‹ Les CésarsChapitre 120 sur 321 · Tac, Annal., 1, C · texte numérisé non relu

Tac, Annal., 1, C

malheureusefemmeavait payé par quinze ansd*exil le scandale de ses débauches ; elle avait été témoin de la mort de ses deux fils alués, elle venait d'apprendre celle d'Â grippa. Dans les dernières années de sa vie, Auguste avait paru s'adoucir envers elle; il avait même témoigné du repentir d'avoir, par la publicité du ch&timent, accru la honte de sa famille ; il avait écouté les plaintes du peuple romain, toujours compatissant pour Julie, et il lui avait permis d'habiter Rhegium au lieu de Tlle aride de Pandataria ^ . Mais , sous le règne de sa belle-mère et de celui qui avait été son mari , Julie n'avait plus rien à espérer. On n'envoya pas un centurion pour la tuer comme on venait de le faire pour son fils Agrippa. Mais on lui défendit de sortir de chez elle, et on défendit à qui que ce fût d'y entrer ; on lui retrancha enfin le secours que lui faisait tenir Auguste, parce que, disait-on, Auguste ne l'avait pas porté sur son testament ; et la fille unique du premier empereur romain mourut à Rhegium de faim et de misère ^.

Dès lors, de la postérité d'Auguste, il ne resta plus que deux femmes , ses petites filles ; — Tune Julie , condamnée avec sa mère pour ses débauches, et qui vécut vingt ans reléguée dans une lie de l'Adriatique. Comme elle n'était pas à craindre, Li vie lui envoyait quelque secours; «Livie après avoir travaillé sourdement à écraser les enfants de son mari au temps de leur splendeur et dé leur gloire, faisait montre maintenant de sa pitié pour leur misère^. >» — L'autre était Agrippine, la femme de Germanicus, et qui se trouva enveloppée, comme nous allons le dire, dans la uine de Germanicus.

i. Ai^ourd'hui VeDdeiune, près de la côte de Campanie.

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