Suei., in Tiber
S. Sur cette paMÎoa de Targent : « Ea prima Tiberio erga peciioiaiii alirnam diligenlia fuit » (Tacite, AnnaL, IV, 20, sur l'an 24.) V. Id., I, 75 : ni, 48 ; VI, 2, 19; Suet., in Tiber., 46, 49. |
dre; le fik dénonça son père, le frère sa sœnr ^ Ici se retrouvaient les traditions dn patriotisme romain exploitées par le despotisme impérial ; les délateurs immolaient leurs parents à Tibère, comme Brutus avait fait mourir ses fils , ou Horace sa sœur.
L'accusé presque toujours restait Ubre, et cependant ne songeait pas à fuir; pourquoi? Nous le savons peu ; c'est un fait qui révèle dans la société antique mille circons-^ tances étrangères à la nôtre. L'empire était si vasfe, que la fuite semblait impossible. « En quelque lieu que tu sois, écrit Cicéron à Marcellus, songe que le bras du vainqueur peut t'y atteindre. » Nous avons l'exemple d'un seul homme qui tfteha d'échapper à la puissance de l'empereur; c'était un chevalier romain qui s'enfuyait chez les Parthes. On trouva cela étrange ; on l'arrêta et on le ramena à Rome. Tibère s'en soucia si peu, qu'il le laissa vivre.
Où fuir d'ailleurs? au delà des bornes de l'empire o^ ne connaissait rien. L'empire romain n'était pas terminé par des limites absolument certaines; à ses extrémités, des royaumes tributaires, des peuples barbares à demi sou« mis, faisaient suite aux provinces gouvernées par les pré* fets et prolongeaient Tinfluence de l'empire ^. Où était la borne? Les proconsuls le savaient; les peuples le savaient à peine ; elle était là où l'on ne connaissait plus rien, M où vivaient des peuples sauvages, où la géographie devenait fabuleuse. Il fallait vivre à Rome ou y mourir, vivre dans cette lumière, comme dit Cicéron, vivre de la pleine vie du Champ de Mars et du Capitole, comme ce Vénitien exilé qui revint à Venise sûr d'y trouver son supplice, mais aimant mieux mourir à Venise que vivre ailleurs.
«. Tacite, Annai., IV, 28.