DE LA (IREGE PI{()P1(E
avons alVairc à un ('ssai do teohni(|ue qui s’ins})ire encore de rancien système à figures noires, mais qui recherclie déjà rheureux ellet des figures se détachant en rouge clair sur uu fond noir. Autres détails (jui sont empruntés à rancienne méthode : les lignes intérieures, dessinant les contours du corps et les plis du vêtement, sont incisées, au lieu d’être peintes au trait noir; entiu l’application d'un hlaiic crémeux sur les parti(‘s nues du visage, des bras et des pieds, est une tradition directement venue de la céramique à ligures noires. Ces spécimens de transition sont excessivement rares et jirécieux pour nous, car ils nous font assister à tous les tâtonnements, à tous les essais ingénieux qui ont précédé et préparé l’éclosiou de la cêrami(pie à figures rouges. Nous voyons qu'elle n’est pas née brusquement; ce n’est pas la trouvaille d’un homme, mais d’une série d’artistes. Je rangerai dans la même catégorie d’essais le vase de Sajiho (collection de l’hôtel Lambert) (pii a été signalé }dus haut il) et dans lequel la silhouette du personnage est sim[)lement incisée sur un fond complètement noir, avec application de blanc sur les chairs nues; c'est le même procédé qu’ici, sauf l’addition de couleur rouge sur les vêtements et la chevelure. Un autre monument présente des analogies singulières d’exécution avec l’alahastre de la collection Sahouroif ; c’est une amphore de Nicosthènes, au Musée du Louvre, ipii porte de chaque côté du col une femme dchout, complètement luug tenant d'une main une fleuret flattant de l’autre un chien qui jappe à ses pieds (12). Le style olfre les plus grandes ressemblances avec les femmes représentées sur l’alahastre : même silhouette archaïque, œil allongé et très ovale avec le sourcil bien arqué au-dessus, boucles d’oreilles en anneaux larges; même modelé très allongé et sommaire des mains et des pieds, même façon d'indiquer par tr((is traits le bracelet aux deux poignets; pour la technique, même blanc crémeux sur les j)arties nues. Ce qui expli(pie l’absence du rouge, c’est que la femme est ici complètement nue; mêmes retouches violacées dans les accessoires de la coiffure; enfin, tous les détails sont incisés dans le blanc. Je serais très tenté, pour ma part, de rapporter l'alabastre de Iferliii à la fabrique ou à l’école de Nicosthènes. L’idée d’appliquer le rouge par-dessus le vernis noir, comme il l’a fait pour le blanc, est bien digne du caractère chercheur et curieux du grand fabricant (pii a contribué plus que tout autre à l'introduction de procédés nouveaux dans la céramique et qui occupe une place prépondérante dans la période de transition (o).
M. Dumont fait figurer sur l’alahastre de Derlin, le long des figures, deux inscriptions qui paraissent avoir écbajipé à .M. Furtwaengler, car il ne les mentionne pas : El K et EN I.
(1) '\’oy. p. 3(i0 et note 2.
(2) Klein, Die gr. Vusen mit Meistersignaluren, édit., p. 63, n“ fS. M. J. Six, d'Amsterdam, a fait reproduire ce vase à raquarelle pour le publier dans la Gazette archéolugi(jiie, 1888, avec un travail étendu sur les spécimens de cette techni(iue. Comparez un lécythe de Cnmes, Notizia dei vasi dipinti, pl. v, n“ 2. que je crois être de la même fabrique.
(3) Sur Nicosthènes cf. pp. 312-313, 356-357. Je ne puis pas admettre avec certains archéologues que Nicosthènes date de la seconde moitié du v“ siècle (Itayet, Céramique greajae, p. 112), ni qu’il use d’une virtuosité acquise et factice pour exécuter à volonté des ligures archaï(iues comme des figures libres. J’y verrais, pour ma part, un des plus curieux artistes de la lin du vC siècle et peut-être le principal inventeur de la peinture à ligures rouges.
CHOIX DC VASCS
l'r . A N c n i; YIII.
Scrne de (lynéeéè; lavaye des vêlements. ■ — ÜMiochoé à fig uros roiiyos, dans une col- Ii'clion particulière d'Athènes. Haut. 0”,23. M. Dumont avait signalé ce joli vase du stvlc attique le plus pur dans un article du Journal des Savants (1); il explicpiait comme nm; libation le geste de la femme penchée, mais il a rectifié cette interprétation dans un article de la Gazette des Heaux-Arts (2). « La scène se passe dans l’intérieur du gynécée. Des vêtements sont rangés sur une planchette munie de pieds et suspendue au }dafond par trois attaches; une femme tient une sorte d'aiguière et se baisse jiour verser de l’eau. » Il s’agit, en ell'et, d’une scène très simple et familière que le peintre a su paiau’ d’une grâce inimitable ]»ar la UKU’veilleuse souplesse de son pinc('au. Peu de pointures atteignent à la même finesse dans la facture des plis des vêtements, à la même élégance de formes. Si l’on lient compte du riche costume' des deux remmes, de la couronne placée sur la tête de l’enfant (3), on pensera qn’il s’agit peut-être des ajqu'êts d’une noce et du trousseau de la fiancée (ju’on lave et qu’on parfume (4). < >n rapprochera de ce sujet une amphore publiée par (lerhard, d’une exécution analogue et très soignée, où l’on voit deux femmes occupées à plier des étoiles avant de les ranger dans un grand coll're (o). Toutes ces scènes appartiennent au cycle de la vie féminine si fréquemment reproiluit sur les beaux vases attiques de la seconde moitié du v" siècle (6). Celui-ci ajqiartient à cette période et rentre dans la catégorie di's vases à ornements dorés; l’or a disparu, mais les })elils ornements en saillie dans la coilfnre des personnages (‘ii indiquent la place. M. Dumont le comparait pour la }>erfection du style au lécythe aryhallisque d’vLxoné qui est reproduit dans les planches xn-xni.
Planche JX.
Scène de (/ynécée ; toilette de la mariée et cadeaux de fiançailles. — Pyxis à figures rouges, trouvée à Athènes, actuellement au Musée Dritannique (7). Ce charmant vase
(Il Voy. les M'Janfies archéjdoyiyues du tome II. Ce vase est reproduit dans la Céramique ifrecque do MM. Rayet et Colliguon, p. 231, lig. 91; Schreiber, BUderaltas, j)!. 82, n“ 4.
(2) .\oùt 1873, pp. 117-118. On trouvera aussi cet article dans les Mélanges archén/ogiqnes du tome II.
(3) Comparez l’enfant drajic et couronné qui ligure dans un cortège nuptial sur un beau vase de Berlin; Furtwaengler, Collcetinn SnOouro/f, pl. cviii ; Autiqaarium, n" 2372.
(l) Sur la façon de donner un certain apprèl aux étoffes au moyen de l’huile et du miel, ^ voy. les passages cités par F. Sliidniczka, Geschichle (1er nl/griech. Trucht, 1881), pp. 48-30.
(3) Anscrlesene Casent)., IV, pl. 301. Cf. Colliguon, Catalogue, n“ 433.
itC 11 faut tenir compte du sujet, encore rare sur les vases, de Xausicaa lavant le linge avec ses compagnes, qui a pu être le pi otolype mythologique de ce genre de représentation ; cf. Cerhard, Auserlesene Vaseid)il(ler, pl. 218 (Faiiofka, Jiilder antik. Lebens , pl. 18, n" 3 : 0. .lahn, Vasensnmnd . zu Müneken, u“ itfO).
(7) Salle 111, vitrine i, n" 770 E. Elle a été décrite par M. Ileydemann, Cnmmentaliones in
DE LA GMECE IMIOPUE.
appartient au même groupe que Je précédent [loiir le sujet, jiour le style et })Oiir l’époque. Le bas de la pause est orné d'une greccfue noire mêlée de croi.x;. Sur le couveirle courent quatre animaux, deux sangliers et deux lions. Le genre de pvxis paraît avoir été une des spécialités de la fabrication attiqiie ; ou y voit ordinairement des suj(‘ts de toilette, de gynécée, de fiançailles, et les s])écimens en sont nombreux dans les M usées (1). D’après la paléographie des inscriptions, .M. Kodder pense (ju’il est impossible d’attribuer la pyxis de Londres au iv“ siècle et (pi’elle remonte au v° (âl; on y remarque, en effet, un mélange de caractères atti(pics et ioniens qui indique une époque de transition comme la seconde moitié du v“ siècb' (3). L’exécution des personnages, de style très pur et presque sévère, ne dément ]ias cette indication éq)igrapbiquc.
