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et le comte Cavour, un des joueurs passionnés du Jockey, qui devait occuper une si grande place dans l'histoire contemporaine de l'Italie.
Le prince de Belgiojoso vécut huit ans à Paris, très-recherché à cause.de ses qualités brillantes. L'un des cavaliers les plus accomplis de ce temps, le beau Belgiojoso, qui avait quelques points de ressemblance avec le Carnioli de Dalila , par la fureur de son dilettantisme, était extrêmement distingué; doué d'une admirable voix de ténor, il désertait parfois les soupers et les excursions nocturnes pour soupirer des duos dans les salons du faubourg SainMJermain.
Le prince faisait partie d'un cénacle que la mort a violemment dissous; des huit ou dix intimes qui panèrent huit années de leur existence constamment réunis, il ne reste aujourd'hui que trois membres.
On ne saurait parler du prince HelgiojotosaiM citer le nom d'un de ses compagnons assidus, le prince ftfttttowski, l'auteur de Pierre de Mtâicis, aujourd hui sénateur, qui a toujours donné une part trèslarge de sa vie aux beaux-artr.
l'n grand seigneur breton , qui avait été un c-h:nii|iion des })lus intrépides, le général marquis de Pire, a aussi joué un rôle dans ces premiers temps du Jockey. Après Quiberon, le marquis était rentré en France, avait pris du service sous Bonaparte , et de grade en grade était parvenu à celui de général, après vingt actions d'éclat.
La vie du marquis avait été cruellement accidentée; un jour, il avait échappé aux ble»s en se blottissant sous une marche d'escalier qu'on avait démontée, et qu'avait gravi tout le détachement chargé de faire les perquisitions. Pendant les guerres de l'Empire, il donna les preuves de la valeur la plus incroyable, et la vieillesse n'avait nullement ralenti son ardeur, car, en juin 1848 'et ce trait est si connu du public qu'il lui rappellera l'homme dont nous parlons, il avait sollicité, maigre son grand Age, la faveur de marcher en simple volontaire dans les rangs de la garde nationale. Il portait l'uniforme de fusilier, le képi de lieutenant-général et toutes ses décorations; c'est du plus loin qu'il nous en souvienne, mais nous nous rappelons parfaitement avoir vu le marquis dans les rangs de la garde nationale: sc< compagnons d'armes l'avaient nomme premier grenadier de la première légion. Il habiUiit rue du Mont-Thabor.
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Le marquis était d'une force de constitution extraordinaire; quelques années avant sa mort, il fit une chute dans son escalier, mal éclairé; on le releva la tète en sang, les cartilages du nez cassés : il resta plus d'un mois étendu, la tète couverte de glace, et cette terrible chute ne porta pas atteinte à son organisation.
I<c marquis, déjà Agé de plus de soixante ans à l'époque où il se trouva mêlé aux broyantes réunions dos premiers temps du Jockey, avait conservé la plus robuste constitution et netroyait pas à la vieillesse ; il tenait tète aux plus jeunes et aux plus extravagants.
Il portait constamment des bas de soie rose et des souliers à (soucies; il se faisait friser les cheveux, (M ait resté fluèlc aux jabots et aux manchettes de dentelle, et avait conservé, malgré son grand âge, l'admirable faculté de griser les plus robustes soupeurs.
M. de Normandie, l'un des sectaires de l'anglomanie, fut de tout temps l'un des hommes les plus <• p.«i<lerv* du Jockey. On le regardait comme le m< illeur cavalier connu. Il s'est tot\jours tenu un
peu à l'écart des bruyantes réunions des premiers temps.
M. Achille Fould, grand amateur de chevaux, a rendu de grands services à l'association en introduisant F esprit d'ordre et en régularisant le cercle au point de vue administratif et financier. An Jockey, on a toujours pu deviner en M. Fould le futur ministre des finances.
Depuis que la Société d'encouragement occupe le *plendide hôtel du boulevard, les membres traitent assez légèrement les anciens salons de la rueDrouot; mais, vers 1835, on parlait 4e la pompe et du luxe déployés pour cette nouvelle installation; ileeteertain qu'il y avait loin de là à Tentre^ol exigu de la maison Devisme.
La paire de balances à jockey qui décorait la ' antichambre du nouveau local devint un symbole : on commença h s'occuper sérieusement de l'amélioration de la race chevaline, immense dada qui devait plus tard porter ses fruits. Les jeunes membres et ceux qui avaient bon estomac sourirent et sa