‹ Les Césars (volume 5)Chapitre 10 sur 65 · II · texte numérisé non relu

II

les rivages (1). Rome, après avoir, pris possession par Tépée, prenait possession par la charrue, et le soc de Romulus entrait dans le sol étranger bien plus profondément que le glaive. La colonie s'élevait donc, dans son repos guerrière encore, gardant souvent le nom que la légion avait porté (2)-. Au premier appel, en effet, le vétéran pouvait quitter la bêche et reprendre l'épée, la colonie redevenir légion. C'était une vigilante sentinelle que Rome posait, à l'entrée de quelque gorge des Alpes ou sur l'un des rochers qui dominent le Rhin, pour donner l'éveil à l'apparition des barbares. C'était une citadelle que Rome plaçait au centre d'un pays, et dont les hautes murailles devaient inspirer à des sujets nouveaux la terreur et l'obéissance (3). Mais surtout c'était la capitale romaine du pays. Toutes les merveilles de la vie romaine, le temple,! e cirque , le théâtre , s'élevaient dans son sein. Les routes indestructibles, les canaux profonds, les magnifiques aqueducs, tout le luxe de la civilisation rayonnait autour d'elle. Le Ro« main apportait avec lui Rome et l'Italie. Raïa lui manquaitelle avec ses délicieux rivages , ses eaux salutaires et ses voluptés corruptrices? Dans chaque recoin des montagnes

(1) Colonia?, civilates ex civitate Rom. quodamniodù propagaUe. Gellius. — ColonUe.... pars civium et sociorum ubl rempubi. habeant ex consenau suœ civitatis, aut pu]»lico cùus populi undè profecta est consilio. Servius, Mne\û. I. 12. F. aussi Siculus Flaccus, de Condltione agror. Cic, In RuUum. U. 28. Âulu-Gelle dit encore : Goloniœ quasi effigies parvaî, simulacraque populi Romani. XVI. 13. V, sur les colonies en général, les chapitres très-histructifs de Walter. Gesch. der Rômisch. Rechts. I. 10, 20, 22, 25, 30. Lipsius, de Magnitud. Romanor. I. 6.

(2) Ainsi Narbo Decumanorum ou Narbo Martius (Narbonne) ; Bliterrœ SepUimanorum (Béziers); Arelate Scxtanorum (Arles) : ainsi nommées des numéros des légions. Augusta Prœtovia (Aoste), Augusta Emerita (emeritorum militum), aujourd'hui Mérida en Espagne.

(3) «Colonia scdes servitutis, » dit un chef barbare. Tacite, in Agric. 10. Ailleurs : « Muros coloniœ munimentum servituUs.» Id, Hist. IV. 63. « Cremona...propugnaculum advcrsùs Galles, lit. 34. Camulodunum, Valida veteranorum manudedudtur in agros captivos, subsidium ad versus rebelles et imbuendis sociis ad officia legum. Ann. Xn. 32... Miseront colonos, vel ad prières ipsos populos coercendos, Tel ad liostlum Incursus repellendos. Sicul. Flacc. de Condltione agror.

gauloises, au pied d'une source que les pas des hommes n'avaient point encore visitée, s'élevait une Baïa nouvelle, avec ses temples, ses portiques, ses amphithéâtres, ses thermes immenses, ses turpitudes élégantes (1).

Quelle ne devait pas être la surprise, souvent la colère du farouche Gaulois, du fils d'Ambiorix ou de Camulogène, qui lui-même peut-être avait versé son sang avec les derniers défenseurs de l'indépendance nationale , et que ces voluptés romaines venaient ainsi chercher dans sa maison bâtie de paille et de bois ? Il eût voulu se soustraire à cette magnifia cence odieuse; mais, malgré lui, le tribut à payer, la justice à recevoir, le vêtement à acheter, le blé à vendre, l'appelaient dans les murs de la colonie romaine ; tribunal , marché, préfecture , la colonie était tout. Le Tectosage indompté venait dans l'opulente Toulouse ; le rude Ségusien arrivait de sa montagne à Lugdunum (2) , ville d'un jour, déjà riche, puissante, somptueuse, peuplée, qui voyait à ses pieds les deux fleuves s'unir dans un magnifique embrassement (3). Il entrait au cirque, il s'asseyait au théâtre ; des joies nouvelles, inouïes, surprenantes, venaient l'assaillir. Si la mollesse et la sensualité avaient quelque prise sur cette âme barbare , le bain lui offrait d'ineffables délices. Si son intelligence était plus haute, si déjà il avait compris quelques mots de la langue du vainqueur, l'école du rhéteur était ouverte, la chaire du philosophe était debout; là il pouvait apprendre tous les secrets de la sagesse hellénique et de l'éloquence ro-

(1) Ainsi les restes d'antlqaUés romaines trouTés dans presque tous les lieax d'eaux thermales, dans les Pyrénées, dans le Bourbonnais, au Mont-Dore, etc.

