LI JOCKEY-CLUB W
et perfide qui fait des jetés-battus, se donne du ballon, adore les obligations et se trémousse sur les planches de l'Académie impériale. Plus tard , il s'adonna & l'encouragement et s'intéressa tout aussi vivement aux choses du sport.
La galerie des portraits de M. de Montguyon fut célèbre, c'étaient les Mille e tre de Don Juan; du reste, il est difficile de trouver réunies dans 41 n seul homme plus de qualités brillantes, et les suçota t\o ce gentilhomme n'étonnèrent personne. Il mit en pratique la maxime de Danton: DeV audace, toujours de t audace, encore de t audace /témoin sonaventuYe avec mademoiselle • • • . J'avais pourtant bien envie de raconter comment il s'y prit un soir pour entrer chez une chanteuse célèbre.... Mais h quoi 1>on réveiller ce souvenir.... Que de courage il me faut pour uicrifler une si jolie nouvelle à la main !
M île Lavalette est encore de cette époque. I/exambassadeur qui a montré un tact si parfait dans de» conditions politiques difficiles, appartenait déjà à la diplomatie. Ses sympathies étaient pour 1Vo>1i> allemande (encore un sacrifice!).
ik
MM. Charles Laffitte, Guy de la Tour du Pin, d'Albon, Achille Bouchet, Delamarre, le comte Walcwski, Paul Daru, de Boignes, l'auteur d'un article sur le Jockey-Club dans le Diable à Paris, et des Mémoires tte V Opéra; le comte d'Alton- Shée, qui s'est fait remarquer dans les derniers temps du règne de Louis-Philippe par son attitude à la Chambre des pairs, devenu administrateur des % chemins de l'Ouest après 1848, dont la Revue des Deux Mondes a publié une comédie présentée au Théâtre-Français; les deux de Lagrange, Conrad et Jules; Ernest Leroy; les deux Sannegon, l'alné, d'une faible constitution, mort de froid et de fatigue en Afrique, où il avait suivi le duc de Nemours; le général Féray, qui commande aujourd'hui la cavalerie de la garde; l'élégant Manuel, Edgard Ney, de Courcy, de Chàtauvillard, le général Pire, de Normandie, Achille Fould , le baron Lecoulteux, furent, avec les noms cités plus haut, les plus assidus et les plus marquants de cette période du cercle.
M. de Chatauvillard, le père, l'auteur du Code du duel, un parfait grand seigneur, dont toutes les originalités furent marquées au coin de l'esprit, a défrayé la chronique. Quelques anecdotes plus ou moins exactes ont rendu son nom célèbre
!.R JOCKBY-CLUB tO
La suivante, souvent dénaturée, dont MM. de Chfttauvillard et Charles Laftitte furent les héros, donne bien la mesure de la tenue du Jockey en ce tcmps-l&; elle se rattache à une époque moins éloignée; elle trouve ici sa place, puisque le nom de ces messieurs vient d'être cité.
Plusieurs membres du cercle avaient acheté de jolis poneys qu'on pouvait atteler à de petites voitures basses ou monter h volonté; comme aujourd hui encore, tout était matière à pari, MM. de Chfttauvillard et Charles Liffitte soutinrent cette «rageure qu'ils feraient une partie de billard à cheval en un espace de temps limité. Au jour dit, les jK>neys furent amenés au cercle ; on leur frotta les sabots avec de la colophane, puis on les enveloppa avec de la flanelle, et ces messieurs commencèrent à gravir les marches de l'escalier. Arrivés dans la salle de billard, où s étaient réunis les juges do camp et un grand nombre de sociétaires, la partie commença.
Après un quart-d'heure, le parquet de la salle de billard était souillé; les poneys, victimes de leur manque d'égards pour une aussi noble assemblée, glissaient et compromettaient l'équilibre de leurs cavaliers; la chaleur était intense. M. de ChàtauviUard, afin d'être plus à son aise, revêtit une des
00 CERCLES PABI6IEN8
vestes blanches destinées aux maigres d'hôtel; après bien des péripéties, qui soulevaient les éclats de rire de la galerie, la partie fut achevée dans l'espace de temps voulu.
Le prince Belgiojoso faisait aussi partie de ce cénacle d'épicuriens, et de tous les Italiens qui vécurent à cette époque, il fut l'un des plus choyés dans les clubs et les salons.
Comme aujourd'hui nous rencontrons dagf 'le monde une colonie d'aimables transfuges qui ont quitté les bords du Tibre et de l'Arno pour le boulevard des Italiens, de même à cette époque, amenés, les uns par le sort des révolutions, les autres par l'instinct du plaisir, on retrouvait dans la société parisienne, qui les avait adoptés, un groupe de Florentins, de Toscans, de Romains et de Piémonlais qui ont marqué leur place à notre foyer.
Aujourd'hui, ce sont MM. de Terra-Nova, San Teodoro, Gabrielli, Palizzi, San-Arpino, Aimé d'Aquino, etc., etc.
C'étaient alors le comte de Battaglia, MM. Restai Toffetti, Dolcini, les deux Visconti, le comte Cigala