POST MORTE
(1) Et apud idonea provinciarum sociœ trirèmes alœque et auxJlta cobortiuni, nequc muito secùs in eis virium; sed perscqui incertum fuerit, cùm ex usu tcniporis, hue iUùc mcarent, gliscercnt numéro, et aiiquandù minuerentur. Tacite, Ann. IV. 5.
orienté , le tribunal et l'autel , le signe du commandement et celui de la religion. Elle a ses rangs marqués au champ de bataille, et cette triple ligne de hastati, de princes et de triaires , inébranlable infanterie {robur peditum) , rempart humain, contre lequel le monde s'est brisé. Le serment est le lien de la légion ; nul ne devient soldat que par le serment (1), sans lequel il ne peut tuer légalement, et sans lequel chacun de ses hauts faits serait un meurtre.
La légion est donc, comme Rome, une cité régulière, où tous les rangs sont fixés , depuis le dernier des hastati jusqu'au tribun ; — comme Rome, une cité progressive , où le conscrit nouveau venu peut arriver de grade en grade au rang de primipile et à l'anneau de chevalier ; — comme Rome, enfin, une cité permanente: les soldats changent, la légion reste. Son nom, ses souvenirs, son glorieux surnom(2), son emblème (3), son histoire, demeurent. Ses campements euxmêmes sont pour des siècles. Le soldat la connaît et il l'aime; il l'aime comme une de ces mères sabines, austères et dures, qui imposaient de rudes fardeaux aux épaules de leurs fils. Il l'aime, parce que avec elle il a vécu, combattu, souffert vingt ans; parce que, privé, pendant vingt ans, des joies de la famille et du mariage, il a fait sa famille de la légion (4). L'aigle, le symbole et le dieu de la légion (5) , l'aigle a son culte et ses autels , patrimoine révéré que se passent l'une à l'autre plusieurs générations de soldats.
L'Espagnol ou le Gaulois, si la gloire militaire lui sourit peu , se laissera donc enrôler dans sa milice nationale , sera pendant quelques années , à titre d'auxiliaire , conduit à la suite de la légion romaine ; puis, sa dette acquittée, revien-
(1) Primum niilitiac vincuium est religio et slgnorum amor et deserendi nefus. Scnèque, Epist. 95. — (2) Adjutrix, pia, fldelis, victrix, fuimlnatrix, rapax, etc....
(3) Ainsi l'alouette (alauda) pour la fameuse légion de César.
(4) Liv. XLUl. 34. Dion. LX.Tac, Ann. XI V. 27. — Le soldat pouvait contracter le mariage secondaire appelé concuhinaU
(5) «c Propria legionum numina. » Tacite.
• 106 UNITÉ ROMÂmE.
dra cultiver son champ et payer comme auparavant le tribut au pabiicain. Mais si rhonn«ur le touche davantage, il comprendra que l'honneur ne s'acquiert que sous les drapeaux de la cité romaine. Il tâchera d'entrer dans la légion pour devenir Romaifi » ou d'être Romain pour avoir place dans la légion. Ainsi la force, le courage , l'ambition guerrière , que Rome devrait redouter chez ses sujets, elle sait les tourner à son profit. La nation étrangère , déshabituée de la milice , s'affaiblit de tout ce qui accroît la force de Rome , et bientôt il n'y aura plus au monde de patriotisme et de vaillance que la vaillance et le patriotisme romains.
