LES IMPORTATIONS ORECOITES EN ITALIE. - LES IMITATIONS LOCALES
1. Uno troi.sième époque de la poterie eorinlliienne est iiiarqiiée par l’importanee prédominante donnée aux ligures. Les scènes sont plus (compliquées, la eomposition est disposée avec art , le dessin beau- (coup plus sut'; il est reeouverl de couleurs nettes et voyantes, rouge brun, noir, violet, blanc; le Tond jaune ou rougeâtre de l’argile devient |)lus clair et n’est [)lus chargé que par exce[)tion d’ornements accessoires; enfin les \ases sont en général pins grands et de rorme plus soignée. iNous avons dans cette classe toute une série d’amphores, de cratères etd’bydries. Ces N ases nous amènent par une transition presque insensible à la peinture noire sur tond ronge (d, pour quelques exemplaires, il est dllficlle de déterminer a\ ce eertilude à tpielle classe il laul les rap|)orter.
Nous appelons encore ces vases corinthiens : cependant pas un d’enx jusqu’ici n’a été trouvé à Corinthe ou à Coreyre, ni même en Grèce; ils proviennent tons d’Italie et surtout de Céré. IMais il est possible de démontrer (pi’ils sont corinthiens. 11 est tout d’aijord évident que [lar le style ils ne font que continuer les caractères que nous avons étudiés dans le chapitre précédent : toute une série tle rapprochements et d’observations de détail montrent la parenté étroite des deux classes, lonteloisde tels arguments ne seraient (pi’une présomption, si des preuves plus jiositlvcs n’étaient fournies par l’alphabet. Nous avons vu dans le précédent (diapltre que l’éplgraphie tic Corinthe a : C tics caractères tpi’elle emploie toujours, mais thjnt se sont servis tpieltpies autres peuples, pai‘
TYPE CfUUNTlIIEN.
exemple ^ i, m = <7; 2“ des caractères qui lui appartiennenl en propre, par exemple ^ = e et Tj — ê. Or ces formes de lettres sont employées sur les vases de la h'oisième époque dont nous allons parler. Il est important de remai'quer que les villes grecques du sud de Tltalie qui auraient pu porter ces poteries en Ktrurie ont l’alphabet clialcidien ou l’al- |jhabet achéen, qui diffèrent tout à fait de celui de Corinthe, .^ous sommes donc forcés d’admettre l’origine purement corinthienne de ces vases.
La plus belle série du troisième style corinthien est celle du Louvre ([ui est entrée au ^lusée avec la colleclion (iam|)ana. Dans cette catégorie il n’est pas de spécimen jdus digne d’attention cpie le grand cratère, ou aiiqjhore dite à colonnettes (ij, qui représente le ban(|uet d’Hercule ehe/. Eurvtios : il peut ètr(‘ considéi’é comme marquant la perlection de ce style, trouvé en i8t() à Géré, il a été publié par W elcker en iSSq (2) et plus tard, avec une exactitude scrupuleuse et des eouleui’s d’un grande vérité, par M. de Long[)érier (3).
En voici la description :
Terre blanelie, bien épurée; couverte jaune pâle; tigures noires avec des toucbes d’un rouge soml)re. placées sur l’argile même; détails gravés à la pointe. Deux zones occupent toute la panse; à la partie supérieure court une frise étroite décorée de palmettes et de Heurs de lotus alternativement droites et renversées. Sur le plan borizontal du rebord sont vingt-trois animaux naturels (lionnes, biche, chiens, lièvres, bouc, bélier, cygne) ou symboliques (sphinx, sirènes) ; sur les tablettes qui surmontent les anses : 1“ deux cavaliers; !:2" un chasseur poursuivant une biche et un cerf. — Zone principale. Face: (juatre lits et quatre tables; Hercule 1 Iphitos (MOT?4>^d).
Eurytios (BYPYTIOM) et ses trois fds Didaion ( P10=1^AA? A ). Klytios (bbYT^OM) et Toxos (MOîOT) sont à demi couchés sur les lits. lole (F?ObA) se tient debout près d’Hercule et tourne la tête vers son frère Iphitos. — Revers : deux groupes de deux combattants et un de trois (les deux Ajax disputant à Hector le corps de Patrocle); à droite et a gauche deux archers agenouillés. — Sous les anses, d’un côté un homme près d’un grand lébès, assisté d’un aide plus jeune, découpe des viandes sur une table; de l’autre coté, Ajax (MA^^A) se perce de son épée entre Flysse (OAYMBYM) et Diomède. — Seconde zone en dessous. Onze épbèbes cavaliers au galop, dont un est suivi d'un oiseau volant.
(1) [On lui donne parluis le nom de kélêhé; cf. Gollignon, I/Arcltéolofiie (jrecque, iig. S.S et 110. L’origine en est fort ancienne; cf. Scliliemann, Tp'inthe, fig. 28.]
2 Momanenti delf Inst., VI, pl. xxxm; Welcker, Annali delV Inst., 1859, pp. 215-257 et pl. K. [Gf. Cntaluqld del Masco Cumpana, class. I, sér. 11, n” 23.]
(3 Musée Anpoleon ///, pl. lxxi, lxxii. i.xvi Ixxii, xxxiv, xxxvi).
TYPE GOIUNTHIEN.
L’oriieiîieutalloii on’ejitah' a [)rosc[iic enlièromenl flisparu ou du moins elle s’est considérablement modifiée; idh' est ici purement décorative et SC réduit à une bande étroite sur la panse; les animaux soni relégués sur le rebord horizontal du vase. Le sujet principal, 1res développé, est emprunté directement aux légendes grecques. Hercule l'st reçu chez le roi d’OEchalie Eurytios; il dîne avec lui et ses (ils. La jeune lole, qu’He renie enlèvera ])lus tard, assiste au banquet. Les trois derniers lils d’Eurvtios sont jilacés sur le tableau dans l’ordre même (pi’indique un tragment d’Hésiode (i). Iaxs tables [laraissenl être de bronze et ont déjà la forme c[u’elles vont eonservei- sur les vases de l’époque (dassique. Les chiens homériques, compagnons des festins, ToaTre'Czsç x.uvsî, l'cmpla- <'cnt comme accessoires les oiseaux, les rosaces et les tlcurs. (3n saisit, dans la comjiosition, un certain effort de l’arlistc pour présenter sous un aspect réel et l'amilier une scène mythologique ; ce genre de réalisme ajoute beaucoup de charme à l'exécidion (2). J’our le combat singulier on a déjà vu (3) des guerriers tlu même genre, coitfés de cas([ucs dont la crista esl de deux formes, couverls de cuirasses et chaussés de cnémides. Les archers et les serviteurs ont une tunique éli‘oit(' à manches courtes fpd, dans certains cas, serre les hanches et le haut des cuisses ; c’est tout à fait le costume tles personnages corinthiens, célébrant des fêtes bachiques (4)- Ep jeune lole est \'êtue d’une lunlque talalre et d’un péplos, les hommes ont la poitrine nue et sont envelo|jpés dans une large draperie ; tous ces costumes nous sont déjà connus (5).
Les têtes de prolil n’ont jias la silhouette exagérée ([ue présentent les vases plus anciens. La ligure d’Iole est fine et l’œil peint un peu plus allongé qut‘ celui des hommes (jui esl l’ond et incisé. Il est curieux de comparer la barije d’Ajiollon sur les vases de Milo (6) avec celle d’Eurytios et de ses convives ; dans les deux cas les potiers ont voulu l’cprésenter la même disposition, mais le plus ancien y a mal réussi. Les
1) Hésiode, Fi-ar/m. XLV, édit. Didot, p. ol.
