sur le couvercle, rares et négligées sur la pause; gramh's inégalités de couleur. Désignés chacun par une inscri[»tion, Palamède, Nestor, l’rotésilas, Patrocle et Achille s’avancent vers Hector et Hemnon qui viennent eu sens inverse; tous sont à cheval. Nous avons aussi les noms de plusieurs chevaux : Podargos, Balios, Xanthos, Oriou et Aéthou. L'écuyer de Palami'de le suit en se tenant à la queue du cheval, selon un usage que nous retrouvons sur h's fjas-reliefs de l’époipie classique. Siguature de l’artiste : Xap:: èypa'ÿs. Le (jni m’engage à classer ce vase le premier, c’est surtout la
manière tout à fait iuexjtérimeiitée dont sont traités les cavaliers, l’uniformité des attitudes, la simplicité de la composition, la grande jdace réservée à la décoration.
(1) [Nous ferons remarquer que l’auteur, dans tout ce chapitre, ne s’occupe que dos vases trouvés à (Corinthe ou dans la Grèce propre. Les vases de style corinthien, avec ou sans inscriptions, trouvés en Italie, feront l’objet d’un chapitre spécial. — E. P. J
(2) De Witte, Rev. Arch.., 1363, 2, p. 27i; Arch. Zeit.., IS6i, p. 133, pl. 181. M. Fürster, Annali, 1866, p. 171, regarde ce vase comme une imitation d’archaïsme; mais nous n’adoptons pas cotte opinion.
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2” Aryballe découvert en 1852 à Corinthe, aujourd’hui au Hrilish Muséum (1). Terre fine, surface polie et do couleur histre clair; ornements hrnns. Autour de l’orifice, ileur; sur le rehord du goulot, sorte de postes; sur la pause, ornement compliqué composé d’un cercle central, de feuilles qui rayonnent autour de ce cercle et (jui alternent avec deux handes en forme de chaîne à anneaux ronds et avec des palmettes. Sur l’anse, figure de profd, à longs cheveux (2); en face de cette ligure et sous l’anse, inscriptions. Le nez i-appclle celui des vases de ^lilo; le menton est heaucoup plus proéminent; l’œil est de face, la houche souriante l 'rrogy. ysTaGivov). L’inscription, AivETx ègi, indi(pie le propriétaire, ou peut-être faut-il donner aces mots, qui paraissent sortir de la houche de la femme, le sens de « je suis hellc, digue d’éloge » (aivsTa ïgi). Les noms qui suivent sont parfaitement grecs, mais nous ignorons 'quel sens ils ont à celte place : MevsV.ç, Gspwv, M’jpgi'r^a;, Eddo/.o:, .\.'j(javfîpi(ly.:, Xapc/tTL daç, Asa7,oç, Zlvtov et «l'p'j;. Ce vase est évidemment d’une épO({ue très ancienne : ses petites proportions, qui nous reportent à l’époque où la forme de l’aryhalle était prédominante, l’ahsence de composition, le caractère d'éhanche de la figure sont des indices dont la valeur est incontestahle.
3“ Un des exemples les plus précieux et les plus anciens est la pyxis trouvée par Dodwell à Corinthe, aujourd’hui au Musée de Munich (3). Elle n’est pas à jians droits, mais demi-sphérique comme celle de Charès [\°j. La panse est occupée par deux zones d’animaux, panthères, lions, houes, sphinx, etc., et par les autres ornements ordinaires du style oriental. Sur le couvercle, qui est très petit, h' potiera peint deux sphinx se faisant face et séparés par un oiseau, ijui paraît être un cygne; comme on le voit, la ligure humaine n'a ici que la moindre place, et encore, entre les personnages, le peintre a-t-il ajouté des oiseaux, des rosaces et divers motifs de décoration; nous sommes tout près de l’époque oîi les Heurs et les animaux composaient seuls toute la décoration.
La scène comporte deux actions : une chasse au sanglier et une scèucd’adieux. l“Uno femme (’AT/cx) met la main sur la tête d’un jeune homme qui va s’éloigner (Aoptua/oç). Derrière elle, Agamemnou lient un caducée; devant elle est une autre femme (Ex/aç). 2“ En homme armé d’un houclicr rond et d’une lance (’Avrîf'jTx;), un archer coilfé d'un cas(jue à haut cimier et le genou en terre ( Ilx/.oîvj (4), altaquimt un sanglier (jui a
(1) Rhousopoulos, Vasetto corinzio cou iscrizioni, Annali, 18(12, pp. ili-ad, pl. AB.
(2) Bapprochez de cet aryballe un autre vase de même forme, trouvé à Artços, qui porte sur la panse un génie ailé, à la base une rosace à pétales recourbés en arc, et sur l’anse une tête de femme de prolil. Cette tête, ceinte de la sléphané qui enserre une abondante chevelure, est d’un style beaucoup plus ferme; Conze, Arrlt. Ze\l., 1859, p. 33, pl. GX.W, n° 2.