Ainsi, soit dans la milice, soit dans l'empire, l'allié, l'auxiliaire, l'étranger nous apparaît avec sa diversité , sa bigarrure , son indépendance ; Rome, avec son esprit d'ordre , de régularité, de permanence. L'unité, la perpétuité, la loi n'est qu'en «lie ; elle seule est centre ; vers elle doit marcher qui veut parvenir. Le soldat provincial , le sénateur de Marseille ou de Gordoue, le commerçant enrichi qui veut mettre sa fortune à l'abri des exactions du proconsul , le rhéteur qui veut briller sur un plus^and théâtre, l'homme , en un mot, qui veut être quelque chose, je ne dirai pas dans Rome, mais dans la dernière des colonies, tâche de conquérir ou d'acheter la cité romaine. Vers Rome converge tout ce qu'il y a d'ambition, de talent, de ressource, d'énergie (1). Rome est le grand but. Cette liberté, cette dignité romaines, Tltalie a combattu soixante ans pour l'obtenir (2) (663). La Gaule Gi-
(1) Additls provinciaram valldissimis fesso Imperio subventum. Tacite, Ann. XI. 23. Et le rhéteur Àristldes : «Vous avez fait citoyens et admis dans votre nation les plus distingués, les plus nobles, les plus puissants d'entre vos sujets... Dans chaque cité, un grand nombre d'hommes appartient à votre race plutôt qu'à cdle dont il est sorti; beaucoup de ces Romains n'ont jamais vu Rome. Et cependant vous n'avez pas besoin de garnison pour conserver les villes sous votre obéissance, parce que dans chaque ville les citoyens les plus puissants vous appartiennent et vous gardent leur propre cité... U n'y a pas de jalousie dans votre empire. Vous avez proposé tout à tous, etc.. De Urhe Romd, —(2) 7. tome I, p. 22.
salpine et quelques villes (1) seules l'ont acquise avant la fin de la république. Le reste du monde lutte pour y arriver. Le monde a renoncé à être aulre chose que Romain, il veut être Romain le plus possible. Lois, libertés, privilèges, droits politiques et civils, c'est à Rome qu'il demande tout cela ; c'est en communauté avec Rome que tout cela peut avoir quelque prix.
Mais Rome à son ibiur, quand elle a revêtu de la toge l'Espagnol ou le Gaulois, acquiert sur lui une autorité nouvelle. A cet homme qu'elle a grandi elle impose de nouveaux devoirs, ceux de la dignité, de la piété, du patriotisme romains. Qu'il rende son hommage aux dieux de Rome : qu'il s'éloigne des autels sanguinaires que Romjs a condamnés ; Auguste interdit à tout citoyen romain de prendre part au culte druidique (2). Qu'il se garde d'ignorer la langue de sa nouvelle patrie ; Claude a dégradé un citoyen qui ne parlait pas la langue latine (3) ; qu'il se garde enfin d'en dépouiller le costume et de reprendre l'habit barbare. Qu'il chérisse, Rome le lui perndet , son ancienne patrie ; mais qu'il se rappelle que sa patrie nouvelle est plus auguste et plus grande , cl que le municipe, cette étroite cité, n'est qu'une portion de l'empire, la commune cité des nations (4). En vn mot, Rome hii impose en échange de tout ce qu'il reçoit d'elle , son culte , sa
(1) Cq 665 (Âsconius, in Pisoiie),702 (Dion. XLI. 24. XLUI. 39. Uv., Ëplst. 110) et 705 (Dion). V, tome I, p. 91 et 181.
(2) Suétone, in Qaud. 25. —(3) Suét. IHd. 43.
(4) Roma iUa una palrla communis. Gic, de Leglb. II. 2. Roma comraunis patria nostraest. Modestin, Dig., liv. L, (it. 1, liv. 33. — « Nous appelons donc également notre patrie et la cité où nous sommes nés et celle qui nous a recueillis dans son sein. Mais notre amour doit nécessairement s'attacher davantage à celle qui est la cité universelle, pour laquelle nous devons mourir, à qui nous nous devons tout entiers, à qui n^s devons donner et consacrer tout ce qui est à nous. Hais à son tour celle qui nous a enfantés n'est guère moins douce à notre cœur que celle qui nous a accueillis, et Je ne nierai jamais qu'Arpinlum ne soit ma patrie, tout en reconnaissant que Rome est la grande patrie dans laquelle mon autre patrie est contenue. » Ole, de Le^b. H. 2.
coutume et ses mœure. Elle l'a conduit par la civilisation à vouloir et à conquérir le droit de cité ; elle le conduit, en vertu du droit de cité qu'il a reçu, à recevoir en toute chose la loi de sa civilisation.
