X PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION
Mais cette loi que cherche Yico, l'a-t-il découverte? Dans l'antiquité, sa présence paraît manifeste : la vie des peuples est bornée par le temps, presque régulière dans sa marche, presque uniforme dans ses phases; elle a son cours, ses phénomènes, ses périodes, je dirais presque sa physiologie, comme la vie de l'homme ; et ces rapprochements entre les âges de l'homme et les âges d'un peuple, l'enfance, la maturité, la vieillesse de l'un et de l'autre, sont familiers à la sagesse antique. Mais chez les peuples chrétiens en est-il de même? Déjà ils comptent plus de siècles d'histoire positive que n'en compta l'antiquité (et ce qui leur est même particulier, c'est que leur histoire est positive dès le jour où ils sont chrétiens). Pendant ces siècles, la loi de leur existence s'est-elle révélée à nous? Avons-nous signalé leurs différents âges? Leur grandeur a-t-elle constamment amené leur déclin ; le déclin , la mort? N'ont-ils pas eu chacun et plus d'une vieillesse et plus d'un retour à la virilité? Remarquez que pour les formes politiques, pour les institutions, pour les empires, pour tout ce que l'homme a créé, l'antique loi de progrès et de déclin, d'enfance et de vieillesse, a subsisté; les peuj)les seuls lui échappent : les puissances tombent et les peuples restent, l'empire croule sans entraîner la nation. Les nations abaissées et comme vieillies se relèvent ; les nations tondiées ne désespèrent pas et comptent toujouis sur leur avenir ; « leur jeunesse se renouvellera comme celle de l'aigle. « Il semble que les peuples chréliens soient immortels; et, en effet, comptez- vous beaucoup dépeuples chrélieiis (|ui aient disparu de l'histoire?
C'est que «' la vérité nous a affranchis, » c'est que les