DES BANQUES AGRICOLES
Le système de banques agricoles suivi à l'ile du Prince-Edouard conviendrait également bien à nos cultivateurs de la province, pourvu toutefois qu’ils fussent déjà réunis en association ou cercle agricole.
La banque serait un des grands moyens d'action et un lien qui unirait les membres, en créant entre eux une espèce de solidarité.
Le Monileur acadien nous met au courant de ce qui a été fait dans ce sens par les cultivateurs de l’ile du Prince-Edouard :
Les banques agricoles, tel est le nom par lequel on désigne les assuciations qui existent à l’Ile du Prince-Edouard depuis nombre d'années déjà. et qui fonctionnent à merveille, au grand avantage des fermiers. On sait avec quelle difficulté bon nombre de cultivateurs parviennent à se procurer leurs grains de semence le printemps.
Après avoir été obligés de vendre à vils prix, l’'automne précédent, pour payer les
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compies contractés pendant l’année, on est réduit, pour ensemencer sa terre, à payer l’avoine, le blé, et le reste, à des prix fabuleux. Si l’on ne peut payer comptant, il | faut encore ajouter au prix d'achat des ‘Al intérêts bien souvent ruineux. Le cultiù | vateur est ainsi forcé de végéter tout le Al temps de sa vie.
fil Les banques agricoles parent à ces inconh | vénients, viennent en aide aux fermiers.
C'est par l'association qu’on obtient Île but.
Disons que cent, deux cents cultivateurs s’associent, mettent chacun l'équivalent de dix boisseaux d'avoine et en font un capital qui doit rester là. C’est peu de chose pour chacun. Le printemps, les associés qui ont besoin de grain de semence l’obtiennent de ll la banque—en s’engageant à rembourser à Al l'automne cinq boisseaux pou” quatre. Cela Ie forme un intérêt peu élevé, dont l’emprun-
| teur ne se ressent nullement. Cet intérêt | est plus que suffisant pour payer les frais | d'administration ; le capital augmente donc | chaque année au bénéfice des actionnaires ll. de l'association. :
| Comme nous l'avons dit plus haut, ces | |
banques sont en existence depuis plusieurs années à l’Ile du Prince-Edouard, et la | législature les a incorporées par nn acte ju Li genéral applicable à toutes les localités. Di | Elles ont opéré et opèrent encore un bien li ll immense à Egmont Bay, à Rustico et ailleurs. L’honorable Joseph O. Arsenault,
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de qui nous tenons ces précieux renseignements, nous dit que celle d’'Egmont Bay fonctionne on ne peut mieux et qu’elle constitue un bienfait incalculable pour les fermiers de l'endroit et des localités environnantes.
Ses commencements ont été modestes ; mais, grâce à une sage et prudente administration, elle a grandi, prospéré,et,à plusieurs reprises, elle a dû agrandir ses hangars— indice certain que ses affaires se sont accrues.
‘ Et, ajoute le même journal publié dans le Nouveau-Brunswick, ce qui se fait chez nos amis insulaires doit pouvoir se faire avec autant d'avantages ici. Nos cultivateurs l’ont compris et ils se sont mis à l’œuvre avec bon espoir de succès.”
En France, ces banques existent, mais d’une manière un peu différente. D'abord on y semble regarder comme dangereux de
ousser les populations des campagnes dans a voie de l’emprunt, dans laquelle elles ne sont que trop portées à s'engager. La banque populaire peut utilement fournir à l'ouvrier de petites sommes, qu’il prélève pour un besoin momentané et qu’il peut généralement rembourser; mais, lorsque le cultivateur a besoin d’argent, c'est presque toujours de grosses sommes qu’il lui faut, pour exécuter quelques travaux d’amélio-
‘ rations dans la ferme, pour acheter des
machines, et le bénéfice qu’il est en droit d'en attendre est généralement lent à se
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