DES RÉUNIONS DES CERCLES
‘ Si l’on veut que ces associations soient profitables aux cultivateurs, il ne suffit pas, dit la Gazetle des Campagnes, de se réunir deux ou trois fois pendant année ; il faudrait le faire au moins une fois par mois, ou même, ce qui serait mieux, tous les dimanches, afin de créer un centre familier où les cultivateurs puissent s'occuper de leurs affaires, trouver au milieu de leurs confrères tous les renseignements utiles dont ils ont besoin, et rendre ainsi plu: facile l'écoulement d’une foule de produits qui ne sont point suffisamment connus, et qui par conséquent n'atteignent pas un prix avec leur valeur réelle: et, puur cela, il faudrait que les directeurs de ces cercles agricoles eussent d: s relations directes avec ceux qui seraient en état d’acheter les prod: its de la culture.
Ces cercles deviendraient alors un centre d'’informations,trut en créant des re ations utiles, agréables, et qui mettraient en rapport des hommes qui sauront bien vit- se con :aitre, s'apprécier et qui formeront ainsi la grande famille agricolc.”?
De son côté, le Journal d'Agriculture illustré disait, dans le numéro de février dernier :
‘6 Quant à la partie intellectuelle, il nous semble que les réunions mensuelles ne doivent jamais manquer d'interêt. Ilsuffit d'y songer quelques instants pour trouver mille et un sujets de discussions utiles et animées. Trop souvent, on croit que ces réunions de cultivateurs manqueront d'inté êt si l'on n'a pas pu s’assur-r d'avance un discoureur, Evidemment les causeries bi n faites ont un attrait particulier ; mais ne trouverait-on pas dans chaque numéro du Journal d'Agriculture des sujets abondants de discussion. Nous savons que très souvent nos articles sont soumis à une critique sévère et
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nous nous en réjouissons. C’est une indication certaine d'intérêt. Ce que nous désirons maintenant c'est que ces critiques, venant d'hommes de jugement qui s'occupent comme nous exclusivement d'agriculture, puissent porter des fruits abondants. Pour cela, il suflirait de nous faire part des résultats des discussions dans les cercles agricoles. Que les secrétaires prennent note des remarques importantes faitss dans le cours des séances ; qu’un petit comité, composé de deux membres ou plus, soit choisi dans le but d- revoir le rapport du secrétaire avant qu'il nous soit transmis, et ainsi les vingt mille lecteurs du journal pourront profiter des bons avis et des remarques utiles qui auront trouvé naissance dans les réunions des cercles. ”?
Le Cercle agricole de St Sébastien d’Avlmer se conforme exactement aux sages conseils du Journal, et envoie chaque année un rapport fidèle de ses opérations. C’est ainsi que son secrétaire, M Louis Paradis, faisait récemment son rapport qui renferme des données intéressantes au point de vue des succès obtenus. Nous en détachons l'extrait suivant, afin qu’il serve de modèle aux autres sociétés qui ne sont pas encore convaincues, peut-être, de la grandeur des résultats que l'énergie et le dévouement réunis sont capables d'obtenir :
‘ Notre Société d’agricullure est en opération depuis trois années sous le nom de Cercle agricole.
Depuis sa formation aucun octroi n’a éte accordé par le gouvernement pour la dite société.
Les principales opérations de notre Société d’agriculture ont été l’achat de grains el graines pour améliorer et changer les semences.
Dans ce but il a éte souscrit et payé pour l’année 1880, $354 15, lesquelles ont été employées pour
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l’aehat de 1000 livres de graines de trèfle rouge, 102 livres de graines de trèfle blanc, 89 minots de blé du Haut Canada, 8 minots d'orge et 2? livres de graines de betterave. Tous ces grains et graines ont élé semés le printemps dernier par les membres de notre Société d'agriculture.
J'ai le plaisir de constater que le blé a produit autant que l’année dernière, malgré la sécheresse qui a fait beaucoup de dommage aux autres grains.
Je dois également faire remarquer que l’on peut trouver plus de dix mille bottes de foin, à vendre dans notre paroisse ; et que l’abondance de foin est due pour la plus grande partie à la grande quantité de graines de trèfle qui se sèment chaque année,
Les sociétés d'agriculture qui auraient besoin de graines de mil de première qualité, pourront en trouver près de 400 minots dans notre patoisse.
