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LES CERFS-VOLASTS ÉLECTRIQUES

sa main. II y avait une petite clef attachée à Tendroit où la corde de chanvre se terminait.

(( Aux premières approches d'un orage, Franklin se rendit dans les prairies qui sont aux environs de Philadelphie. Il était avec son fds, à qui seul il avait fait part de son projet, parce qu'il craignait le ridicule qui, trop communément pour l'intérêt des sciences, accompagne les expériences qui ne réussissent pas. Il se mit sous un hangar pour être à l'abri de la pluie. Son cerfvolant étant dans l'air, un nuage orageux passa au-dessus ; mais aucun signe d'électricité ne se manifestait encore. Franklin commençait à désespérer du succès de sa tentative, quand tout à coup il observa que quelques brins de la corde de chanvre s'écartaient l'un de l'autre et se roidissaient. Il présenta aussitôt son doigt fermé à la clef et en retira une forte étincelle. Quel dût être alors le plaisir qu'il ressentit î De cette expérience dépendait le sort de sa théorie ! »

Telle est la seule relation authentique de l'expérience de Franklin, expérience qui n'eut en somme de remarquable que sa date (puisqu'elle se place chronologiquement avant celle de Romas, bien que celui-ci l'ait imaginée le premier) et qui fut médiocre comme effets si on la compare aux expériences du physicien de Nérac. En outre, elle n'était nullement indispensable à la confirmation de sa théorie puisque, depuis le mois de mai, l'expérience de Marly avait absolument établi l'exactitude de l'hypothèse de Franklin sur l'électricité atmosphérique.

De plus, il résulte du texte même que nous venons de citer que Franklin, dans les préparatifs et l'exécution de son expérience, ne fut pas à la hauteur de sa sagacité habituelle : il ne prit aucune précaution contre les dangers de l'opération, se contentant de tirer des étincelles avec son doigt et employa une simple corde de chanvre comme fil conducteur I II en resta d'ailleurs à cette première expérience qui n'eut pas de lendemain.

Beaucoup plus remarquables et plus scientifiques, dans les préparatifs comme dans l'exécution et les résultats obtenus, furent les travaux de Romas.

IQO APPLICATIONS DES CERFS-VOLANTS

C'est au mois de mai 1753 que, avec la collaboration des frères Dutilh, il commença enfin ses expériences. Un premier cerf- volant de 18 pieds carrés de superficie fut lancé au château de la Tuque le i4 mai lyBS, mais à titre d'essai du cerf-volant, car la ficelle de retenue n^était encore qu'une corde de chanvre et, comme le remarque fort judicieusement Romas, « une corde de chanvre qui n'est pas mouillée ne conduit jamais bien le feu électrique que lorsque l'électricité est très forte (i) ».

Aussi, pour rendre la corde conductrice, il la tressa sur toute sa longueur avec un fil de cuivre continu. Ces préparatifs achevés, le 7 juin 1753, le cerf-volant fut lancé dans les allées extérieures de la ville de Nérac. La corde conductrice avait une longueur de 260 mètres et le cerf-volant planait à une hauteur d'environ 180 mètres. L'extrémité de la corde fut fixée par un cordon de soie de i",i5 de hauteur à une grosse pierre, sous l'auvent d'une maison. La corde conductrice était munie à sa partie inférieure d'un tube de fer-blanc de 3 centimètres de diamètre et de 35 centimètres de longueur. L'expérimentateur se munit luimême d'un excitateur formé d'un tube de fer-blanc de même longueur, fixé à un long tube de verre.

Les premières étincelles obtenues étant faibles, Romas les excita d'abord avec le doigt, et les assistants, fort nombreux, s'amusèrent à recevoir eux aussi la secousse du fluide électrique. Mais soudain les phénomènes changèrent de nature : une forte étincelle jaillit du tube de fer-blanc et Romas, violemment secoué, fut à demi renversé.