(2) [M. Klein, 2*^ édit., p. 6(S, (rouve dans ce vase une manière qui le rapproche du style des vases chalcidiens. Voirie chapitre suivant.]
3^ Ghap. .W, pp. 217, 219.
4) Ghap. XVI, p. 239, tig. 30.
(3) Ghap. XV, pj). 217, 218.
• (ti) Ghap. .XV, p. 216.
TYPE CORINTHIEN
proportions du corps luimain sont également meilleures ici et les mouvements bien indiqués : l’attitude calme et méditative d’Ulysse l'ait contraste avec celle de Diomède dont le geste est désesj)éré. On peut SC rendre compte des grands progrès qu’a laits ce genre de peinture en rapprochant le tublean de la mort d’Ajax, telle cju’elle est peinte ici, de celle qui ligure sur un aryballe de Rhodes conservé au Louvre (i). Sur l’arvballe, Ajax est démesurément grand et porte une chevelure également exagérée : c’est un colosse; Diomède et Ulysse assistent aussi à la scène. La peinture est de l’exécution la plus médioci*e, mais ce qui nous frappe surtout, c’est la manière toute différente dont le sujet meme a été compris par les deux artistes : l’un a peint une œuvre d’nn caractère tout primitif, l’antre un tableau qui est déjà, à bien des égards, entièrement grec.
Le sujet du cavalier, suivi d’un oiseau volant, est particulièrement cher aux artistes corinthiens qui l’ont emprunté aux coupes phéni¬
ciennes (2): nous les retrouverons sur presque tous les spécimens de cette série; l’oiseau volant paraît symboliser d’une façon ingénieuse la rapidité de la course. La ligure 5i reproduit un des nombreux motifs de ce genre, emprunté à un vase de Géré.
l^es vases de cette classe présentent des différences assez maiapiées
(I l De Longpérier, Musée Psapol. 111, pl. lxvi (xxxvi). Voyez les remarques de M. de Loni;périer sur les dilTérents vases qui représentent le même sujet.
(2) [Cf. Clermonl-Ganneau, L' Imagerie phémclenne , pl. ii. Les Phéniciens eux-mêmes l’onl probablement emprunté à un motif égyptien ; cf. Perrot, llkt. de l’Art, III, tig. 5 19. M. Loesebcke pense qu’il a donné naissance aux nombreuses représentations de Troïlos; Arrh. Zeitung, 1881, p. 51. 11 est resté comme type d’ornementation courant dans ta cérami(iue du V' siècle, en particulier sur les coupes; cf. Mus. Etrusc. Vaticau., II, pl. 68, 69, 70, etc. Les exemple sont très nombreux. ]
TYPE CÜI{INTniEN.
poiii* qu’on puisse y suivre le dévelo|>pement du style corinthien. Noun citerons un clioix des spécimens les plus iinpoi'lants (i).
1. Céré. Amphore du Musée du Louvre (2). T'7p.r,v7; (3), à demi étendue sur un ht
au-dessous duquel est couché un chien blanc, est attaquée par nu qui tient une
épée; 1 Lp'./A'jasvo;, également nu et entièrement peint en blanc comme Ismène, s’enfuit; à l'extrémité du tableau un cavalier KT'jto:. sirène entre deux s[diinx à tète de femmes et à ailes rccoquillées. — Au-dessus du tableau principal, godrons; au-dessous. Irois rangées de perles semées dans un quadrillé (i). (Lf. n“ 3 et 6.)
2. Céré. Ilydrie de la collection Campana, au Louvre (5). Scène de funérailles (exposition d’Achille mort et entouré par les Néréides?). Un homme mort, barbu, est couché sur un lit à pieds ornés; dix femmes autour de lui s’arrachent les cheveux et sembhmt lui parler; l’une d’elles tient une lyre; une autre met les deux bras autour du cou du mort (6); une troisième tient une couronne. L’inscription Lto-, (F^o^ ei A^O?) répétée paraît être un cri de douleur (7). Les noms des femmes sont à ptm près illisibles (8). Elles sont vêtues de tuniques simples, car elles sont dans la maison. En face et posés par terre contre le lit, grand bouclier décoré du gorgoneion, cascpie il deux cimiers énormes et très écartés l’un de l’autre. Sous chaque anse, une lionne ou panthère. Au revers, une palmette, d’où partent deux longs enroulements. — Le sujet principal est encadré à droite et à gauche par une grecque, en bas par de> godrons, en haut par une longue grecque blanche, surmontée elle-même de deux autres zones de grecques blanches et d’une bande de godrons. Sur le col, larges taches rouges entourées d’un cercle de points blancs. Du pied orné de godrons partent des arêtes noires rayonnantes.
(1 Voir la liste donnée par Otto Jalm, Vasensammhing zu München, p. cxLvn, et celle qu’;i rédigée M. F. Lenormant, Etudes sur roriglne de l’alphabet grec, 1873, p. 62.
2) Monumenti, t. VI, pl. xiv; Welcker, Alte Denhmriler, V, p. 253, pl. l i. [f'ata/oghi de! Mus. Camp., II, n“ f9; G. Robert, Bild und Lied, p. 20 et note 19.]
(3 [Nous donnerons le plus souvent en caractères grecs courants les noms des personnages qui, sur les vases, sont désignés par des inscriptions en caractères corinthiens, semblables à ceux que nous avons reproduits pour le vase d’Hercule chez Eurytios. Nous conserverons les caractères épigraphiques pour les inscriptions qui présentent quelque lettre ou (pielque forme caractéristique.]
(i) [Ce genre d’ornement est très fréquent sur les vases corinthiens de cette classe: cf. Eoeschcke, Annali, 1878, pp. 307-308. j
(5) Conze, Annnli, 186i, pl. OP., p. 188; [Cataloghi del Mus. Camp., classe I, sér. II, n" 2; Renndorf, Cr. u. Sied. Vas., p. 6; de Witle, Étude sur les vas., p. i6.]
6) Gf. Iliad., X.\IV, 723.
(7) Voy. le n® 3. [Gf. Savelsberg, De digammi imrnutationibus, p. 26. |
(8) [.le lis près de la femme qui se penche au-dessus du mort, ÇVMATOOA (cf. Corp. inscr. gr., iv, n" 7398; O. Jahn, München, n® 331); près de la femme qui tient la lyre, BAMA<E>0$; près de la femme qui est au pied du lit KUBoPHPA. Parmi les noms connue de Néréides, on trouve ceux de IvjaoOôri, 'Ta'j.âOr, , WgiOr.z. V. la note 4, p. 25!*.]
TYPE CURINTIIIEN.