(2) Lyon, fondée eu 717 de R. par Munatius Plancus, presque détruite par un Incendie (An 817 de R. Tacite, Ann. XVI. 13. Sénèq., Ep. 91), relevée avec Taidc de Néron, était de nouveau puissante et riche en 823. (Tacite, Hist. I. 60, G4, 65.) Y, aussi Tac, Ann. Hl. 41. Hist. I. 51. 64. 66. II. 65, Pline, H. N. IV. 18.

(3) La ville romaine de Lyon était située sur la hauteur où est ai^ourd'hui Fourvières. C'est là que trâze lieues d'aqueducs amenaient Teau des montagnes, préféra* ble» à ce qu'il parait, à celle de la Saône.

maille. Venait-il au temple ? la beauté de l'édifice lui enseignait la puissance du dieu, et Tadoraleur d'Hésus était tout prêt à faire fumer son encens pour le dieu Auguste. Il ne retournait pas dans la hutte paternelle sans que sa langue n'eût appris à balbutier quelques mots de l'idiome latin, sans qu'il n'eût une fois au moins essayé sur ses épaules la tunique et la toge.

Quelle ambition pouvait maintenant éveiller son âme? Sa patrie, barbare et vaincue, n'avait plus rien à lui promettre. Au contraire, par combien d'espérances et de séductions Rome l'appelait à elle 1 Se rapprocher du vainqueur, trafiquer avec lui, combattre sous les mêmes drapeaux, donner sa fille à un centurion, envoyer son fils aux écoles d'Autun pour y apprendre les sciences romaines (1) ; que sais-Je î devenir le client d'une grande famille ; obtenir par elle le titre de citoyen romain, et, mêlant à son nom barbare le nom d'un illustre patron, s'appeler G. Julius Sacrovir, ouLucius Cornélius Ambiorix : quel bonheur et quelle gloire !

Si telle était l'influence de la colonie romaine sur les barbares qui l'environnaient , que dirons-nous de ceux qui vivaient dans son sein ? Car la colonie, fondée le plus souvent dans l'enceinte d'une ville amie , n'en chassait pas les habitants ; ils vivaient mêlés aux colons romains ; leurs champs profanes et non mesurés s'enclavaient avec les champs romains délimités par le bâton sacré de l'augure. Il y a plus ; parfois ce voisinage les élevait au-dessus de leur condition de peuples vaincus. On accordait à ceux-ci le connubium , le droit d'alliance avec les familles romaines ; à ceux-là (2) le commercium, le droit d'acquérir ou de transmettre la propriété romaine : quelquefois on les fit tous citoyens (3) ; on leur donna des places dans le sénat de la colonie, et leurs décu-

(1) Tacite, Annal. IH. 43. La jeunesse noble de la Gaule y étudiait.

(2) Ainsi à Crémone. Tac. Uist. 111. 34. A Cologne. Id. IV. C3. Câ.

(3) A Emporia- en Espagne. Liv. XXXIV. 9. Pline, HIst. Nat. III. 4.

rions barbares s'assirent auprès des décurions romains (1).

Ainsi les deux sociétés étaient en présence. Dans la colonie, la civilisation romaine se transplantait tout entière, sans déplacer ni troubler en rien la civilisation étrangère : elle se proposait comme modèle et comme récompense , elle ne s'imposait pas comme devoir. Le monde romain et le monde barbare, libres tous deux , vivaient côte à côte comme de pacifiques voisins. Par ce seul voisinage, par le trafic, par les mariages surtout (2) , sans commandement, sans violence, l'ancien habitant et le colon nouveau-venu, la cité romaine et le pays conquis , la race victorieuse et la race soumise tendaient à s'unir. Les dieux s'associaient comme les hommes, et le mariage des religions était plus facile même que celui des races. Mais dans ce mélange des deux sociétés, qui devait l'emporter , sinon celle qui était brillante et nouvelle sur celle qui était sauvage et surannée? la victorieuse sur celle qui avait été vaincue? la savante et la riche sur celle qui était ignorante et pauvre ?

Voulez-vous voir les résultats de ce travail naïvement exprimés? Agrippine avait fondé au lieu de sa naissance, dans une bourgade des Ubiens sur les bords du Rhin, une colonie de vétérans appelée de son nom Colonia Agrippina (Cologne). Dix-neuf ans après, au milieu des troubles qui suivirent la mort de Néron, une révolte des peuples germains éclate contre Rome, et les chefs de l'insurrection, Civilis et Classicus, après une première victoire, se présentent sous les murs de la ville nouvelle. Ils annoncent aux Germains qui l'habitent, que « désormais ils vont rentrer dans la communauté des nations germaines, qu'ils seront libres parmi des peuples libres.... Détruisez donc, leur disent ils, les murs de votre colonie.

(1) Ainsi dans les inscriptions : Decuriones Ârretinorum veterum. — Gurialcs Parentinorum veterum. — Orelli.

