‹ Les Césars (volume 4)Chapitre 54 sur 72 · AU TOME SECOND · texte numérisé non relu

AU TOME SECOND

D'iYisioD de Teiopire romain sous Néron, nombre des troupes, etc.

Trente-huit provinces formaient l'empire romain^ parmi lesquelles avaient été réunies au vi* siècle de Rome : Sardaigne^ Sicile, Corse, Espagne Bétique et Tarraconaise, IIlyrie, en tout 6 prov.

Au vii^* siècle et jusqu'à la bataille d'Actium : Afrique (2 provinces), Achaîe, Asie, Macédoine, Gaule Narbonnaise, Cyrénaïque et Crète, Cilicie, Chypre, Bithynie, Syrie, Gaule Aquitaine, Belgique et Celtique 14

Sous Auguste : Egypte, Lusitanie, Numidie, Galatie, Alpes maritimes, Norique, Yindélicie, Rhétie, Pannonie, Mésie. iO

Sous Tibère : Cappadoce 1

Sous Claude : les deux Mauritanies, Lycie» Judée, Thrace, Bretagne 6

Sous Néron, le Pont i

Provinces du peuple et du sénat, gouvernées par des proconsuls ^ll/i

— — par des propréleurs ou des questeurs. . 9 ) Provinces de César, gouvernées par des proconsuls ou

plutôt légats consulaires 6 1

— — par des propréteurs 6 [ 2Z|

— — par des procurateurs ou des préfets . 12 )

Toul. . . 38

Nous trouvons mentionnés dans ces 38 provinces :

Municipes (F. ci-dessus, p. 101, 102

Cités romaines : { f8:"3.H8). . . . 61

j GoloDies romaines ( F. p» 80 et s.

Cités, peuples et colonies latines (K. p. 98) 156

Cités et peuples lib, ou ail. {V. p. 95 et s. 110, 113). . 133

Cités exempte, d'impôts: { ^^^f^^ ; ; ; ; ; l

Rois alliés ou vassaux (K p. 9h 110, 111> .... 15

Superficie et population*

PROVINCES DÉNOMINATIONS StJPERFIGlE. POPULATION POPULATION

romaiuM. «ciuellet. aclneUe. «oim les empereori.

L c. hab.

Italie nfi9i 19,(^,M0 10,006,000(1)

Sicile I,3S0 l,«8«,0et 1,«M,000(^

Sardaigne et Corae 2«213 67^,000

^ioriquc . . .

Rhétie . . .

Vindélicie . .

( Partie de la Bavière, Autriche, Styrie, Tyrol,

PannoDle .. I Hongrie/en deçà / *3,442 10,748,000

lUyiie . . .

Ddmalie . .

du Danube .

France , Bdgique, Bavière et Gaule - - 'l Prusse rhénane, ) 31,045 39,716,000 10,000,000(3)

Suisse, sauf les Grisons. ...

Espagne. . . E8^gn«»Portu- 1 28,886 18,194,000 8,288,000 h. lib.? (4)

A reporter. . . 90,537 90,110,000 24,588,000

(I) (2) (3) Calculs de M. Delamalle, F, tome I, )Mg« 3#9. B faut Nmkrqner, en co qui louche la Gaule, que le calcul se réfère «u IT* sièdie. après J.-C. Or, à cette époque, l'cmpim avait suivi pendant trois siècles de plus sa marche progressive vers le déclin, et il subissait depuis un siècle envircin le désas!renx système a'iministratif que lui avait imposé Dioclèlien. Il est donc probaMe que vers le temps de Néron la population était plosconsidéralile.

^1) No«s avons vu tout 4 Fheure que la population libre de trois cantons de l'Espagne

PROVINCES ronuioei.

Afrique et Mau ritanie .

Egypte .

Syrie. .

Gilicie .

Pont . .

Paphlagonie Bithynie.

Pampbylie Asie . .

Achaîe .

Macédoine Mésie* Thrace .

Bretagne

DÉNOMINATIONS «etuelles.

Report. . .

États barbares -

ques

SOPERFICIE. POPULATION

actuelle.

Portion delaTur-j 3,250 6,000,000 quie d'Asie . . )

Royaume de Grè- j ce et lies Ionien- ' 12,470

j Turquie d'Euronube .

nés )

pe,jusqu'auDa- 2 14,500 6,400,000

Angleterreetpays { gg^ 14,663,000 de Galles. . . ) ' '

POPULATION MUS lef «mperenn.

bab.