Le nombre des membres qui ont souscrit à la dite société pour cette année est de 115.
Sept séances des membres et officiers ont été tenues pendant l’année. Je ne veux pas terminer le présent rapport sans faire observer qu’à une de ces séances le Colonel d’Orsonnens, major de brigade, et M. Rouillard, journaliste de Montréal, ont bien voulu nous faire des conférences sur l’agriculture, sur les avantages des mines du Canada, et sur l'émigration.
Je finis en vous faisant remarquer que, l’année prochaine, notre Société aura un plus grand nombre de membres et que plus de soixante-dix nouveaux membres ont déjà fait entrer leurs noms pour l’année prochaine.”
Voilà un cercle véritablement prospère.
Qu'une paroisse doit être heureuse de posséder une semblable association dans son sein. Un prêtre, jeune homme, plein de courage, a su, aussitôt après son arrivée à St-Sébastien, toucher la note juste : et, chose assez remarquable, c’est précisement
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une de ces paroisses où la fibre patriotique vibre avec le plus de force. La AT ROC Baptiste y est fêtée chaque année avec éclat, et le 24 juin dernier, on y célébrait la fête nationale avec une solennilé sans précédent dans l’histoire de la Beauce. Aussi, la Saint-Jean Baptiste devraitêtre la fête patronale des cercles agricoles, comme la devise : “ Religion et Patrie ”, leur conviendrait parfaitement.
Quant aux sujets que les cercles agricoles peuvent mettre à l’étude, ils sont aussi nombreux que variés. Nous nous permettons, comme exemple, de proposer les suivants :
Quelles seraient les meilleures combinaisons pour mettre le crédit à la disposition des cultivateurs ? Quels sont les endroits dans lesquels les irrigations pourraient avoir lieu, dans les conditions les plus avantageuses ?—Quelles sont les localités dans lesquelles le drainage est nécessaire ?—Quels sont les assolements qui conviennent le mieux à tel ou tel endroit ?— Quels sont les meilleurs engrais organiques ou inorganiques et comment pourrait-on les faire arriver facilement et à bon marché ?— Quels sont les instruments les meilleurs et les plus pratiques dont on puisse faire usage avec profit dans telle ou telle localité ?—
| Quelles améliorations rationnelles pourrait-
on introduire dans l'élève du bétail et dans les races ?—Quel est l’état de l’arboriculture et de l’horticulture dans les divers
cantons ?—Que faudrait-il faire pour se mettre à l’abri des insectes et des autres animaux nuisibles ?—GQue fait-on dans les pays étrangers et quelles sont les institutions et les procédés de culture quai pourraient être introduits dans le nôtre ?—
Il y aurait encore une foule d’autres questions, comme celles qui ont trait à l'économie agricole ; l'opportunité d'établir des banques agricoles dans chaque paroisse, etc. Du reste, chaque centre a ses besoins spéciaux, qu’il importe de bien considérer, avant de prendre une décision quelconque.
A chacun de discuter ce qui lui convient le mieux.
Les réunions du cercle peuvent être mensuelles, bi-mensuelles ou moins fréquentes encore. Néanmoins nous croyons que durant la saison d'hiver, il ne devrait pas y en avoir moins de deux par mois, parce qu’alors les cultivateurs ne savent pas de quelle manière disposer de leurs soirées. Les loisirs ne leur manquent pas, pourquoi n’en profiteraient-ils pas pour vaincre l'isolement, l’individualisme, qui est la grande misère du monde agricole.
En été, une réunion tous les mois suffit; et, à part le dimanche, qui devra être le jour choisi, il est impossible de songer à aller au-delà.
L'assiduité doit être de rigueur. Les ères de famille doivent en cela donner Poréapie à leurs enfants, qui tous se feront
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âge de comprendre, d'assister à ces assemblées. C’est sur la jeunesse qu'il faut surtout compter pour rendre les cercles vraiment efficaces. Le grand travail de réorganisation agricole à opérer lui incombe. C'est sur elle donc qu’il faut veiller avec le plus de soin, afin qu’elle prenne la bonne direction.