En tout ceci, où est la force? où est le commandement? où est le souvenir de l'origine militaire du pouvoir romain? Comment ce qui était un monde est-il devenu une seule cité ? Comment Rome a-t-elle su donner une même patrie à tant de peuples divers (1)? C'est qu'elle agit comme centre et non comme force, par l'attraction plus que par la contrainte Elle a eu bon marché des nationalités en les respectant, et pour ne pas avoir obligé le monde à venir à elle, elle a vu le monde la forcer presque k le recevoir (2).
Telle a été la politique romaine. Avais-je tort de dire que la notion du pouvoir était tout autre pour Rome que pour nous? En voici, ce me semble, une preuve remarquable. Si dans le sein d'une nation moderne une révolte était près d'éclater, que dirait-on pour faire comprendre au sujet rebelle toute l'imprudence de son entreprise ? On lui parlerait sans doute de la puissance du souverain, du nombre de ses régiments, de l'immensité de ses flottes. — Les Juifs sont prêts à se soulever contre Rome ; Agrippa veut les arrêter ; est-ce là ce qu'il va leur dire ? Tout le contraire. « Voyez ce peuple ro*
(1) FecisU patriam diversis gentibus unam ;
Profult iojustjs te domiDante capi , Dumque oITers victis proprii consoriia jurls,
Urbem fecisti qui priuB orbis erat. RuUlius.
BrevUerquc una cimctarum gentium in toto orbe patria ûcret. Pline. l\\. 5.
(2) Haïc est !n gremium viclos quœ sola recepit Humanumque genus commun! nomlne fovit, Matris, non domiaœ ritu, civesque vocavlt
Quos domuit, nexuque plo longinqua rcvinxit. #Claudian.
Rome, dit Arislides, est au milieu du monde entier comme une méliopole au milieu de sa province... De même que la mer re<;oit tous les flcuvesj clic reçoit dans son sein les hommes qui lui arrivent du sein de tous les peuples.... I>e VrheRomd,
main, leur dit-il, il est presque sans armes, et le monde lui obéit. Il n'a de soldats que contre les barbares. Ses troupes sont au loin dans Içs montagnes et les déserts ; les pays civilisés lui restent soumis par la certitude de sa grandeur. Le Parthe même lui envoie des otages. Si vous vous révoltez contre le peuple romain , son épée sortira du fourreau, et c'est Rome armée que vous aurez à combattre quand Rome désarmée fait trembler le monde. Soumettez- vous à Rome ; Dieu est pour elle. Sans le secours de Dieu eût-elle vaincu le monde, et tant de nations belliqueuses eussent-elles pu subir son joug? Sans le secoure de Dieu gouvernerait-elle le monde, auquel il n'est pas même besoin qu'elle montre l'armure de ses soldats? » Étrange pouvoir que l'on rendait redoutable en rappelant l'exiguïté de ses forces matérielles (1) !
§ IV. — DE l'organisation DES PROVINCES PAR AUGUSTE.
Il me reste peu de chose à dire. J'ai recherché les titres , j'ai montré les caractères principaux de la domination que Rome exerçait sur le monde, — par sa force militaire comme protectrice armée, — par le droit public comme suzeraine et comme arbitre, — par ses colonies comme civilisatrice, — par sa hiérarchie comme centre de tous les droits et de toutes les récompenses.
Celte politique, chacun le comprend, ne fut ni conçue, ni décrétée, ni pratiquée en un seul lemps. Rechercher dans l'histoire le jour de sa naissance , ou l'époque de son parfait développement, serait une folle tentative. Elle est de tous les siècles et de tous les jours ; elle est sans cesse au fond de la pensée romaine ; elle est dans tous ses actes durables, réfléchis, intelligents ; elle n'est pas dans ces mille erreurs par- Ci) Y. tout le discoars d* Agrippa dans JoBèplie, de Mlo. lî. 16.
tielles que les rois > les sénats ^ les nations peuvent réparer quelquefois, rarement prévenir.
Vers la fin de la république surtout, au milieu des guerres civiles, cette politique semble disparaître. Le sénat, qui en est le gardien, est sans crédit et sans force. Rome conquiert toujours, mais le temps lui manque pour s'assimiler ses conquêtes; l'Asie se soulève sous Mithridate, l'Espagne sous Sertorius ; les Verres et les Pison font détester le nom romaia dans les provinces. A la mort de César, Antoine brise et bouleverse tout, vend et prodigue les privilèges de l'empire, el rompt en faveur des vaincus cet équilibre de la politique romaine, que Foligarcfaie du sénat tendait à rompre en sens contraire (1).
