‹ Les CésarsChapitre 123 sur 321 · Tacite, Annal,, VI · texte numérisé non relu

Tacite, Annal,, VI

sions. Ce palais des Césars fut un vrai coupe-gorge domestique. Je donne en appendice une généalogie, 'bien technique et bien aride, de la postérité de César et d'Auguste. Ou'on veuille bien cependant la parcourir et compter la série des crimes domestiques qui y sont énumérés. Je ne crois pas que sur une terre européenne il y ait jamais eu un palais aussi ensanglanté et des boucheries de famille comparables à celles qui signalent le premier siècle de l'empire romain. Il faut chercher des analogues en Perse on en Tartarie, et je ne sais même si on en trouverait. Je ne connais pas de meilleure réponse au triste paradoxe de ceux qui veulent voir dans le premier siècle de l'empire romain un temps de progrès démocratique, social et humanitaire.

Mais ce sont là les faits et non pas les choses, les événements sans leur principe, l'énigme sans le mot. Voyons quelle était la vie, l'économie sociale de l'empire. J'ai dit comment Tibère s'était fait d'abord humblement et obscurément administrateur; mais peu à peu, tout en rappelant sans cesse les exemples d'Auguste, il renonçait H sa politique, et, se retirant doucement do cette lutte qu'Auguste avait entreprise contre la Rome nouvelle, il laissait tomber une à une des traditions un moment relevées.

Entre la vieille Rome et la Rome cosmopolite, de quoi s'agissait-il? D'une vaisselle d'étain ou d'une vaisselle d'or, d'une robe de laine ou d'une robe de soie (habit commun aux hommes et aux femmes, déshonneur du sexe viril)*,

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