Le sujet sort de la banalité ordinaire des scènes de gynécée. L’est un é})isode de la cérémonie du mariage. Les parentes et les amies de la fiancée lui apportent, pendant (ju'on la coiffe et qu’on l’habille, leurs cadeaux composés de colliers, de Heurs, do coffrets et, jiarticularité plus intéressante, d’un grand nombre de vases. Sur un tabouret est placé le vase à })ied et à couvercle orné d’un élégant bouton, (ju’on voit souvent dans les scènes de toilette ou de funérailles jtj; à côté, jiosé jiar terre, on reconnaît le vase appelé loatrop/wre, grande amjdiore élancée (jui servait spécialement aux cérémonies du mariage et dont on plaçait un spécimen en argile ou en marbre sur la tombe des jeunes filles ou des épbèbes morts sans être mariés (5). L’est pour cette raison que ces vases sont décorés soit de sujets nuptiaux, soit de sujets funéraires (6). Devant
honurcjn Moinuiseni, j). 170. Elle est repioduite en partie dans la Céravihpæ <jre((pæ de MINI. Uayet et Collignon, p. 230, lig. 93.
(L Voy. coinmo exemples : Stackelberg, (icûh. (1er JJelL, j)!. 23, 27, 32, 3i, etc.; Collignon. (iatalogne des rases d'A/hiates, n"® 383-i9ti; Froebner, Cnfaliigae Barre, pi. vu (signée jiar Mégaklès); Furhvangler, Vasensamad. Im Anhipiar., n®** 2719-2720; Collecl. Sa/jouro/f, jd. 01, 03, 03. Four la forme ancienne de la pyxis à lig. noires, coini)arez i/>ld., pl. 39, et Stackelberg, dp. /., pl. lo.
(2) MiUheilaugen des deat.fnsl. in Alhen, tSS5. j). 37<S, note 2. 11 attribue à la même (qxjque le lécythe aryballisque d’Aexoné (cf. notre pl. xii-.yiii et Cullect. Sahouroff, pl. 35 . La pyxis de Mégaklès (Klein, Mcislersi(jnat., 2“ édit., p. 203i est du même temps et peut-être de la même fabrique.
.3i On voit dé'jàl’n, le T et le A avec les formes plus anciennes du A', du > et de l'E = H.
(3) M. lleydemann, np. L, j). 170, le décrit comme un canthare. ÔIM. Collignon et Mayet ont proi)osé de voir dans ce genre de vases la jdémochoé ( Cat(i/i)(jue des vases d Al/i., n“ 778; Calalngne de la Collecl. Bayet, n" 102'. M. FurUviingler s’inscrit en faux contre cette opinion > Collecl. Saljonro//, pl. 52, n» 5). M. Stepbani l’appelle lékané [C. Bendn, p. 1800, p. 19).
(5) llesych. et llarpocrat. s. v. 'urj-.rpiooorj-. Cf. Furtwiingler, Collecl. Saboui'of} , pl. 59; Herzog, Arch. Zeiinny, 1882, p. 131. C’est par inadvertance on par négligence que le peintre de vases n’a donné qu’une anse au loutrophore de notre planche ix. M. lleydemann, irp. /., J). 170, y voit un grand lécythe à ligures noires; mais les figures peintes sur le col même rendent cette opinion peu acceptable.
(0) Les sujets sont jdutot funéraires l’époque du style iî figures noires; sur les vases à figures rouges ils ont le plus souvent traitai! mariage. Cf. Fnrtwiingler, l. c. Mais il n’est jias
CHOIX DE VASES
la pui'Uî (le l’habilalioii sont d(jposés deux grands vases d’une forme parliculière qu’on peut eonsnUu’er également comme des accessoires usités dans les mariages attiques : ils ont l'aspect d’amphores à panse large et courttî, montées sur un pied conique très allongé. Les exemplaires trouvés en AlLique et eu Crimée (jui nous sont connus (1) ont une ans(! double de chaque ccjté et sont munis d’un couvercle à bouton fort élégant, que le peintre a négligé d’ajouter ici. Cette forme est parente de celle des loutropbores ; le potier donne ici au j)ied le développement et la fornn* qu’il réserve là an col du vase; les sujets sont analogues et spécialement empruntés aux scènes de toilette et de mariage.
Notre peinture de vase met en lumière l’usage (pie les Crées faisaient des poteries peintes dans la vie réelle, destination qui a été longtemps contestée par ceux (|ui attribuaient exclusivement les produits de la cérami(|ue aux cérémonies funéraires (2). II s’agit évidemment des cadeaux de noces, apportés le jour ou la veille du mariage. Les vases placés devant la porte même pourraient se rapporter aux lustrations usitées; c’est pour cette raison (pi’ils n’auraient pas leur couvercle. Cet ensemble de cadeaux, vases, colfrets, miroirs, constitue ce que l’ollux appelle "ooYage'.a, rà -sol yy-gou (^côpa (3).
Les noms inscrits au-dessus de chaque personnage ont tous un caractère mythologique. Ce sont des noms de Néréides connues, comme lIov-rogerLio., Aoircb, V^yAv,-/]^ Hxas'C-, K’jgorVj/.r,, Vyjyr,vr^ ^4). Ces noms de déesses font contraste avec le costume et l'attitude des femmes (pii les portent. Nous avons sous les yeux une chaianante scène de gynécée athénien, la veille d’un mariage, et les inscriptions nous transportent en pleine mythologie. Ceux (pii préfèrent attribuer aux jteintures de vases un sens presque exclusivement religieux y verront un argument en faveur de leur théorie et, comme on l’a fait jiour un vase célèbre de Iluvo (5), ils expliqueront comme un
exact (le dire [uL, pl. 52, -i) que « les lontrophores à ligures rouges sont toujours décorés de scènes nuptiales ». t.e Musée du Louvre possède un loutropliore à ligures rouges avec la représentation de la funéraire. Enlin, le plus bel exemple d'exposition funèbre, sur
levase du cap (lolias, est à figures rouges (Collignon, o/; . /., n“ 505 ; Moiuiyncnli delf Inst., vin, pl. 3).
(I) Cf. G. Itobert, Arch. Zeiluiiji, 1382, p. 151 et pl. 7. Le Musée du Louvre possède un vase de celle forme, inédit, provenant d'Athènes : on y voit l’intérieur d'un gynécée, une feinine assise, tenant sur ses genoux un grand vase pareil à celui qui porte la représentation ; une suivante debout tient un second vase semblable et les autres femmes apportent des accessoires de toilette : c’est aussi l’épisode des cadeaux de mariage.
(2j Sur cette (piestion, cf. 0. Jahn, Vusensamml. zu München, Einleit., p. c-civ; Genick et Furtwangler, Griech. Keram'ik, p. 4-6.
(3) (hniinnsl., Itl, 38.
(4) liiade, xvni, 39; Hésiode, Théoi/., 244, 252; .àpollodore, i, 2, 6. Aoaw est une variante de Aco-w ( Pansanias, n, 1, 8; Gurp. Jnsc. firæc., Add., 678 4), et Kugooô/r,, de KugoOcir, ou K’jgoôôxs'.x. A’oy. les exemples cités par M. llcydomann, op. L, ji. 171-172.
(5) Elite réraniMp'., iv, pl. 84; cf. Gollignon, p. 161. G’est une scène de gynécée
avec des noms symboliques, Eudaimonia, llygieia, l'andaisia, etc. Voy. aussi Elite céram.,
sujet mythologi(]ue et comme l’épisode du mariage d’une des fdles de Nérée ce qui n’est au premier abord qu’une scène de gynécée. Je suis {)lulüt tenté, pour ma part, d'adopter }iour ce vase le système d’interprétation qui a déjà été développé au sujet du vase de Sapho (1). Le peinti-e n’est pas sorti des motifs usités dans les ateliers pour reproduire un intérieur de gynécée. .Mais, désireu.v de varier un sujet devenu banal, il a donné des noms à ses personnages, en les empruntant aux légendes héroïques et mythi(jues. C’était marquer davantage l’impersonnalité poéti(pie et idéale de ces élégantes ligures que de les parer de noms symboliques. De plus, si l’on compare ce vase aux spécimens analogues, on s’aperçoit que l’artiste a combiné et mêlé trois épisodes dilférents de la vie du gynécée, ordinairement distincts sur les peintures de la même époque : 1“ la femme assise que l’on chausse; 2“ la femme assise à qui l’on apporte des accessoires de toilette; 3" la scène du mariage. Le premier motif ligure plusieurs fois dans les scènes de toilette, mais c’est ordinairemimt un Eros qui joue le nMe du petit serviteur occupé à attacher les sandales de la femme (2). Le second est re[)résenté par une très grande quantité de peintures (3). Enlin, l’emprunt fait au troisième consiste dans l’indication delà porte d’habitation, souvent visible dansles scènes de mariage (4), dans la présence du loutropliore et des autres vases olferts en cadeaux (5), dans le costume de la femme appelée Dontomédeia, drapée et voilée comme le sont les jeunes mariées ou la promiha (6). L’objet de forme singulière qu’elle tient dans ses mains servirait encore, suivant nous, à ]»réciser la scène. Je ne connais pas le terme ancien par lequel on désignait ce jouet; il ne ligure pas dans le chapitre consacré |)ar Pollux aux jeux d’enfants (7). Mais c’est un divertissement bien connu et
pi. 62; Stackelberg, Græb. der Ilell., pl. 29; scène analogue avec les noms d’.Aptirodite , Eunomia, Eudaiinonia, etc. Comparez la composition du lécythe aryballisque de Nocera Bail. Napol., N. S. V, pl. 2).
