LE CERF-VOLANT CONSIDERE COMME SPORT III
nous occupe. Il n'est personne qui ne soit peu ou prou cycliste ou chauffeur. S'il ne l'est pas lui-même, il a quelque ami qui rentre dans cette catégorie et qui ne demandera qu'à se prêter à cette expérience très intéressante : enlever un cerf-volant par un temps absolument calme.
La chose est des plus aisées et nous empruntons à une note publiée par M. E. Wentz, de Reims, dans VAéronaute d'avril 1899, la description du procédé très ingénieux qu'il a expérimenté en septembre 1898.
« Par une journée sans le moindre vent, j'ai posté sur une route dépourvue d'arbres un aide qui maintenait prêt au lancement un cerf- volant hexagonal de i™,45 de haut ; la corde, d'environ 200 mètres de longueur, se terminait par un anneau métallique et était étendue par terre le long de la route. Pour permettre à la voiturette Bollée, qui devait servir de tracteur, de prendre un bon élan avant d'opérer la traction sur la corde du cerf, je la plaçai le long de cette dernière à une centaine de mètres de son extrémité. Un second anneau mobile, au travers duquel passait la corde, se trouvait réuni par deux mètres de ficelle à l'arrière de la voiturette. La Bollée mise en marche, l'anneau glisse à la façon d'un trolley le long de la corde et la vitesse acquise par le véhicule était déjà d'environ 1 2 kilomètres à l'heure quand les deux anneaux, le fixe et le mobile, se rencontrèrent ; la grande corde se tendit aussitôt et le cerf-volant partit comme une flèche dans l'air, pour atteindre rapidement sa plus grande hauteur, à laquelle il fut facile de le maintenir en continuant à la même allure. Il y a, de plus, des chances de rencontrer à une certaine hauteur un courant n'existant pas à la surface du sol et qui permettrait au cerf- volant de se maintenir de lui-même. »
Nous avons répété cette expérience avec une bicyclette, sans la moindre difiiculté, et nous engageons fort les amateurs à la tenter. Ils seront surpris de la facilité avec laquelle on réussit. Pour le comprendre, il suffit de réfléchir qu'une allure de 18 kilomètres à l'heure, qui est une allure à la portée de tout
cycliste, correspond à un vent de 5 mètres à la seconde, vent largement suffisant pour enlever la plupart des cerfs-volants.
On a, d'une façon analogue, enlevé des cerfs-volants en temps calme à l'aide d'un cheval au galop, de voitures servant de remorques, etc., comme nous le verrons en relatant div expériences.