198,826 123,252,000 120,000,000 eQT. ? (2)

(Astares, Bracœ, Lacenses) élait de S81 ,000 hommes* La popalatloa actuelle des mêmes contrées est :

Âstaries 480,000

Rojaume de héon S95,000

Galice 4,840,000

Provinces portogaiaes de Traos-Montès et d'Entre-^iniio »l Douro* 4,9O4,#00

Il faut, si le chiffre de Pline est exact, que la population se «oit bî«n «cerne on qne le nombre des esclaves fût considérable.

En admettant que la proportion entre la population libre da temps des Romains et la popalalion actuelle fût la môme dans toute la Péninsule Hispanique,

L'Espagne continentale ayant aujourd'hui 44,660,000 hab.

Le Portugal 3,534,000

L'Espagne romaine n'aurait pas eu plus de 3,288,000 hommes libres.

(1 ) Selon Josèphe qui ne comprend pas dans ce compte la ville d'Alexandrie. De BeUo. II. 1 6.

(2) J'obtiens ce nombre par la proportion établie entre la superficie des contrées dont la population est connue et celle du reste de l'cmpjire. La conjecture de Gibbon est de iJH) à 140,000^000, probablement au-<desaus plutôt qu'au-dessous do la vérité. Il ne fauijocpeniant pas trop diminuer le chiffre de la population de l'empire romuin. Si le? pays chrétiens ont én<r demrocnt gagné en population, les pays mahométans, au contraire, oi^ dû perdre heaaconp, et ces pays représentent î peu près toute la moitié oriejQJalc de l'ICni^re Romain.

De rarniée.

Disposition des légions dans Vempire,

Au commcneemeiit d« Tibèrr, an t3 (Tac., AuD. IV. 5. — Slraboii).

Vf rf la Gd de Néron, ao68(Tac,Hikl.I.7et >. II. 6 et alibi paHini.

Jws., d« Bello. II. i6).

Dans Rome 9 cohortes prêt. (1) 9 coh. prétor.

Sous Marc-Aurèle, vers Tan 180 (V Oituphrius PaiiTiuiu4 Imp. rom.

3 cohortes urb.

2 — de vigiles.

En Italie »

Sur le Rhin (Germanie inférieure , au - dessous de

Mayenne] 4 légions.

Germanie supérieure, audessus de Mayenne . . 4 Dans Tintérieur de la Ganle. «>

fin Espagne 3 (4)

En Afrique 2

En Egypte 2 (6)

En Syrie, sur les bords de

l'Euphrate 4

En Judée *«

Sur le Danube, en Panno-

nie 2

En Mésie 2

En Dalmatie 2

En Thrace »

En Bretagne ...... »

Dans le Pont et les Palos-

Méotldes »

Rhétie »

Norique »

Dacie »

Cappadoce »

Mésopotamie »

25 légions et 14 cohortes.

3 — urb. 14

2 — vigil. 7

£t de plus , la fi;arde balaie ou germaine Selon JuateLipse, 2,000 fa.

1 légion (3) 1 légion.

1 ,200 hommes.

1 légion (6).

2,000 hommes.

3 légions.

3,000 hommes (9).

28 légions, 14 cohortes et 8,200 hommes.

33 légions et 33 cohortes.

(4) Tacite. Ibid. Dion. LV.

(2) Formée par GaliguU (Josèplie. XIX. I. Dion.LY. Suét. in Caïo. 58-60). Elle fut depuis supprimée par Galba.

(3) Légion italique récemment levée par Néron.

(4) Deux entre le Doaro et la mer, la troisième garde le reste de la côte jusqu'aux Pyrénées.

(5) ËnLusitanie (Josèphc, de BcIIo, II. 16).

(6) Strabon écrivant vers l'an 47 compte en Egypte trois légions et neuf cohortes romaines dispersées k Alexandrie, à Syène, à Babylone d'Egypte ; de pins trois corps de cavalerie (alœ) semés dans la province.

(7) Josèphe on ajoute une troisième vers l'Ethiopie. — (8) A cau^ de la révolte des Juifs. (9) Josèphe. lùid.

Si nous comptons la légion au temps des premiers empereurs à 6,300 hommes (Tacite, Ann. i, 32 et ci-d. p. 68), au temps de Marc-Aurèle à 6,826 hommes, la cohorte au dixième des fantassins de la légion , c'està-dire à 600 uu 610 hommes (excepté les cohortes de la garnison de Rome qui en avaient 1,000 ( Dion. LV ), le nombre total des forces romaines se trouve avoir été :

Sous Tibère de 171,500 hom.