(1) Voy. la notice de la pl. vi, p. 361. .AI. Heydemann, op. /., pp. 171-172, a soutenu une thèse analogue; cf. aussi Stcphani, Compte rendu de Snint-Bélersbourn, p. 1860, [). 11; Winter, Bie jüngeren altischen Vase^i, p. 31-32.
(2) C. Rendu de Saint-Petersb., l, c., pl. 1; 1863, pl. 1; Stackelberg, Graeber der llell., pl. 31 ; Gerhard, Antik. Bildw., pl. 31; Roscher, Lexikon der Mpl/t., p. 1961 ; Arc/i. Zeltiuuj, 1881, pl. 13; Elite ccramot/r., iv, pl. 19, 72. L’origine de ce motifse trouve iteut-être dans un tableau de Polygnote; cf. Duemmler, Jahrb. des deut. Jast., 1887, jip. 172, 173.
(3) Voy., par exemple, Furtwângler, Collect. Sabouroff, pl. 61, 61; Anliquit. du Baspk Cimmérien. pl. 19, 52; Collignon, Catalogue, n°“ 488, 494, 496, 506, 508-51 1 ; Elite céramoyr., IV, pl. 32-34, etc.
Stackelberg, op. pl. 32, 42; cf.pl. 31 et 36, scènes de gynécée.
(5) Collignon, op. L, n"'* 490, 503; Fuctwangler, op. L, pl. 58, p. 2, note 3. Voy. la note 6 de noire j). 365.
(6) Stackelberg, o;>. /., pl. 32, 42; Heydemann, Grieeh. \asenb., pl. x, 1; Furtwângler, op. L, pl. 58, et p. 3, note i; Poltier et Reinacli, .Xécropole de Mi/rinu, pp. 4i3, 417.
(7) C'est par erreu r que M. C. Ton, B/ujdos in anrirnt limes, 1885, pl. i, lig. A«, p. xi, l’assimile au jeu de rt;j.zv-:î Aiygô; (Pollux, ix, 1 18j, (jui est tout dilférent de celui (lui nous occupe.
CHOIX DE AC\SES
encore en usage anjourd’lmi ; il consiste dans un disque de bois ou d’os, percé au centre de deux trous par lesipiels on fait passer une ficelle dont on noue les deux extrémités ; en tordant la ficelle et en tirant régulièrement à chaque extrémité, on imprime au disque un mouvement de va-et-vient qui est accompagné d’un fort bourdonnement : en France, les enfants appellent cet instrument le (lial)le, à cause de son rontlement analogue à celui de la toii|)ie d'Allemagne, qui porte plus spécialement ce nom. On l’a signalé plusieurs fois sur les monuments et en particulier sur les vases peints (1) ; or, il est remarquable qu'il est toujours entre les mains d’Eros, dans des scènes d’amour ou de gvnécée. Je ne serais pas éloigné de croire que les jeunes gens et les jeunes filles en avaient fait un de ces oracles enfantins que l’on consultait dans les liaisons amoureuses et dont le son indiquait si la personne aimée répondait cà la tendresse qu’elle inspirait : lel était aussi le rôle du Tr'XaTayojviov, sorte de crécelle ou de sistre, du Tr,fï9'-Vjv, feuille qu’on faisait claquer sur les doigts de la main gauche, du /.p'Xov, pétale de Heur qu'on écrasait avec bruit sur le front, de la AaTxy'o dans le jeu du cottabe, etc. (2)
lO.ANr.lIE X.
Jugement de Pùris. — Eouvercle de pyxis à figures rouges, muni d’nn anneau de bronze, trouvé au Pirée et actuellement au Musée de Copenhague (3). On sait combien CO sujet est fréquent sur les vases peints (1). Mais celui-ci présente une particularité qui ne se retrouve nulle part ailbuirs : chaque déesse comparait devant le pâtre du mont Ida, montée sur un char symbolique (o). lléra , la reine de l’Olympe, jiortant la couronne et le sceplre, est traînée par quatre chevaux; Athéné, cas(piée, la lance à la main, par deux énormes serpents, en souvenir du mythe
(1) E. Torr, l. c.; Slackelberg, op. pl. -HD, l’anofka, Annali dell' Inst., l<So2, pl. (J; O. Jahn, licrichie de?- Sachs. Gesell., 1854, pp. 2.5ti et suiv.; Heydemann, A?’ch. Zed 1870, p. 19; Co??i- ?/ie?Uaflo7irs i)i hon. Mums., p. 170; Hinck, A?mnU, 1806, pl. E, F, n" 2 (peinture de Poinpéi; l’explication donnée, p. 05, est tout à fait erronée). On peut comparer à ce jeu celui de l’éwugra?^ représenté aussi sur un vase peint (Benndorf, G?-. in?d Sied. Vusc?)h., p. 62; Collignon, Op. /., n“ 406 ).
(2) Cf. Pollux, IX, 127-128.
(3) 11 a été publié par M. Ussing, Dansh itlnst?'e?-el Fide??de, 1873, n“ 740 (traduit dans Ai't Juur??al, août 1874) et par Al. Conzo, He?'oe?i wid GüHe)'gestaUeu der g?-. A'ioist, 1875, pl. 102. H est signalé par J. Harrison, Jow-nal of liell. stiidies, 1886, p. 200; cf. aussi BulletUno dell' f?is(., 1874, pp. 114-1 16; Hheinisches Musew)i, t. xxix, pp. 309 et suiv.
(4) Voy. la liste dressée par A. Schneider, De?- t?-oische Sagenkreis i?i de?- diteste?? gi-iech.
Leipzig, 1886, p. 92-98, complétée par J. Harrison, up. /., p. 200-201.
(5i Un ci'atère à ligures rouges de Naples (Heydemann, Vase?isamn?l . zu Neapel, n" 2870; J. llaîi'ison, op. /., p. 200, n" 6) montre aussi les déesses arrivant en char; mais le style est plus récent et l’arrangement beaucoup moins heureux ; il n’y a que deux chars à deux chevaux, h' premier monté par lléra et Athéné, le second par Aphrodite et .Artémis.
(l’Érichthonios (1) ; enfin, Aplirodile parait la dernière, sous la ligure d’une frêle et gracieuse jeune fdle, sans autre parure que sa beauté, guidant avec ses rênes deux beaux Erosqui tiennent entre leurs mains des vases <à libations. Cette ingénieuse composition comple parmi les plus charmants chefs-d’œuvre de la cérami(jue alli({ue. l'dle prend place, avec un caractère tout particulier d’originalité, dans une série très nombreuse de vase à figures noires et à ligures rouges ([ue M'"" J. Ilarrlson a analysée, en notant les phases diverses par les(jueiles a passé cette représentation et en montrant ses rapports étroits avec d'autres mythes, comme ceux d’Apollon et d’IIermès avec les Charités. Sur les plus anciens spécimens à ligures noires, le cortège des dieux conduit par Hermès arrive à pied et processionnellement, la reine de l'Olympe en tête, .Uliéné au. milieu et Aph rodite en arrière. Paris les reçoit debout ; souvent il manifeste une grande frayeur à leur vue et vent s'enfuir, mais Hermès le retient de force (2). Sur les vases à figures rouges, Paris est ordinairement assis (.3). accompagné de son troupeau et de son chien; l’ordre hiérarchi([ue de la procession est moins souvent respecté. On arrive progressivement à une composition d’un caractère théâtral, Paris assis, en costume asiati(jne, jetant ses regards sur les déesses groupées autour de lui, pendant que d’autres divinités jdacées dans la })artie supérieure, Zeus, Artémis. .Apollon, Thémis, etc., président à cette scène (4 ). Les plus beaux spécimens du groupe à figures rouges de style sévère sont rejn-ésentés par les coupes de Hiérou et de Brygos i^o) qu’on peut rapporter à la première moitié du v' siècle. La dernière forme, où la composition se ressent de l’inlluence théâtrale et des groupements scéniques (6j, peut dater <le la. liu du v° et du iv°. C’est entre les deux que je placerais la pyxis de Copenhague. On reconnaît à certains traits qu’elle appartient à un groupe de transition. Le style en est encore très pur et voisin du milieu du v® siècle, en particulier dans les têtes de chevaux; la procession conserve son ordre hiérarchique comme sur les spécimens anciens; les vêtements des femmes sont d’une grande simplicité. .Mais, d’autre part. Pâlis a déjà échangé la chlamydc et le pétase grec qu’il a sur les vases de style sévère contre la blouse, les anaxyrides et le hoiinet phrygien <ju’il porte sur les vases de la dernière période. Hermès est imberbe et ses ailes sont fixées au pétase, tandis ([u’il est barbu et a des talonnières ailées sur les vases de style sévère (7). Pour toutes ces raisons, je verrais dans cette peinture une œuvre; qu’on peut placer dans la seconde moitié du v® siècle.