Ij. Crré. Amphore du Musée Grégorien (1); anses à mi-liauteur de la panse. Zoim principale : chasse an sanglier. Quatre hommes uns, à longue chevelure, attaquent un sanglier par derrière, trois antres et un cavalier par devant. Leurs noms sont lIoA’j(p'/ao:, Ai'wv (?), Xapwv (?), lIoAj'jTpy.Toç ; le cheval est appelé K.op7.^ (cf. le n" 8); on lit aussi répété trois fois le mot Fiov, sorte d’exclamation (cf. le n" 2). Sur l’autre face, scènes de lutte et de pugilat, exercices de gymnase, avec des juges assis ou debout. — Zone supérieiu-e ; série d’hommes et de femmes couchés sur des lits; une des femmes joue (le la Ivre; une autre tient une couronne. — On remarque sur le col des rosaces et à l’attache du col des godrons semblables à ceux du cratère de Gapoue (n° 6); au-dessous do la zone peinte un ornement en forme de dents de scie, que nous avons vu sur la bouteille signée parTimonidas (2).
i. Céré. Cratère (ou amphore à colonnettes) du Musée de Berlin (3). Zone pi'incipale : combat entre Achille (MYX1I-I-A) et Memnon (MXMHOH); tous deux sont nus; de chaque côté, un cavalier avec deux chevaux, au-dessus desquels vole un oiseau. x\u revers, trois cavaliers casqués, armés de la lance et du bouclier; ils sont de petite taille et montés sur de grands chevaux; derrière chacun d’eux vole un oiseau. — Seconde zone au-dessous, bouquetins et lions. Sur le rebord du vase, guirlandes de palmettes orientales: en haut de la panse, godrons. Sous chaque anse, un oiseau à tète humaine, aux ailes déployées. — C’est une scène que les potiers traitaient fréquemment et à la(}uelle ils devaient être habitués, mais il y a encore beaucoup de raideur et d’inexpérience; les combattants ont une attitude qui se retrouve toute semblable sur des vases que nous avons déjà étudiés (4).
5. Céré. Œnochoé du Musée Gi’égorieu (5). Deux groupes de combattants; le groupe principal est celui d’A’iaç et d”'Ex.T(op (BBÇTOP); Alvea; se tient en arrière près d’Hector. Beaucoup jdus de liberté dans les mouvements; attitudes nouvelles. Bordure à droite et à gauche de trois rangs de points réunis par des quadrillés: eti haut, godrons.
6. Capoue. Cratère (amphore à colonnettes) du Musée de Londres (6). Fond jaune pâle: dessins noirs et blancs, relevés de violet; retouches à la pointe. Zoiu' principale : trois hommes nus, armés de lance, la chevelure longue, une courte chlamyde jetée sur le bras, nommés lIoA’jflaç, ’AvTvpccTa!; et HoAjcpxç, attaquent par derrièr eun sanglier
G) Mnseo Elruaco Vaticani, IC partie, pl. xxii, 2, édit. Vatic. 1842; Corji. insc. gr., n" 7374; Abeken, Annali, VIII, p. 310.
(2) Chap. XVI, p. 234.
(3j Monumenti, 1836, pl. xxxviii. B; Corp. Inscr. græc., 7376; (Furtwangler, VasensaïuDilung ha Antiqnarhan, n” 1147.)
(4) Pinax de Rhodes, Salzmann, Caaimjs, pl. un; vase de Milo, Gonze, Melische Thongefâsse, pl. ni. Voir plus haut chap. .XV, pp. 216, 217, 219,
(5) Monioaenti, 1836, pl. xxxvui, A; Masco Etrusco Vatic., t. II, pl. 1, n“ 3 ; Corp. laser, (jræc., 7377.
('6) .4 catalogue O f the greek and etruscan vases la the Brilisit Muséum, 1831, n“ 359; cf. d’Hancarvillc, \nti(piites étrusques, grecques, roaialaes, I, pl. i à v; Dubois-Maisonneuve, Introductio/i à l'élude des vases aatiques, pl. i.xi ; t^orp. laser, gr., 7373.
TYPE CUlUNTHlEN.
sur lequel se jettent deux chiens et que pressent par devant deux chasseurs dont rnn s'appelle E'ji-^wpoç. Au revers, trois cavaliers au galop, IlavTiTTro:, I Ir/A’jfîwpoç, le troisii-me anonyme avec l’oiseau volant derrii*re lui; sur le sol sont posés des oiseaux, oies, cygnes. — Sur le col, rosaces formées d’un noyau central rouge et de points blancs rayonnants; en haut de la panse, godrons. En haut et en bas triple rangée d(' p(‘rles semées dans un quadrillé; sous chaque anse, un cygne. — L’i est rendu par I (T par Ç ; M — <7; ^ = £. L(‘S clu'vaux sont traités hahih'UKuit, h's cavali(‘rs biim posés. Dilfénmce maiaïuéc* et progrès sensible sur le 11“ 3 ([ui la-présente h‘ mèuK' sujet.
T. Céré. Ilydrie de la collection Campana , au Louvre (1). Face ; Sui' un char à quatre chevaux (dont deux blancs et deux rouges) se tient debout l’aurige AAM05 (2) en longue tunique blanche; à gauche, devant une femme drapée, "E/.rwp, casqué, portant le bouclier, est en train de monter sur le char. Près de la femme inscription AiOL En second plan, derrière le char, on voit un homme barbu drapé, Xapcov, une lance sur l’épaule, faisant face à Hector. Derrière les chevaux. deux femmes causent; auprès d’elles, deux inscriptions AiO$ et F$0? (cf. les n"** 2 et 3). Au-dessus de la tète des chevaux, inscription ifAhi^OM iDaTio;) (3) (cf. le 11“ 16). Entre leurs jambes inscription iAH^OM (ZzvOo:) (4.) (cf. les n'”' 8, 13, 16). A droite, devant les chevaux, une femme drapée cause avec un homme casqué, portant un bouclier (jui a pour e]dsème un serpent, l’épée au côté, tenant une lance. Près du char, au centre, un grand chien blanc. Le sujet est encadré dans une grecque de trois côtés. — Revers ; large palmette d’où rayonnent deux enroulements et deux fleurs de lotus. Sur le col, taches rouges entourées d'un cercle de points blancs; en haut de la panse godrons et zone d’enroulements blancs avec un semis de petites fleurs blanches. Sous chaque anse une lionne ou panthère.
8. Cérr. Cratèn* (amphore à colonnettes) d(' la colh'ction Lampana, au Louvn' (oj. Zone principale ; à gauche, "IvzTwp casqué, portant une courte tunique et une cuirasse, prend congé de Ilptocpo; et 'E/.zêr,. Au centre Ksépvjvz: est déjà monté sur h' char de son frère; devant et autour des chevaux quatre femmes en tunique (h en péplos, tui compagnie d’ iTTTCoy.ayo;. A droite, derrière le char, un hoplite armé ZxvOo; (6) el uii
il) CataliKjhi del Maseo Campana, class. I, sér. n, 21; de Witte, Ctnde sur les rases jjeints, 1865, p. ii {Extrait de la Gazette des Beaux-Arts, 1862 à 1865.)
(2) M. de Witte, /. c., p. i5, lit Aâaojv ou Aaao; devant l’aurige.
(3) 11 ne reste que le haut des deux premières lettres.
(4) [SâvOo;; et Bxaîo; sont les noms des chevaux d’Achille, dans Homère, Uiad., xix, 1(1(1. Ef. Elymolofj. Magnum, s. v. HA.Ca:.]
(5) Monumenti deir Inst., 1855, pl. xx; cf. l’article de Braun, ihid., p. 67; de Witte, Etudr sur les vases peints, pp. 12 et 45; \Corp. Inscr. græc., 7376; Catalnghi del Mus. Camp., class. I. sér. n, 11“ 20; Collignon, Archéolngie grecque, p. 281, tig. ItO. Sur ce vase, cf. aussi C. Bohert, Bild und Lied, p. 23 et note 2t.]
(6) [C’est l’interprétation de M. de Witte (ju’a adoptée l'auleur. .Mais c’est plutôt le cheval placé à côté que désigne cette inscription. Cf. les n”'* 7, 13 et 16; Corp. inscr. gr., 7376, où sont rassemblés dans le commentaire les noms de chevaux d’après les vases.]
TYPE CORINTHIEN
cavalier Aa.i^o(ê)o;; (lerrière eux, llo)^'j;£vy. et debout terminent le tableau.
