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sance aceoMaient à des célibataires les droits du père de a," 1 ; 0- -s .•/."n li^'-onnn) : on se trouvait époux et père par b e et impérial et par flction de la loi. Claude , pour encou- V Ivinlrtation des blés, ne sut offrir à eeux qm fa.sarenl ce' llrce une pl- belle réeoun^ense que la pe™.ss,on • . . \ Prntanp ('o est-à-clife a Home), ciii le
tS^nU il y a deux classes ^''77-;- *S^ et les adoptés : l'homme qui n'a pas d'enfants est seul hono e, SLe seul vertueux ; le père de famille est un posera- Et les pauvres pères de famille se plaignent en effet que par d s Iraades légales, on leur vole les P-i^ges que - a cor da la loi en dédommagement des soucis de 1 éducation^ « L célibataires, disent-ils , ne sont-ils pas assez heu eux^ ,a. Sans charges, sans soucis, ils ont pour eux, elle c.ed.t,
"^;:i;V:-—t parla 10., on ne se mariait pas dav^ âge. Le célibat gardait sa prééminence. Des ducane , delrecherches f.sealcs, le trouble des familles, te e a. e ..sullat unique des lois d'Auguste (2). Aussi, P«" « P^"'!^ sure que les plaintes et les clameurs se multn>liaient contre Is. Tn,ère,'ciaude, Néron, Trajan, s'enhardissaien Uy po.^ terla main, et, soitparnue suspension '«""l-'*"'^' ^"''P^ ;,7. plus grande indulgence pour les unions tardives soit pa la d. LnuUon des récompenses accordées au f-»-teur. feulaient cette législation, le dernier acte ^".'-g'- ^.ff^ f^^ Comment Montesquieu, cet esprit s. eminent a-.^ pas vu qu'il en devait être ainsi? que ces lois dont 1 fait lelo e, Jetées à Auguste, il est vrai, par une nécessite immmente,
tate. Cœterùm mulliludo penclitanUum gli.cebat, eu
interpretationibus subverteretur (sous Tibère^ Ânn. 1 2^ ^^^^
(2) Votcila série des actes législatifs rendus à ce sujeU A^^
poi-aires accordées par ur.e commission ^^'^f'^''-'^^^^^^^^^^^ Pcrsicianum. difications en ce qui touche les unions tard.es sen tus ^^^f^ ,^
Y. Tacite. 111. 28. Sénatus-consullc Calv.s.anum. llp.en , Re,. xm-
s'attaquaient à une puissance qu'il n'est pas donné aux lois de faire fléchir? Comment, surtout, n'a-t-il pas compris que le christianisme, dont il oppose l'esprit célibataire à l'esprit conjugal des lois d'Auguste , a sanctifié bien plus qu'il n'a multiplié le célibat ; a fortifié , loin de l'affaiblir, le principe du mariage? Le christianisme , il est vrai , à commencer par les Évangiles et par saint Paul (1), n'a cessé de prêcher le célibat et sa supériorité sur le mariage ; toute l'antiquité ecclésiastique est pleine de cette pensée : si le célibat obligatoire n'a pas toujours été imposé à quelques-uns, toujours, du moins, le célibat libre et volontairement acccepté est présenté à tous comme l'état le plus parfait. Le principe est toujours le même. Mais il faut comprendre quel est ce principe : « Celui qui est sans épouse, dit saint Paul, s'occupe des choses du Seigneur et des moyens de plaire à Dieu; celui, au contraire, qui a une épouse, s'occupe des choses de ce monde et des moyens de plaire à son épouse , et il est partagé. » Le célibat que prêche l'Eglise, c'est donc un célibat religieux, consacré, vie d'austérités et de dévoûment, partage d'un petit nombre, sans préjudice réel pour l'accroissement des nations. Mais , d'un autre côté, il y a un célibat que combat l'Église ; c'est le célibat profane, mal sérieux, plaie véritable par laquelle les mœurs se corrompent, le mariage plus rare est en même temps moins respecté , les générations décroissent, les peuples s'affaiblissent. En tout temps, en tout pays, il a fallu accepter le célibat comme une nécessité inévitable pour une portion quelconque de la société; mais le célibat que la politique accepte malgré elle, le christianisme le sanctifie, et, en le sanctifiant, il le restreint. En rendant le mariage plus grave, plus honoré.
sénalus-consulte sous Claude. UIp. XVI. 1. 3. Suétone, in Cl. 23. — Exemptions accordées à la marine marchande, en 51. Suétone, in Ci. 18. 19. Instit. III. 3. Gaïus, etc.— Néron réduit au quart les récompenses des délateurs. Suét., in Ner. 10. — An 61, sénatus-consulte contre les adoptions fictives. Tacite, Annal. XV. 19. (1) Matth. XIX. 12. I. Cor. VII. l. 8. 2ô. 32. 34. 37. 38. 40. Apoc. XIV. 4,
dès lors plus fécond, il n'a pas besoin , comme les législateurs anciens, de commander, sous peine d'amende, la paternité et le mariage: en maintenant, dans la société, ne serait-ce que pour tempérer au besoin l'excès de la population, un célibat pur et consacré dont la société n'a rien à craindre, il n'a pas besoin, comme les économistes modernes, d'imposer des restrictions au mariage, et de fonder des écoles où l'on prêchera aux jeunes gens la continence, dans l'intérêt de leur fortune.
Pour mieux comprendre ceci, achevons de parcourir l'univers romain.
