‹ Les CésarsChapitre 14 sur 321 · Salluste, ibid, Appien. Bell, civ., U, i · texte numérisé non relu

Salluste, ibid, Appien. Bell, civ., U, i

5. Je suppose les femmes et les enfants au-dessus de onze ans compris dans ce nombre. V. Suet., in Cœsare, 41, in Àug,, 41. D'après le coût des fpumentations (V. ci-après), on peut supposer que le nombre des parties prenantes était, en 686, de 125,000; en 694, de 166,000; mais il monte depuis, jusqu'à la réduction opérée par César.

cher leur voix. Le sénat les redoute ; les tribuns leur font la cour. En£eint gâtée de Tempire^ sangsue du trésor ^^ cliente heureuse et redoutée de cette aristocratie qui gouverne le monde, capricieuse, bruyante, écervelée, l^plebs urbana jouit de tout et ne paie rien. Ses édiles lui donnent chaque année des jeux magnifiques ; Pompée lui bâtit an théAtre; d'autres lui dressent des portiques pour ses promenades du matin, des temples pour ses dieux. Les triomphateurs lui donnent de l'argent, les magistrats du blé. Le blé s'est d'abord vendu au peuple uti as le boisseau^; puis les Gracques (628) l'ont mis à 10 onces^. Caton, l'austère Caton (689), fera dépenser au sénat 1230 talents^, afin de le donner gratuitement une fois : et pour rendre cette libéralité perpétuelle, Clodius (694) diminuera d'un cinquième les revenus publics ^.

La plebs urbana est organisée pour la vie politique, c'est-à-dire pour Fémeute ; ses corporations de métiers [collegiaj sodalUates^ decuriati)^ vieille institution de Numa, ont leurs chefs, leurs assemblées, leurs sacrifices; eUes sont devenues de véritables clubs, des loges de carbonari, quelque chose de pareil à ces unions d'ouvriers qui, il y a quelques années, couvraient et inquiétaient la Grande-Bretagne ; tour à tour supprimées par le sénat et relevées par les tribuns, elles sont de merveilleux instruments d'insurrection et de tapage. Les esclaves eux-mêmes s'y introduisent; tous les éléments de désordre de la

1. Concionalis hirado aerarii. (Cic.^ odAttic, l, 16.) S. Pline, Uist. nat, XVIII, 3. L'as valait alors sept ou huit centimes. S. L'onoe est le douzième de 1^. Le boisseau (modius) est de 8 litres 67 cent.

4. 5,870,000 francs. Mais Plutarque ne parait pas bien d'accord avec luimême. V. Plut., m Cœs,, in Caùm»

5. Cic, pro Sextio, 25. Il consacra à ces distributions 10 millions de deniers sur 50. (Asconius m Pisone, 4.)

grande cité s'y développent à Taise. Des che& d'émeute conduisent cette mêlée aux batailles du Forum, gens voués à qui les paie et qui font Tinsurrection pour de l'argent ^

Vous comprenez donc qu'on devait tenir à se faire citoyen romain, mais citoyen romain résidant à Rome. Vivre oisif sous les portiques de marbre du Champ de Mars, avoir le blé pour rien, vendre son suffrage aux comices^ voir au Cirque les éléphants et la girafe, faire tapage au théâtre, donner des terreurs à ce sénat qui gouverne le monde : ce sort valait mieux que celui d'un pauvre paysan sabin, sans cesse menacé par les chicanes de son voisin le chevalier, par le bâton du centurion, ou par l'omnipotence d'un préfet romain. Ces Romains de Rome sont vraiment le peuple-roi. A eux aboutit cette constitution maladive de l'empire, le bénéfice de tant de gloire, le solde de ce compte où figurent tant de misères.

Et cependant, ces Romains ne sont romains que de nom. Dans une proportion de plus en plus forte, la plebs romaine est remplacée dans les campagnes par des esclaves, à Rome par des affranchis. Le travail de Thomme a si peu de valeur, la propriété en est si souvent onéreuse, qu'on l'affranchit avec une facilité singulière ; et l'affranchi d'un Romain est Romain lui-même. Souvent, on émancipe son esclave dans le seul but de prélever une dime sur les distributions de blé que la république fera à ce nouveau maître du monde ^. L'esclavage est le chemin le plus court pour arriver à la cité : les provinciaux se font esclaves pour devenir citoyens ^ ; les Latins eux-mêmes, les plus favorisés parmi les alliés de Rome, vendent leur fils à un

1. Duces multitudiois qui pretioremp. vexafe solebant. (Sallnst., Cat., 38.)

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