Comprenant alors le danger, il se munit de l'excitateur et fit reculer la foule. L'orage augmentait rapidement ; Romas obtenait des étincelles de 2 ou 3 centimètres de longueur, puis de plus fortes encore, et bientôt de véritables lames de feu dé 3o à 4o centimètres, dont l'explosion s'entendait à plus de deux cents mètres, jaillirent en nappe de l'appareil. Les personnes les plus voisines sentaient au visage cette impression de toile d'araignée

(i) Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris, 1755, II, p. SqS.

que Ton ressent au voisinage des fortes machines statiques et il fallut reculer pour éviter une catastrophe. On entendait un bruissement continu comparable au bruit d'un soufflet de forge et, malgré la lumière du jour, la corde du cerf-volant paraissait entourée d'un cylindre lumineux de plus de lo centimètres de diamètre.

De longs brins de paille qui se trouvaient sur le sol étaient soulevés, attirés et repoussés parle fluide, et soudain une explosion violente retentit, provenant d'une très forte décharge sur une de ces pailles, explosion dont le bruit s'entendit jusqu'au centre de la ville et qui fut suivie de plusieurs autres. Cette magnifique expérience se termina par la chute du cerf- volant, occasionnée par une brusque saute de vent ; mais comme on repelotonnait la ficelle, le cerf-volant s'étant par hasard envolé tout seul, celui qui tenait la corde reçut une violente commotion qui lui fit tout lâcher: la corde tomba sur le pied de son voisin, qui éprouva à son tour une forte secousse.

Au cours de cette expérience, Romas observa que, durant tout le temps que des décharges se manifestèrent entre le tube de fer-blanc et le sol, il n'y eut plus ni éclairs, ni grêle, phénomènes qui ne reprirent qu'après la chute du cerf- volant. Celui-ci avait donc bien réellement déchargé les nuages orageux, en sorte que Romas est le premier qui ait réalisé le paratonnerre.

Il répéta cette expérience un grand nombre de fois avec le même succès et avec la précision scientifique dans les plus petits détails d'exécution, et en variant les conditions où il l'exécutait.

« Après que j'eus éprouvé mon cerf- volant, écrit-il dans un long mémoire intitulé : Lettre de M. de Romas, lieutenant assesseur au présidial de Nérac, à Fauteur du Journal encyclopédique, au sujet de VappUcation du cerf-volant des enfants aux expériences de Vélectricité dans l'air, je ne restai point oisif; je méditai beaucoup sur les effets que cette machine avait produits: ces méditations furent les germes de plusieurs idées.

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Pour vérifier ces idées, je faisais voler le cerf-volant, quoiqu'il n'y eût pas d'orage. J'eus un tel succès que je le vis électrisé presque en toute circonstance, c'est-à-dire soit que le temps fût chaud, froid, serein, nébuleux, pluvieux ou même neigeux. »

Dans une lettre adressée à M. l'abbé Nollet, le 26 août 1767, Romas rend compte de nouvelles expériences encore plus étonnantes, obtenues à l'aide d'un cerf- volant relié à une corde de 520 mètres de longueur enroulée sur un treuil à pieds isolants porté sur un chariot mobile. On voit que Romas est un vrai précurseur des observateurs modernes de Blue-Hill et de Trappes.

« Vous jugeâtes. Monsieur, écrit donc Romas à l'abbé Nollet, que ma première expérience électrique du cerf- volant, où j'eus le plaisir de voir des lames de feu de 7 à 8 pouces de longueur, méritait d'être connue du public, puisque vous m'avez fait l'honneur de l'insérer dans le second volume des mémoires fournis par les étrangers à votre Académie ; mais les effets électriques du même cerf-volant ont été bien autre chose dans une expérience que je fis le 16 de ce mois, pendant un orage que j'ose dire n'avoir été que médiocre, puisqu'il ne tonna presque point, et que la pluie fut fort menue. Imaginez-vous de voir. Monsieur, des lames de feu de 9 à 10 pieds de longueur et d'un pouce de grosseur, qui faisaient autant ou plus de bruit que des coups de pistolet ; en moins d'une heure, j'eus certainement trente lames de cette dimension, sans compter mille autres de 7 pieds et au-dessous. Mais ce qui me donna le plus de satisfaction dans ce nouveau spectacle, c'est que les plus grandes lames furent spontanées et que, malgré l'abondance du feu qui les formait, elles tombèrent constamment sur le corps non électrique le plus voisin. Cette constance me donna tant de sécurité que je ne craignais pas d'exciter ce feu avec mon excitateur, dans le temps même que l'orage était assez animé, et il arriva que, lorsque le verre dont cet instrument est construit n'eût que 2 pieds de long, je conduisis où je voulus, sans sentir à ma main la plus petite commotion, des lames de feu de 6 à 7 pieds