(1) Pausanias, i, ;2i, 7.Gf. Roscher, Ausfii.lirüclies Lexikon, p. ISOf.
(5) A’oy. les vignettes citées comme exemples par llarrison, op. /., p. tîOrl-SO;!. et pl. Lxx; von Duhn, Aveh. Zeilung, IScSîJ, pl. 11, p. i2ü9-214.
(3) On ne cite que trois vases à ligures noires portant Pâris assis (llarrison, op. p. 207 ; Gollignon, op. L, 11“ 2591; par contre, on peut signaler certains vases à ligures ronges oii s’est conservée l’attitude de Pâris debout (Furtwângler, CoUeoL. Sabouroff, pl. (il).
(4) llarrison, op. /.,p. 204.
(0) Gerhard, Tr 'mksckalen und Gefüsse,i, pl. 11-12; Momanenti doll' Inst., ISoO, pl. 14. Cette dernière ici'. Klein, Meistersignatureyi, p. 179, n" 3) aiipartient au Louvre.
(Oj llarrison, op. /., p. 204, vignette D et p. 210. CL G. Robert, Hildund fJed, p. 4 4- 45.
(7) CL E. Pottier, Ilfude sur les lécgl/ies blancs at tiques, p. 127-123.
CHUlX DK VASES
Planche XI.
1. Éros volant, tenant xme lyre et une pkiale. — 2. Hoplite yrec. — 3. Ephèbe faisant nne offrande. — Les deux premiers vases (haut. 0“,25 et û™,16) appartiennent au Musée de la Société archéologique d’Athènes (1); le troisième a été dessiné dans une collection particulière, formée à Corinthe. Les trois sujets n’olfrent rien de remarquable; les caractères qu'on distingue autour de l’éphèbe ne donnent pas de sens intelligible et appartiennent prohablemeni à la catégorie nombreuse des simulacres d’inscri[)tions; le fruit qu’il tient dans sa main paraît une grenade qu’il va déposer sur un autel ou une petite stèle iiguréc à droite. Cette catégorie de vases à fond de terre bistre ou à couverte blanc jaunâtre, avec des personnages en silhouette noir opaque ou au trait noir, a été étudiée en détail par M. Dumont, qui le premier l’a distinguée des lécytbes blancs funéraires de l’Attique (2). La dénomination de vases de Locres qu’on leur a parfois donnée (S) doit être supprimée de l’usage courant, car elle pourrait faire naître l’idée fausse que ces vases ne se trouvent que dans l’Italie méridionale et y ont été fabriqués. S’il est vrai que les tombeaux de Locres en ont fourni un grand nombre (4), il est certain aussi qu’on les trouve partout ailleurs, et en ])articulier en Grèce même (5), d’on ils sont probablement originaires. La parenté qu’ils ont avec les lécytbes blancs funéraires indiquerait plutôt l’Atlique comme lieu de fabrication. Je lenvoie aux articles de M. Dumont pour l’étude de ce type, en y ajoutant les rétl exions suivantes.
Celte catégorie de vases constitue un groupe de transition très intéressant entre le système des vases à figures noires et le décor au trait polychrome des lécylhes blancs alliqnes. On peut démontrer que ceux-ci, tout en subissant l’inlluence profonde de la technique à ligures rouges pour le choix des sujets, pour la liberté et la souplesse du dessin, pour l’emploi des lignes peintes substituées aux lignes incisées, dérivent cependant en droite ligne du système à figures noires par une série de lentes modifications dont on suit toutes les }dia.scs. Le plus ancien essai de ce genre remonte probablement au vD siècle; on s’est contenté alors de couvrir le fond rouge de l’argile d’une couverte blanche, et la tecbni(|ue n’a été en rien changée pour le reste ; c’est un groupe (jui om mence aux vases dits cyrénéens (6) et qui est en pleine floraison à l’époque dt* Aicostbèues : on doit à celui-ci plusieurs œnochoés dans lesquelles les figures
(L Collignon, Catalogue, n”* 371, 308. Le premier est reproduit aussi dans la Ccramigue grecque de M.M. Itayet et Collignon, p. 213, lig. 83.
(2) L. Fivel, Gazette archéologie pie, 1878, p. 183; voy. les Méluuges arrhéologiques du tome second et ci-dessous la notice de la pl. xxiv.
(3) L. Fivel, /. c.; Collignon, ap ./., j). 88.
(i) O. ,Tahn, Vasensannul. zu Müncheii, Einteil., p. xxxiv et CLXxiii.
(3) Collignon, o/L /., n““ 3(10-405.
((>) Voy. plus haut p. 293 et sv.
DE LA GDÈGE PROPME.
noires, de style archaïque, se détachent sur un fond blanc jaunâtre (1). La série des lécythes et des alabastres à fond blanc et à ligures noires commence sans doute aussi à la même époque, mais elle se subdivise bientôt en deux groupes : 1° dans la période la ])lus ancienne, les personnages restent en silhouettes oi)aques, avec incisions intérieures; 2“ dans la période plus récente (probablement la première moitié du v° siècle) (2), les personnages ne sont indiqués qu’au trait noir; il n’y a plus ni silhouettes opaques ni incisions.
Entre ces deux groupes se placent des exemplaii’es (jui indiquent la transition : l’Eros de la planche xi en est un exemple; le corps du personnage et les palmettes sont encore en silhouette noire, opaque, avec traits incisés, tandis que les ailes et la lyre sont déjà indiquées au trait de pinceau. Les deux autres lécythes de la planche xi appartiennent à la période plus récente. Les types de transition sont les plus rares et les plus intéressants (3). On y voit parfois un essai de polychromie (4) qui nous amène ainsi à la catégorie des belles coupes blanches à applications polychromes, qu’on rattache à la fabrique d’Euphronios (5), et à celle des lécythes blancs attiques. L’alabastre polychrome de Pasiadès, trouvé à Chypre et actuellement à Londres (6), appartient à ce groupe de transition, et il paraît être un des plus anciens vases polychromes sur fond clair, avec dessin au trait simple, que nous connaissions. Mais il est essentiel , à mon avis et suivant la théorie de M. Dumont, de ne pas confondre le groupe des
(1) Cf. Loeschcke, Arch. ZpÀtuncj, l.SSl, p. 35-38; MilthcHungen drsdeul.Inst., 1880, p. 380- 383 ; Klein, MeisiersHjnaturen, 2“ édit., p. 60, n"'* 50, 51.
(2) Voy. le fragment trouvé sur l’Acropole d’Athènes, dans la couche de débris formés à l’époque des guerres médiques et de Cimon; Studniczka, ’Ecpr,u.îpl; àp/aioAoy., 1886, p. 130, pl. 8, n“ 5. Le lécythe au trait noir signé par le peintre Douris [Ihid., pi. 4, n" 1) appartient à la même période.
(3) La coupe du cap Colias, au Musée de Gotha {Monmnpnti dell’ Jnst., X, pl. 37 a), est un spécimen important du type de transition uni aux ligures rouges de style sévère. Voy. aussi un lécythe du Musée Britannique (Arc/i. Zeiltmg, 1885, pl. 12), un lécythe du Cabinet des Médailles (de Luynes, Vases peints, pl. 16), un lécythe inédit du Louvre provenant de Grèce et représentant Hercule avec le lion de Némée (Hercule est peint au trait simple, le lion en silhouette opaque avec incisions). Je rattache au même type de transition deux lécythes de Berlin, V asensammlung im Antiquarium, n”* 2250, 2252.