I)(‘ux des chevaux s’appellent Kopy^ (MïAloÇ) et Kiyvv: (l). Une autre inscription A?NO? se lit près du groupe placé derrière Hector. Sur le revers, trois cavaliers armés de la lance et un homme nu à pied; derrière h* second cavalier, inscription FUOH5M. — Second registre : lionnes (T houquetins. Sous chaque anse palmclh* orientale et enroulements blancs.
La scène est compliquée et bien composée. Priam et llécube d’un côté font pendant à Polvxène et Cassandre de l’autre. Le char occupe le milieu de la scène où est groupé un plus grand nombre de personnages; l’artiste a peint des figures au second plan, (ictte peinture est un véritable tableau, qui reproduit exactement un épisode de la poésie homérique, sans les contradictions et les invraisemblanc<‘s que nous avons rencontrées si souvent.
9. Céré. Cratère (amphore à colonnettesj du Musée de Jîerlin (2). Zone principale : le départ d’Amphiaraos (8). A gauche, un édifice d’ordre dorique : ’Epv'yjXa debout tient de la main droite le fameux collier de perles; devant elle quatre femmes dont trois se nomment Eopuc^é/.a, A’iv(-7:y, Aagoavairy qui porte sur son épaule un jeuiu* enfant nu. Un autre enfant, plus grand et nu, se tient debout en avant et tend les bras vers son père. Au centre, ’A(p.)cpiàpr,o; armé et équipé monte sur le char, retournant la tête vers le groupe précédent. Sur le char se tient debout l’aurige Pÿ-Tcov, coilfé d'un casque sans cimier et vêtu d’une longue tunique ornée d’un méandre; une femme A(£)ovtiç tend à l’aurige une coupe. Sur la tête d’un des chevaux du quadrige est posée une chouette, comme sur le fragment de Santorin (-4) et d’autres e.xemples. Un jeune homme, 'I-t:otÙov, s’api»roche des chevaux; un vieillard, 'A'JaaÉfE/i:, est assis à terre, un bâton à la main, dans une attitude méditative, résumant l’impression que doit faire celte scène. La course de quadriges, qu’on voit de l’autre côté, est très mouvementée; les cbevaux et les chars sont mêlés; les auriges se penchent sur les chevaux par un mouvement naturel et expressif que la peinture à figures noires a plus tard souvent représenté. Les concurrents s’appellent Eê'fpygoç, KycrTwp, ”Ar^gaTo[çj, ’A/.ÿcrTwp, ’ \.umyor,o:, "I-y<7o;; les juges assis à côté des trépieds qu’on donne en prix sont d’épr,;, "\yjx)'7zo;, ’ApY£(îjoç. Le tableau est terminé parla lutte corps à corps de IIr,A£'J; et d’'I~-7Ay.(i)g.o;. — Zone inférieure : éphèbes cavaliers au galop, suivis chacun d’un oiseau volant, groupes d’hoplites combattant deux à deux dans des j)Oses diverses. Dans le cbam]i des deux zones on voit des salamandres, crabes, serpents, scorpions, lièvres, porcépic et à terre la Heur formée de deux enroulements opposés, surmontés d’une [»etite palmette.
(Ij Franz lit K'javî; et Alvw près des deux femmes debout; Cor/j. /nsc/-. i/rec., 7;t79. Cf. Braun, /. /., p. (18; Luckenbach, Jahr/juch fur class. Pliilol. Suppl. AI, p. Slf.
y2) Monurnenti dell' Insl., X, pl. iv-v ; Annali, 1874, pj». 82-1 10 ; [Furtwangler, Vascnsamiilunfi nu Autl(/uarha)i. n® 1655; C. Bobert, IJild und Lied, p. 14.]
(3) [L’auteur on a déjà donné la description, cbap. XV, p. 22t, en comparant ce vase aux sculptures du colfre de Cypsélus.j (4j Cbap. XV, p. 214.
TYPE CORINTHIEN
10. Céré. Cratère (amphore à coloimettes) de la collection Campana, au Louvre (1). Hercule chez Eurytios. Voir la description au commencement d(' ce chapitre, p. 246.
Les trois derniers vases marquent un grand progrès dans cette classe et probablement le plus haut point où soit parvenu ce genre de peintures.
ce.s excinple.s principaux j’en ajouterai quchjuo.s autres cpie je (donnais seulement par des descriptions ou qui sont moins importants.
1 1 . Capoue on Nola. Cratère, ou amphore à coloimettes (très restaurée), du Musée de .Naples (2). Zone principale ; combats entre guerriers montés sur des chars; cavaliers et fantassins, EOpogaç, "E/.rcop, Eùp'jVjyoç, T--iwv, Msv^r^y.goç et autres noms incom- }dets ou retouchés ('l^rof^ap-oç ou itttco'., Aàgo;, r>.yijy.o;). Un dos clu'vaux s’appelle l\’j7.>.apo; (3); cf. p. 236, ii" 9. — De l’autre côté, chars et cavalier suivi de l’oiseau volant. — Zone inférieure : lionnes et houquetins. Sous chaque anse une sirène ;ï têle d(‘ femme. Cf. le n“ 4.
12. Céré. Aryhalle du Musée de Vienne (4), de style très ancien. .Vlvsy; combattant contre un autre guerrier; à droite et à gauche, un cavalier avec l'oiseau volant. Dans le champ, rosaces, palmettes, divers motifs orientau.x; sur l’anse, une grccipie (o).
13. Vulci. Ilydrie du Musée de Berlin (6). Deux groupes de guerriers à jtied en train de s’armer, ’Ayavwp et \x-xç (?j ; une femme Xopco cause* avec un guerrier appuyé sur sa lance, Ivjgyyo:; deux cavaliers armés et casqués; un des chevaux s’apjielle ZxvOo;. Cf. les n"* 7, 8, 16. — Sur l’épaule du vase : oise'au à tète humaine, lionnes, cygnes et (biseaux.
q4. Céré. Amphore du Musée de Berlin (7). Bei'sée délivre Andromède menacée
li Monionenli dell' Inst., VI, pl. xxxin; Annal/, l<SoP, pp. 2l;'>-2.i7; de Longpérier, .Musée .Xapol/jon J/I, pl. 1.XX1, lxxii (xxn et xxxivi.
(2) Heydeinaiin, Die Vasensammlnng des Museo Nazionnle ztc .\eapel, n" 685; Co/'p. Inscr. græc., 7378.
(3) \\: FAnnnd/uji/'un/. Magnum dit que Ivjr/.apo; est le noni du cheval de Castor et sigiiilic ra[)ide, Trapà vô ■s.tù.v.'/. Cf. .Monui/ienll dell' Inst., 11, jd. xxii; Annal/, 1835, p. 230. J
(i) Briinn, Bnlletli/u/ dell' Inst., 1865, p. 140; Conze, .\nnali, 1866, pl. O, p. 275.
i5i Au même .Musée, deux aryballes de même provenance, mais sans inscriptions ; cinq combattants avec boucliers béotiens; cavaliers à droite et à gauche encadrant la scène; Annali, 1866, pl. O. Sur les deux vases la forme des yeux est ronde plutôt qu’ovale. Troisième aryballe semblable, signalé par Brunn, Bullcttmo, 1865, |). 140. Un vase, avec inscriptions corinthiennes, récemment enti’é au musée de Florence et dont je ne connais pas de description, a été signalé par M. Robert, Annali, 187i, p. 82, note 2. iJe suppose que c est celui que j’ai ajouté plus loin sous le n” 25.]