(2) Ainsi Crémone, chez les Gaulois Transpadans, annexu connubiisque gentium adolevlt. Tac, Hlst. UI. 84,

ces remparts de votre servitude ; égorgez les Romains qui habitent avec vous ; reprenez votre culte et vos lois, brisez les liens de ces voluptés par lesquelles, plus que par les armes, les Romains asservissent leurs sujets. Pure et sans tache, oubliant un jour d'esclavage , votre nation sera libre parmi des égaux, ou peut-être même commandera parmi des alliés (1). »

Ainsi la barbarie et l'indépendance nationale se relèvent en face de la civilisation étrangère. Ces habitants de Cologne sont des Ubiens ; à demi sauvages il y a peu d'années, le sang germanique coule dans leurs veines , et quelques vétérans romains, qu'ils ont reçus dans leurs murs, il n'y a pas vingt ans encore, n'ont sans doute pas fait oublier à ces fils d'Armin leurs dieux, leur langue, leur patrie.

Mais depuis que ces vétérans sont venus, leur cité a grandi ; elle est devenue riche et puissante ; elle fait l'envie et le désespoir des peuples germaniques (2). Ils savent que la Germanie ne leur pardonnera pas d'avoir abjuré leur patrie pour porter le nom d'Agrippine (3). Aussi, pressés par le danger, feront-ils une réponse équivoque, mais où se trahit le sentiment romain qui est au fond de leur pensée.

« Oui, certes, disent-ils, tous les Germains sont nos frères et nous aimons comme vous la liberté. Mais détruire nos murs, ne serait-ce pas nous livrer sans défense à la colère des armées romaines?... Donner la mort aux étrangers établis parmi nous ? mais il en est que la guerre a emmenés ; mais d'autres ont regagné leur première patrie : et quant à ceux qui sont venus ici comme colons, et qui se sont unis à nous par des alliances, quant à leurs fils nés de ces unions, notre cité est leur patrie. Voulez-vous que nous égorgions nos parents et nos frères (4) ? »

(1) Tacite, HIst. IV. 63. 64.

(2) Transrhenanis gentibus invisa civitas opulentià auctuque. Tacite, Hist. IV. 63.

(3) Infestiùs in Ubiis quôd gens Germanicœ originis, ejuratâ patrlÂ, Romanorum nomen, Âgrippinenses vocarcntur. Tac, Hist. IV. 28. — (4) I&td. 65.

Voyez-vous combien de liens se sont déjà formés entre Rome et celte colonie si récente encore? Comme ces Ubiens, qui ne sont qu'au dernier degré de l'échelle romaine, sont déjà Romains au fond de Fâme avant de l'être par le droit? Gomme ils détestent la révolte que la crainte les force d'approuver? Combien Rome est sûre de retrouver là des sujets fidèles? Voilà l'œuvre qu'elle a su accomplir en dix-neuf ans !

Le monde était couvert de pareilles colonies • C'est par elles que Rome s'était assimilé l'Italie , et avait fait de tant de peuples divers un seul peuple dont elle était le chef (1). C'est par ses colonies que , maîtresse de la Cisalpine , elle l'avait fortifiée contre Annibal et maintenue dans l'obéissance, malgré l'esprit belliqueux des peuples gaulois qui l'habitaient (2).

Mais longtemps le génie colonisateur de Rome était resté enfermé dans l'Italie. L'aristocratie redoutait ce mouvement expansif du génie plébéien. Le sénat craignait de voir naître une colonie supérieure à la métropole, comme Carthage avait surpassé Tyr, et Marseille, Phocée (3). C. Gracchus, le premier, força le passage à cet instinct démocratique de la colonisation. Six mille Italiens, sous sa conduite, et malgré le sénat, allèrent relever les murailles maudites de Carthage ( an de Rome 627) (4). Des consuls ou des généraux fondèrent Aix et Narbonne (5). A mesure que les armées allaient plus loin, que les guerres étaient plus longues, les colonies étaient plus

(i) Sur les Colonies Italiques, T. Onuphrins Panvinlns, de Imperio Romane. En 534, quand Rome fonda la colonie de Plaisance , elle avait fondé dans l'Italie ou la Gaule Cisalpine, 53 colonies dont 30 Latines.

(2) Colonies de la Gaule Cisalpine : — An de R. 487. Firmium , chex les Sënonais. Vellelus Palerculus. I. 14. —534. Crémone et Plaisance (6,000 colons chacune). Id, Asconius, inPisone. Tacite, Hist. III. 34. Polybe. III. 41.— 566. Bologne (Bononla), chez les Boyens. Vellelus. I. 15. — 570. Potentia et PIsaurum. LIt. XXXIX. 44.— 573. Aquilée, Parme, Modène. VeU. ihid. Uv. XXXIX. 55. - 665. Alha-Pompeia, Vérone, Aleste, Brixia (Brescia), Côme, Laus Pompeii, colonies Latines fondées par Pompeîus Strabo (Ascon, in Plson. Suet., in Gœs. 28. Tacite, Hist. III, 34. Strabon.V].

(3) Vellelus, loc. cit. — (4) Id. Plut., In Gracch. Appien, de 6. G. 1. 24.

