‹ Les CésarsChapitre 114 sur 321 · Josèphe, Antiq, Jud., XV, H ; XVI · texte numérisé non relu

Josèphe, Antiq, Jud., XV, H ; XVI

5. Suet., in Avg,, 60.— Monnaies lovt Olyaipio avec un temple à 6 col.

268 ai:guste.

ehez lui sa cousine Yesta , et Apollon garde son antichambre *.

Mais quant à la fameuse loi des mariages, — Rome, qui se passe fort bien des libertés républicaines , est prête à faire une révolution pour la liberté du célibat. En plein théâtre, les chevaliers interpellent Auguste et le somment d'abroger sa loi ; ils lui citent fièrement l'exemple des vestales : « Si vous vous autorisez de leur exemple , vivez comme elles , y> leur dit-il ; puis il leur montre les fils de Germanicus, l'orgueil de sa famille et Tespoir de l'empire. Il fallut cependant concéder quelque chose aux plaintes du sénat , qui n'acceptait ni la pureté des vestales, ni la chaste paternité de Germanicus.

Cette loi contre le célibat, fortifiée par de telles peines , sanctionnée par de telles récompenses , que jamais plus belles, disait Auguste, n*avaient été proposées à la vertu, fut une preuve (parmi tant d'autres), de l'impuissance des pouvoirs publics contre les mœurs. Un peu plus tard , et quand nous aurons parcouru la vie d'une génération, nous reviendrons sur cette œuvre de la législation augustale, et nous examinerons ce qu'elle avait produit ou laissé naître. Mais voyez déjà combien le pouvoir est peu de chose ! combien il est vrai qu'il n'y a ni un temps ni un pays qui ne sache, quand il le faut, s'insurger s'il est attaqué dans ses

Et eu m Cœsareâ, tu Phœbe doroestice^ Vestà.

(Ovide, Métamorph.)

.... Gognati Vesta recepta est

Limine

Pliœbua habet partcm, Vestœ pars allcra cessit. Quod superest illis, tertins i[le tulit.

(Id., Fasfi, IV.) State, Palatins laurus, piietextaque quercu Stet dorous, aRternos très habet illa deos.

(Id.)

goûts OU dans ses vices ! Cette loi d'Auguste contre le célibat portait le nom de deux consuls célibataires. Son admirable parasite , son poëte Horace, avait bien pu chanter « la loi maritale ^, » déplorer a ce siècle fécond en crimes, qui avait souillé les mariages, les familles, le vieux sang romain ; » il avait bien pu chanter Rome, ramenée tout à coup à Tâge d'or par la loi Papia Poppaea : mais sa complaisance pour Auguste n'était pas allée au delà des paroles, il n'en reste pas moins célibataire, et, tout en louant l'austère vertu des femmes germaines a qui ne se fient pas à un brillant séducteur, » il n*en chante pas moins ces filles de l'Asie, dont Rome était pleine, et a pour qui l'épouse à peine mariée était abandonnée par son époux. »

Et Auguste lui-même , ce réformateur de la vie publique, ce préfet des mœurs [magister morum)^ comme il s'était fait appeler solennellement, ne savait-on pas ses mariages et ses divorces? N'applaudissait-on pas au théâtre à des allusions contre ses mœurs ? Ne savait-on pas les infamies de sa jeunesse ? Ne lisait-on pas les illisibles reproches qu'Antoine lui adresse dans une lettre presque amicale? Ne savait-on pas que sa vieillesse elle-même était souillée , et que Livie se faisait l'ignoble ministre de ses débauches ^ ? Dans le sénat même , à son tribunal, les plaintes qu'on lui portait contre le désordre des mœurs , les questions qu'on lui faisait , ne prenaient-elles pas souvent une forme embarrassante pour ses souvenirs? Ne se rappelait-on pas que ce pieux restaurateur de la religion avait figuré Apollon dans une farce où ses amis et ses courtisans avaient représenté tout l'Olympe?

Enfin, tandis qu'Auguste , vieux et achevant un règne

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