‹ Les CésarsChapitre 126 sur 321 · Id., I, 75. Dion, LVIl · texte numérisé non relu

Id., I, 75. Dion, LVIl

Ainsi marcha*t-il humble et timide, tant qne vécut Geiv Tnanicus ; ainsi laissa-t-il doucement « grandir sa loi de majesté ' ; » mais peu à peu il se sentit fortifié, et c'est ici qu'il sut se servir de cette jeunesse des écoles dont nous parlions.

Chez les anciens, le droit d'accuser, comme chacun sait, appartenait à tous ; Taccusation était populaire. Un jeune homme, tout frais émoulu des combats de l'école, lancé dans la lice bien des fois sanglante des partis, ne connaissait rien de mieux que de jeter dès l'abord le gant au parti contraire, de prendre un homme corps à corps et de Taccuser. La vérité de l'accusation importait peu. Il s'agissait d'obtenir une victoire pour son parti, de faire exiler un adversaire. L'accusation était le début ^, elle était plus hardie, plus brillante, plus honorée que la défense : l'humanité n'était pas une vertu chez les anciens; Sénèque la défend au stoïcien, et Virgile dit du sage : « Il n'a ni pitié pour le pauvre, ni envie pour le riche ^ » Crassus fut accusateur à dix-neuf ans, César à vingt et un, Pollion à vingt-deux*.

Avec cela se combine un trait remarquable des mœurs

t. Adolescebat intereà lex majestatis. (Tacite^ Armai,, U, 50.)

2. « Gélius a voulu, selon la tradition de nos aleux^ et à Texemple de ceux qui sont ensuite devenus les plus illustres de nos concitoyens^ chercher dans quetaue illustre accusation Toccasion de faire apprécier son mérite au peuple rornain... i» Et plus bas : <f Je ne loue pas ici sa modération, ce n'est pas la vertu de cet kfge. Je loue cette impétuosité de son &me, ce désir d'avancer, cette ardeur pour la gloire.. . » Cic, pro Cœlio, 30, 31.

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