‹ Les CésarsChapitre 130 sur 321 · Tacite, Anml,, lll · texte numérisé non relu

Tacite, Anml,, lll

p<mr avoir manqué de respect au pouvoir ^ Un autre, par excès de hâte, avait composé l'éloge funèbre de Drusos, lorsque Drusus vivait encore ; c'était lui porter malhear : il fat condamné à mort. Les superstitions de l'antiquîté étaient appelées au secours de la tyrannie.

Quant aux vrais moti£s de Taccusation, un peu de fortune, un peu de naissance^ un peu de gloire^ la haine d'on délateur sufJBsait. L'amour de Targent, passion long-temps inconnue à Tibère; commençait à se développer en lui. Il doublait les impôts, il ne refusait plus les héritages. En vertu d une loi ouMiée, qui ne s'appliquait d'aillevirs qu'à ritalie, les premiers citoyens de la Gaule, de l'Espagne, de la Syrie, de la Grèce, furent condamnés pour le seul fait d'avoir eu en portefeuille j^us du tiers de leur fortune ^

Voilà oe qu'était une accusation. L'homme à qui elle tombait sur la tête était marqué du doigt eomoM un pestiféré ; on l'abandcmnait de toutes parts ; s'il passait dans les rues, on se mettait à fuir, et puis ensuite on revenait sur ses pas, et on se faisait voir de peur d'avoir montré sa peur; amis et parents laissaient un grand vide entre eux et lui. 11 y avait une raison à cela : c'est que raecnsstioii gagnant de proche en proche comme la peste, d'un homme passait à sa famille, à ses amis, à ceux qui l'avaient salué, à ceux qui l'avaient vu. Pour ne pas être accusés, amis et parents se faisaient quelquefras accusateurs. La première pierre une fois jetée au proscrit , chactm se hâtait d'y ajouter la sienne ; le moyen de se sauver était de le per-

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