Octave, ce patient organisateur, venait après Antoine pour tout rétablir. Octave avait, lui, la juste mesure des choses; il n'était point de ceux qui ne connaissent pas leur siècle , point de ceux aussi qui le connaissent trop. L'empire comparut donc autour de celte chaire curule qu'on n'osait appeler un trône ; l'empire fut comme passé au crible par Auguste. Les concessions imprudentes furent annulées ; les droits violés furent rétablis, les services récompensés, les fautes punies, les droits de liberté, de latinité, d'immunité, de cité romaine donnés ou retirés selon que la politique rexigeait(2). Quelques rois parmi les vassaux de Rome furent privés de leur diadème ; d'autres et en plus grand nombre furent rétablis sur leurs trônes (3).
(1) An 708-700. Concessions d^Antolne : Droit de elle donné à ïa Sicile (Cîc.., ad AtUc. XIV. 12), à des provinces entières. (Dion. XLIV. Oeéron, Ptiittpp. il. d0}. Liberté et immunité à Tarse et à Laodicée (Appien, B. C. Y. Pline).
(2) Suétone, in Aug. 47. Dion. LIV. 6. 7. 25. Villes et peuples libres sous Auguste : les villes de Pamphylie (Dion. LlV), de Lycie (Slrabon. XIV); quelques vflles de Sardaigne(Diod. Sic), de Crète (Dion. XXX); Patras, Cyzique, Rhodes, Aphrodise, Tarse, etc.... Lampée en Crèle (Dion. XLI); les Ligures Comati, etc.
(3) F. ci-dessus, page 96, note 2.
[ Un Alexandre, roi des Arabes (Dion. Ll), nn Antiochas de Ckimagène. {td, LIV),
Mais surtout l'unioa plus intime des rois aux destinées communes de Vempire , fut une des pensées qui préoccupèrent Auguste. Les rois furent véritablement de grands feudataires, réimis, protégés, gouvernés par un même suzerain. Le suzerain des villes libres était le peuple romain ; elles étaient placées sous la pacifique juridiction du sénat. Mais le suzerain des rois fut César , tuteur plus vigilant, plus rigide, moins désarmé. « Je Tai traité en ami, écrivait -il à Hérode, prends garde que je ne te traite en sujet (1). » César, du reste, remplissait les devoirs comme il exerçait les droits du suzerain. Il veillait à Tunion des rois avec Tempire dont il les déclarait portion intégrante , à leur union mutuelle qu'il aimait à fortifier par des alliances. Il faisait élever leurs enfants avec les siens ; il donnait un tuteur aux princes trop jeunes ou trop faibles d'esprit pour régner. L'héritier ne montait pas sur le trône sans demander à César l'investiture de son fief; le testament du vassal ne s'exécutait pas s'il n'avait été approuvé par le suzerain. Et quand César passait dans la province, les rois ses feudataires accouraient sur son chemin, saos pourpre, sans diadème , en toge comme de simples clients romains , faisant un long trajet pour le joindre et cheminant à pied auprès de son cheval ou de sa litière (2).
un roi de Cilicic, un Lycoraède, roi d'une partie du Pont, furent mis à mort ou détrônés après la bataille d'Actluni, et Auguste donna leurs états h d'autres.