(5) 630. Aquœ Sextise. Llv. Ep. 61. PUne. III. 4. Florus. XI. Ptolémée.*-635.

nombreuses : la colooisatioo aussi devenait plus exclusivemilitaire (1). Le soldat romain, après quinze ans de guerre lointaine, épousait une femme barbare, et une race de bâtards romains (2) peuplait ces villes métis qu'on appelait colonies latines.

De plus, à côté de cette colonisation officielle et militaire, venait une colonisation toute bourgeoise, toute volontaire et toute libre. L'invasion financière suivait l'invasion armée ; l'usurier et le publicain arrivaient à la suite des légions. Ces conventus dont j'ai parlé, ces associations de citoyens romains occupaient et dominaient toutes les villes étrangères. Cicéron et César nous les montrent nombreux en Sicile, en Asie, en Espagne (3). Un sénat de trois cents membres gouvernait et représentait les citoyens romains établis à Utique ; et quand Mithridate souleva l'Asie et fit égorger les Romains qui l'habitaient, en un jour quatre-vingt mille hommes y périrent. En vain la loi du cens, loi aristocratique bientôt éludée, prétendait-elle retenir, par son appel quinquennal, le citoyen romain en Italie (4). Partout où le Romain a vaincu, dit Sénèque, il y demeure (5).

Ce mouvement de la colonisation, César et Auguste, une fois maîtres de l'empire, et cherchant à lui rendre son équilibre, s'en emparent et le gouvernent. Des milliers de soldats

Narbo MarUos. Vell. Ibid. Ciccr. pro Fontcjo. 3. Id., \n Bruto. César. PHne. III. 4. Ptolémée. — (An....) Dertona en Ligurie (Tortone).~663. Eporedia (Ivrée), en Ligurie (in Baglennis). VeUeius. Ibid.

(1) 630. Palma et PoUentla, dans les Iles Baléares (par 6,000 vétérans de l'armée d'Espagne). Pline. III. 5. Pomponius Mêla. II. 7. StVabon. UI. — An.... Mariana et Alerta en Corse, par Marins et SyUa. PUne, Hist. Nat. III. 12. Sénèque,ad Bel- "vlam. 8.

(2) Ainsi la colonie Latine de Gartéja en Espagne (an 682). Liv. XLIII. 3.

(3) r. sur l'Espagne, César, de Bello Hisp. — Sur l'Asie et la Sicile, Qc, In Verr. Il y avait beaucoup de citoyens romains établis à Agrigente (Gic, in Verr. de Slgnis. 43), à Utique (Plut., in Gatone), en Egypte (César, de Bello Alex.), dans le pays des Arabes Nabathéens (Strabon), etc.

(4) VeUeiuB. Ibid, — (6) Sénèque, ad Helviam. 6.

logés dans la Péninsule italique étaient pour elle un fardeau el un danger. Il fallait les déporter en les payant. La colonie était à la fois leur exil et leur récompense. Aussi ce fut la grande époque de l'émigration romaine. César à lui seul envoya quatre-vingt mille hommes au delà de la mer (1). César, qui avait relevé Capoue, releva Corinthe, et Carlhage encore retombée sur ses ruines ; trois villes qu'Auguste devait restaurer à son tour (2). Munatius Plancus fonda Lyon et Baie (3). La Gaule transpadane si favorisée par César (4), la Macédoine, la Sicile, l'Afrique, les Espagnes , les Gaules furent semées de villes romaines (5).

Le résultat définitif de ce labeur nous est connu d'avance. J'ai montré, province par province, comment chacun de ces peuples qui avaient opposé une si longue résistance, une fois soumis, ne tardaient pas à devenir Romains. Tout à l'heure, en parcourant le monde, nous trouvions la Gaule soumise depuis cent vingt années seulement ; l'Espagne, dont le nord, il y a quatre-vingt-dix ans, était encore libre; l'Afrique, où régnaient, il y a un siècle, les rois Numides, il y a trente ans ceux de Mauritanie; toutes se plaisant à la langue, aux

(1) Colonies de César : Gartbage et Corinthe (Suétone, in Cœs. 42); Pharos en Égvptc (Pline. V. 31); Forojulium, dans les Gaules (Fréjus) (Tacite, Hlst, II. 14. UI. 43. in Agricolâ. 4. Pline. HI. 4) Sous sa dictature, le père de rcmpcreur Tibère relève Narbonno, fonde Arles et plusieurs autres villes dans les Gaules. (Suct., in Tibcrio. 4 ). Forum Julii, Julia Hispilla, Pola, en Istrie.

(2) Lapis Ancyranus, II, ad dexlr.— Colonies d'Auguste : Carthagc et Corinllie (colonia Julia) relevées (Appien, de Uebus Punicis; Slrabon, Festus; Pline. IV. 4). — Dix colonies dans la Mauritanie. Pline. V. 1 et s.— Palras en Grèce (colonia Augusta (Slrabon, VIII. Pline. IV. 6).— Dix-huit colonies en Italie (Lapis Ancyr.) — Beaucoup d'autres dans les diverses provinces. Suétone, in Aug. 4C. Josèphe, de Bdlo. VIL C— Agrippa fonda Béryte en Syrie et y installa deux légions. Pline. V. 20.

