‹ Les cerfs-volantsChapitre 5 sur 38 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

docilité parfaite et d'un intérêt capital ; le cerf-volant est employé comme signal, comme engin de sauvetage, comme appareil d'ascension, etc. Ses applications naissent pour ainsi dire tous les jours, et il est impossible de prévoir où se borneront les services qu'il peut rendre.

Enfin, les derniers types modernes de cerfs-volants multiples, à cellules, à poches, etc., ouvrent aux inventeurs et aux constructeurs une voie toute nouvelle. C'est véritablement une branche inexplorée de l'aéronautique à l'éclosion de laquelle nous assistons, et peut-être sera-t-elle féconde en surprises.

Les savants, en tous cas, ne dédaignent plus ce jouet d'enfant, et les nombreux articles que l'on trouve tous les jours dans les revues spéciales témoignent de l'intérêt qu'offrent ces études. En France, MM. Ch. du Hauvel et Pottier, ingénieurs des Arts et Manufactures, Gaston Tissandier, Pillet, maître de dessin de machines à l'Ecole polytechnique, le D*" Hureau de Villeneuve, G. Copie, de Louvrié, C. Jobert, etc. ; en Italie, M. E. Vialardi, rédacteur de VAeronauta ; en Angleterre, le capitaine Baden-Powell, secrétaire de la Société aéronautique de la Grande-Bretagne, etc., publient des notes intéressantes sur le cerf-volant.

Mais c'est surtout en Amérique que l'essor est complet. L es travaux de Lamson, de Hargrave, de Wise, de Eddy, les appa-' reils remarquables de l'observatoire de Elue Hill, etc., ont donné une telle vogue aux études sur le cerf-volant que des Sociétés se sont fondées, des concours ont lieu, des prix sont décernés, dans le but de développer l'étude de cette partie de la science.

La vogue est telle dans le nouveau continent que les journaux américains des États-Unis l'ont baptisée d'un nom spécial, la Kitemania^ ou manie du cerf-volant, en la qualifiant d'épidémie cérébrale. Ils se hâtent d'ailleurs d'ajouter que cette maladie ne semble pas grave ; les patients qui en sont affectés ont pour principale préoccupation d'étudier la stabilité des cerfsvolants avec ou sans queue, simples ou multiples, leur aptitude

à soulever des poids de plus en plus lourds, et des hommes au besoin, enfin leur ascension à des hauteurs de plus en plus grandes, et qui atteignent jusqu'à <i5oo mètres 1 Ils appliquent, nous disent les journaux du Nouveau-Monde, les cerfsvolants à la météorologie, à la photographie, à la télégraphie, à la navigation, au sauvetage, à tout ce qui peut se faire au-dessus de notre planète.

Nous verrons, en étudiant les différentes applications des cerfs-volants, dans la deuxième partie de cet ouvrage, que l'ancien continent n'a rien à envier au nouveau à ce point de vue, sauf que, en Europe, et spécialement en France, les travaux de ce genre font moins de tapage et sont peu connus du public. Ils n'en sont pas moins sérieux et dignes d'attention.

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