‹ Les CésarsChapitre 13 sur 321 · Jnvénal · texte numérisé non relu

Jnvénal

3. RcMsa^ dit Q. Cioéron, urbs ex nationum consensu constituta. {de Feti* iUme consulat., 14).

étrangers, à rexception du seul Glaucippus*. Les Latins eux-mêmes, ces frères du peuple romain, ces premiers alliés de la ville de Romulus, ne seront pas toujours épargnés (ans de Rome S66, S81, 632). Bien des siècles plus tard, lorsque Rome, dans sa décadence, sera devenue plus tolérante, les rhéteurs grecs lui reprocheront cette nécessité inhumaine et glorifieront leur patrie qui sut toi:gours l'éviter*.

On chasse l'étranger ; mais il faut nourrir le citoyen. Depuis longtemps (an 260), les consuls ont commencé à acheter du blé en Ëtrurie et en Sicile, pour le revendre à bon marché^ aux citoyens pauvres. La Sicile ne suffisant plus, la Sardaigne et TAfrique sont devenues des greniers de l'empire : remède funeste et qui augmente le mal! L'Italie, ou du moins tout ce qu'elle contient de citoyens romains, n'accourt que davantage aux portes de Rome *. L'ouvrier laisse sa famille, et vient mendier de l'édile un bon pour avoir du blé {tessera frumentaria). Le nombre de ces indigents légaux augmente sans cesse. César seul osera le réduire de 320,000 hommes à 150,000.

Ces 320,000 hommes sont les véritables heureux du siècle. Noble ou chevalier, on peut sans doute se moquer de ces petites gens, de ces hommes en tunique [tenues^ ignobiles^ tunicati^ tribules) ; mais au joxir des comices, on les appelle par leur nom, on leur serre la main ; on p€tie

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