(3i (Jtto Jahn, VascnsanirnlKnçj zii Mihichen, n° 211; Dodwell, Class tour II, p. 19(); Inghirami, Mon. Etrusch. V, pl. 59; d'Agincourt, Recueil de fraejm. de scidpiure antique, pl. 36; Dubois-Haisonneuve, Introduction, pl. h; Bircb, Hislary of ancienl pottertj, 1873, p. 188; Lan, Die yriech. Vasen, pl. III, I, 1«, 1*. Les inscriptions ont été publiées souvent. Corpus inscr.fjr., T; Franz, Elein. epiy. gr., 26. Nous suivons le fac-similé donné par (Jllo Jahn, /. c., pl. V.
( i) Otto Jahn lit Arzeov.
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déjà renversé un des chasseurs ('hi;>.wv). A la tète de l’animal, un quatrième personnage (0£pi7av()po;) paraît vouloir le frapper d’une courte épée. Tous ces noms sont grecs, mais on chercherait en vain la scène historique à laquelle ils se rapportent. Pausanias eût dit de la plupart d’entre eux que c’étaient probablement des gens célèbres en leur temps (I). Un connaît sous le nom d’A).'/.â, ’A)./.-/;, ime fille d’Olympos et de Cybèlc (2). Aopm.a/o; est celui qui combat avec la lance. 2r;xa'ç signifie servante; il y a du
reste d’autres exemples de ce nom propre. Nous aurions donc dans le premier tableau un père et une mère qui envoient leur fils à une expédition; la suivante assiste à la séparation. Uapproebez ces noms de ceux d’ -!--oÊxTa; et d' î-TrocTpoç-o; sur le vase de Uarysto (a'’). ’Avïîp'jTy.; est également un nom très simple, mais dont on ne connaît aucun exemple dans la légende; de même pour dnAwv, Ildc/.cov ou Aà/aov. Bipfravcîpo; signifie l’homme courageux: c’est lui qui attaque le sanglier de plus près. Un fils de Sisyphe porte le nom de Bsprrocv^po; (3).
Lapyxis de Dodwell est un des exemples les plus remarquables que l’on puisse citer d’une très grande place faite encore à rornementation orientale sur un vase où sont représentées des figures grecques. Mais la finesse du détail et l’habileté dans la manière de traiter les figures, si petites qu’elles soient, engagent à placer ce vase après les deux qui précèdent.
4“ Bouteille à col allongé sans anses (h. 0“,14), trouvée en 1860 à Kleonai (Argolide), aujourd’hui au Musée de la Société archéologique d’Athènes (4). Achille agenouillé derrière un arbre, casqué, armé de deux lances et d’un bouclier rond qui porte la Goigone, guette Troilos. Une femme présente un vase à la bouche d’une fontaine; 'l'roilos, désigné par une inscription incomplète, s’avance à pied, nu, barbu, tenant parla bride deux chevaux, ’A'joêaç et SivOo;; derrière les chevaux, deux vieillards, vêtus d’une longue tunique et d'un manteau, Iloiaa.o; et peut-être Anténor, d’après O. Jahn. Au second plan, restes d'une tête de femme (Kréiisa?). Signature de l’artiste : Ttyovifîa; u.’ Eypaeps. Sous le vase, rosace à pétales arqués. Sur le col, trois zones, ruban ondulé, échiquier et zigzags; à l’attache du col, rosace de pétales.
3“ Petit aryhalle que l’on croit trouvé à Carysto (Euhée), aujourd’hui au Musée delà Société archéologique d’Athènes (3) (périphérie tl"',2I). Un cavalier à longue
(t) [Le sujet rappelle de très près la chasse du sanglier de Calydon, fréquente sur les vases peints, mais le peintre a voulu évidemment représenter ici une scène de la vie réelle, et non une légende mythique. On en a pris texte pour discuter si la formation des sujets mythologiques est antérieure aux scènes de la vie ordinaire sur les vases peints, ou si au contraire les peintres n’ont pensé que plus tard à donner des noms héroïques à leurs personnages; voir cette dernière opinion dans FurUvangler, De?' JJornattszie/ie?-, p. t(i et suiv., discutée par L(ischcke, Ai'ch. Zeit. 187(i, p. IKi, note 2;f. qui du reste a modifié son opinion, Id., 1881, ]). 48, note 4t». — E. P.j
i2) [Diod. Sicil. V, 49.]
(3) [Pans. II, 4, 3. De môme un tils de Polynice, Pind. Olijmp. Il, 76, et d’autres.]
(4j Otto Jahn, Arch. Zeit., 1863, p. 57, pl. 175; De Witte, Rev. urcit., Nouv. série, t. Vlll, p. 271; Gollignon, Calai., n® 181.
