‹ Les CésarsChapitre 15 sur 321 · Pétrone, 57. Til.-Liv., XLI · texte numérisé non relu

Pétrone, 57. Til.-Liv., XLI

citoyen, pour que leur fils afiranchi soit citoyen comme son maître et que l'esclayage fasse un Romain.

Or, oomme les esclaves se recrutent parmi les captifs et les barbares, il arrive que ce peuple qui vote au Forum est en bonne partie Grec, Espagnol, Africain, Syrien d'origine. On leurs grands-pères, ou leurs pères, ou euxmêmes sont venus prisonniers en Italie, les fers aux jambes, les pieds marqués de craie, les cicatrices du fouet sur les épaules, avant qu'une pirouette et un soufflet devant le préteur leur conférassent ce droit ^e cité pour lequel l'Italie a combattu tout un siècle. Aussi la multitude, qui s'appelle et se. croit le peuple romain, ne porte-t-elle plus la toge et mendie en tunique à la porte des grands. Et quand un jour Scipion Émilien, irrité de leurs murmures, leur a crié du haut de la tribune : a Silence, faux fils de l'Italie M » ils ont baissé la tète sous la parole de cet homme qui les avait vaincus.

Ainsi, en résumé, — c'est For et les esclaves qui ont métamorphosé l'Italie. Avec l'or, qiiblques enrichis ont acheté le sol ; avec les esclaves^ ils l'ont exploité, moins parla culture que par le pâturage. — L'Italie, appauvrie d'hommes et encore plus de blé, est devenue infertile, déserte, malsaine. La vieille race agricole et militaire, décimée, dépossédée, affamée, disparaît ou va disparaître. Et à sa place, il se fiait, dans les villes du moins, une nouvelle nation romaine^ héritière de l'ancienne par un droit analogue à celui qui, à défaut de parents proches^ donne à l'affranchi l'héritage de son patron.

Seulement, une telle métamorphose ne s'accomplit pas sans lutte. Ni le patriciat lui-même, annulé depuis plus de

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