(3) Sur Lyon. T. ci-dessus, p. 84. Sur Bâle (Augu.sta Rauracorum). Pline. IV. 17.

(4) Il rétablit Corne (an 693. Suétone , in Gxs. 28), et l'augmenta de 5,000 colons, dont 500 Grecs de famille noble. Appien, B. C. 1 1 . SUabon. V.

(5) Nicopolis auprès d'Actium. Pline. IV. 1. Tacite, Ann. V. 10. Augusta Taurinorum (Turin). Augusla Prœtoria (Aosle). Ravenne. Tergeste en Istrie. F. Pline. UI. 17. Plolémée. m. l.Strabon. V.

mœurs, aux ooutumes de Rome : et la Bretagne, où la conquête militaire n*éfaîl pas même achevée, commençant à subir cette inévitable loi qui imposait au vaincu l'imitation du vainqueur. Le grand instrument de cette œuvre, c'étaient incontestablement les colonies. Ce n'était ni Scipion, ni Auguste, ni César; c'étaient dans la Gaule Lyon, Narbonne, Toulouse; c'étaient en Espagne Cordoue, Tarragone, Mérida ; c'étaient en Afrique les cités d'U tique, d'Adinimète, de Césarée, qui avaient conquis les peuples à la civilisation romaine. C'étaient Baie [Augusta Rauracorum) et Cologne ; c'étaient Camulodunum et Londres qui habituaient les épaules germaines à porter la toge et formaient des rhéteurs latins parmi les sauvages de la Bretagne.

Ainsi Rome devenait-elle le centre du monde par la civilisation que répandaient ses colonies comme elle l'était déjà par le droit public qu'avait établi sa victoire ; ainsi Rome par venait-elle à s'assimiler le monde : labeur plus difficile que celui de la conquête, seconde et pacifique invasion qui rendait éternels les résultats de l'invasion armée (1).

Ici un rapprochement me semble dicté par la force des choses. Comme cette sagesse et cette modération romaines sont loin de la violence et de l'impétuosité françaises I et n'aurions -nous pas, si une nation peut apprendre, beaucoup à apprendre à l'école des Romains nos ancêtres ? Comme la conquête française, toute militaire, est inhabile et passagère auprès de la conquête romaine , où la pensée politique est toujours présente ! Bien plus sociable, bien plus véritablement humain, le Français est tout disposé à se montrer bon maître ; mais il veut toujours se montrer le maître, officiellement, évidemment, forcément. Il lui manque une certaine réserve,

(0 «Le peuple romain a-t-ll des amis pluB fidèles que ceux qu'il a redoutés comme les ennemis les plus opiniâtres? De quoi s© composerait l'empire, si une sage politique n'eût partout mêlé les vainqueur» aux vaincus?» Sénèque, de Ira. II. 34.

et vis-à-vis d'autrui et vis-à-vis de lui-même ; il se laisse approcher de trop près, et lui-même approche de trop près ce qu*il faudrait respecter. Au lieu de déguiser son pouvoir, il tient au contraire à le faire voir, sentir, toucher, et par là il le rend blessant ou il le compromet. Il n'a jamais compris Timpor tance de certaines choses en apparence minimes, mais qui tiennent au cœur de l'étranger; il en a badiné comme il badine sur lui-même ; il s'est rendu familier à cet égard comme il permettait qu'on fut familier avec lui. Il a tout coudoyé pour prendre ses aises. Il a toujours prétendu que de prime abord on fdt comme lui : ses lois, ses mœurs, sa langue, ses vices, il a tout apporté, il a voulu tout imposer, tout faire accepter par la force, sans répit, sans déguisement, sans délai, à titre de bienfait sans doute, mais ce qui est une grande injure, de bienfait forcé.

Et, impopulaire sans le savoir, n'ayant souvent pas la conscience de sa tyrannie, s'imaginant sincèrement faire le bonheur des peuples qu'elle irritait, cette domination s'est vue tout à coup surprise par l'orage qu'elle n'avait jamais voulu prévoir. Ainsi, en peu d'années, l'Inde nous a fui des mains. En quelques mois, l'Allemagne tout entière s'est soulevée pour la grande lutte de 1813, En un seul jour, les cloches de Palerme ont affranchi la Sicile.

Nulle conquête française n'a été durable. Et pourquoi? Entre mille causes, en voici une qui ressort de tout ce que nous venons de dire : parce qu'au rebours des Romains, nul peuple n'a poussé plus loin que nous cette distinction et cette rivalité inévitable peut-être, mais fâcheuse, entre le pouvoir militaire et Fautorité civile ; parce que nul peuple n'a mis l'homme d'état plus au-dessous du capitaine, et n'a eu des capitaines moins hommes d'état.