(6) Mus. étrusque de Luc. B/mapartc, prince de Cnninu, n“ 21 il; Otto .lahn, Vasensa/nn/l. zu .Vi/nchen, p. cxlvii ; [Furhvangler, Vasensamml. i/u .\nliquariunt, n° 1657; Lœscheke, .Uun/ô /leir Inst., 1878, p. 313; Cai-p. Inscr. græc., 7380.]
<7) [Monunienti deir Inst., t. X, pl. lu; Loeschcke, Annali, 1878, p. 301-316; Robert, Arch. Zeitung, 1878, p. 16; Furtwangler, Vasensanindung im .\nliqunrium, n“ 1652. .Fai cru impor-
T\PE COMINTIHEN.
par un inonslre marin x.7;to: (KBTOM) dont la tôtc sort de l’eau cà pauche, tirant une langue rouge. Ilspcsd; nu et barbu, chaussé de brodequins ailés, portant une sorte de gibecière suspendue au bras gauche, tient des pierres dans ses deux mains et en brandit une contre le monstre de la main droite : entre ses j»ieds un amas de pierres blanches semblables. Derrière lui ’A'^^pou.iffy. debout tient aussi dans ses deux mains des pierres. — Revers : un homme barbu E’jypyo; (MO+SAlVa) est assis à la façon des femmes sur un àne ithyphallique (OHOM); sous l’âne court un chien. — (ihaque sujet est placé dans un cadre rectangulaire ( 1) ; eu haut, quadrillé noir semé de points blancs.]
[^lo. Cé/r. Cratère (amphore à colonnettes) de la collection Campana, au Louvre (2!. Sur le plat des anses cygne et palmette orientale; sur le rehord zigzags noirs eu diagonale. Sous chaque anse un oiseau à huppe, les ailes déployées; en haut de la panse, godions. — Deux guerriers casqués, portant une cuirasse et des cnémides, armés d’uue lance, d’une épée et d’un bouclier (l’un d’eux est orné d’une tête de Méduse en épisème) combattent face à face ; à leurs jdeds git le corps d’IIippolyte nu, B5nnOAYTOM. De chaque côté, un éphèbe cavalit'r portant la lance et suivi de l’oiseau volant. — Revers : trois éphèbes cavaliers portant la lance, celui du milieu sur un cheval blanc. Ions trois suivis de l'oiseau volant. — Zone inférieure : bande d’animaux, lionnes, bouquetins et cygnes. |
[Iti. (Jéré. (Enoclioé de la même collection, au Louvre (3). La peinture, encadrée en haut par des godrons et une grecque, à droite et à gauche par un filet noir, en bas par un blet rouge, forme un cadre réservé sur la couleur naturelle de l’argile (4), et placé sur le liane droit de la panse du vase (non pas sur le devant, dans l’axe de l’anse). Le tlanc gauche ne porte aucune décoration et est simplement rc'vêtu de la couverte noire. Pai'eiile disposition se trouve répétée sur d’autres œnoeboés corinthiennes du Louvi’e, sans inscriptions (o). — Quadrige vu de face, monté par deux personnages dont on
tant d’ajouter celte amphore de Berlin dont l’auteur n'avait pas eu connaissance, ainsi que les vases qui suivent et qui font partie de la collection Campana, au Musée du Louvre : plusieurs présentent des particularités intéressantes pour le sujet ou pour les inscriptions, (t) |Sur cette particularité, voy. plus bas, note 4.]
(2i [Catal. CaiiiiKina, cl. l, sér. II, n“ 3.]
(3) [Id., n“ 50.)
( i) [Celte disposition en cadre réservé sur le fond naturel de la terre, se voit sur plusieurs œnoeboés et amphores de la catégorie corinthienne. Au Louvre, amphore à colonnettes, sans inscriptions, olfrantune lionne de chaque côté, dans un cadre réservé; an Musée Britannique, analogue avec deux sirènes, et de l’autre côté une danse de trois hommes barbus. M. Loeschcke, Amudi ddV Inst., 1873, pp. 300-313, y voit une intluencedes ateliers attiques qui, après avoir imité le style des fabricants corinthiens, leur ont à leur tour prêté certains procédés de technique comme la coloration de l’argile en rouge, l’application des retouches blanches sur le vernis noir lui-même, entin la formation du cadre réservé sur le fond naturel de l’argile, tout le reste du vase étant lustré. V. plus loin, chap. xx.]
(5) [Cf. Furtwaengler, Vasensanimtoig im Antiquarium, n" 1058. Même disposition sur plusieurs œnochoés signées par .\masis; Klein Meislersif/natin-en, 2'’ édit., p. 15, n" 5J.
TYPE COIilNTHlEN.
^oi)
ne voit que les tètes, à gauche l’aiivige Aniochidas (MAAJ+OJHAi imberhe, teiuuil un aiguillon et tourné vers le guerrier Laoptolemos (PAFOPTOhBMOM), coill'é d’uii casque blanc à deux cimiers très écartés et très hauts, tenant de la main gauche un bouclier blanc. Les deux chevaux du centre sont blancs; entre eux inscription MOONAî; cf. 11°’' 7, B, 18. l.,es deux autres sont noirs avec crinière et queue blanches; à gauche Maq^4> (cf. le n° 9), à droite J'AAlOi l)7.'X(i|ol;i ? ; cf. plus haut n° 7 et au cliapitre suivant une amphore de Yulci, n" 8. Les inscriptions sont nettes et régulièrement tracées.]
|17. Céré. Cratère ou amphore cà colonnettes, au Louvre. — Face : deux guerriers casqués, armés de lances et de boucliers, l’épée au cùté. combattent face à face; de chaque coté d’eux, un éphèhe cavalier armé d’une lance et suivi de l’oiseau volant. Filtre les deux guerriers, inscription èA5AAM, AatVîa;; entre le guerrier de droite et uii des chevaux, inscription MVP^OM, il’jpioç? — Revers : sirèiu' entre deux sphinx à tête de femme. Sous chaque anse, un oiseau aux ailes déployées. |
[18. Céré. Petite amphore à deux anses, au Louvre (il. — Face : deux grands bustes d’homme et de femme, Dionysos et Ivoré ; celle-ci est peinte en blanc. — Revers ; éphèhe cavalier, monté sur un cheval blanc et suivi d'un oiseau volant. Sous le cheval, inscription POhVAOM (2). Chaque sujet est placé dans un cadre rectangulaire à fond jaunâtre; couverte noire sur tout le reste; en haut de chaque cadre, godrons.]
19. Céré. Cratère ou amphore à colonnettes, au Louvre (8). Sur le pial des anses, palmette orientale; sous chaque anse, palmette orientale; sur le rebord, zigzags noirs en diagonale; en haut de la panse, godi’ons; en bas. grecque. Les chairs des femmes sont }>eintes en couleur blanche, appliquée directement sur l'argile. Leurs
(C [('Mtalodhi del Mitseu Caiii/jann, Série II, Sal. B, n° 17. |
(2) [Ef. au n° (i le nom de llo/cjoa; et dans le chapitre xvni, n° 8, II'j'a’jÊo:. Pour le sujet et le genre de vase, cf. le n" 21 et la note.]