(5) Raoul Rochette [Lettre à .1/. Schonu 2® édit., p. 6) le vit à Naxos dans la maison de
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chevelure, la tète ceinte d'un bandeau, tient un second cheval en laisse; derrière lui marche un hoplite casqué, nu, chaussé de cnémides, armé d’une lance et d’un bouclier rond : devant lui, oiseau s’élançant sur un lièvre. Près du cavalier, le mot tTC77oc7Tp6<po;, celui qiû exerce, qui fait manœuvrer les chevaux; près de l’hoplite, [-ttoêzTa;, celui qui monte le cheval. Comparez le mot i-7roêoTat, les hippobotes d’Euhée, ceux qui avaient assez de terre pour nourrir un cheval, les citoyens riches de l'ilc, oi -Kx/hç, (i).
6° Coupe profonde de la collection Coromilas, trouvée à Corinthe (2). Terre line, rosée; ligures noires, brunes, rougeâtres; traits à la pointe; tous les personnages sont désignés par des inscriptions. Pes deux côtés, un combat singulier; 1“ Énée et Ajax combattant; derrière Ajax, un cavalier, nommé aussi Ajax, tient un second cheval en laisse; derrière Enée, un cavalier semblable, nommé Ilippoklès. Ec bouclier d’Enée a pour épisème un serpent. 2” Hector et Achille combattant entre deux cavaliers pareils aux précédents; celui qui est près d’Achille s’appelle <I>oiv'-;, l’autre SapTTXfîôv. Le bouclier d’Achille a pour épisinne un oiseau volant. Entre les deux scènes, sous une des anses, Dolon, le genou en terre.
Les deux combats ressemblent tout à fait, })Our la disposition générale, à celui que nous avons vu sur la plus belle des amphores de Milo (p. 216) ; les cavaliers, do petite proportion sur de longs chevaux, sont aussi les mômes que sur l’une de ces amphores. Ils ont une stéphané qui serre leur longue chevelure, un vêtement court, à manches, serré sur la poitrine, mais le dessin est à tous les égards beaucoup plus avancé. Le mouvement des chevaux que retiennent leurs conducteurs, la manière dont se cambrent les combattants sont d’un art déjà habile. Les inscriptions ne s’accordent pas bien avec la physionomie classique des personnages. Il est singulier de voir le second Ajax et Sarpédon sous les traits de jeunes conducteurs de chevaux, sans aucun des caractères que leur donne la poésie homérique; Phénix, ici, est aussi un adolescent, un écuyer, bien que VIliade l’appelle yaptov, TczAaiye'/r,;. Nous ne connai.ssons pas de combats d’Enée et d’Ajax, d’Achille et d’Hector auxquels nous puissions associer Dolon. Le combat d’Hector et d’Achille ne saurait être celui que raconte Homère, puisqu’on y voit assister Sarpédon qui était mort à ce moment. 11 serait difficile de reconnaître sur ce vase la lutte d’Ehée et d’Ajax telle que la rapporte VIliade ; ce combat eut lieu autour du corps de Patrocle que l’artiste n’a pas indiqué. Ilippoklès donné comme compagnon à Enée est inconnu. On pourrait supposer que ces sujets sont empruntés aux Kijpria de Stasinos, comme l’a supposé M. Michaèlis, mais cette hypothèse ne résout pas les difficultés principales. 11 semble bien plutôt
Serpetti. Cf. Letronne, Rev. arch., III, p. 380; U. Jahn, Vasensaminl. München, p. xxvi et cxLYii; Benndorf, Gricch. und Sied. Va.se)dj., pl. X.YX, n" 10; Heydeinanii, Griech. l'nsenù., pl. YII, f. 3; Gollignon, Calalogue, n° 182.
(!) Hérod., V, 77. Letronne fait ce rapprochement à propos d'I-Tzoa-pjoo;-, il avait lu pour l’autre mot
(2) Gerhard, Arch. Anz., 1836, p. 187; Michaèlis, 1860, p. \ Annah, 1862,
p. 56, pl. B.
TYPE COUINTIllEN.’
quo lo potier il représenté la scène ordinaire du eomli.it et l’a accompagnée de noms de fantaisie qui ne sont pas d’accord avec les traditions mythologiques.
7“ Petit vase de forme sphérique (aryhalle?) dont le col est hrisé, trouvé à Égine, aujourd’hui au Musée de Ilreslau, collection Schauhert (1). Hercule, aidé de lolaos, eomhat l’hydre; tous deux sont désignés par des inscriptions; à gauche, doux femmes assistent à la lutte; près d’elles est un char sur lequel on voit nu oiseau à lôte de femme. A droite, un auln' cfiar est monté par un aurige nommé Tapuoio; (ou Papaoio:?) ; sur lo sol, près d’ilerculo, crahe ; au-dessus de l’aurige, sorte de serpent volant (2); à droite, oiseau volant.
Sur les vases 4 à 7 l’ornementation orientale tient une place plus secondaire; la composition des scènes préoccuiio davantage l’artiste qui y réussit; la techni(]ue devient de plus en plus hahile.