Sous Néron de 198,600

Sous Marc-Aurèle de. 258,258

Forces marltlinefl.

Deux flottes prétoriennes. Tune à Misène, l'autre à Ravenne, portant chacune une légion de matelots . . 12,000

Deux flottes vicarice à Fréjus et sur le Font-Euxin (Joseph. Tacite^ Ibid. Hist. ir. 83). Cette dernière était de &0 navires. On peut les compter à une demi-légion chacune. 6,000

Deux flottilles fluvtatiles. Tune sur le Rhin^ l'autre sur le Danube (Tacite, Ann. i. 58. xu. 30)^ de 24 bâtiments chacune 3,000

21,000 hom.

Ainsi nous comptons les forces romaines de terre, telles qu'elles étaient au temps de Néron, à . . . . 198,600

Les forces maritimes à 21,000

Les troupes auxiliaires, dont Tacite (Ann. ly. 5) indique le nombre comme à peu près équivalant à celui des légions, à 171,500

Nous aurons pour chiffre total des forces militaires de l'empire 391,100 hom.

Flnaneen.

Avant de mettre en regard de ce chiffre le chiffre des armées modernes, il serait utile de connaître le budget qui payait les armées romaines. Malheureusement les documents à cet égard sont bien incomplets. Citons seulement ou rappelons quelques faits qui suffisent pour établir Tinfério^ rite relative du budget romain {V. t. i, p. 296, 297).

Il faut d'abord distinguer le revenu (vectigalia) qui servait à payer les dépenses ordinaires, et le trésor (œj^arium) que, par une économie i)olitique fort grossière, on tenait en réserve pour les cas imprévus.

Dti trésor, — En 459, le consul Papirius, vainqueur des Samnites, y apporta (Liv. x, &6) :

2,053 livres de cuivre = l,308,/i69 fr.

1,330 livres d'argent = 100,016

Total. . . . 1,408,385 fr.

En 586, après la défaite de Persée, Paul-Emile y apporte (Pline, xxxill, 3) 230,000 sest. = . . 66,000 fr.

Eo 597, peu avant la troisième guerre Punique^ on y compta (Pline, xxxiii. 3} :

16,810 livres d'or = 18,827,280

22,070 livres d*argent=r. . . . , 1,659,664

6,285,400 sesterces en argent monnayé . 1,257,000

21,743,944 fr.

En 663, on y comptait, selon (Pline, xxxiii. 3)

1,620,829 livres d'or =. ..... 1,815,328,480

En 693, César^ consul , vole an Capitole, en les remplaçant par du cuivre doré (Suét. , in Caes. , 54), 3,000 livres d'or= 3,354,000 fr.

En 705, époque où la république était plus riche que jamais, César enleva du trésor (Pline, xxxiu. 3):

15 lingots d'or, valeur inconnue.

35 lingots d'argent, id.

40,000,000 sesterces en monnaiezr 8,000,000

En 707, César rapporte à son triomphe un butin évalué à la somme

de 6,000,000,000 sest. = 1,200,000,000 fr.

Et des couronnes d'or pesant 2,014 livres =. . 2,255,680

1,202,255,^680 fr.

En 707, Antoine, coùsiA, enlève au trésor et dissipe en peu de mois (Cic, Phil. x. 11. xii. 4), une somme de 700,000,000= 140,000,000 fr.

En 726, au contraire, par suite des guerres ci> viles et des dilapidations d'Antoine, le trésor était si pauvre qu'Auguste lui prêta 100,500,000 st.= 20,100,000

Il forma en outre pour assurer des retraites aux soldats un trésor militaire qu'il commença par doter de ses propres frais, de 170,000,000 sesterces= . 34,000,000

An de J.-C. 37, Tibère en mourant laissait dans son épargne particulière (fisctts), avec laquelle du reste le trésor public (œrcinum) commençait à se confondre, 2,700,000,000 sesterces = . . . . 540,000,000

(Caligula dissipa cette somme en moins d'un an. Suét, in Calig. 37.)

Du revenu, — (Sur la nature du revenu et des impôts, V. t. I, p. 181, 188, 296, 495, 497. Gibbon, ch. 6. Lipse, de Magnit. Rom. il, 3.— M. Delamalle, Économie politique des Romains^ t. Il, p. 402, 403, 404 s. ) Quant au chiffre du revenu :

£a 629, avant la victoire de Pompée sur iVlitbridate, le revenu public était de 50,000,000 drachmes ou • 40,000,000 fr.