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avec la même facilité que je conduisais des lames qui n'avaient que 7 à 8 pouces. »

La population de Nérac avait fini par regarder avec une terreur superstitieuse le hardi physicien qui osait jouer ainsi avec le plus terrible des météores et lui fit une réputation de sorcier qui le suivit à Bordeaux, où il s'était rendu en 1759 pour répéter son expérience devant l'intendant de la province de Guyenne, M. de Tourny. Le cerf- volant avait été remisé, en attendant l'occasion favorable, chez un cafetier logé sur la terrasse du jardin public où devait se faire l'expérience. Par un malheureux hasard, la foudre étant venue à tomber sur cette maison, la foule s'assembla en tumulte, menaçant de tout saccager, et le cafetier, effrayé, livra Finnocent appareil à la multitude, qui eut vite fait de le mettre en pièces.

Ces expériences eurent un grand retentissement en Europe, et la plupart des physiciens les répétèrent. Nous citerons entre autres le Père Beccaria, religieux des écoles pies à Turin ; — Musschenbrock, en Hollande ; — le prince Gallitzin, le P*" Van Swinden, etc.

Musschenbrock constata que les phénomènes électriques observés étaient d'autant plus intenses que le cerf-volant était élevé à une plus grande hauteur : le 1 4 juillet 1767, ayant lancé l'appareil relié à un mince fil de fer, enroulé sur un treuil en bois, au bord de la mer, aucun phénomène électrique ne se manifesta près du sol; mais à partir d'une centaine de pieds, il aperçut de petites étincelles. Il se transporta alors au sommet d'une haute montagne sablonneuse près de Noordwick et les phénomènes prirent une intensité remarquable.

« Le 20 juillet 1767, un violent orage s'étant élevé sur les sept heures du soir, je lançai en l'air un cerf- volant ; le fil de fer donna alors des explosions très promptes et très fortes ; quelquefois, elles partirent avec l'éclair, mais elles cessaient lorsque le tonnerre grondait ; ces étincelles se succédaient avec une très grande rapidité et produisaient des éclats qui pouvaient être entendus de très loin:. Ayant approché le fil de fer

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de la lêtc d'un chien, d'un bouc, d'un jeune taureau, ces animaux furent frappés si violemment qu'ils prirent aussitôt la fuite et ne voulurent jamais qu'on les exposât à la même tentative (i). »

A La Haye, le prince Gallitzin et le physicien Dentan chargèrent des bouteilles de Leyde à l'aide du cerf-volant électrique et constatèrent que l'éleclricité se manifestait tantôt positive tantôt négative.

En 1776, l'abbé Bertholon, professeur de physique dans le Languedoc, fit plusieurs expériences de cerf- volant électrique avec Baume, Fontana et plusieurs autres membres de l'Académie des Sciences de Paris, à laquelle il communiqua un mémoire.

Plus tard, Pilàtre de Rozier et le physicien Charles, tous deux célèbres dans les fastes de l'aéronautique, se livrèrent à des expériences sur le cerf-volant électrique. Mais la découverte des ballons interrompit l'étude de l'électricité atmosphérique au moyen de cerfs-volants, et on préféra, à tort croyons-nous, les aérostats dans les recherches ultérieures sur ce sujet. Le cerfvolant est en effet un appareil d'une dociUté admirable pour ce genre d'études, et il y a encore, pour les savants, un large champ de découvertes à faire au moyen du cerf-volant électrique.