(4) Lécythe inédit du Louvre, provenant de Grèce : Artémis ailée, courant, portant une torche enflammée et suivie d’un chien. Quelques parties du vêtement sont encore indiquées en couleur noire opaque, dans l’intérieur de laquelle les traits sont peints en couleur plus claire, au lieu d’être incisés. La tunique et les ailes sont revêtues d‘un ton jaune foncé. Comparez les alabastres de Berlin, n““ 2257, 2258.
(5) Klein, op. /., p. 142, n® tt ; Enphronios, 2° édit., p. 247-249.
(6) Murray, Journal of hell. stud., 1887, pl. 82. Klein, op. /., p. 222, le nomme lasiadès. M. Murray, l.c., et M. C. Smith, Classical Revmv, 1887, p. 26, ont lu Pasiadès. M. Studniczka avait d’abord adopté la lecture Nésiadès, yrtê/’ê. desdeut. Inst., 1887, p. 145, mais il est revenu sur son opinion, ibid., p. 280; cf. aussi Duemmler, ibid., p. 169. Le style de cet alabastre et les détails polychromes permettent de le rapprocher du lécythe du Musée du Louvre (note 4). Je croirais volontiers les deux vases sortis de la même fabrique.
CHOIX DE VASES
lécytlies blancs funéraires, dont la couYerle est très blanche et friable, dont le dessin est ordinairemeni au trait ronge ou jaunâtre, et on la polychromie éclate en larges touches rouges, bleues on brunes, avec la catégorie qui la précède et qui la prépare, les lécytlies et les alabastres à fond d’argile bistre on à couverte d’un blanc sale très solide, dessinés au trait noir et brun (1) et rarement polychromes. Les deux groupes sont parents, mais distincts.
l’f.AXCHES XII-XIII.
Dionysos entouré île son cortèye de Nymphes et de Silènes. — Lécythe aryballisqne, à figures rouges, trouvé près de Trachonès, dans le dème d’Aexoné, en Attiqiie. Hauteur, 0”,23. M. Dumont a le premier signalé (2 ) et fait dessiner cet admirable vase, retiré d’un tombeau dans un état d’intégrité absolue et qu’on s’accorde à regarder comme un des pins beaux spécimens de la céramique attiqne. Il est actuellement au Musée de Derlin (3). Le fond d’argile estd'nn beau rouge; le vernis noir, très brillant et uni; les cheveux des personnages sont indiqués d’abord par une teinte noire plate, et cette surface est reprise ensuite (lar un travail détaillé du pinceau (jui indique en lignes noires plus saillantes les mèches et les boucles. Les traits intérieurs des vêtements, formant les plis de* l’étolfe, sont d'une finesse et d’une netteté admirables. Des petits points saillants sur l’argile portent encore des traces de dorure et marquent la place des ornements du costume, diadèmes, bracelets et boucles d’oreilles.
Le dieu du vin et de la danse, Dionysos, se montre ici entouré de son thiase, composé de Silènes, de Nymphes et de Hacchantes. Deux de celles-ci se livrent, sous les yeux de leur maître, câ une danse frénétique qui a déjà fait tomber l’une d’elles épuisée entre les bras d’une compagne. Toutes portent des noms poétiques qui éveillent des idées gracieuses ou riantes : Xpu^ri';, la dorée, Kktgco, qui porte un thyrse de lierre, '’AvOs-.a, la lleurie, llepv/Aug.sv/i, la célèbre, Max,apia, la bienheureuse, dV-vox'/î, Naia, N’jp.or,, Xopw et la helle Ka)./]. Les noms de leurs compagnons sont aussi symboliques; ce sont les personnilications de la race même des Silènes et de la gaieté bachique, i]Ar,v6; et Ktogo;. On remarquera que leur attitude posée et tranquille, l’expression
( I) M. Ileydeinaim fait aussi cette distinction {MittheHunyen Antdiemamnd.,\>. 53, note 135). M. Fnrtwacngler, en indiipiant la parenté des deux classes, tend à les confondre l’une avec l’autre [Arch. Zeitnny, 1880, p. 131 et suiv.).
(2) Voy. dans les MiHanycs arclu'sdoyiijues du tome second les articles extraits du Journal des Savants et de la Gazette des Deaux-Arts.
(31 Ef. Furtwaengler, Vasensamnd. ha Antiquariain, n“ 2471 et la bibliographie citée. Il a été très bien reproduit en couleurs dans \n Collection Sahnurojf,\)\. 55. On remarquera cependant (pie le dessin de M. Eliaplain a mieux réussi à retrouver la pose si gracieuse de la nymphe couchée, Ehoro. Ef. aussi Ilayet et Collignon, Céramique yrecque, p. 245, tig. 92; Dnrny, Uist. des Grecs, II, j). "297.
sérieuse de leurs traits, coulrasteut avec la turbulence et la laideur ordinaire des types satyriques que l’on renconlre dans les monuments plus anciens : c’est l’époque où l’art idéalise tout ce qu’il touche. On reconnaît ici jdusieurs attitudes devenues classi(jues dans l’art grec, celle de Chrysis avec un pied posé sur une éminence (1), de Kisso avec le genou droit soulevé et la main au menton (2), de Silène couché à plat ventre et se soulevant sur les deux mains pour regarder la scène (3), de Choro nonchalamment étendue avec les deux mains levées et croisées sous la tète (4). On sent que l’artiste s’est inspiré des meilleurs modèles. Lui-même possède au plus haut degré le sens de la composition et du groupement. Si l’on développe cette peinture sur une surface plane, comme sur notre planche, on se rend compte que toute la scène converge vers un point central, la danseuse debout et tourbillonnant avec les bras levés; de chaque côté d’elle se rangent six personnages. Hemarquez avec quelle discrétion la symétrie est indiquée dans les deux femmes debout qui se font pendant à cha([ue extrémité, dans le groupe de Dionysos et Komos opposé à celui de Périklyméné et Anthéia, dans les lignes onduleuses que forment Choro, Naïa, Makariaet Silénos, à la partie basse du tableau. D’autre part, si l’on examine les ligures sur le vase lui-même, on constate que, tenant compte de la surface ronde du lécythe, le peintre a agencé sa composition de façon que le spectateur ait toujours sous les yeux un groupe de quatre personnages harmonieusement disposés, sans qu’il y ait de lacune ni de trous dans les intervalles (S). L’indication du tei’rain, marqué d’une façon très discrète par une ligne onduléed’un rouge i»âle et rehaussée çà et là de plantes et d’herbes, a permis d’établir ditîérents plans pour y placer les personnages. Cette pointe de réalisme indique une nouvelle tendance de l’art, (|ui se développera davantage (6) et qui nous amènera aux riches compositions des grands vases du iv” siècle, d’un caractère scénique et théâtral (7).
Quand on se trouve en présence d'un art si sûr et si maître de lui, qui dissimule ses artilices de symétrie et de composition sous une grâce pleine d’aisance, on songe involontairement, toute proportion gardée, aux agencements savants des frontons du Parthénon et l’on se croit en droit de supposer que l'auteur de ce petit chef-d’œuvre
(1) Cf. Pottier et Reinacli, IVccropoli; de Myrina, p. iU9, et la bibliographie citée; Uueinm- 1er, Jalirbuch des deit! . Inst., 1887, p. 173.
(2) Voy. Wolters, Gipsabyüsse antik. Hiklwerke, 211, 1576.
(3) Voy. Ausyrahunycn zu OlympicuW, pl. 11, 12, 19; IV, pl. 6, 7, 8.
(l) On voit plus ordinairement un seul des bras levé avec la main placée sons la tête. Le prototype de cette attitude doit appartenir à l’art du v' siècle; cf. Furtwaengler, Annali del/’ Inst., 1877, p. 89 et suiv.
(5) On observe le même artifice ingénieux de composition sur quebiues-uns des plus beaux vases blancs de l’Attique, comme je l’ai montre dans mon h'tude sur les h'-cythes blancs à représentations funéraires, p. 121.
(6) Comparez le lécythe de Cumes {Notizia dei vasi dipinti, pl. 8) et le cratère d Orvieto, actuellement au Musée du Louvre (Monmnenti dell' Inst., XI, pl. 38-40).
(7) Cf. C. Robert, Bild and Lied, p. 41-45.