8° Skyphos, trouvé à Argos (h. 0“,07) (3). Zone princi[»ale encadrée entre deux ruhans; à la partie supérieure, série de Heurs de lotus alternativement droites et renversées; eu bas, deux lignes portant des denticules rectangulaires symétriques, et au-dessous dents de loup formant corolle comme sur le vase n" 1 . Ce vase iio porte pas d’inscriptions. 1“ Sur la zone })rincipale. Hercule et lolaos attaquent l’hydre; entre les pieds d’IIercule, crahe; à droite et à gauche, deux femmes debout. A gauche, plante sacrée assyrienne devant la femme, et dei'rière la femme un char au repos dont les deux chevaux sont détachés et se tiennent près d’un ai'hre (4). La scène, surtout pour la représentation de l’hydre, rappelle tout à fait le n“ 7. 2° Dans l’autre partie du registre. Hercule, nu, vainqueur de Cerbère, tenant d’une main un arc, de l’autre une pierre, et portant un carquois, se jirésente devant Perséphone qui s’est levée de son siège. Hermès, les }»ieds ailés, le caducée à la main, le pétase sur la tête, le suit; il est vêtu d’une tunique et d’une chlamyde. Derrière Perséphone, Pluton regarde en s’éloignant ; il porte une tunique longue et un manteau ; il tient un sceptre surmonté d’un oiseau. Perséphone n’a aucun attribut, non plus que les femmes qui assistent à la lutte contre l’hydre. Les deux scènes sont séparées jiar une colonne dorique. Sous le vase, tête de (’iorgone.
L’arbre assyrien doit être rapproché de celui de plusieurs coupes de Chypre ; il a un caractère asiati([ue bien marqué (]ui est un signe d’antiquité.
9“ [Œnochoé eu fragments i^haut. 0,2o), trouvée sur le territoire de Corinthe, près de Loutrakiou (5). Aurige imberbe, ’.V/.xu.x:, debout sur un char, vêtu d’une longue tunique blanche serrée à la taille, tenant de la main di’oite l’aiguillon, de la main gauche les rênes de quatre chevaux, dont deux sont blancs et deux noirs; les noms des quatre chevaux sont inscrits à côté d’eux, IvJAAapo:, AvcriTroAi:, un autre IvDAapo: et d'oiTwv;
(1) Welcker, Animli, 1812, p. 103; Aile Dcnhnaler, 1831, t. III, pl. VI, p. 237 ; Monumenti,
III, pl. XLVI ; Konitzer, und die Ilydra, Breslau, 1861.
(2) rPeut-êlic un lézard ou salamandre? Cf. le n“ 0.]
(3) Conze, Arch. Zeil., 1830, pl. CX.W.
(4j Cf. l’arbre du n" 4.
(3) Uhousopolos, Miülæilnnycn des déni. arch. /nsi. in Alken, 1870, p. 316, pl. XVIII.
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dans le champ, devant les chevaux, un grand lézard (salamandre) désigné aussi par rinscription àax.iXy.goç (1).]
A CCS exemplaires 11 serait facile dh'ii ajouter Ijeaucou}) d’au 1res qui sont si'iremcut de style corinthien, mais f|ui n’ont j)as d’inscriptions et qui représentent des é[)isodes mylhicpies ou simplement des guerriers, des danses, des scènes bachiques (a).
Par exemple, une cylix profonde du Musée de la Soc. arcli. d’Alhènes (3), remarquable par le nombre des personnages; on (ui compte douze : un homme barbu ithy- ])hallique, à queue de satyre, élevant un caiitbare; Dionysos barbu tenant de la main gauche un oiseau par le col; deux personnages s'a])puyant sur le genou droit, dont fun lient une Heur, l'autre un canlbare; deux joueurs de double tlùti' ; quatre personnages marchant et élevant des vases dans la main droite; deux danseurs. I.a scène est terminée par un bouton de lotus; entre les personnages, des étoiles et des cercles de points.
Autre skyphos à pointe (4) ; neuf personnages dansant et tenant des coupes et des rhytons; rameau sur lequel est perché un oiseau à tète humaine.
Sorte d’amphore à couvercle (3^ fi'ois zones : sanglier atta(jué par un lion; un homme s’élance sur le lion; le reste de la zone et les deux autres registres sontoccupés par des animaux, ainsi que le couvercle. Exemple curieux d’une seule figure humaine introduite dans une décoration tout orientale.
(1) [Il m’a semble nécessaire d’ajouter clans le texte cet exemplaire corinthien, important à cause des inscriptions. A ces neuf exemplaires on peut encore ajouter, pour les vases à inscriptions trouvés sur le territoire de Corinthe, un skyphos représentant de chaque coté un combat entre deux guerriers; sur un des boucliers on lit POhVhA^AA; sphinx et sirènes; Arc/i. Zeit., 1881, p. 236; Fnrtwiingler, Vasensamml. Antiquar., n” 667. — E. P.'