Mais pour manœuvrer ces appareils il est nécessaire de s'entourer de précautions minutieuses, afin d'éviter un accident pareil à celui qui coûta la vie à Richmann, et le fait-divers suivant, qui nous est relaté par le journal La Flandre de Dunkerque du 11 septembre 189^, montre qu'il n'est pas prudent de lancer un cerf-volant en temps d'orage, si on ne s'est pas entouré des précautions nécessaires.

« Le jeune Janti, âgé de treize ans, dont les parents habitent rue de la République, jouait lundi à midi au cerf-volant, dans

(i) Cours de physique expérimentale et mathématique, par P. Van Musschenbrock, traduit par Sigaud de Lafond» t. I, p. Sgô.

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les terres situées aux environs de la prise d'eau, près la ligne du tramway du Cateau à Cambrai. Son cerf-volant, long d'environ o", 76, planait aune très grande hauteur quand l'orage s'avança vers Le Cateau. A cette vue, l'enfant s'empressa d'enrouler sa ficelle, et son cerf-volant se trouvait peut-être encore à 100 mètres de hauteur quand un formidable éclair brilla dans l'air : le jeune Janti, foudroyé, fit deux ou trois pirouettes sur lui-même et alla tomber à [\ mètres de l'endroit où il se tenait. Son cerf-volant, baignant dans les nuages orageux, avait attiré l'électricité ; le fluide avait suivi la ficelle et atteint Tenfant qui pouvait être tué net. Il se releva cependant, abasourdi, tremblant, pleurant, et regagna son logis avec deux jeunes camarades ; les phalangines de sa main gauche (ceUe qui tenait la corde) étaient bleuies, comme ecchymosées par suite de contusions ; les phalangettes étaient brûlées et couvertes d'ampoules. De plus, il avait la figure, le nez surtout, abîmé par sa chute. La ficelle du cerf-volant était brûlée jusqu'à la pelote, et le dragon^ délivré, est allé se perdre on ne sait où. »

En 1827, le physicien D. CoUadon entreprit en Suisse des recherches sur l'électricité de l'air. Il avait lu quelque temps auparavant à l'Institut un mémoire sur cette question, dans lequel il établissait que l'électricité statique, soit qu'on l'obtienne par le frottement des machines à plateau, soit qu'on la pondeuse dans des bouteilles de Leyde, soit enfin qu'on la soutire des nuages orageux, pouvait dévier Taiguille aimantée, ce qui identifiait l'électricité statique avec l'électricité dynamique de la pile.

Il entreprit alors une série d'expériences à ce sujet, et nous donnons un extrait de la Note qu'il a écrite pour relater ces expériences, note dans laquelle, précisément, CoUadon indique en quelques mots les précautions à prendre pour assurer la sécurité de l'observateur.

« Dans l'automne 1827, je vins en Suisse; j'apportai avec moi mon galvanomètre, et je renouvelai mes essais en temps parfaitement serein et en temps de pluie ; après avoir constaté

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qu'en temps serein il suffit de s'élever d'environ loo mètres pour avoir des signes visibles et tangibles d'électricité positive, et après avoir montré que sur une montagne les symptômes d'électricité sont sensiblement les mêmes et ont la même intensité que 700 mètres plus bas dans la plaine, j'essayai par des temps pluvieux de mesurer l'électricité des nuages, et pour cela j'entrepris de m'élever à environ 3oo mètres au-dessus du sol. Je faisais ces expériences avec des cerfs-volants de grandeur moyenne, en toile, munis de ficelles conductrices par un fil d'argent qui doublait la ficelle ; mais pour éviter de construire un cerf-volant de grandeur extraordinaire, j'employai trois cerfs-volants attachés successivement l'un au dos de l'autre...

