Tacit., Annal., III
2. M, 1, 15, 81; DioD, LVIU. JuvéHttl, X, 77 ; Ovide, P<miie., VI, 9, 67 ; Suet., in Calig,, 16.
nus dii palais grandissaient dans les magistratures bourgeoises créées par Auguste. Ce fut même un moment sérieux pour Tibère, un moment où «il sembla qu'on allait pénétrer les secrets de la puissance impériale», lorsqu'on proposa dans le sénat de nommer les magistrats cinq ans d*avance ; c'était leur garantir par la certitude du pouvoir une sorte d'indépendance, donner à la nobilitas un moyen de faire corps et de s entendre, au gouvernement républicain un moyen de devenir sérieux ^
Voilà pourquoi le sénat était encore une puissance ; pourquoi, dans les commencements de Tibère, il s'y gardait une sorte de liberté, et le droit ancien de dire, à propos de tout, ce qu'on pensait des affaires publiques^. Voilà pourquoi Tibère au temps de ses timides débuts, se levait devant les consuls, votait au sénat comme un simple membre et quelquefois y votait seul de son avis, renvoyait aa sénat les députés des provinces et les rapports des généraux ; laissait relever la coutume aristocratique de faire, lorsqu'on entrait en cbarge, l'éloge solennel de ses ancêtres. C'est qu'alors il croyait de sa prudence de respecter ccle droit ordinaire » , comme dit Suétone, le droit puUic officiel de l'ancienne Home.
C'est là ce qui explique dans le sénat et cette servilité haUtuelle et ces velléités de courage, ces hardiesses momentanées à regimber contre les délateurs, parfois à les condanmer ^. Un Pison ne craignait pas de dire que, fatigué du spectacle des délations et de l'espionnage, il allait