Au contraire, celte invasion et cette colonisation romaine, si active , si universelle, si opiniâtre , reporte notre pensée vers la marche incessante et infatigable de la colonisation anglaise. Le pionnier cupide, le patient puritain de la Nou-

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velle-Angleleire qui va à travers les prairies américaines conquérir quelques acres de lerre à la culture dont il a besoin et à la civilisation dont il s'inquiète peu > ne ressemble guère sans doute au colon belliqueux de l'ancienne Rome qui marche, enseignes déployées, vers le champ que lui ont marqué les augures et le sénat. D'un côté, c'est toute la dignité de la guerre ; de l'autre, l'humble et patiente modération de la paix. C'est le besoin de puissance d'un côté, de l'autre le besoin d'argent ; ici une fourmilière de volontés livrées à elles-mêmes, là au contraire la règle, l'ordre, l'unité, la chose publique par-dessus tout. Mais de part et d'autre un esprit supérieur, un esprit aristocratique, persévérant et ferme, surveille et permet, quand il ne dirige et n'ordonne pas. De part et d'autre, la marche est lente et graduée , on craint toute violence inutile ; on respecte, en apparence du moins, les biens, les mœurs, le culte, la liberté; la conquête, en un mot, veut paraître conquête aussi peu que possible. L'Angleterre, pas plus que Rome, ne se fait gloire de l'universalité de sa langue et de ses lois : le préteur des étrangers, à Rome, jugeait tous les peuples selon leurs lois nationales ; la cour de chancellerie à Londres juge le Canadien selon la loi française, l'habitant de Jersey selon la coutume normande, l'Isle de France selon le code Napoléon, l'Indien selon la loi de Manon. Pas plus que la société romaine, la société britannique ne s'impose aux peuples étrangers ; elle n'oblige pas le Musulman à boire de son aie , ni l'Indou à venir à son temple ; elle ne lui demande qu'une seule chose, la liberté de se transplanter auprès de lui; elle s'y transplante tout entière sans se modifier, sans s'assouplir, gardant son orgueilleux isolement et son originalité dédaigneuse. Ni l'une ni l'autre du reste, sous cette apparence de bonhomie philanthropique, ne craignent d'employer la ruse, le sophisme, la chicane légale. Mais la violence est leur dernière ressource.

Ainsi ont procédé ces peuples doués à la fois de l'esprit de conquête et de l'esprit de conservation. Carthage perdit ses

conquêtes en tenant les peuples trop loin d'elle et en les séparant de ses intérêts ; la Grèce au contraire, en s'identifiant trop avec eux et en leur jetant trop en abondance les trésors de sa civilisation, s'éloigna de son centre et perdit tout lien d'unité. Rome et l'Angleterre ont gardé leurs conquêtes, parce que la conquête entre leurs mains a toujours été intelligente et politique, parce que chez elles l'homme d'étal a dirigé l'homme de guerre, quand l'homme de gueiTc n'a pas été luimême homme d'état.

Mais une différence se présente. L'Angleterre laissant tout au libre arbitre individuel, abandonnant les passions à ellesmêmes et se réservant de profiter de la concurrence ; l'Angleterre a vu quelques-unes de ses colonies, devenues mûres, se détacher d'elle, parce que d'un intérêt privé à un autre intérêt privé, il n'y a jamais que des liens passagers. Rome, au contraire, a gardé ses colonies et par elles a gardé le monde, ou plutôt, Rome de ses colonies et du monde a fait un seul et vaste empire, parce qu'elle n'a pas mis la liberté au lieu du devoir, parce qu'elle a tenu ses colonies pour filles, afin que ses colonies la tinssent pour mère. Telle est la puissance de l'ordre, de l'unité, du commandement.

C'était donc avec la double force de l'autorité et de la civir lisation que se faisait sentir, et sur l'homme, et sur la cité, et sur le monde, l'irrésistible attraction vers le centre romain. J'ai fait voir l'homme, le Gaulois, le tributaire, plein d'envie pour le sort du scribe ou du centurion romain, dirigeant les efforts de toute sa vie vers la conquête du droit de cité. De même aussi, la ville gauloise, la ville tributaire, à la vue de la colonie sa voisine, riche, brillante, privilégiée, aspirait au titre de ville romaine. Le municipe naissait auprès de la colonie , les Romains par adoption se formaient auprès des Romains transplantés : et le monde tout entier, les yeux tournés vers Rome, n'aspirait déjà plus qu'à être Romain.

Sous quelles conditions, par quels degrés, Rome faisait-elle arriver à ce droit envié de la cité romaine, les hommes, les

villes, les nations? Comment savaitrclle, en le dispensant avec prudence, lui donner un plus grand prix, et par les privilèges qu'il apportait avec lui, et par les efforts mêmes dont il le fallait acheter? C'est ce qu'il nous faut dire.