Pompée l'augmenta (V. t h p. 104} de 85,000,000 dragmes= 68.000,000

Le revenu public fut donc de 108,000,000 fr.

mais il diminua rapidement.

En 692, Métellus Népos fit supprimer les douanes de Tltalie.

En 693, César, consul, accorda aux publicains de TAsie une remise d'un tiers sur leur bail, c'est-à-dire réduisit les revenus apportés par la victoire de Pompée aux deux tiers, et la somme totale du revenu à. 85,333,333 fr.

La même année, par la loi agraire, il réduisit tout le revenu italique (vectigaldomesticum) au seuldroitsur les affranchissements (F. Cic. Att.).

En 694, Clodius, tribun, rendit les frumeatations gratuites; et par là diminua de 7,000,000 de francs le revenu public (Cic. pro ]^xt. 25. Ascon. in Pis. 4).

£b 702, César, conquérant des Gaules, leur imposa un tribut (Suét in Cèes. 25) de 40,000,000 sest =. 8,000,000 fr.

En 723, après la bataille d'Actium, Agrippa déclare le revenu de l'empire insuffisant.

En 724, Auguste, ayant réduit l'Egypte en province, lui imposa un tribut V égal à celui que César avait imposé à la Gaule » (Yelleius Paterculus, II, 39), mais le texte de cet écrivain est probablement corrompu en cet endroit. La Gaule, bien moins riche que l'Egypte, n'avait été soumise par César qu'à un impôt fort modéré (SuéL, loc, cit.), L'Egypte, au contraire, payait sous ses rois 12,500,000 talents (62,500,000 fr.), et sous l'administration romaine, grâce au développement du commerce, elle rapporta, selon Sirabon, infiniment davantage (Liv. xvii).

C'est v^s cette époque, et en partie grâce à cette conquête de l'Egypte, qu'Auguste releva les finances, fonda le trésor militaire, etc. (&^,inAug. 41).

An 38 après J.-C, Caligula augmente les impôts et en crée beaucoup de nouveaux (F. t. i, p. 296, 297, 495).

An 59, Néron arrête les exactions des publicains et supprime quelques impôts vexatoires. Il est même tenté de supprimer tous les impôts indirects {portoria), mais il est arrêté par l'impossibilité de suffire aux dépenses publiques (Tacite, Ann. xiii. 50. 51).

Dans les années suivantes, les dépenses de Néron furent énormes, et les guerres civiles qui suivirent sa mort, achevèrent d'appauvrir les citoyens et le trésor. En 71, les préteurs se plaignirent publiquement de son insuffisance (Tacite, Hist iv, 9, 40). Et Yespasien déclare que, pour réparer les pertes et pour remettre en état les finances de l'empire, il faudrait une somme de 40,000,000,000 sest. =8,000,000,000 fr. (Suét , in Vesp, 16).

540 APPENDICE AU ïOiME SECOND.

Mais les empereurs romains ne réalisèrent jamais un budget pareil. Les grands moyens financiers des monarchies modernes leur manquaient; l'impôt personnel n'atteignait pas les 6 ou 7 millions de familles romaines qui étaient en général les plus riches de Tempire. La plupart des autres impôts (comme le vingtième des affranchissements et des successions, le droit de douanes, les droits sur les ventes et les marchandises, etc.) étaient de ceux qui ne sont perçus qu'avec peine, auxquels on se soustrait par la fraude, et qui, si le taux en est trop élevé, cessent d'être productifs, parce que la consommation diminue.

Le budget de l'empire était donc fort restreint ; Gibbon, parlant d'une époque où l'empire était encore plus vaste qu'au temps de Néron, ne l'apprécie qu'à 350 ou 3/i0 millions.

Ajoutons^ pour compléter ces notions, que la valeur relative de l'argent était, à peu de chose près, la même qu'aujourd'hui. Ainsi, le prix du blé paraît avoir été à peu près le même (M. Delamalie, liv. i, ch. 11). Le prix de Ja journée de travail n'était guère qu'à un tiers au-dessous du prix moyen en France {Id. p. 129). La paye du soldat était de 10 as par jour (de 65 à 70 centimes), etc.

Reste maintenant, pour établir la comparaison, à rapprocher de ces données celles qui nous font connaître la situation militaire et financière des puissances qui ont succédé à la puissance romaine.

Nous ne tenons pas compte des forces maritimes dont l'accroissement est tout à fait en cUsproportion avec les habitudes et les nécessités de la civilisation antique.

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