(8) [Calaloglii (lel Museo ('ampnna, ihid., n° (i; Boite, De inonumentis ad Odi/ss. perlinenlihus, p. 86, Graef, Jafirbiich drs d. Arch. Inst., 18.S6, p. 192, pl. 10. Le sujet a d'abord été interprété comme Ulysse et Nausicaa. .Mais j’ai déchiffré, comme M. Graef, l’inscription Ut, Av;, dont la lecture est certaine. Le sujet représente donc le raj)! de Thétis iiar Pélée. G'est une des plus anciennes représentations que nous possédions de cot épisode, déjà traité sur le coffre de Cyjisélus (Pausan., V, 18, o). On remarquera que l’artiste s’est affranchi ici des détails qui donnent à la scène un caractère surnaturel, comme la panthère ou le serpent qui défendent Thétis sur le colfrc de Cypsélus et sur les nombreux vases à ligures rouges de style sévère ([ui reproduisent cette scène icf. lleydemann, Griec/iisclie Vnsenhilder, pl. YI, 1, note 8; Sidney Colvin, Jonrnnl nf hell. Sludies, 1880, p. 118-120; Graef, /. c., pp. 201 et suiv.). .l’avais aussi noté la ressemblance de ce sujet avec celui (pion voit sur un vase à figures rouges d’Hermonax qui n’avait pas été, à mon avis, bien interprété et dont M. G. Hohert a rétabli le sens (Korte, .irch. Zeitung, 1878, pl. 12; G. Itohert, lilld und Lied, p. a, note ol; Graef, /. c., p. 20i; Klein, .Uelsfersignntnren, 2° édit., p. 201, n" 8). .M. Loeschcke a mentionné le vase du Louvre [Arch. Zeil., 1881, p. 50, note 50); mais il se trompe en décrivant un homme armé en face de femmes dansant. VéAéc n’a pas d arme et les gestes des femmes montrent leur effroi et leur surju'ise.]
TYPE CORINTHIEN
yeux sont ovales et peints; celui de Pélée est rond et incisé. — Face : Ht, Tel; baiFii. vêtu d'une tunique courte, dans l'attitude agenouillée qui indique une course rapide, sort d’un bouquet d’arbres placé contre une muraille basse en pierres blancbes (autel ou fontaine?); au-dessus de l’arbre, inscription iBhBYM. A droite, une femme drapée s’enfuit, tournant la tête vers l’homme qui court après elle; six autres femmes drapées s’enfuient a droite en faisant des gestes d’elfroi. — Revers : combat entre deux guerriers casqués, armés d’une lance et d’un bouclier; l’un d’eux est tondié sur le genou. De chaque côté, un épbèbe cavalier armé de la lance et suivi de l’oiseau volant. — Zone inférieure : bande d’animaux, lionnes et bouquetins.]
[20. Céré. Même forme, au Louvre. Sur le plat de chaque anse, palmette et fleur de lotus; sous chaque anse une sirène aux ailes déployées; sur le rebord, zigzags noirs en diagonale; en haut de la panse, godrons. • — • Face : au centre, sur un char à quatre chevaux (dont deux blancs et deux noirs), sont debout un homme barbu drapé et une femme drapée, voilée. A gauche, deux femmes drapées et deux hommes barbus, tenant une lance, sont debout à la file, derrière le char. Entre eux et le char, en haut, inscription (ffAoi) et, en bas, ...ATYSYS (E’jp'jêà[TT,;] ou E’jp’jê7.[To;] ?). Au
second plan, derrière les chevaux, une femme drapée et un homme harbu font face aux personnages du char; à côté, inscription FE05 (cf. le n“ 2). Près de la tète des chevaux, inscriptions B^PO? (i-xoi,); devant eux, dans le champ, un serpent. Adroite, et faisant face aux chevaux, un enfant nu, debout, la tête levée; près de lui, inscription MYJOIKOB; derrière lui, deux hommes barbus, drapés, tenant une lance, et une femme drapée sont debout à la file. — Revers : trois cavaliers casqués, armés do la lance et du bouclier, conduisant un second cheval en laisse; deux sont suivis de l’oiseau volant; celui du milieu est suivi d’un serpent dans le champ. — Zone inférieure : bande d’animaux, lionnes et bouquetins. ]
[21. Cérè. Même forme, au Louvre (1). Sur le plat des anses, un coq et une rosace ; sous une des anses, deux coqs affrontés ; sous l’autre, un coq seul. Sur le rebord, zigzags noirs en diagonale; en haut delà panse, godrons; entre les deux zones, hande de quadrillé noir, semé de gros points noirs. — Face : à droite, un char à quatre chevaux (dont un blanc) conduit par un aurige dont on ne voit plus (jue le fouet, et monté par un guerrier portant un bouclier (ces deux personnages disparaissent sous l’attache de l’anse). Devant les chevaux, enfant à courte tunique et à longue chevelure; derrière lui, inscription MO.JHAE -. An centre, un guerrier casqué, portant un casque, des cnémides, une cuirasse, un bouclier cà épisème, marche vers la gauche en brandissant une lance de la main droite élevée; entre ses jambes gît le corps d’un homme; à côté, inscriptions peu nettes PA^AI et 3I0H10. Un guerrier, armé de la même façon, fait face au précédent, le genou droit en terre, élevant son bouclier de la main gauche pour se garantir, tenant une courte épée de la main droite : à côté, inscription peu nette SI.ASJH'l. Au second plan, un guerrier, armé de même, marche vers la gauche, en brandissant une lance de la main droite, et porte le bouclier sur le bras gauche ; près de lui, MVIIOM; cf. le n" 17. A gauche, deux autres guerriers
(I) \Catalo(j}i!. del Muaeo Cmnpana, Ibid., n“ 37. j
TYPK COI{INTHIEN.
armés combattent taco à face; près île l’un d'eux, à droite, inscription peu nette (i)d$PYACV. Entre eux, gît à terre le corps d’un homme; au-dessus de lui, inscription KMIiOM. — Revers : x.co|v.oç burlesque de sept hommes, vêtus de tuniques courtes, les genoux pliés et dansant (cf. p. 2d9, fig. oO) ; sur le sol, parmi eux, sont posés deux oiseaux dont nn à tète humaine. — Zone inférieure : bande d’animaux, lionnes, bouquetins et oiseaux. |
[22. Céré. Oléine forme, au Louvre (1). — Sur le plat des anses, une tête de Méduse archaïque tirant la langue. A l’extérieur du ri'bord, grecque irrégulière; en haut de la panse, godrons. Entre les deux zones, bande de pahnettes orientales opposées deux à deux. Sous une des anses, deux coqs atfrontésavec pahnettes et boutons de lotus; sous l’autre anse, un sphinx à tête de femme, aux ailes déplovées. — Face ; au centre deux éphèbes nus, se tenant pai‘ la main droite élevée, sont debout dans un bassin oblong posé sur un support carré à quatre pieds et paraissent en fouler aux pieds le contenu, sans doute du raisin; par terre, càcôté, nn grand vase ou baquet cylindrique d’où sort le manche d’un ustensile ; sur le sol, boutons de lotus. Près d’un des éphèbes, inscription peu nette ATSSAS^L A droite, deu.x hommes nus debout, face à face, se donnent la main; une femme debout, vêtue d’une luniijue ornée de points blancs et roses; entre elle et les précédents, inscription êOTAOa; deux hommes debout, imberbes, vêtus d’une tunique longue et d’un himation; derrière eux, inscription ON I Picora, a gauche, deu.x hommes nus, debout; l’un parle, avec l’index de la main droite levé, à l’autre qui s’éloigne en retournant la tête pour écouter : entre eux. inscription HO^aM; une femme debout, drapée dans une tunique ornée de points blancs et roses, est tournée vers les précédents; deux hommes, imberbes, vêtus d'une tunique longue et d’un himation, se font face et causent. — Revers : quatre petits cavaliers conduisant chacun un second cheval en laisse ; un d’eux est casqué, porte uu bouclier blanc et deux lances; les autres sont des éphèbes vêtus de la tuniijue courte et portant deux lances; les deux derniers, à droite, sont suivis de l’oiseau volant. — Zone inférieure : bande d’oiseaux, lionnes, bouquetins, grilfons et sirène. |
123. C’eVe. Même forme, au Louvre (2). — Sur le plat des anses, et sur le rebord, palmettes orientales opposées deux là deux. Sous chaque anse un cygne marchant. — Face : à droite, deux prisonniers dont les têtes sont passées dans une sorte di“ cangue, cadre rectangulaire de bois ou de fer; l’uii est étendu sur le dos par terre, l’autre debout et courbé vers son compagnon; ses pieds sont enchaînés dans de forts anneaux. Derrière eux s’avance une femme drapée qui leur apporte de la nourriture dans uu plat rempli de fruits ou de pains ronds. Le prisonnier debout, sans se retourner, allonge la main droite en arrière et paraît puiser dans ce plat. A gauche, six grands vases (ayant la même forme que celui sur lequel est re])résenté le sujet) sont posés les uns sur les autres, deux par deux. — Revers : x.ojgo; l)urlesque de cinq hommes vêtus de tuniques courtes (cf. n" 21). Celui de gauche joue de la double llùte; devant lui, danse un homme barbu; à leur gauche, inscription MOIdY9; deux, au contre, se passent un grand
(1) [Cntnloyhi de! Mitseo Campana, Sér. IV à VU, Sal. k, n® 81.]