Autres souverains vassaux d'Auguste : Hérode, en Judée (Josèpbe, Ant. XVI. 15) ; Obodas, roi des Arabes Nabathéens (régnait jusqu'à Damas. Dion. Ll); Jamblique, roi des Arabes ; Mède, de la Petite- Arménie ; Amintas, de la Gaiatie; Polémon, du Pont; Artabaze, d'Arménie (Dion LIV); Juba, de Numidie et Maurtlanie (Pline. V. 1); Rhœmétalce, enThrace (Tacite, Ann. 11. 64. Dion. LIV); rois de Ganpadoce, deQlicie, Trachée, du Bosphore (tous sujets de Rome, umjjcoci, dit Strabon. Liv. VI), d'Ibérie et d'.Vlbanie (Tacite, Ann. IV. 5); cthnarchies, tétrarchies, dynasties, en Judée et ailleurs (r. Josèphe, Slrabon); Cottius, prince des Alpes (Dion. LX. Pline. III. 20). — Les peuples de la Colchide, ceux des côtes de l'Euxin, et les peuples au delà du Danube étaient presque à moitié soumis. Strabon. VII. — Les princes d'Edesse, de Khosroène et de Palmyre, vassaux plutôt des Parthes que des Romains. Mais les Parlhes eux-mêmes reconnurent parfois la suprématie de Rome.
(I) Josèphe, Ant. XVÏ. 15. —(2) Suét., in Ang, 16. 48. 60. Dion. Eutrope. VIÎ. 10.
En même temps, Auguste relevait la dignité de citoyen romain. Le droit de cité n'était plus jeté à des provinces entières. Le donner aux peuples moins qu'aux villes, aux villos moins qu'aux hommes ; y appeler, en les constituant en municipes ou en les renouvelant par des colonies, les villes forles, puissantes, fidèles, déjà presque romaines (1) ; y appeler encore les hommes connus , riches , considérés de toutes les portions de l'empire (2) ; être avare de ce privilège afin de ne le donner qu'aux plus dignes (3) : telle était sa politique. Et c'est ainsi que, sans prodiguer au hasard le titre de citoyen, il laissa pourtant quatre millions cent trente-sept mille citoyens dans l'empire au lieu de quatre cent cinquante mille qu'on avait comptés avant César.
Après avoir réglé les droits il réglait aussi l'administration de l'empire. Il partageait les provinces entre le sénat et lui (4), substituait une forme d'administration nouvelle à l'administration républicaine, un système plus sûr, plus serré, plus régulier à ce système aristocratique, ennemi de l'unité, et que l'oligarchie des proconsuls romains avait poussé au dernier excès. Il fondait ainsi le droit public des provinces en même temps que celui de Rome. Rome et les provinces vécurent trois siècles sur les lois et les traditions d'Auguste, et ce fut plus tard que, décrépit et agonisant, l'empire accepta comme un hochet de vieillard l'administration orientale, fastueuse, puérile que lui imposa Dioctétien.
Des moyens d'un ordre secondaire resserraient encore l'unité romaine. Le système des routes à peine ébauché sous la
(1) Spanlielm (Orbis Romanus. I. 14 ) dresse la liste des raunicipcs Romains existant sous Auguste. Il en compte trente en Espagne, parmi lesquels Hcrda, îlallca, Emporiaî (Pline. UI. 3. LIv. XXXIV. 9, et les médailles) ; en Afrique, Uliquc; puis d*aulres en Gaule, Sicile, Sardaigne, lllyrie, Istrle. K Pline.
(2) Addills provlnciariim valldisslmîs. Tacite, Ann. XI. 24.
(3) Suétone, In Aug. 40.
(4) F. tome I, page IGC— Voici le tableau de celte division, d'après Slrabon. XVlI. Dion. UI. 20. 23. LUT. 12. LIV. (An "27; î
république, fut presque tout entier l'œuvre d'Agrippa et d'Auguste. Les roules à réparer ou à construire furent partagées entre les généraux. Agiîppa eut à lui seul toutes celles de la Gaule. Des relais de poste servirent à porter avec une vitesse décuple de la vitesse ordinaire les ordres , les envoyés, les revenus de César (1).
En même temps, le cens romain, cette statistique merveilleuse, la délimitation romaine, ce cadastre si complet, longtemps enfermés dans le territoire de Rome, puis répétés dans les villes de l'Italie, étaient étendus à toutes les provinces (2). Tous les cinq ans, le père de famille devait, sous des peines rigoureuses , faire inscrire sa femme , ses enfants , ses es-
Xn PROVINCES DU SÉNAT ET DU PEUPLE.
[Tnhutariœ, Caïu». H. 21.)
II provinces proconsulaires.
Afrique (comprenant la Numidie et une