Tandis que dans la province nouvellement conquise , s'élevaient les murs de la colonie, que la charrue romaine ouvrait le sol barbare , le magistrat de la ville reine avait d'autres devoirs à remplir. Chaque nation , chaque cité , chaque homme, pouvait avoir des droits à la reconnaissance de Rome ou à sa colère : et Rome , exacte dispensatrice des récompenses et des peines, par le code provincial (forma provinciœ)j que décrétait son proconsul (1), assignait à chacun sa place, donnait ou relirait aux villes l'indépendance, le droit de cité, la souveraineté sur d'autres villes ; émancipait celle qui avait

(1) C'est ce qu'on appelait proprement réduire en province.

Ainsi la Sicile organisée une première fols par Marcellus (Ut. XXV. 40), le fût de nouveau en 648 de R. après les guerres servUcs. Cicéron, In Verrem. II. 13 ; Valer. Maxime. VI. 9. S 8. On y reconnut dix-sept villes ou peuples tributaires, trois viUes alliées, cinq villes libres et exemptes d'impôts. Cic, in Verr. IV. 65. V. 22.

Ainsi encore lorsqu'en 730 la Ligurie fut réduite en province, plusieurs de ses babitants furent soumis à l'autorité des préfets; d'autres furent libres (au7cvop.ci ) ; quelques-uns eurent les droits du Lalium (IrcûAtâroA); d'autres eurent des gouverneurs spéciaux et furent constitués en préfectures (V. plus bas). Strabon. IV.

César organise les provinces de Syrie, de Cilicie et d'Asie (deBello Alex. 65) ; laisse libres Antioche, Tarse, Laodicée, Ephèse, Apbrodise, Stratonice (Appien, B. C. V). Ilion. (Strabon. XIII. Tacite» Ann. III. 62). Il s'arrête dans toutes les Tilles principales, récompense celtes qui avaient bien mérité; —décide les contestations; — reçoit les rois, tyrans et dynastes voisins, leur impose des conditions d'alliance; — appelle à Tarse les députés de toute la Cilicie et y règle les affaires de cette province. B. A. 66. 67.

Gabinius, et après lui Pompée, organisèrent la Judée, la partagèrent en cinq contentus (Jérusalem, Gadara, Amalh , Jéricho , Séphora). Pompée rendit Jérusalem tributaire, émancipa les villes ses sujettes, déclara libres Gaza , Joppé, etc. Josèphe, AnUq. XIV. 10.13.

été sujette, rendait sujette celle qui avait été souveraine; augmentait ou diminuait le domaine, Tautorité, la puissance des rois : loi suprême, à laquelle Rome seule, si l'avenir lui offrait de nouveaux motifs de rétribution ou de châtiment, pouvait ajouter ou changer quelque chose.

Par cette diversité des conditions, Rome créait des intérêts divers ; une ligue contre sa puissance était moins à craindre. La cité libre et la cité tributaire, le municipe et la ville barbare, la ville jadis souveraine et sa sujette émancipée, les rois et les républiques pouvaient plus difficilement conspirer vers le même but.

Et de plus, Rome tenait à poser les degrés par lesquels on arrivait jusqu'à elle, à constituer l'ordre hiérarchique de son empire, à séparer d'elle, par une gradation de servitude ou de privilèges, les hommes, le sol, la cité. C'est cette hiérarchie qu'il s'agit de connaître.

Ceux que Rome gouvernait étaient ou sujets ou alliés, ou citoyens. Le monde sujet (rb ôtcwoov), le monde allié (ri cv<nrtù(^ov), Ic moudc romaiu, voilà comment se divise la société que Rome tenait sous sa loi.

Au dernier rang était donc le monde sujet, le peuple captif, la ville tributmre, le sol provincial (1) ; en un mot, ceux que Rome avait déclarés déchus de leur liberté. La plupart, après une longue résistance ou une coupable révolte, s'étaient rendus à merci {dediticii)^ et gardaient, par une grâce singulière de la miséricorde romaine, la possession de leurs biens , la sainteté de leurs temples, la liberté de leurs pei-sonnes. Mais leur sol était déclaré propriété du peuple romain, leur bien payait le tribut, leiu' liberté publique avait été échangée contre le pouvoir du proconsul. Ces peuples, à proprement parler, composaient l'empire.

Mais par la prépondérance de l'unité romaine, le monde allié commençait à être considéré lui-même comme une por-

(1) SUpendiarius, tributarius, vecUgalls.

tion de l'empire (1). C'étaient les peuples, les républiques, les princes qui tacitement ou formellement avaient accepté ce vasselagc désarmé, dont Rome faisait la condition de son alliance {civitates fcBderatœ ^reges amici, socw). C'étaient aussi les peuples et les cités, jadis tributaires, que Rome en récompense de leur fidélité avait affranchis {civitates Hberœ , libertale donatœ (2). De droit, ils étaient libres ; ils envoyaient à Rome leurs députés; ils ne subissaient point la loi du proconsul; Rome ne se réservait, je l'ai dit, que le droit de paix et de guerre, la souveraineté extérieure.