(2) [//i/d., 11° i;t; Dueminler, Anna/i, IS.So, p. 127, pl. DE.i
TYPE EüHl.XÏHIPN.
('ratèi’i'; à droite uii homme barbu s’avance, tenant de chaque main une baguette. Audessus de lui et à droite, inscription 0MP?90M, oglvdpotô;? ; devant ses jambes <'t en (■ercle, MOSAHAiad>0. Grands caractères nets et bien tracés (1).)
i 24. Céré. Amphore de la collection Castellani (2). — Face : épbèbe cavalier conduisant un autre cheval en laisse et suivi de l’oiseau volant. Près de Ini. inscription FA+VM. — lievers : un coq.
[25. Amphore du Musée de Florence (5). Combat entre deux groupes de guerriers portant l’armure complète et brandissant une lance. Le premier est Ajax, A$FAM; le nom dn second est illisible; le troisième s’appelle F^VhSOM, le quatrième MA^AT. — Ilevers : Heur de lotus entre deux coqs. |
|26. Cratère ou amphore à colonnettes de la collection Castellani (4). Sous chaque ause une tête d’homme. Le sujet principal représente un burlesque de douze
hommes dansant (cf. n°“ 21, 23). L’inscription T^J'UVA ne donne pas de sens intelligible; mais les lettres ^ et J" montrent que le vase est corinthien. J
[27. Coupe sans personnages, peut-être de Céré (5). Inscriptions gravées à la pointe sur le vernis noir : Hector, QOTÇH ; Polyxène, Akl^ŒVAOT; Cassandre, PBMAHAPA.]
I ons les vases que nous venons de décrire portent des inscriptions. On en connaît nn très grand nombre d’antres sans inscriptions (6), et l’on
i l) [C’est la première fois que nous rencontrons des inscriptions appliquées à un sujet comme le •/.(Ôaoç, qui est si souvent répété sur les vases corinthiens (voy. plus haut, p. 240, note 1) et qui était devenu un type banal et courant, comme le cavalier. M. Duemmler, /. c., voudrait lire ’0|j.(cp)ixô:, mais la lettre p est nette sur l’original. Le nom d’ ’OcpÉAavôpoç est connu (Keil, Inscript. bœot., 21, 2; 59, e). Ce vase a été signalé par M. Klein, E upliron'ios. p. 33, comme se rapprochant de la catégorie des vases i halcidiens ivoy. ch. wiiii pour le choix du sujet traité avec réalisme.]
i 2) [Brunn, Bidltpllno deli Inst., 1805, p. 1 12. D’après Brunn, il est d’imitation corinthienne. Un vase tout à fait analogue, de Vulci, a été publié dans le Muséum Disneianuru , part. III. pl. G. Mais il porte des inscriptions qui ne donnent pas de sens intelligible et oii l’on ne distingue pas de lettres sûrement corinthiennes, ce qui nous empêche de le placer dans cette série.]
(3) [Loeschcke, Anuali, 1878, p. 307-308.]
(4) [M. Loeschcke, Annalidell' Inst., 1878, p. 313, remarque à propos de ce vase que, si le sujet et les inscriptions ont un caractère nettement corinthien, la technique en est complètement attique. L’argile a été colorée en rouge, d’après le procédé des fabriques athéniennes, avant d’être mise en forme; les retouclies blanches sont placées sur le vernis noir, et non i)as directement sur l’argile. La même technique se remarque sur une coupe corinthienne du Musée de Berlin, sans inscriptions (Furtwangler, Vasensamml. im Ant'ujuar., 11° 1062], qui représente deux hommes nus s’avançant vers un cratère placé sur une fontaine et un y.ôjgo; de trois hommes nus avec une femme.]
(5) [L. von Urlichs, Beitrape zur /vunst(/esc/iichle, p. 24, pl. 9.]
(0) [Parmi ceux-ci nous devons signaler en particulier un petit lécythe corinthien, trouvé
TYPE EOHINTHIEN.
peiil ou voir une l•iclle série dans la salle eorinthienne de la galerie Canipana, au Louvre, r[ui ont eertaineinenl la même origine; les lormes, les couleurs, les dessins, les détails d’exécution sont U's memes et ils ont aussi été trouvés prescpie tous à Léré (i).
t iOmme nous l’avons dit, l’alphabet de ces vases de Géré est exactement conforme à celui de Corinthe; il admet seulement des variantes d’écriture qu’explique la manière dont on traçait les inscriptions ; ainsi le i? — 6 a parlois les angles arroiulis et les deux Ijranches opposées inégales; la forme de ^ = 2 est assez variée, mais toujonrs reconnaissahh' : 1’-, prend quelque fois' la forme £ (iG® 3, 6, S, iq). Un vase (iG /p porte I — i, au Heu de c’est un signe d’époqne plus récente. La foiane la plus ancienne est i qui ilevieut 5 et eullu l (2), dernière forme eorinthienne, comme on peut le voir dans les œuvres du peintre de vases Exékias (3), mais il ne faut pas attacher trop d’importance à un seul exemple, surtout quand le vase peut avoli- reçu des retouches (4). La forme X pour ^ = î est parfaitement marquée (iG 4); nous iie la connaissions pas parles monuments apj)artenant à (’orinthe même (5). Elle n’est pas plus anclenue que si l’on en juge par le style du vase de Berlin sur lequel ou la volt. Nous savons (pi’elle se continua au moins jusqu’au milieu du v*' siècle; nous la voyons sur nue inscription à la pointe (pii accompagne un vase d’Exékias (6). \^oici du reste les obsei'v ations au\-
;i Nota, aujoui'ct'hui à Londres, Cjui prend place dans une série l’orl ancienne, à côté d’un lécylhe du Musée de Berlin, trouvé à Corinthe même ivoy. plus haut, chap. xvi, p. “J3T, note "i l. Le lécythe de Londres représente une des scènes tracées sur le bouclier d’Achille [flind., xvin, oTit) : deux lions ont saisi nn taureau (jùi se débat; trois bergers nus et barl)us accourent à son secours, armés d'arcs et de javelots; derrière Lun d’eux, un oiseau volant: cl’. Furtvvangler, A)'c/i. Zeitutuj, IS<S3, p. lob, pi. 10.]