CHOIX DE YASCS
céramique a dû être élevé dans les principes et les traditions de la plus grande école du siècle. Il y a quelques aimées, on aurait hésité à attribuer une date aussi reculée au lécythe d’Aexoné, à cause du mélange de lettres ioniennes et attiques qu’on remarque dans l’orthographe des inscriptions : w est rendu par O et par n, •/] par E, et ■X par A. Or, on sait que l’introduction des lettres ioniennes H, n, A, dans l’alphabet officiel d’Athènes, ne date que de l’archontat d’Euclide 1^404 av. J. -G.). Mais M. Koehler a récemment démontré que ce critérium n'est pas admissible pour les inscriptions des monuments privés et que dès le milieu du v' siècle les lettres ioniennes avaient cours à Athènes dans l’orthographe courante. Il a signalé à ce sujet les vases de nos planches ix et xii-xin, en disant qu’il lui paraissait impossible de les rapporter au iv" siècle (1). Les découvertes nouvelles de l’Acropole sont venues confirmer cette manière de voir en reculant d’une quarantaine d’années les dates proposées généralement pour les vases à figures rouges (2). Celni-ci a donc pu être fabriqué dans la seconde moitié du v® siècle, comme le vase de la plancbe ix (3). M. Furtwaenglcr croit reconnaître la main du même artiste sur plusieurs autres vases attiques de cette époque (4).
PL.4XCHE XIV.
Amazones réanies autour d’un joueur de lyre [Tliarnyris?). — Cratère à figures rouges, du Musée de la Société archéologique d’Athènes (5). Quelques touches de blanc sont appliquées sur les coiffures des personnages, sur le plectre et sur les bouts des montants de la lyre. Ce vase et les trois suivants (planches xv à xvii) ont été
(1) M'illhednnym des deut. InsL, 1835, pp. 378, 379. Voy. la notice de notre pl. ix.
(2) Voy. la note 3 de la p. 3o(i.
(3) M. Ihirtwaengler avait proposé l'année iOO dans sa notice de la pl. 53; mais il a rectifié cette date dans son introduction à la Collection Sabouroff, pp. 4-3, et note de la page I .
(4) Ibid., notice de la pl. o5 et Introduct., p. 7-8. Ge sont, outre la pyxis de notre pl. ix, le lécythc aryballis([ue de Cumes représentant le combat des Grecs et des Amazones {Ihdlettino Napoletano , nouvelle série, iv, pl. 8 ; Notizin dei vasi dipinti rhwennti a Citma, pl. 8), une coupe du Musée de Berlin où l’on retrouve les mêmes noms de Kiccoc, 'èavÔTcr, , Xopw, Ka7.-;i, Kwgo? [Vasensamml. ha Antiq., n” 2332), une œnochoé du British Muséum {Annali dell’ lusl., 1878, pl. 1, 2), un lécythe aryballisque du Louvre représentant .Vphrodite, Éros et les Nymphes dansant (il sera prochainement publié dans les Monuments prccs). Comparez aussi avec notre pl. xii-xiii un lécythe aryhallisque de même forme et de môme ornementation, le triomphe de Bacchus indien [Monumenti deW Inst., I, pl. 50), une petite œnochoé attique à ornements dorés {Annali dell' Inst., 1879, pl. N), etc, Voy. la notice des pl. XXI et xxn.
(3) Le dessin de M. Chaplain porte la mention : Yarvakeion. Mais ce vase ne ligure pas dans le Calalotjue de M. Collignon. La forme et la décoration sont semblables à celles du cratère d lo, Monumenli dell' Inst,, 1838, jil. 39.
trouvés cil Béotie (1). Ils méritent à ce titre une attention particulière, car ils présentent beaucoup d’analogies, pour le style, la technique, la forme et les détails d’ornementation, avec les vases dits ifalo-grecs, qu’on a trouvés en grande quantité dans les nécropoles de la Basilicate et dont on rencontre des spécimens épars dans tout le monde grec. Ils se distinguent à première vue des vases attribués à la fabrique attique ordinaire par la couleur de la terre plus jaunâtre, par l’aspect terne de la couleur noire, par les applications fréquentes de blanc, par la négligence et l’incorrection du dessin. Les formes sont particulières : les trois principales sont le grand cratère élancé, avec les anses près de la base et relevées, le cratère plus court et renflé avec les anses au milieu de la panse et horizontales {pxyhaphon, vaso a compana, fllockenkmter), la petite amphore à large embouchure (péliké) (2). Plusieurs archéologues ont attribué cette classe de vases à une fabrique spéciale de la Béotie ( 3). L’existence de ce groupe béotien n’est rien moins que prouvée, à mon avis. On a des raisons de croire que la céramique béotienne, dont nous avons des spécimens authentiques pour l’époque archaïque (4), a été gênée et même arrêtée dans son développement, à la fin du vi° siècle, par l’essor merveilleux de la céramique attique. Dès le v' siècle, ce sont surtout des terres cuites qu’on trouve dans les tombeaux de la Béotie; les vases peints sont rares et la proximité des frontières attiques suffit à expliquer des importations fréquentes. C’est le contraire à Athènes; les vases peints se rencontrent en bien plus grand nombre dans ses nécropoles que les terres cuites. Il est logique de supposer que les industriels des deux pays, pour ne pas se créer une concurrence dangereuse et inutile, s’étaient d’eux-mêmes cantonnés dans une spécialité, les Béotiens dans la fabrication des figurines, les Attiques dans la peinture de vases (5).
Ce ([ui me fait penser qu’en dépit de leur provenance, nous n’avons aucun droit d’attribuer ces vases à figures rouges, rehaussés de blanc, à une fabrique spéciale do la Béotie, c’est que des produits tout à fait semblables se retrouvent dans toutes les parties du monde grec, d’abord en Grèce même, en Attique (6), à
(1) M. Collignon a rangé le vase de la pl. xvi parmi les produits attiques, mais il n’en indifjue pas la provenance. 11 est probable que M. Dumont a eu sur ce sujet un renseignement particulier.
(2) Collignon , Catalogue , pl. II, fig. 45, 49, 46; Furtwaengler, Vasensnmuil. iin Antlgunr., pl. VII, fig. 302; pl. IV, fig. 49, 42.
(3) Dumont, Peint. Céramiq., p. 51 (article reproduit dans les Mélanges de notre tome second); Collignon, op. /., n"’* 545 et suiv.; Benndorf, Gr. und Sicil. Vusenh.^ p. 66, pl. 35; Furtwaengler, op. n®* 2932-2936.
(4) Voy. plus haut, p. 287-290.
(5) M. Loeschcke, Arc/o 1881, p. 32, a refusé d'attribuer aux ateliers béotiens les
lécythes à figures noires et à panse renflée (cf. Collignon, op. /., n"“ 233 et suiv.), en faisant remarquer qu’on les trouve également en Atti([ue, à Rhodes et en Italie. Un art original béotien au v® siècle lui paraît fort improbable jiour la céramique peinte. Voy. ce que nous avons dit plus haut pour le trépied de Tanagre et la coupe de Thésée, p. 320-321.
(6) Furtwaengler, Antiquai-ium, n®* 2623-2628 ; Collection Sahoiü'off, pl. 66; cf. la pl. 56-57, où le blanc est appliqué avec beaucoup de discrétion sur un vase dont la forme et le style
CHOIX DE VASES
Corinthe (i ) et à Mégare (2), puis dans les îles, à Milo (3), on Crète (4), en Sicile (5), en Italie (6), en Cyi-énaïque (7), en Crimée (8), etc. Nous retrouvons là les formes particulières du cratère élancé, du cratère court ou oxybaplion, do la péliké, la décoration en bandes d’oves }»our les pélikés, en guirlandes de laurier et en méandres pour les cratères. C’est le même art qui incline }»eu à peu vers la négligence et l’incorrection des formes; la même technique qui, partant des figures d’un ton rouge simple, y introduit d’abord quelques touches discrètes de blanc, puis les multiplie et les prodigue sans mesure. C’est le même goût pour les scènes dionysiaques, pour les représentations d'Amazones et de Phrygiens (9), pour les sujets empruntés au cycle d'IIéraklès. La composition, où l’on voit très souvent un personnage assis au milieu de ses compagnons debout, d'autres placés dans le cbamp à des plans supérieurs, des ligures vues de trois quarts, reproduit un type à peu près uniforme, appliqué à des épisodes différents. Le revers offre la plupart du temps la représentation si commune des é|)hèbcs drapés. Jusque dans les détails du costume, on retrouve une certaine monotonie d’exécution qui décèle la parenté étroite de tous ces groupes de vases : c’est d’abord une grande richesse de broderies, de Heurs et d’étoiles semées sur les étoiles (10), une façon particulière d’indiquer la broderie des manteaux et des tuniques par une ligne noire large et appuyée; c’est ensuite la répétition constante de l’ornement appelé postes, qui
indiquent encore une belle époque, comme la première moitié du iv“ siècle. Voy. Gollignon, o/>. L, 11"“ 521, 522, 531 ; cl'. 533-535, 539, qui appartiennent à une catégorie semblable, un pou plus ancienne, sans application de blanc.
,1) FurUvaengler, /. c., n" 2939.
y2) Heydemann, Gricch. Vasenh., pl. vu, fig. 2.