« Ces expériences doivent être faites avec précaution si on \eut éviter de se faire foudroyer comme Richmann. Je faisais ces expériences dans la campagne de mon parent, près de Genève, mais je connaissais le sujet ; j'avais eu soin de placer hors de la chambre et d'enfoncer en terre, dans un terrain humide, une barre de fer qui s'élevait jusqu'à la fenêtre, où elle se terminait par une boule. J'opérais dans une vaste chambre ayant de hautes fenêtres ; je développais la ficelle avec un treuil spécial en verre, et j'attachais finalement mon cerf- volant avec un long cordon de sole dans la chambre, en laissant les étincelles foudroyer, de la boule terminant la ficelle à la boule qui communiquait avec le sol, et cela avec un coup sec comme aurait fait un petit pistolet.

(c J'eus alors un spectacle magnifique, qui m'enthousiasma. 11 ne tonnait nulle part au dehors, mais l'électricité conduite par la ficelle, qui pouvait avoir en tout 4oo mètres de longueur, s'échappait incessamment et produisait des étincelles longues de près de i mètre, qui formaient des zigzags et avaient toutes les couleurs du blanc, du rouge et même du violet.

« Je courus chercher mon parent pour le faire jouir du spectacle, mais il avait plus de soixante-dix ans et il voyait avec d'autres yeux que les miens ; il connaissait mal l'électricité; il crut que son immeuble courait le danger de la foudre, n'ayaal

pas de paratonnerre, et me supplia d'arrêter cet essai. Heureusement j'avais eu le temps de voir ce que je désirais, et je mis fin à l'expérience et aux craintes de mon parent (i). »

Ces expériences sont en somme fort intéressantes et dignes d'attirer l'attention des physiciens ; mais bien que la beauté des phénomènes que l'on observe puisse aisément tenter la curiosité <de tous ceux qui aiment les manifestations grandioses de la nature, le réel danger que présente la manœuvre du cerf-volant électrique doit absolument le faire interdire aux jeunes amateurs, qui ne doivent pas chercher à répéter ces expériences sans le concours d'un physicien expérimenté.

Il nous reste à mentionner une intéressante utilisation du cerf-volant électrique, qui serait susceptible de rendre d'incalculables services à l'agriculture ; nous voulons parler du cerf-volant employé comme paragrêle. On sait que la formation de la grêle est due à un phénomène assez peu connu, mais de nature électrique, et il est avéré que si l'on parvenait à décharger les nuages électrisés avant la formation de la grêle, on arriverait à éviter ce fléau si désastreux.

En i836, l'habile aéronaute Dupuis-Delcourt avait inventé dans ce but un appareil qu'il baptisa du nom d'electro-subtracleur et qui consistait en un ballon cylindro-conique en cuivre, armé de pointes, et retenu captif à une grande hauteur à Taide de trois câbles métalliques fixés à des anneaux scellés profondément en terre. L'électricité atmosphérique eût été soutirée (d'où le nom de subtracteur) des nuages électriques, et la grêle évitée. Arago prisait fort l'invention de Dupuis-Delcourt, qui ne fut jamais réalisée à cause du prix élevé qu'eût coûté par ce procédé la protection d'une contrée étendue.

De nos jours, on sait qu'on cherche à atteindre le même résultat par l'ébranlement des couches d'air au moyen de la décharge de canons braqués verticalement vers les nuages électrisés. Des sociétés se forment, principalement dans les pays

(i) La Nature, 1887, t. II, p. 97.

APPUCâTIOSS DES CEBFS-TOIASTS

gnoble^. pour acheter en commun celle artillerie pacifîqup les effets ne semblent pas à dédaigner, serait inléressanl de reprendre l'idée de i'électro-subtracde Dupuis-Delcourl, en substituant à l'aérostat mélalliqur erf-volant électrique portant une longue pointe verticale, et lU par un fil métallique. Les cerfs-volants cellulaires et icellulaires se prêteraient parTaitcmenl bien à ce but, et le d'installation, qui comprendrait un cerf-volant, un millier êtres de lil d'acier et un treuil, serait extrêmement minime. A que le résultat obtenu serait certain et plus complet sans îqueceluidonnéparles canonnades actuellement pratiquées. 1 tous cas l'expérience en est sî simple qu'il serait à sour que les Sociétés d'agriculture en prennent l'initiative.

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