(2) [Un des plus importants est un petit lécythe aryhallique du Musée de Berlin, publié par M. Furtwilngler, A?r/o Zeit. 1883, pl. 10, p. 133 et sniv. ; Vasemaminl. Anliqmr., iF 336; il a été trouvé «au dire du marchand » à Corinthe. Ce décor en est tout à fait asiatique, mais il n’y a pas les animaux habituels au style corinthien ; six personnages; Hercule agenouillé perce de scs flèches les Centaures à jambes d’homme par devant. La technique même des couleurs offre des particularités curieuse.s et M. Furtwangler, j). 136, y voit une imitation des ouvrages de métal, comme les épées de Mycènes. Comparez dans le même genre un vase de Corinthe, Hercule chez le Centaure Pholeus, Jouni. nf kell. studies, I, pl. 1. Pour d’autres vases sans inscriptions qui seraient trouvés sur le territoire même de Corinthe, cf. A?r//. Zeit. 1681, p. 253-236; Finlwangler, CoUect. Sahourn/f, pl. XLYIl, 1 ; XLVIH, 1 ; y(ise)isamml. im .Antiqiiariuin, n"“ 0(i7, 960, 1083, 1131, 3023, 3020. — E. P.j
(3) Collignon, Catalogue r/e.'? l'nses jieints du Mus. de la .Soc. nrrk. d’ Athènes, n“ 176.
(i) Collignon, Catalogue, n" 173. Voyez encore n“^ 170 et suivants.
(5) Collignon, Catalogue, n" 170.
TYPE CURINTHIEN.
Même forme, deux zones(l). I”Uu cheval vu do face; deux combaltants, dont Puii est vêtu cà l’orientale; plus loin, char monté par un aurige et entouré de deux guerriers, dont l’iin est assis, l’autre debout. 2° Un guerrier et un aurige sur un char; chevaux, lions, oiseau aquatique, génie ailé agenouillé devant une sirène. Ce v'asc, comme le précédent, montre très bien le commencement des scènes réelles introduites dans un style encore presque entièrement oriental.
Amphore d’Argos (2); danses bachiques; dans le champ, rosaces (3).
Nous avons montré clans ce chapitre cpie l’addition des inscriptions, cpii paraissent souvent à côté de la figure luiinaine traitée librement, est un progrès idéalisé sur la céramicpie corinthienne de la première époque. M ais il n’en faudrait [)as conclure cpie toutes les peintures de style corinthien appartiennent nécessairement à une épocjue plus ancienne, c[uand elles n’ont pas d’inscriptions. Ce serait un rritérinm très peu sûr. En effet, les inscriptions sont inutiles sur les scènes cjui représentent des danses, des cérémonies bachlcpies, des combats anonymes, ou pour les héros cpil comme Hercule sont facilement reconnaissables. A l’égard d’IIercule, Pausanias le remarcpie très bien (4). Elles deviennent au contraire indispensables, dès (pie l’artiste veut reproduire des sujets historicpics ou cpi’il a des intentions cpie son inexjiérience ne peut faire comprendre.
Parmi les vases de cette classe cpii ne portent pas d’inscriptions, il en est même dont le style inclic[ue une épocpie relativement plus récente. Ce sont principalement des plats, Tu'vaxsç, des skyphoi, des coupes et des
(1) Colligiion, Catalogue, n° 180.
(2) Arrh. Zeil., 18o9, p. 33, pl. CXXV, u" l.
(3) [Parmi les vases grecs (piî n’ont pas été trouvés à Corinthe môme, il y en a beaucoup qui offrent les mômes procédés de composition que ceux-ci. Les ateliers des régions voisines ont de bonne heure imité les procédés des potiers de Corinthe, et plusieurs de leurs produits mériteraient à cet égard d’ôtre rangés dans ce chaintre où l’auteur étudie le slyle corinthien dans les céramiques de la Grèce propre. Un des plus intéressants spécimens en ce genre est le trépied de Tanagre, que M. Loscheke croit de fabrique attique, Arch. Zeil. 1881, pl. 3, 4, p. 20. Le couvercle est entièrement décoré d’animaux de style corinthien ; mais le sujet principal montre l’importance de plus en plus grande de la figure humaine au milieu des ornements et des ligures asiatiques, üu môme genre, mais avec une importance moins grande donnée à la figure humaine, et d’un style plus primitif, est une pyxis de Phalère, an Ilritish Muséum, qui représente Hercule combattant le triple Géryon ; frise d’animaux corinthiens autour du sujet principal et sur le couvercle; Journal of hellen. slud. 1884, p. 176. — E. P. J
(4) [Pans. V, 17, 11.]