(3) Monuments grecs publiés par la Société des études grecques, 1875, pl. I et 2. La date indiquée par M. Ravaisson (p. 9) me paraît beaucoup trop basse. C'est sans doute un vase du
IV' siècle, et il était important de dire qu'il provient de Milo.
(4) 'K9T1IJ.. àp/,., 1883, pl. 1.
(5) Furtwaengler, /. c., n° 2641 ; Renndurf, op. /., pl. 40, p. 85; cf. pl. 45 et 40, avec une technique plus particulière.
(0) Furtwaengler, /. c., n°“ 2012-2048; Heydemann, iXeapel, n"“ 692, 099, 704, 712, 718, 725, 710, 893, etc. (cratères); n"“ 1811, 1890, 1908, 1974, etc. (pélikés); les exemples sont innombrables parmi les vases d’Italie.
(7) Le Louvre en possède de nomljreux et beaux spécimens inédits.
(8) Antiquités du Bosphore Cimniérien, j)!. 53-03; Furtwaengler, l. c., n' 2029.
(9) Comparez les costumes asiatiques de nos pl. xiv et xvii avec ceux (ju’on voit sur les
vases d’Italie, par exemple dans les Beint. de vas. gr. do Millingen, pl. 37, 42, etc.; Gerhard, Apul. Vasenb.,p\. 4, 5, 0; avec ceux de Crimée, At/us du C.-Itendu de Saint-Bétersb., p. 1808, pl. 4, etc. On voil une Amazone mêb'e à la Gigantomachie sur l’amphore de Milo, au Louvre, Monum. grecs, 1875, pl. 1.
(10) On en trouvtu’a de nombreux exemples au chapitre in du H' tome de M. Furtwaengler, parmi les vases de V Antiquarium rangés sous le titre : Der schone Stil, spmlere Hülftc (p. 738 et suiv.). C’est ce ([u’on i)Ourrait appeler le style attique Henri. Comme spécimens de la Crimée, voy. Atlas du C. -Rendu de Samt-Bétersb., p. 1801, pl. 3 et 4.
DE LA GREGE PROPRE
est employé comme décoration sur la base des vases et sur les vêtements mêmes des personnages (1); enfin, la forme spéciale des diadèmes surmontés de longues pointes largement espacées (2).
Comment expliquer cette singulière communauté de formes, de technique, de style et de décoration, entre des vases trouvés dans des contrées très éloignées les unes des autres? Deux solutions sont possibles. Ou bien l’on admettra que, pendant la durée du iv® siècle, un certain style, sans doute originaire de la Grèce même, a été en faveur dans les ateliers céramitjues du monde entier, qui se copiaient les uns les autres avec cette liberté d’emprunts (jue l’on constate dans tous les arts industriels de l’antiquité. Ou bien l’on supposera un centre unique de fabrication, exportant ses produits par grandes masses et les jetant sur les marchés de toutes les colonies grecques. Dans les deux cas, il serait vraisemblable, à mon avis, d’attribuer cà l’Attique, et non à la Béotie, la création de ces types nouveaux. On remarquera d'ailleurs que la technique des vases à ornements dorés et à décor blanc (pl. xxi-xxii, pl. xx.xvm-xxxix), qn’on s’accorde à regarder comme des produits attiques, était déjà un acheminement vers le système de peinture dont le complet développement est représenté par les vases que nous venons d’étudier.
Le sujet de la planche xiv laisse dans l’esprit quelque incertitude. Est-ce une Amazone qui se délasse au milieu de ses compagnes en jouant de la lyre? Je pense qu’on pourrait y voir plutôt un poète comme Olympos ou Thamyris (3), ([ue le peintre fait figurer au milieu de son auditoire asiatique, obéissant au goût qui règne alors pour la représentation des Amazones et des Phrygiens.
Planche XV.
Apothi'üse d'Héraklès couronné par la Victoire. — Cratère ou oxybaphon à figures rouges, trouvé en Béotie, à Dombréna, actuellement au Musée de la Société archéologique d’Athènes (4). Haut. 0’“,32. Quelques détails, les pommes des ITespérides que tient Iléraklès, sa couronne, la bandelette qu’apporte Niké, et celles qui tiennent le carquois suspendu dans le champ, sont peints en couleur blanche. Pour la technique et la parenté de ce vase avec les produits trouvés eu Italie, voyez la notice précédente.
(1) Comparez la bordure du chiton des deux Amazones debout dans notre pl. xiv, de la Nike dans notre jil. xv, avec les costumes figurés sur les vases de Milo, de Crète, d Ralie et de Crimée; Monutncnls (jrecs, 1873, pl. 1 et 2; 'ii'prfij.. àp/., 1886, pl. l; Gerhard, Apul. Vamiô., pl. 2, 6, 15; Millingen, Peint, de vas. qr., pl. 12, 27, 39, etc.; Atlas du C .-Rendu de Saint- Pétersb., p. 1860, pl. 3 ; 1861, pl. 3, 4; 1862, pl. 6 ; 186-i, pl. 6, etc.
(2) Comparez la coiffure d’IIercule sur notre pl. xv avec les vases d’Italie, Millingen, op. pl. 12, 13, 23, 24, etc.; avec ceux de Crimée, Atlas du C.-Rendu de Saint- Pétersb., p. 1860, 1)1. 1 et 2 ; 1861, pl. 3, 4, 6 ; 186 1, pl. 6, etc.
(3) Comparez Monunienti delV Inst., 1833, pl. 57, n° 2; 1867, pl. 43; Vnsensamml.hrmitage, n®* 1685, 1793; Mus. Etrusc. Vatic., II, pl. 19, n“2; Baumeister, Denkmàler, p. 1727, lig. 1809.
(4) Collignon, Catahujue, n“ 353.
(UIOIX DE VASES
Nous avons fait remarquer que les épisodes relatifs à la légende d’Hercule sont très fréquents dans la catégorie des peintures ronges de style tardif. L’apothéose d’IIerrule assis, àvaTCa'jôp.svoç (1), (‘utouré des divinités de l’Olympe (jui lui rendent hommage, y ligure souvent (^). L’(‘ntrée du héros sur un quadrige conduit par Niké (3) et son couronnement par la déesse ( V) rentrent dans les épisodes particuliers de cette apothéose.
Planche XVI.
Coiü'oiinonent d’un éphêbe vainqueur au concours de la lyre. — Petite amphore ou péliké à ligures rouges du Musée de la Société archéologique d’Athènes (o). Haut. Ü“,28. Voy. la notice de la pl. xiv. Ce vase est d’un style plus soigné ([ue les précédents; l’absence de retouches blanches prouve qu’il appartient à une catégorie un peu plus ancienne du môme groupe. Le sujet nous est connu par un grand nombre de peintures analogues. On faisait monter les concurrents sur une plate-forme, |ir,p.a on podium (6); l’homme assis à droite est le juge du combat, reconnaissable à sa haute baguette, (7). La figure symbolique de Niké volant et apportant une couronne
ou une bandelette au vainqueur se retrouve fréiiuemment (8). L’éphèbe a un costume qui est souvent porté par les musiciens (9); il se compose d’une tunique talaire et par-dessus d’un court chiton orné, qu’on laissait flottant ou qu’on serrait, comme ici, par une ceinture autour de la taille (10). Dans la main droite est placé le plectre. De la partie inférieure de la lyre pend une étoffe ornée de zigzags noirs, dans laquelle on reconnaît l’enveloppe dont on recouvrait la lyre, quand on avait fini de
D) Voy. Stephani, Der ausridieiule Herakles.
(2) Cf. Fiirtwaengler, Collection Sahouroff, pl. (î7 ; l aseas. im Antiquarium, 2626, 3183 ; Ileydemann, Vasensanunl. zu iXeajtel, n"® 1972, 2108.
(3) Cataloq. of vases in the Bril. Mus., n"" 1326, 1110; de Witte, Catalogue Durand, n” 27. Ce sujet a été caricaturé sur une péliké du Louvre, trouvée en Cyrénaïque, que je rattache à la même catégorie de vases, mais d’une époijiie un peu plus ancienne, de style fin et sans applications de blanc; cf. G. Perrot, Monuments grecs, 1876, pl. 3.
(1) Ileydemann, op. /., n“ 3230; Fiirtwaengler, Collect. Sabouroff, pl. 67; B. Smith, /Vc malede Vascr i K jobenhavn, n” 211.
(3) Collignon, Catalogue, n“ 339; Duruy, Hist. des Grecs, 11, p. 216.
(6) Cf. Catalog. Brit. Mus., n“'*393‘, 797 ; Ermitage, n“* 1603, 1795; Antiquarium, n® 1873 ; Klein, Meistersignaturen, p. 129, n" 12; 137, n" 1.