.1) [Cf. aussi, comme exemple de Céré sans inscriptions, Mus. Etrusc. Vatic., 11, pl. “23.; [i] [Il faut remarcjuer ([u’en général, sur les vases de Céré, la forme $ i. se rencontre plus fréquemment que t. C’est une preuve qu’ils sont pins récents que les vases de Corinthe même, étudiés dans le chapitre xvi ; cf. Lœschcke, Auunll dell’ Jnsl., 1378, p. 308. | (3) [Cf. Kirchhotf, Slndien, p. 91; Lœschcke, Aunah\ 1878, pp. 308-309.]
(I) Sur le vase n" 2, M. Lenormant a lu ®AMA(8)B; il trouve dans cette inscription une nouvelle forme du pour l’alphabet corinthien. [Nous connaissons seulement Ÿ = 'G d’api ès les plaquettes de terre cuite peintes mentionnées plus haut (p. 2i2).]
[0) V. plus haut, chap. XVI, p. 213.
(0) Kirchhotf, Sludieu, 1877, p. 91; Brunn, Bullclthid deldlusl., 1805, p. 211; llelbig, i/dd.. 1870, p. 111. ' Pour M. Brunn, ce serait une preuve de l’affectation du style archaïsant sur
TYPE CORINTHIEN
itiO
(jiielle.s me parais.sent pouvoir donner lien cliacnn des vases cités j)liis liant.
N" I. Ecriture de droite à gauche, en lignes irrégulières (1); dilTérence
bien mar<[née du M = g et du — fj.; B = t irrégulier. Le caractère des lettres est ind, mais les formes en sont peu soignées.
i\“ 2. Ecriture de haut «m bas. Caractères jilns nets et plus réguliers.
X" 8. De droite à gauche et de bas en haut. £ pour t — i. Caractères négligés.
4. De droite à gauche et de bas en haut; formes nettes. I pour ? = X pour ^ = e.
X" O. D(‘ gauche à droite et de droite à gauche; caractères mds.
X'’ 6. De droite à gauche, et de gauche à droite. £ pour ? = i; il semble qu’on trouve aussi 1 = i. dans Hxvti-tvo: avec une légère courbure eu haut.
X’“ 7. Endommagé; plusieurs mots de gauche à droite.
X" 8. De gauche à droite et de droite à gauche, de haut en bas et de bas eu haut. Exemple remarquable du = arrondi et irrégulier; A = £ pour ^ i; t très
ouvert et 5 = i. Ecriture rapide, mais sûre.
X” 9. De gauche à droite et de droiti' à gauclu'. S' a les angles aigus; A — dans le mot Eùp’jr^é/.o.; A ari'ondi en haut; I légèrement incliné en haut = y dans le mot douteux ’Apystîjoç. Ecriture ferme, certainement corinthienne, mais qui indique une main particulière. Nombreuses particularités qu’on ne trouve pas ailhmrs.
N® 10. De gauche à droite et de droite à gauche; les inscriptions superposées rappellent le svstème boustrophède. Ecriture plus nette (d plus régulière que celle de tous les autres vases précédents.
ddn remarquera dans le n“ 15 le + = / et le i = ç; le iT est très régulier. Dans le n” 16, la forme de !’<• se rajiproche de I. Dans le n" 19 nous trouvons pour t les trois formes ?, 5, E. Dans le n° 20 on remarque des formes S et C qui appartiennent plutôt à l’alphabet c-halcidien (voy. le chapitre suivant); mais les inscriptions sont trop peu nettes pour qu’on soit sûr de la lecture-et l’on y trouve aussi ^ t et M = '> qui ne sont pas chalcidiens. Les formes des n®* 22 et 27 sont nettes et régulières.]
Les traditions romaines disaient qu’au milieu du vu' sièele ((355 av. J.-C.) un Corinthien, Démaratc, de la ramille des Baccliiades, (diassé par Cypsélus, était venu en Etrurie, accompagné du peintre licjdiantos , des artistes Eucheir, Diopos et Eugrammos (a), d’acite
ces vases qu’on croyait plus anciens. Pour M. llelbig, c’est simplement une marque de la persistance de l’alphabet corinthien dans certains centres céramiques.]
' 1) Voy. plus haut le passage do Pausanias, p. 220.
(2) Denys d’Halicarnasse , Antiq., 111, 46; Pline, /ft'sl. 7iat., XXXV, 12, li! (lo,lo2): üverbeck, Sc/iriftquellen, n®* 262, 375. Ef. de Witte, Etude sur les vases jieluts, p. 43.
TYPE CORINTHIEN
“2(il
ajoute ({UC ces colons avaient donne' ral|)liabe( aux Grecs (i). One les Corinthiens soient arrivtvs sur la e()te occidentale de l’Italie, cent ans environ a[)rès l’épocjne on ils s’étaient établis à Coi'cyrc (74^)1 lait n’a rien d’invraiscnddable. On sait qn’à cette é|)0(|ne la marine de Corinthe était de beaneon|) la [dns [nilssante ({ne {(ossédàt la Grèce. Thnevdidc marc{nc ex{)ressément rim{)ortance de cette marine (a) : il dit qn’elle eominenea à se dévelo(j{)er ({uand les tyrannies rem|)la(;èrent les monar- (‘iiies héréditaires, l^es Corinthiens, à cette date, a(lo()tèrent la l’orme de navire ({ii’ils avaient encore an tem{)S de la guerre dn Pélo{)onèsc; ils constrnisirent les |>remières ti ii-èmes et Xminoelès en lit même {jour les Samiens. Thnevdide dit ({n’Aminoelès vivait à la lin dn vin' siècle (3). Corinthe Int alors la vilh' la ()lns l•iehe de la Grèce et celle ((ni taisait le {)lns grand commerec. fai marine des Ioniens ne eonimcnça ({ii’an tem{)s de Cvrns; le Ivran de Samos Polvci’ale et la ville de Phocch' (‘nrent des Hottes im{>ortantes. A{jrès la mort de Dai-ins, les tyrans de Sicile et d(‘ Corcyre rivalisèrent avec les Ioniens.
t^iCS témoignages de Tacite et de Thucydide ne sont {)as de ceux ((ii’on peut traiter légèrement: ils s’accordent lont à tait et ils engageraient déjà à ne {jas récuser de (jrinie abord ceux de JJenys d’J lallcarnasse (‘t de Pline ((ni ont, à \rai dire, une autorité beaneoiq^ moins sure. Si l’on eom{)rend dans nn s(‘ns général celte émigration de Démaralc, aceom- ()agné de {(cintres dont les noms nous ont été eonser\és, comme une (îüloni(* on il amenait ((nel({nes-nns des aiTistcs ({ni étaient eei lainement nondîrenx alors à (ïorinthe, les textes de Denys et de Pline n’ont (dns rien de sniprenanl. I^es laits arehéologi({nes a{){)ortent dans la ({ueslion lin genre de {(renve irrécusable : (‘ii nous montrant l’art corinthien llorissant à Géré, ils conlirment {deinemenl les données de I hisloire. La (Colonie de Démarate et les vases ({ne nous venons d’iTiidier s’ex{)li- ({iient mnlnellcmcnt. Nous croyons que ces {leinlnres {(enveni être tout an (dns de la seconde moitié dn mi' siècle; je considérerais celui d’Ismène (n" 1 1 comme de cette date. Ia* cratère ({ni re{)résente le ban- ({uct d’IIercnlc l'n" 10) serait {diilè)l dn m*' siècle; il mar({ne, comme on
(1) Aiuiales, .\l, 14.