En face de Rome sans doute, cette liberté se rapetissait ; l'antique constitution des peuples se réduisait aux proportions d'une charte municipale ; leurs magistrats étaient des lieutenants de police; leur aréopage, un hôtel-de-ville. Mais enfin, l'aréopage subsistait dans Athènes vaincue ; les villes grecques avaient toujours leur sénat (PouX^j) et leurs assemblées populaires (lyoMcia) (3). Marseille gardait cette constitution que Cicéron a tant admirée (4). Certaines cités, Marseille, Nîmes, Sparte (5), n'étaient pas seulement libres, mais souveraines;

(1) QcéroQ met sar la même ligne : « Omnes provinciœ , omnia régna, omnes libers civitates. » In Verrem. HT. 89. V. 65. pro Dejotaro. 5. Le Rationarium d'Auguste comprenait les rois alliés. Tacite» Annal. I. II. Mais ils ne faisaient pas partie de la province. Dion. XLIU.r. aussi Suétone, in Vespas. 8. Quant aux ruis, Auguste, dit Suétone, ne les traita pas autrement que comme membres et portions de l'empire. In Aug. 48.

(2) Voici quelques-unes de ces concessions de liberté : — Quelques cantons de rillyrie sous la république. Liv. XLV. 26. — Mitylène rendue libre par Pompée. Velleius. II. 8. Plut., in Pomp. — Les Thessaliens par Crsar. Appîen, de Bell. C. 11. — Une loi Julia (de César, an 693 ) confirma toutes les concessions pareilles faites à différents ]>euples. Glc, in Pison. 16. 36. — Plarasa, Aphrodise et Slratonicc, en Carie, déclarées libres par César et Auguste. Pline. IV. 29. Tacite, Ann. 111. 62. S. C. rapporté par Chlshuli d'après une Inscription. — Quant aux concessions faites depuis César, V. plus bas.

(3) Pline, Ep. X. 3. 85. 115. Clc, in Verr. II. 21.— (4) Pro Flacco. 26.

(5) Villes fiLXTpoiroXii;, wf «rai, vaûapy.ci : Marseille gouvernait ses colonies, Athénopolis, Olbia, Taurrontum, Nice. — Nimes était souveraine de 24 bourgs latins, dont l'un était Beaucaire (Ugernum). — Alexandrie de Troadc avait six villes Incorporées h elle, et dont le territoire lui appartenait (Strabon. Xill). — Sparte gonvcr-

d'autres villes étaient demeurées sous leur loi. Les ligues sérieuses, les confédérations puissantes avaient été brisées (1) : mais que la Grèce, en souvenir de ses anciennes amphictyonies, se rassemblât à Elis ou à Olympie pour y danser en l'honneur de ses dieux (2) ; que le temple du Panionium réunît tous les peuples de l'Ionie pour des sacrifices ou pour des jeux ; peu importaient à Rome ces innocents souvenirs d'une origine commune ou d'alliances héréditaires. Il y a plus ; que les bourgades cariennes , ou les vingt-trois villes de Lycie, rassemblassent leurs députés, non-seulement pour des fêtes et pour des jeux (3), mais pour délibérer sur leurs affaires : pourvu qu'on ne parlât point de paix ou de guerre , ces traces de liberté politique n'inquiétaient pas le libéralisme romam (4). Rome savait merveilleusement quelle part d'indépendance suffit aux peuples pour qu'ils soient contents, sans être dangereux : et j'ignore si telle ville libre et souveraine dans notre Europe, Cracovie, par exemple (1843), est maîtresse chez elle, autant que pouvaient l'être sous Auguste Rhodes et Cyzique ; si elle a un sénat respecté autant que l'était la curie de Tarragone ou le conseil des six cents à Marseille, un bourguemestre dont la police soit souveraine comme pouvait l'être celle du suffète à Carthage (5) ou celle de l'archonte à Athènes.

nait toute la Laconie, excepté 24 viileB qu'Auguste lui avait retirées (Strabon. VIU. Pausanias. \\l. 21). —Cyzique, lorsqu'elle était libre , gouvernait aussi plusieurs villes (Strabon].— Villes données à d'autres. Dion. LIV. 7. LXIX. IG. Pausanias. IH. IC. Pline. UT.

(1) Ainsi avait cessé la grande assemblée aniphictyonlque d'Argos, Lacédémone et Athènes à Caloré. Strabon. VUI. C.

(2) Restes de la ligue des Achéens. Pausan. V. 12. VU. 14 ; — des Béotiens. IX. 34 (et les Inscriptions) ; — des Phocéens. X. 5 ; — de la ligue amphictyonique. VII. 24. X. 8 (et les Inscriptions).

(3) Strabon. XIV. Il y avait des Asiarques, Bithyniarques , Cappadociarqucs , chefs de ces réunions. F. Dig. C. S 14. De Excusât. I. Cod. de Naturalib. liberis. Les peuples et villes ainsi réunis aux mêmes fêtes s'appelaient xov/cv. Dig. 37. De Judicibus. 5. s 1. Ad Legem Juliam de vi. 1. $ l. 25, De appellat. — (4) Strabon.

(5) Magistratures éleclivcs dans tes municipes d'Afrique. I. C. Théod., Quemadmod. mnner.

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