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variétés de ces formes. L’ornementation orientale a presque entièrement disparu; les figures se détachent sur un fond clair. Ils doivent former une subdivision de ce groupe. M. Benndorf a publié deux spécimens de ce style; ce sont des plats votifs, percés de trous de suspension; l’un re]:>résentc un lion, l’autre une scène bachique; sur le premier on voit un bouton de lotus, sur le second une rosace centrale formée de sept boutons de la meme nature (i). Je donne ci-dessous un fragment de la décoration d’une coupe profonde qui a été dessiné par M. Cliaplain à
Corinthe, dans la collection Tripos (fig. jo) (2). La manière de traiter le corps humain est à noter; on remarquera surtout les fortes proportions de la partie supérieure des cuisses, et le costume composé d’une tunique serrée sur le corps et d’une sorte de caleçon. Ces détails se
( I) Benndorf, Griech. uncl Sici/. Vasenh., pi. VIet VII. M. Benndorf no se prononce pas sur l’origine du })lal reproduit dans la planche YII ; le caractère corinthien de cette peinture, d’après les analogues, est Irès vraisemblable. Cf. Dumont, Peint, rérain. de la Gr. p?'., I87i, p. 22-23.
(2) [Déjà mentionnée dans les Peint, céram. de la Gr. pr., lS7i, p. 22. J
TYPE CORINTHIEN
retrouvent identiques sur des vases trouvés en Italie, que plusieurs archéologues ont considéré comme des vases d’imitation archaïque; peut-être les poteries découvertes à Corinthe peuvent-elles contribuera modifier cette ojCmion (i).
Les vases à inscri])tions que nous avons ilécrits plus haut pci’inettent de fixer par des excnq)lcs dont l’origine est certaine les caractères dcral[)habct que les potiers employaient à Coianthc même. Il est important d’avoir un renseignement aussi direct et tout à l'ait incontestable. Pour plus de rigueur, nous n’examinerons d’abord que les vases découverts sur le territoire de Corinthe, c’est-à-dire les numéros 2, 3, G et g, en écartant même l’aryballe de Carysto.
Ces quatre vases nous donnent l’alphabet suivant :
a — A à barre horizontale.
A à barre transversale, lettre c[ui, comme la [dupart dos autres, est tournée tantêjt à tiroite, tantê)t à gauche.
Ç = Tj, lettre qui est retournée et couchée dans le vase n" g.
Y C avec une courbe peu accentuée sur le vase Dodwell. Il manque sur les trois autres.
= A plus ou moins régulier.
c “ ^ tourné à droite ou à gauche, avec les angles plus ou moins arrondis.
'C mancpie.
r, i-endu ])ar s.
(1) Cf. Roulez, C/toiv de vxses peints du Musée de Leydc, pl. V, p. 21; Dubois Maisonueuve, hilroduction à la peint, de vas. ant., ))1. LX. Roulez cite aussi Passeri, Pictnræ Elrnscnr. in vase., t. 111, pl. CCXXVUl. [Voyez sur ce sujet du burlesque, cher aux artistes de. la
ïabriijiie corinthienne, les rcmarqnes de M. Loschcke, Annali, 1878, p. 313-3Ui; Monianenli, X,pl. LH, l ;il en suit les développements depuis les plus anciennes peintures corinthiennes (Benndorf, Gr. u. Sicil. Vas., pl. VI et pl. XLIH, 1 ; Mas. Gliius., H, 17 ; .Mus. Gret/., H, pl. ti, 3; Arc/tæol. epi;ji'., Millheil. ans (Esterreich, I, jt. 38; Collignon, Catalofj., n” 170; Mus. Gainpana, 11° 1 2 1 jusqu’aux vases de style plus récent [Annali, l. c., p. 313-314). M. Helbig, Bulletlino, 1880, p. 2i0, mentionne une coupe de style corinthien trouvée à Kleonai (Argolide), qui porte d’un côté six éphèbes à cheval et de l’autre un ztôao; burlesque; voir aussi les peintures du trépied de Tanagre, Arch. Zeit., 1881, pl. 3; quelques vases de la fabrique de Cyrèue, Id., 1881, pl. 12, 1; pl. 13, 1, i; deux de la Collection Itayet, 1879, 108, 109; enlin, plusieurs du Musée de Berlin, Furtwangler , (Jollect. Gabournff, pl. XLVIH, 1 ; Vasensninml. un .\nti(piarium, n"* 818, 1000, 3925. — E. P.]
TYPE CORINTHIEN
V = fv' .
I = I. Sur le vase n'^ 2 la barre supérieure est plus longue (pie les deux aulres; ce caraclèrc n’est pas aussi évident sur le n" 6, cpii paraît avoir le trait supérieur plus court.
0 = 0 plus on moins régulier.
77 = P à brauches inégales.
P = P. L’anneau a le plus souvent cette l'orme angulaire bien distincte; la barre verticale est plus ou moins longue.
G = M à branches parallèles, égales; elles ne sont pas écartées comme dans le M classique.
T = T, la barre transversale droite ou légèrement inclinée.
. := V, quelquefois un trait dépassant en dessous.
