‹ Les Césars (volume 3)Chapitre 4 sur 30 · VIII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

avons appris à y trouver, sous la plume de quelques écrivains supérieurs , une entière résurrection du passé. Ils ont évoqué de leurs tombes couvertes de mousse les anciens chevaliers nos pères; ils nous ont appris leur langue; ils nous ont fait vivre de leur vie; ils nous ont fait voyager par les siècles , plus loin de notre patrie et de nous-mêmes que lorsque nous voyageons par le monde. Les noms propres ne viennent pas aisément sous ma plume : l'éloge est suspect, la critique ne me regarde pas. Ici d'ailleurs est-il besoin de nommer? Depuis vingt- cinq ans, la science de l'histoire s'est renouvelée. L'Allemagne, avec sa hardiesse aventureuse, s'est embarquée de prime abord , comme ses aïeux les Scandinaves , sur le vaste océan de l'antiquité et des origines; elle a mené sa nef toucher à toutes les plages ; elle a abordé et la Grèce mythologique, et la Rome conjecturale, et l'Inde mystérieuse, et s'il y a quelque chose au monde de plus caché et de plus inconnu. En France, avec la promptitude de notre coup d'oeil et la ténacité de notre logique, nous avons jeté à bas notre histoire, comme nous avons jeté à bas notre société ; nous sommes occupés à refaire l'une et l'autre : puisse notre société se reconstruire aussi vite et aussi bien que notre histoire ! L'Angleterre est venue en aide à cette œuvre par le roman, gracieux engagement à la science, séduisant exemple dont l'imitation est trop commode, et dont les banales copies allaient pervertissant l'intelligence historique, si la lassitude ne fût venue. En un uKjt, jamais chaque éjioque, chaque pays n'avait été, dans sa vie propre, plus étudié et plus compris; et si, comme le dit Fénelon, en fait d'histoire, nous ne pouvons

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