‹ Les Césars (volume 5)Chapitre 27 sur 65 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Action mopale du polythéisme.

De tant de notions diverses, de tant de formes différentes données au polythéisme,*quel résultat pouvait naître dans la vie des hommes ?

Les religions politiques de l'antiquité avaient eu pour but moral de vouer Thomme au service de la patrie, d'enseigner les vertus civiques à titre de vertus religieuses, de transformer la piété pour les dieux en dévoûment pour la nation. Mais, sous l'empire universel de Rome, qu'était-ce que la nation et la cité? Quel sens pouvaient avoir une religion et une morale patriotiques? Le monde, écarté de ses voies primitives, laissait s'affaiblir en lui le sentiment de l'hérédité , et Rome elle-même se faisait cosmopolite bien plus qu'elle ne faisait le monde romain.

Les cultes publics, ainsi vides de leur influence et de leur destination patriotique, gardaient-ils une puissance philosophique, une force de vérité abstraite , une autorité en fait de morale qui pût satisfaire^rintelligence, guider le cœur, et, en purifiant l'homme, maintenir la société ?

Ici, il faut comprendre comment Rome, et la Grèce surtout qui avait donné ses leçons à Rome, entendaient ce qu'est une religion. Car les cultes de l'Orient eux-mêmes, quand ib passèrent en Italie , n'y passèrent pas avec le caractère qui leur était propre, avec ce qu'ils pouvaient avoir d'absolu , d'entier, d'exclusif ; ils y furent entendus à la grecque.

Or , pour la Grèce , ce que nous appelons une religion ,

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