= X, dans les n"® 3 et 6.
rp — c|). Il y a de légères variantes; la barre ne traverse pas toujours le cercle.
y = X et + .
manque sur ces exemplaires.
10 rendu par o.
Koppa = ç.
Aspiration = B.
Di gain ma = F-
Sur le vase n“ 6 plusieurs inscriptions sont écrites de droite à gauche; sur le vase n“ 2 elles forment des circuits (éXiY[/.oi) ; sur le vase n" 3 elles sont peintes selon les facilités que laisse la place vide, de bas en haut ou de haut en bas; le vase n" 9 réunit tous ces modes d’écriture.
jOulre ces inscriptions sur vases (1), nous possédons depuis peu d’autres docnmenls céramiques très intéressants qui proviennent du territoire même de Corinthe et qui
(I) [Il nous a paru indispensable d’ajouter ici dans le texte ces documents très importants dont l’auteur n’avait pas connaissance, au moment où il rédigeait son manuscrit.— E. P.]
TYPE COPINTIIIEN.
par leurs inscriptions connrmcnt et complètent l’alpliabot donné sur les vases : ce sont des petites plaques de terre cuite qu’on déposait en ex-voto dans le temple de Poséidon et qui portent des peintures de divinités, le plus souvent Poséidon et Amjjhitrite, ou des sujets de la vie ordinaire; sur un assez grand nombre on lit des dédicaces peintes en alphabet corinthien pl). Toutes les formes de lettres précédemment énumérées s’y retrouvent; elles donnent en ]dus :
L’alphabet se trouve ainsi constitué tout entier avec des textes sûrement corinthiens. I
Sans ces documents céramiques, 4ases et plaquettes de terre cuite, nous n’aurions guère d’exemples trouvés à Corinthe même de l’alphabet ancien de cette ville; nous serions réduits à des monnaies qui portent ÇOP et à de rares fragments d’inscriptions lapidaires tout à fait insuffisants (2). Nous possédons, il est vrai, des textes importants de Corevre, colonie de Corinthe; on connaît le monument de Ménéerate (3), l’inscription d’Arniadas (4) et quelques autres textes (5). La paléographie de Corcyre est exactement celle de nos vases.
(1) [Cf. Rayet, Gazette archéolofiique, 1880, p. 101-107; Avcliæol. Zeitung, 1880, p. 195; Col-
lignon. Annales de la FacAilté de Bordeaux, 1882, p. 38-43, pl. I; Monuments grecs, 1885 (en préparation) ; Rœhl, Inscriptiones Græcæ Antigulssimæ, n” 20, 1 114; Addenda, n“ 20; Ima¬
gines insc. græc., p. 37-59; FiuTwangler, Vasensammlung im Anliquarium , n'”* 347 à 956, 3920 à 3924. — E. P.]
(2) Le Ras, Revue Aixh., Ane. série, t. I, p. 174; Voyage ArchéoL, Insc. part. H, p. 20,
n“® 80 et 82; Forchammer, Ilallnjonia, p. 14; Kirchhofl, Studien zur Gesc/iiclite des griech, Al/jhaljets, 1877, p. 88 ; Lolling, Aile Inschrift nus der A'orint/na, dans les Mittlieilungen des deulschen archæologischen. Institutes in Athen, t. 1, p. 40 ; [Rœhl, Inscript. Græcæ Anliquissimæ, n"* Addenda, n" 26 a.]
(3) Franz, Arch. Zeitung, 1846, p. 380, pl. XLVIII ; [Mnstoxidi, cose Corcir., Inscript., n“ cm, p. 374; lions, Jalirb. f. Plnlolog. u. Vüdag., t. LXIX, fasc. 5; Riemann, Recherch., archéol. sur les îles Ion., I, Corfou, p. 31, pl. II; Rœhl, Inscript. Antiquiss., n” 342; Imag. ins ant., p. 61, 12.]
(4) Franz, ibidem, p. 379; [Mustoxidi, n“ civ; Ross, l.c.; Riemann, l. c., p. 42 ; Rœhl, Inscript. Antiq., n” 343; Imag. inscr., p. 62, 13.]
(3) Corpus Insc. græc., n“ 20; Franz, Elem., n“ 31 ; Rev. arch., l. XV, p. 63; Hermès, t. II p. 136; [Rœdil, Inscript. Antiq., 11“'* 341, 344-347; Imag. inscr., p. 60, 10, ll:p. 61, 14, 15,‘ p. 62, 16, 17.]
TYPE COIUNTIIIEN.
.le n’ai pas donné X = s, Icllre (’crtaineinent corintliieiine (i), parce fpi’à ma connaissance, à moins cpic mes recherches n’aient été insuffisantes , je n’en connais aucun exemple certain ni à Corcyre ni à Corinthe.