(7j Cf. Catalog. Bril. Mus., l. c.; Ermitage, n®'* 1603, 1638, 2077 ; Antiquarium, n"“ 1873, 2339; Eeapel, 11®“ 3087, 3135.
(8) Collignon, op. /., n® 301 ; cf. Ermitage, n®* 1336, 171 1, 1795; München, 116; Neapet, n® 3196; d’IIancarville , Cab. Uamillon, II, pl. 37; Zannoni, Scavi délia Certosa. pl. 26; Compte-rendu de Samt-Bétersb., p. 1873, pl. 3. Niké est souvent remplacée par une femme.
(9) Cf. Saglio, Dict. desAntiq., s. v. Citharista, 1, p. 1217; Monumenti deli Inst., 1819, pl. 10.
(10) Les femmes portent aussi cette tunique de dessus; cf. U. Rochette, Peintures inédites, pl. 10 ; Saglio, op. lig. 1373.
jouer (1); elle se compose de deux parties dont chacune s’applique sur une des faces de rinslrumeiit (2). Les cordons qui pendent du montant de la lyre, à droite, servaient h lier solidement renvelopjie.
Planche XVII.
/Jû/isc (Tuue Bacchante en costume phcyyien devant Dionysos et un Satyre. — Cratère ou oxybaphon à figures rouges, trouvé au même endroit (pie celui de la pl. xv, actuellement au Musée de la Société archéologique d’Athènes (3). Hauteur, 0”, 31. Guirlande de feuilles de laurier près de rembouchure, rangée de postes })rès du pied; palmettes .sous les anses; argile d’un rouge très pâle. Au revers, on voit une figure drapée; toute cette partie est ('ndommagée. La prédilection des peintres pour les figures asiati(pies se manifeste encore dans cette peinture. Nous connaissons déjà par des monuments plus anciens le type de la danseuse accompagnée d’un joueur de double flûte (4). La scène prend ici un caractère orgiaque et bachique; ce n’est pas un assistant quelconque, c’est Dionysos, appuyé sur son Ibyrse, le canthare à la main, qui contemple les ébats de la danseuse, dans laquelle nous devons reconnaître une bacchante avec le costume asiati(pie que Dacebus lui-mème aimait à revêtir (oj. L’homme qui joue de la flûte est remplacé par un compagnon du tbiase bacbiqiu', par un Satyre, le pied posé sur l’outre de vin dans laquelle il doit puiser des forces de temps à autre. On retrouve là un écho fidèle des idées qui modifient lentement la religiou grecque, à partir du iv° siècle, et qui aboutissent au syncrétisme religieux, à la prépondérance des cultes orientaux et dionysiaques dans la période hellénistique. L’attitude particulière de la femme, avec ses mains levées et jointes, se retrouve sur toute une série de monuments de cette époque, terres-cuites et peintures de vases (6) ; ce geste paraît caractériser une certaine danse orientale.
IG.anche XVIII.
Uéraklès massacre les serviteurs du roi éyyptien Busiris. — Amphore à panse ventrue par le bas et à embouchure étroite (7), à figures rouges de style sévère, appartenant
(1) M. Collignon, /. c., a pris cette partie pour un pan du manteau d(' l’éphèbe.
(2) Voy. Gerhard, Auserl. Vasenh., I, pl. 23, 24, 30, 78; IV, pl. 319; inile crrainogr., II, pl. 48. Cf. Heydemann, iXeapel, au mot Kithara de l'Index.
(3) Collignon, Catnloyue, n“ 300.
(4) Voy. par exemple l’intérieur d’une coupe d’Epiktétos; Klein, Meister signât., p. 103, n® 8. Comparez Collignon, op. l., n° 53o, péliké d’Athènes; c’est encore un jeune homme qui joue de la double flûte, mais la danseuse a déjà le costume asiatique, analogue à celui des Amazones ; cf. de Witte, Catalogue Durand, n® 3o9.
(.3) Les Satyres eux-mêmes portent quelquefois la robe asiatique; cf. Atlas du C.-Bendu de Saint-Bélersh., p. 1801, pl. 2.
(0) Cf. Poftier et Reinach, Nécropole de Myrina, p. 393, 418, pl. 28, 3 et 34, 1.
(7) Pour la forme, voy. Mus. Eirusc. Vatic., II, pl. 05 et 00. C’est la forme lapins ancienne de la péliké, (pu plus tard prend une embouchure large et à rebord saillant.
CHOIX DE VASES
à une eoliccliüu particulière d’Athènes. Le haut de la panse est orné d’une hande de palincttes et de Heurs de lotus alternant; le has, d’une hande de petits carrés en damiers noirs. M. Ilelbi^' a déjcà publié une liste des peintures relatives à cette aventure (1). Je la reproduis en y ajoutant quelques monuments qui ont été omis ou publiés depuis et en les classant autant que possible par ordre chronologique : i° cratère de Céré, à Vienne (J) ; 2“ coupe d’Epiktétos et de Python, au Musée Britannique (3); 3” amphore d’Athènes (le vase de notre })1. xviii); 4'’ amphore de provenance inconnue (4); 5" hydrie de Canino (o) ; 6" amphore de Nola, au Cabinet des ^Médailles de Paris, collection Uppermann (6); 7" amphore de Bologinj (7); hydrie de Yulci, au Musée do Munich (8) ; 9" coupe de Yulci, au Musée de Berlin (9) ; 10" ci’atère de Buvo (10) ; 1 1" lécythe à reliefs du Musée de Naples (11); 12" fragment de grand vase de la Basilicate, au même Musée (12j ; 13° cratère de la Basilicate (13j.
11 est probable, comme l’a dit M. llelhig, (|ue cette aventure d’Herculo, menacé d’être immolé snr l'autel du roi égyptien et brisant ses liens comme un autre Samsoii pour massacrer tous ses bourreaux, a été popularisée de bonne heure par la comédie sicilienne et atti(]uo (14); c’est ainsi que, passée dans la littérature classique, elle est encore très coniuu! du public romain au temps de Virgile (15). C’est encore ])our cette raison que sur beaucoup de ces peintures de vases est indiquée, avec plus ou moins de discrétion, une pointe de comique et de hurles<pn‘ : la force tranquille du héros fait contraste avec la fuite elfarée et les mines épouvantées de ses persécuteurs ])assant d’une façon inattendue au rôle de victimes. C’est la naissance, dans l’art grec, de la caricature qui ne recevra son complet développement qu’à l’époque hellénistique (16). Sur le cratère de Céré, (jue je considère comme le plus ancien, la copie directe de ta
(1) Annnh deU' Inst., 1865, pl. 296-307. tl a signalé aussi un relief trouvé à Ostie, Annnll, 1857, p. 308; Beniulorf et Schone, Mus. Lateran., lE 505.
(2) Voy. plus haut, p. 267 ; Monumenli delV Inst-, 1865, pl. 16.
(3) Cnlalofjue uf vases In tke lint. Mus., n" 823 ; Mus. Étrusque de Luc. Bonaparte, n" 572: Micali, Stona degli pup. ital., pl. 90, n" 1 (édit. t832); Klein, Meistersiffnat., p. 103, n"8.
(ij Annuli dell’ Inst., 1865, pl. PQ, Ün ignore où se trouve actuellement ce vase.
(5) Mus. Étrusque de Luc. Bonaparte, n" 538. Je crois ({ue ce vase est du v" siècle, à cause des inscriptions reproduites dans la pl. ix, n" 538.
(6) De Witte, Caluloque Durand, n" 306 ; .irrh. Zeitung, 1865, pl. 201, n°“ 3, 4.
(7) Zannoni, Scari délia Certosu,i)\. 23, n"" 6-10.
(8) U. Jahn, Vusensaniml. zu München, n" 342 ; IJulletlino dell’ Inst., 1829, p. 109, n" 28; Micali, op. l., pl. 90, n" 2.
(9) Furtwaeng'ler, Antaquanuni, n" 2534; (lerhard, Trinikschal. u. Gefaesse, pl. 8.
10) Collection Cotngno; Heydcmann, Bulletlinu dell’ Inst., 1868, p. 158, n" 21.
(11) Heydeinann, Neapel, S. A., n" 343; Siebcnh's Hall. Progv., pl. u, 2.
fl2) Il))d., n" 2558 ; Millingen, Peint, de vases, pl. 28; Museo Borbomco, xii, pl. 38.
(13) R. Itoclietle, Monuments inédits, pl. 28.
(14) Annuli, 1865, p. 298.
(15) Géorgiq., III, 4.
(16) \oy. Pottier et Ileinach, yécropole de Mgr'ma, p. 476-482.