Sortons de l'Italie : la concentration des biens, l'usure qui en est la plus commune origine , la proscription impériale qui en profite , toutes ces plaies de l'Italie ont bientôt passé les Alpes et la mer. Quant à l'usure , j'ai déjà montré (1) la tyrannie financière que les Romains exerçaient dans les provinces; la Gaule sous Sacrovir, la Grande-Bretagne au temps de Néron , n'ont été poussées à la révolte que par la rigueur des créanciers romains (2). Quant aux proscriptions, vous avez vu les provinces décimées sous Tibère, la Gaule opprimée par Caligula : sous Néron (pour ne pas citer d'autres exemples) , six propriétaires possédaient la moitié de la province d'Afrique; leur supplice la donna à Néron. Les grands domaines , ajoute Pline , ont perdu l'Italie ; ils perdent aussi les provinces (3).
La dépopulation marche à la suite. Toute la Grèce, dit Plutarque, ne mettrait pas sur pied 3,000 soldats. Il n'y a plus d'oracles, parce qu'il n'y a plus même de peuple pour entendre les oracles. A Delphes, où il y avait deux prêtresses, une seule suffit. Aux lieux où étaient les oracles de Tégyre et de Ptoùs, vous marchez tout le jour sans rencontrer un ber-
(1) F. plus haut, pages 13 el IG.
[1) Tacite, Annal. III. 40. Dion attribue la révolte de la Bretagne aux exactions de Sénèque, qui exigea d'un seul coup le payement de 400,000,000 sest. que les Bretons lui devaient.
(3) Latifundia perdidére Italiam ; jàni et provintias. Plin. XVIII. 7.
ger (1). Sparte est sans habitants (2) ; de Mycènes, il ne reste plus que le nom (3). L'Épire et les contrées voisines se dépeuplent chaque jour; les soldats romains se casernent dans des maisons abandonnées (4).
Sur la foi de la grandeur du nom romain , quelques modernes avaient cru que le monde, sous le gouvernement des empereurs , était arrivé à un degré de population inouï. Un récent travail , en appliquant aux monuments de l'antiquité les données de la science moderne , a jeté sur ces questions une grande lumière. L'Italie, peuplée aujourd'hui de 17 millions d'habitants , ne pouvait , sous les empereurs , en avoir plus de 9 ou 10 millions (5). La Sicile, cette contrée si bien
(1) Plut., de oraculorura defectu. 7. — (2) Appien, de bello civili. VII.
(3) Strabon. VIII. -^ (4) Id. 7.
(6) Économie politique des Romains, par M. Bureau Delamalle, tome I, liv. II, chap. 5-8. M. Delamalle arrive aux chififres indiqués par un calcul fort simple, mais dont les éléments sont réunis par lui avec une grande sagacité. Il établit : jo la consommation annuelle en blé de chaque individu; 2» la quantité de blé que pouvaient produire les terres labourables de l'Italie, d'après les procédés de culture .usités à cette époque, en y joignant le chiffre du blé importé; — et divisant l'un de ces nombres par l'autre , il en lire le chiffre au-dessus duquel la population ne pouvait s'élever. Ce chiffre est celui de 4,978,800 pour le vi* siècle de Rome, 9,647,000 pour le temps de l'empire.
Une observation se présente pourtant sur ces calculs, et je la rapporte, quoique en pareille matière j'aie une grande défiance de moi-même. M. Delamalle établit la consonMnation journalière de chaque individu , d'après des passages de Caton, de Sénèque et de Salluste , qui , évidemment , s'apphquent à la consommation de l'homme occupé au travail ou au moins de l'homme dans la force de l'âge. Or, pour établir exactement le chill're de la consommation individuelle, il faudrait prendre une moyenne entre la consommation des individus de classes diiterentes, hommes ou femmes, enfants, adultes ou vieillards.
Cette remarque, jointe à d'autres, porte M. \Vallon {Ilist. de l'Esclavage, part. II. ch. 3) à modifier le chiffre de M. Delamalle en ce qui touche les temps anciens, et à le porter à 8,114,000. Mais il pense, et je pense avec lui, qu'il y aurait erreur à élever proportionnellement le chill're de la population au temps de l'empire. Les importations de blé sur lesquelles M. Delamalle se fonde pour augmenter comme il le fait le chiffre de la population Italique, étaient le résultat d'un déchet dans la culture, dont elles formaient tout au plus la compensalion. Tous les textes de l'antiquité et tout l'ensemble des faits historiques déposent en ce sens, et je suis persuadé que le chiffre de 10,000,000 est le maximum de la population Italique stus les empereurs.
cultivée et si fertile, ne nourrissait pas 1,200,000 âmes (1), La Gaule, plus étendue que notre France, n'en comptait, au quatrième siècle , que 10 millions (2). En appliquant les mêmes notions à l'Egypte, on pourrait conjecturer que, sous Auguste, elle n'avait pas plus de 1,100,000 habitants (3).
Ainsi, dans l'antiquité (et l'écrivain que je cite déduit, avec une rare évidence, les causes morales du fait dont il apporte les preuves matérielles) , tout marchait vers l'affaiblissement de la population. Le christianisme seul a peuplé l'Europe : si quelque part le mouvement de la population a été constant, régulier, civilisateur, c'a été dans les pays chrétiens ; et ces pauvres Pères de l'Église, dont Montesquieu se moque, au sujet de sa chère loi Papia Poppaea, ne se trouvent pas avoir été si ignorants qu'il le pense , à l'égard des choses de ce monde.
Ainsi , la sagacité et la puissance d'Auguste n'avaient fait que ralentir la marche du monde romain vers sa décadence.