Pour se rendre compte de l’importance de cet alphabet, il suffit de remarquer qu’il diffère |)ar des caractères essentiels de celui d’Athènes, de ceux des Grecs occidentaux, et qu’il a des lettres qui ne sont (|u’à lui. Le 6 = ^116 se voit qu’à Corinthe et à Corcyre; l’e^:^ se trouve en dehors de ces deux villes seulement à Anactorium, colonie de Corinthe. Tj et ^ sont donc des lettres que nous pouvons appeler jusqu’ici exclusivement corinthiennes. L’alphabet attique n’a ni le ^ = ni le i]/ == t ; il ne connaît pas M = g (2). L’alphabet des Grecs occidentaux n’a ni le ï ni le t (ç=X; y = ÿ; y == ou ©g et ttg) (3). Ces différences suffisent pour distinguer de tous les autres les vases corinthiens à inscriptions.
Revenons maintenant à ceux des ^ases que nous avons placés dans cette classe, bien (pi’ils ne [)roviennent pas du territoire môme de Corinthe. La bouteille de Ivleonai (4") porte le Tj et le B; toutes les autres lettres sont également corinthiennes; nous avons donc là un vase corinthien et non argien. La môme remarque s’aj)plique au vase de Carysto (5") sur lequel nous voyons Tj , lettre sans exemple en
conserve très peu de lettres, mais on y remarque M — g, forme qui n’est pas connue pour Egine. L’alphabet du vase de Charès (C) est entièrement corinthien et re[)réseiYté par îles signes assez nombreux pour fju’il ne jouisse y avoir aucun doute.
fil Kii’chhofl', SUtdieu, p. ‘J 1-92.
(2) [Il ne faut peut-être pas se fier absolument il ces absences de lettres dans tel ou tel alphabet, attendu que des découvertes ultérieures peuvent les faire connaître dans une région où on ne les croyait pas employées. C’est ainsi que, pour l’alphabet attique, on a trouvé dans l’inscription très ancienne gravée sur un vase du Dipylon les lettres ^ et a = b, qu’on ne croyait pas des formes alti([ues; cf. Miltheilung. d. dent. Inst, in Athen, 1881, pl. III, p. 107-108. — E. P.]
(3) [Cf. Kirchholf, Sludien zw Gesc/uchle des gr. Alph., 1877; Is. Taylor, The Alphabet, t. II, p. o9, 00; üeecke, dans les Denknmlcr des klass. Altertnnis de Baumeister, p. 52-53; S. Ucinach, Traité d'épigruphù grecque, 1885, p. 186-190. — E. P.]
TYPE CORINTHIEN
Celte étude détaillée des insceiplions doit nous amener à une conclusion sui' l’époque où fleurissait la céramique corinthienne. Avonsnous maintenant un moyen de fixer par la paléographie la date approxlmalivc de ces vases? Cet alphabet est certainement antérieur à celui des monnaies de Syracuse, colonie de Corinthe, qui, au vC siècle, emploient déjà un sigma peu différent de la forme ancienne des Attiques, et non la forme M. Au temps de Gélon (485-47 8) on écrit même ? = g, et on remplace ç par K (i). Nous devrions donc remonter non seulement avant le début du v*" siècle, mais avant la seconde moitié du vi'^ siècle, lors meme que nous n’aurions que ces seuls points de comparaison. Mais nous pouvons reculer encore la date, puisque nos vases nous ont paru contemporains des inscriptions de Ménécrate, de Xénarès et d’Arniadas. La première et la seconde sont écrites de droite à gauche, la troisième est boustrophède ; il est assez difficile de fixer leur antiquité relative, mais on a cru reconnaître dans l’épitaphe d’Arniadas une allusion au combat des Corcyréens et des Corinthiens en 665 (2) et M. Rirehhoff pense que l’alphabet du monument de Ménécrate appartient en effet aux environs de la xlv® olympiade (début du vu“ siècle) (3). Ces textes sont certainement postérieurs à l’année 784, date à laquelle remonte la fondation de la colonie corinthienne de Corcyre (4), et selon toute vraisemblance ils a])particnnenl, comme nos \ases, au siècle. Nous n’avons alors nulle peine à conqjrendre pour([uoi la paléogra|)hic en diffère si visiblement de celle des monnaies de Syracuse. Il sera peut-être possible de pro[)Oser une chronologie plus précise quand nous aurons des monuments qui nous permettront d’étudier le changement du t eu I, du M en ? et du ^ en E ; en tout cas, l’apparition d’une ou de plusieurs de ces formes nouvelles est toujours un signe d’époque plus récente;
(1) [(T. pour les monnaies du temps de Gélon, Stuart Poole, Catalogue of Greek Coins, Sicibj, 1S76, p. 146].
("2) Thucydide, I, 13; Clinton, Fasl. Ilell., t. I, p. 192; Curtius, Wsl. gr., trad. Bouche- Leclercq, I, p. 539.
(3) Sludien, 1877, tab. I et p. 97 ; Franz, Arch. Zeit., 1846, p. 377.
(i) Clinton, Fast. lielL, t. I, p. 61; Curtius, /. c., I, p. 328, 537.