LES CONFÉRENCES
lies conférences du Cercle agricole sont célèbres, elles ont lieu pendant quatre mois de Tannée depuis trente ans, et les plus illustres professeurs de ce temps-ci ont traité, dans les salons de la rue de Beaune, les questions à Tordre du jour.
Chaque grand spécialiste y a développé sa doctrine, et le cercle peut revendiquer l'initiative du grand mouvement qui se fait aujourd'hui.
Le premier salon du cercle est réservé spécialement à ces réunions; Tassistance se compose des membres eux-mêmes et d'invités munis de caries.
A mesure quune grande question scientifique, économique ou artistique préoccupait le monde savant, Tadminiftration du cercle entrait en relation avec son promoteur, et la chaire de la rue de Beaune
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s'ouvrait pour l'homme qui avait épuisé la question. Les anciens membres gardent le souvenir de quelques soirées célèbres ; les conférences n'ont rien perdu de leur éclat; elles pourront n'occuper désormais que le second rang, au milieu des fondations nouvelles qui tendent chaque jour à se développer davantage, mais il n'en est pas moins vrai qu'à une époque où la politique absorbait tous les esprits, une foule avide de s'instruire se pressait dans les salons de la rue de Beauno. écoutant, silencieuse et recueillie, la parole d'un savant ou d'un économiste.
Le général duc de Reggio y a parlé de l'emploi des troupes aux travaux publics et de l'élevage du cheval; le marquis d'Havrincourt, de l'instruction agricole et des plantations de routes; M. Michel Chevalier, de la question des sucres et des chemins de fer; M. Wolowski, le savant économiste, auteur du récent article sur les Ressources financières de la Russie, à la Revue des Deux-Mondes, que le gouvernement russe a cru devoir faire réfuter dans sa Gazette, a traité la question des banques et du crédit.
M. Dumas, le grand chimiste, a parlé de l'application de la chimie à l'agriculture; et M. Coste, qui venait de créer une branche nouvelle, la pisciculture, a développé ses séduisantes théories.
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ta science officiellement reconnue n'a pas eu toute .seule les honneurs de cette tribune. Le baron du Potet, à une époque où les têtes tournaient avec plus de volubilité que les guéridons, a étudié le magnétisme devant les habitués du Cercle agricole, et le lendemain, pissant des domaines de la fantaisie aux arides spéculations de l'économie sociale, M. Charles Lucas traitait des prisons, et M. Léonce de Lavergne des questions plus ardues des institutions politiques.
On se rappelle encore l'enthousiasme avec lequel les Parisiens gravirent la montagne Sainte- Geneviève pour assister à la démonstration du mouvement de la terre par l'oscillation du pendule ; M. Léon Foucauld, le démonstrateur, fut appelé au cercle pour y développer sa théorie du pendule.
Des voyageurs, des archéologues, des naturalistes , des médecins ont tour à tour occupé cette chaire : M. Charles Martin y a raconté ses curieux voyages ; M. Dupuis-Delcourt y a fait de l'aérostation; Raoul-Rochette , lox-secrétaire perpétuel de l'Institut, et Champollion, y ont étudié les hiéroglyphes et les monuments pélasgiques et étrusques.
Geoffroy Saint-Hilaire, Auzoux et M. Lemaoutont traité des espèces modernes; MM. Brongniard, d'Or-
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bigny et Gaudry, des espèces anciennes ; Blanqui et M. Pariset, deux causeurs qui ont laissé les meilleurs souvenirs aux habitués de la rue de Beaune, y ont traité les questions les plus ardues en vulgarisant la science.
Un grand seigneur, travailleur infatigable, le marquis de Vogué, éleva un jour chaire contre chaire et discuta, séance tenante, toutes les hypothèses tendant à démontrer les avantages de Yétablissemtnt des voies rapides, dont Considérant se faisait Tardent promoteur.
Les docteurs Piorry, Broussais, Gratiolet, Marchai de Calvi, ont successivement traité de la physiologie.
La littérature et l'histoire ont été professées par M. Chasles, si versé dans la connaissance des littératures étrangères; par MM. Lenormand, de Chazet, Mennechet, Prat et Deschanel , le savant rédacteur des Débats. On se souvient encore du succès qu'obtint Philoxène Boyer, qui y parla de Rachél et de la tragédie en termes pleins d'éloquence.
Le docteur Constantin James, le collaborateur de Magendie, qui avait en sa possession les animaux qui servaient aux démonstrations de ce profeawur au
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collège de France, y a traité de la physiologie expérimentale ; plus tard, voué entièrement à la spécialité des eaux minérales 9 il en fit le sujet de ses conférences.
Je citerai encore les leçons des savants MM. Payen, Becquerel et Blanchard, Dubreuil et l'abbé Moigno, séances pleines d'intérêt , à cause des expériences curieuses qui tenaient les auditeurs en haleine. J'arrive à Tune des leçons les plus pittoresques, celle qu'y fit M. Babinet sur l'absorption et la conservation de la lumière par les diamants.
L'ingénieux observateur du Cascaret avait invité le duc de Brunswick à apporter au cercle tous ses plus beaux diamants, afin de les soumettre à l'influence de la lumière électrique. Le duc tenait les précieux cailloux enfermés dans un coffret qui reposait sur ses genoux 9 et les passait un à un au savant, qui dirigeait sur eux le foyer. Selon la dimension et l'eau du diamant, il se produisait las effets les plus inattendus et les plus curieux ; et on constata qu'un saphir, presque aussi gros que le régent, avait absorbé tant de lumière que , le foyer étant éteint, il éclaira le salon pendant cinq minutes, comme aurait fait une lampe.
Très-récemment, M. Adolphe Desbarrolles a (ait
«a Oralr mfricole des applications de son système. 5J a «aminé successivement les mains les pins aristeontiques de Paris, révélant à chacun son passé, *m présent et son avenir : quelques instants après ^nê 1* chiromancien avait étudié les lignes qui for- «Mit le mystérieux alphabet , V initiée parisienne, sa femme, séparée par d'épaisses murailles et à grande distance, se faisait représenter les mêmes mains, et dictait les mêmes arrêts. Cette séance cabalistique a obtenu le plus grand succès.
Les conférences, organisées dès le principe par M. de la Chauvinière, plus tard par M. Mennechet, ancien lecteur du roi Charles X, le sont aujourd'hui par M. G. C. Chevalier, secrétaire gérant du Cercle agricole, et attaché depuis la fondation à son administration.
M. Chevalier, qui remplit ses fonctions à la satisfaction de tous les membres, est exécuteur testa* mentaire du commandeur de Gama Machado et légataire pour une somme de cent mille francs; il possède, au milieu d'objets d'art d'une haute valeur, une curieuse collection de gravures en couleur du dix-huitième siècle.
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